Accord National Irakien (ANI)

Autres appellations :
Iraqi National Accord (INA) al-Wifaq

Accord National Irakien (ANI)(Irak) Mouvement d’opposition créé en 1990 sur l’initiative du prince saoudien Turki ibn-Faysal, avec l’aide de la CIA et des services de renseignement britanniques et jordaniens. Il est initialement soutenu financièrement par l’Arabie Saoudite, qui — entre autres — l’aide à mettre sur pied la station de radio « Voice of Free Iraq ».

Depuis mars 2003, il est dirigé par le Dr ► Iyad Alawi. Il est constitué d’ex-membres du Parti Baath, opposants à Saddam Hussein, généralement issus de la communauté sunnite du centre de l’  Irak et est largement soutenu par la CIA — au moins en termes politiques.

Dès févier 1996, il est basé à Amman (Jordanie) et entretient des antennes en Irak, à Dahuk, Sulaïmanniyah, Zakhou, Salahuddin et Irbil s’appuyant ainsi largement sur l’opposition  kurde.

Il a commis quelques attentats à la bombe à Bagdad en 1994 (afin de « démontrer ses capacités » auprès de la CIA, selon Abou Ahmed al-Khadami, qui aurait organisé les attentats) et contre le quartier-général du Congrès National Irakien à Salahuddin en 1995. L’INA déconseille à la CIA de participer à l’insurrection de mars 1995 du CNI et du général Al-Samarraï.

En janvier 1996, le Président Bill Clinton autorise la CIA à soutenir le mouvement avec 6 millions de dollars. La principale contribution de ce soutien est la mise en service d’une station de radio (Al-Moustaqbal — « le Futur ») qui émet depuis Amman en Jordanie, d’avril à septembre 1996, puis, dès 1997 depuis le Koweït.

L’INA avait préparé un coup d’Etat, prévu pour le 29 juin 1996, planifié par le général Mohammad Abdullah al-Shahwani, ancien de la Garde Républicaine, qui avait contacté l’INA en 1994 déjà. Informés les services de renseignements britanniques (MI-6) et américains (CIA) devaient — par l’entremise de leurs agents en place au sein de l’UNSCOM(1) — contribuer à la coordination de l’opération. Renseigné sur le complot, le régime irakien parvient à arrêter 120 protagonistes et ainsi affaiblir considérablement l’organisation en Irak. Le mouvement reste cependant l’un des piliers de l’aide de la CIA aux mouvements d’opposition irakiens. Durant le régime de Saddam Hussein, l’ANI joue un rôle important dans la coordination des divers mouvements d’opposition irakiens.

Comme d’autres groupes d’opposition irakiens durant les dernières années du régime de Saddam Hussein, l’ANI a largement contribué à désinformer les Etats-Unis, afin de les inciter à attaquer l’Irak, pour des intérêts qui leur étaient propres.

(1)L’UNSCOM était la commission de surveillance mandatée par les Nations Unies. En 1998, Saddam Hussein a prié à la commission de se retirer en raison de ses activités d’espionnage.