Armée Islamique d’Aden (AIA)

Autres appellations et orthographes :
Armée islamique d’Aden-Abyan (AIAA)
Armée islamique d’Aden-Abian ou Armée islamique d’Aden-Abiane
Armée de Mohammed
Jaïsh Adan-Abiyan al-Islami (JAAI)

(Yémen) (Jaïsh Adan Al-Islami) Groupe terroriste islamiste apparu au début des années 90 au Yémen. Il est initialement dirigé par Zein al-Abidine Abou Bakr al­Mihdar (alias « Abou Hassan »). En 1994, il combat aux côtés des forces du Nord contre le Sud sécessionniste.

Il se fait connaître par l’enlèvement de 16 touristes américains, britanniques et australiens en Abyan, le 28 décembre 1998. La tentative de libération des otages par l’armée yéménite, près de Ja’ar, se solde par la mort de quatre otages. Capturés, les ravisseurs et leur chef sont jugés et condamnés à mort le 17 octobre 1999 par un tribunal yéménite. Après avoir, dans un premier temps nié l’existence de l’AIA, les autorités yéménites ont annoncé sa dissolution.

L’AIA apparaît comme un mouvement conservateur, composé de d’aristocrates déchus, de moudjahidin et d’ultraconservateurs religieux. Elle n’apparaît pas structurée et organisée et comprenait des militants yéménites et « arabes-afghans ».

Elle s’est manifestée à nouveau le 12 octobre 2000, avec l’attentat contre le croiseur américain USS Cole au moyen d’une embarcation chargée d’explosifs, et le 13 octobre avec un attentat à la grenade contre l’ambassade de Grande-Bretagne. L’attentat est revendiqué par deux mouvements inconnus, probablement issus de l’AIA : les « Forces de Dissuasion Islamiques » et l’ « Armée de Mohammed ».

Si les membres de l’AIA entretiennent des contacts avec d’ex-combattants afghans, et les milieux islamistes de Londres, le rôle d’ ► Al-Qaïda dans l’attentat de l’USS Cole reste encore à démontrer.

L’AIA est également considérée comme responsable de l’attentat contre le pétrolier français Limburg, le 6 octobre 2002 au large du port de Mina al-Dabah. Un jour avant l’attentat le journal Ash-Sharq al-Awsat a reçu une revendication de l’AIA. Toutefois, un communiqué de l’AIA plus tardif devait affirmer que le Limburg avait été l’objet d’une confusion avec une frégate américaine qui était visée(1) (!).

Personnalités du mouvement

  • Zain al-Abdin Abou Bakr al-Mihdar (alias Abou al-Hassan), 32 ans. Fondateur et chef historique de la JAAI. Ancien « afghan », il a été arrêté le 29 décembre 1998 et condamné à mort en octobre 1999.
  • Ahmad Muhammad Ali Atif, 26 ans, arrêté le 29 décembre 1998.
  • Sa’ad Muhammad Ali Atif, 19 ans, arrêté le 29 décembre 1998.
  • Abdullah Muhsin Salih al-Junaidi (alias Abou Hadhifa). Yéménite. Arrêté le 27 janvier 1999.
  • Hussein Muhammad Salih (alias Abou Huraira). Tunisien, arrêté le 27 janvier 1999.
  • Sa’id al-Fayadhi al-Malqab (alias Abou Nasser al-Awlaqi), s’est rendu aux autorités le 6 février 1999.
  • Salim al-Fayadhi al-Malqab (alias Abou Abdullah), s’est rendu aux autorités le 6 février 1999.
  • « Oussama al-Masri », chef opérationnel de l’AIA, Egyptien, également membre du ► Djihad Islamique Egyptien. Tué.

(1)The Times (12.10.02). Malgré d’apparentes similitudes, l’attentat contre le Limburg présente des différences importantes avec l’attaque de l’USS Cole. Ainsi, le bateau-bombe était télécommandé et non piloté comme pour l’USS Cole, ce qui est surprenant pour une organisation qui dispose de « martyrs » mais pas de moyens matériels importants. Un rapport effectué pour les Nations Unies estimé le coût de l’opération contre le Limburg à US$ 127 0000, alors que celle de l’USS Cole n’aurait été que de US$ 5 000 à 10 000. L’attentat contre le Limburg pourrait donc, en fait, être une opération montée par les services secrets américains pour tenter d’influencer la décision du Congrès américain d’accorder les pleins pouvoirs au président G. W. Bush en vue d’une guerre en Irak etiou de la France au Conseil de Sécurité des Nations Unies, en vue d’avaliser une opération contre l’Irak.