Action Directe (AD)

Autres appellations :
Coordination d’Action Révolutionnaire

(France) Mouvement terroriste marxiste-léniniste de tendance anarchiste, créé en 1979 par Jean-Marc Rouillan et André Olivier, en fusionnant le Groupe d’Action Révolutionnaire Internationale (GARI) et les Noyaux Armés Pour l’Autonomie des Peuples (NAPAP). Il se manifeste pour la première fois par le mitraillage du siège du CNPF, à Paris, le l’ mai 1979. En mars 1980, une vingtaine de membres du mouvement est arrêtée. Puis, en septembre 1980, c’est au tour de Rouillan et de son amie Nathalie Ménigon. AD est alors désorganisée. Mais, en 1981, le Président Mitterrand — nouvellement élu — inclut les chefs d’AD parmi les bénéficiaires de l’amnistie présidentielle. Le mouvement entre alors dans une phase d’intense activité. En 1982, le gouvernement le dissout officiellement. AD durcit alors sa position. Deux tendances émergent donc : l’une « nationale » et une fraction « internationale » qui prône une fusion des mouvements terroristes européens. Ses effectifs étaient alors estimés à 20-30 activistes.

La fraction internationale entame alors une phase de collaboration active avec des mouvements terroristes étrangers, dont l’ ► Euskadi Ta Askatasuna (ETA), le GRAPO, Prima Linea, la ► Rote Armee Fraktion (RAF), les ► Communisti per la Libertà Proletariana (COLP). Action Directe, bien qu’opérant principalement en France, a collaboré avec et participé à des actions communes avec la ► Rote Armee Fraktion (RAF) allemande et les ► Cellules Communistes Combattantes (CCC) belges.

Cette collaboration internationale a été jusqu’à l’adoption d’une stratégie commune et une fusion avec la RAF au sein d’un « Front Politico-Militaire d’Europe Occidentale », annoncé par un communiqué conjoint daté du 15 janvier 1985. Ainsi, entre 1985 et 1986, on observe une étroite corrélation des actions des deux organisations de part et d’autre de la frontière.

Action Directe (AD)_Commandos d'Action Directe

La branche « nationale » d’AD effectue de nombreux attentats à la bombe et attaques à main armée dans la région parisienne entre 1982 et 1985. Le 28 mars 1986, elle est démantelée par l’arrestation d’► André Olivier et certains de ses complices, à Lyon et à St Etienne. Olivier(1), un violent caractériel, prend la direction d’un groupe, connu sous le nom de « groupe Olivier », qui se rend coupable de 21 attaques à main armée et 12 attentats politiques entre 1891 et 1986 sous le nom de plusieurs « commandos » (voir liste).

Le 21 février 1987, l’arrestation des chefs historiques d’AD (Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Régis Schleicher, Joëlle Aubron et Georges Cipriani), marque la fin d’AD et de sa branche « internationale ». Restée inactive depuis, AD est considérée comme dissoute.

Action Directe (AD)_Coordination entre Action Directe et la Rote Armee Fraktion

 

(2)Revendiqué par le Commando « Elisabeth Van Dick », du nom de la militante de la Rote Armee Fraktion, tuée en 1979 par la police allemande.
(3)Revendication commune de la RAF et AD, exécution par le Commando « George Jackson » du nom d’un militant des Black Panthers américaines.