African National Congress (ANC)

African National Congress (ANC)(Afrique du Sud) (Congrès National Africain) Mouvement nationaliste indépendantiste créé en 1912 sous l’appellation de South African Native National Congress (SANNC). Ses objectifs étaient alors la préservation des droits des noirs en Afrique australe.

Dès le début des années 20, le mouvement est infiltré par le Parti Communiste Sud Africain (SACP) et, en 1928, s’affilie au Comité Central du Parti Communiste. Depuis la libéralisation de la politique sud-africaine, et l’accession au pouvoir de son secrétaire-général ► Nelson Mandela, l’ANC a officiellement cessé toute activité terroriste. Certaines personnalités de l’ANC ont été intégrées dans les structures gouvernementales sud-africaines.

Les activités terroristes de l’ANC étaient menées par sa branche armée clandestine, l’ ► Umkhonto we Sizwe (MK). L’adjoint du chef de cette dernière, Joe Slovo citoyen soviétique d’origine balte — était simultanément secrétaire général du SACP et colonel du KGB.

African National Congress (ANC)_Actes de violence en Afrique du Sud (1989-94)

Actes de violence en Afrique du Sud (1989-94)

Source : Soumission auprès de la Commission Vérité et réconciliation, (mal gén. B. Mortimer)]

La stratégie de l’ANC, qui se place dans une perspective asymétrique, est de rendre les townships ingouvernables et d’encourager les désordres publics. Cette stratégie voit trois périodes distinctes :

  • De juin 1976 à août 1984, les désordres touchent essentiellement le milieu scolaire avec des accents dans les provinces du Cap-Est, Cap-Ouest et Port Elizabeth. Mais les grèves (207 en 1980) pénalisent également l’économie sud-africaine.
  • De septembre 1984 à août 1989, un total de 48 000 manifestations et affrontements sont enregistrés, qui évoluent avec une progression constante qui culmine en 1985-86. Les troubles ne concernent pas seulement les affrontements interraciaux mais surtout les affrontements interethniques, notamment entre partisans de l’ANC (qui proviennent principalement des ethnies Xhosas et Sotho) et de l’Inkhata (qui proviennent de l’ethnie Zoulou).
  • De septembre 1989 à août 1994, avec une augmentation de la violence et une stabilisation due aux négociations de paix.

African National Congress (ANC)_Structure de l'ANC (des 1986)

African National Congress (ANC)_Structure du Commandement Militaire de l'ANC (1992)

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Certains éléments dissidents de la MK semblent être restés actifs, mais vraisemblablement hors du contrôle de l’ANC. La majeure partie des membres de la MK a été intégrée dans les forces armées sud-africaines.

Structures

L’ANC est dirigée par un Conseil Exécutif National (NEC), placé, depuis 1969, sous la conduite d’Oliver Tambo, mais dont les membres ne seront élus qu’à partir de 1985. Il a fonction d’autorité morale, et assure la conduite politique stratégique du mouvement. Jusqu’en 1983, la conduite opérationnelle est assurée par un Conseil Révolutionnaire, lui aussi conduit par Oliver Tambo. En 1983, il est remplacé par un Comité Politico-Militaire qui est le bras exécutif du NEC et assure la coordination stratégique des opérations. En 1991, après sa libération, Nelson Mandela devient président du NEC.

Après la conférence de Kabwe (mai 1985) et en réponse à l’accroissement des activités en Afrique du Sud, le commandement politique est remplacé par un « Internai Political Committee » (IPC) en 1987. Ce « Comité Politique de l’Intérieur » assure la coordination des actions politiques à l’intérieur de l’Afrique du Sud.

Le Commandement Militaire apparaît en 1983. Auparavant, les opérations sont assurées par le service des opérations du MK. Mais l’extension des activités de l’ANC exige un état-major complet. Il est organisé comme un état-major militaire conventionnel et assure la coordination des actions du MK à l’intérieur et à l’extérieur du pays (négociations pour les bases d’entraînement à l’étranger, approvisionnement en armes et logistique)

Le Département du Renseignement et de la Sécurité (NAT), formé en avril 1969, est responsable de la coordination du renseignement et du contre-renseignement au sein de l’organisation. Il entre parfois en conflit avec le Service de Renseignements Militaire (MKIZA) de l’ANC.

Directeurs du NAT

 Moses Mabhida 04.1969
 Simon Makana 1976-1980
 Mzwai Piliso 1980-1987
 Joe Nhlanhla 1987-1994

 

African National Congress (ANC)_Structure du NAT (1994)

Bibliographie choisie : Maj. gén. B. Mortimer, « SA Defènce Force Involvement in the Internai Security Situation in the Republic of South Africa », Soumission à la Commission Vérité et Réconciliation.

(1)Dès 1992, la plupart des positions du commandement militaire ne sont plus occupées en raison de la cessation des hostilités.