Front Islamique du Salut (FIS)

Front Islamique du Salut (FIS)(Algérie) (al-Jabha al-Islamiya lil­Inqaz) Parti politique islamique fondé le 10 mars 1989 par ► Abassi Madani, qui en est restera le président malgré son incarcération dans une prison algérienne.

Historique

Le FIS a ses origines dans un mouvement créé durant les années 60, comme une branche des ► Frères Musulmans : l’Al-Qiyam al-Islamiya. En 1966, après les manifestations consécutives à l’exécution de Sayyed Qutb en Egypte, le mouvement est interdit. En 1989, la libéralisation du paysage politique permet la fondation du FIS, qui recueille rapidement un succès populaire. Il revendique entre 500 000 et un million de membres. Aux élections régionales de juin 1990, le FIS obtient 55% des communes et 2/3 des wilayas, puis, lors des élections parlementaires de décembre 1991 il obtient 47% des voix.

L’annulation des élections nationales en janvier 1992, pousse le FIS à s’engager dans la lutte armée contre le gouvernement algérien. Il faut cependant relever que la création du FIS coïncide avec le retour des « afghans » algériens dans le pays.

Déclaré illégal le 4 mars 1992, il engendre plusieurs factions:

Plus particulièrement après son congrès de Batna (septembre 1991), le FIS se trouve rapidement écartelé entre les tendances « djazara »(1) et « salafiste ». La première envisage un mouvement islamiste dans le contexte algérien, alors que le second — plus fondamentaliste — place son action dans une vision plus large que le contexte algérien. Ces tensions se traduisent par une rivalité féroce avec le ► Groupe Islamique Armé (GIA) nouvellement créé.

En mai 1994, sous l’impulsion de Mohammed Saïd — chef de file de la tendance djazara — un « pacte d’unité » est passé avec le GIA. L’intention est de donner aux djazaristes une prééminence sur la scène algérienne. Le ► Front Islamique du Djihad Armé (FIDA), qui est le bras armé de cette tendance n’est pas dissout lors de cette union. La djazara est la tendance dominante.

Il restera, jusqu’en novembre 1995, une « union sacrée », qui ambitionne d’exporter le terrorisme islamiste à l’étranger, et plus particulièrement en France. Elle générera notamment le détournement de l’Airbus d’Air France en décembre 1994. En novembre 1995, cependant, le GIA fait assassiner Mohammed Saïd et s’engage dans une guerre sans merci avec le FIS.

Le FIS entretient des « bases arrières » en France, en Allemagne (avec environ 300 militants), en Suisse et aux USA. En mars 1995, deux fils d’Abassi Madani, Salim et Abou Kassem, ont été arrêtés en Allemagne en possession d’une demi-douzaine de faux passeports et de détonateurs.

Lors de son congrès des 3 et 4 août 2002 en Belgique, le Conseil Consultatif (Majlis ech-Choura) du FIS a reconduit Abassi Madani, en résidence surveillée en Algérie, à la présidence du parti, et ► Ali Benhadj, dont la peine a été réduite jusqu’en juin 2003, à la vice-présidence. Comme chef du bureau exécutif a été choisi ► Mourad Dhina, en exil en Suisse. Le 2 juillet 2003, Abassi Madani et Ali Benhadj sont déclarés libres par la justice algérienne, mais doivent s’abstenir de participer à toute activité politique.

Bibliographie choisie : Boukra Liess, Algérie—La terreur sacrée, Favre, Lausanne, 2002

(1)Du mot arabe « Djezaïr » (Algérie)