Aktion Neue Rechte (ANR)

(Allemagne) (Action Nouveaux Droits) Mouvement d’extrême droite créé le 9 janvier 1972 par Siegfried Pölhmann, président du NPD (Parti National Allemand) de Bavière. En 1974, des divergences idéologiques au sein du mouvement aboutissent à la création de l’Organisation de Construction Nationale Révolutionnaire (Nationalrevolutionâren Aufbauorganisation — NRAO), qui devient rapidement majoritaire et conduit à la dissolution de l’ANR la même année et le passage de ses 650 membres à la NRAO.

Idéologie

L’idéologie de l’ANR se veut distincte de celle du national-socialisme d’avant-guerre, jugé irrationnel. La nouvelle idéologie, qui se qualifie volontiers d’ « antifasciste », se veut plus scientifique et fondée sur la biologie et le nationalisme. Elle prend pour référence les travaux de chercheurs sur le comportement, comme Konrad Lorenz, ou l’Américain Arthur R. Jensen, et en tire le fait que « l’Homme est conditionné essentiellement par l’évolution biologique, la race et les instincts, et se trouve en équilibre constant entre la nature et l’esprit. »(1) Bien que l’Homme pense pouvoir échapper à ce « conditionnement biologique », son comportement est fondamentalement influencé par des instincts de base (instinct territorial, de dominance, de possession, d’agression, sociétal, sexuel, etc.). Ces phénomènes doivent donc se refléter dans la manière dont fonctionne la société. L’élimination des différences et des inégalités est donc non seulement irréaliste, mais contre nature. La société doit donc être fondée sur le « droit à la différence ». Il en résulte donc une opposition fondamentale avec le marxisme.

Il en résulte la notion de différences raciales — fondée, entre autres, sur les travaux d’Arthur R. Jensen, qui avait « établi » la différence de niveaux intellectuels entre les Noirs et les Blancs aux USA, et le fait que l’intelligence était liée à la race. Dès lors, la légitimité d’un « apartheid » est établie. Par ailleurs, le mélange croissant des peuples associé à la disparition du « principe de la nationalité » conduit à la perte de la « substance biologique et culturelle » de l’Europe… d’où l’impératif de renvoyer les travailleurs étrangers dans leurs pays d’origine (!).

Ce cheminement idéologique conduit naturellement à l’idée de la réunification du peuple germanique (La RFA, la RDA (NdA: nous sommes alors encore durant la Guerre froide !), l’Autriche, les territoires allemands de l’Est en URSS et en Pologne, les Sudètes en Tchécoslovaquie et le Sud-Tyrol en ltalie)(2). La théorie des « nouveaux droits » justifie donc le principe de « libération nationale » et réveille les idées pangermanistes d’avant-guerre.

Le mouvement se situe donc entre le capitalisme et le communisme (entre lesquels peu de différence est faite), dans une troisième voie définie par le terme de « solidarisme ». Le socialisme n’est que la conséquence de « l’instinct sociétal » et reste subordonné à la notion de solidarité au sein d’une même communauté. Le salaire doit être fonction de l’importance de la participation au produit social total.

(1)Tiré du « Solidarischen Manifest » du mouvement «Solidarische Volksbewegung » (Mouvement Populaire Solidaire) (établi le 17.6.78 à Aschaffenburg)
(2)On notera que la Suisse alémanique (germanophone) n’est pas comprise dans ce « concept », car jugée trop particulière en raison de ses dialectes.