Al-Mourahalin

(Soudan) (de l’arabe marahil : nomade) Milices recrutées parmi les tribus arabes Baggara (ethnies Rizeiqat, Roufa’a al-Hudj, Misseriyah,) du Darfour et du Kordofan (► Soudan) et soutenues par le gouvernement soudanais dans sa lutte contre la rébellion chrétienne du Sud du pays. Elles étaient soutenues par le Comité de Défense de l’Islam et de la Nation, créé par le Front Islamique National au pouvoir, elles ont été armées et entraînées par l’armée soudanaise.

Adversaires traditionnelles de la tribu Dinka, les milices Rizeiqat et Misseriyah ont mené des attaques contre des villages du Nord-Est de la province de Bahr al-Ghazal et ont une réputation de grande brutalité. En 1985, elles ont provoqué la fuite de quelque 600 000 personnes dans le district d’Aweil, se livrant au pillage et s’appropriant les troupeaux des personnes déplacées.

Les milices Roufa’a al-Hudj ont été armées par le gouvernement dès 1986 pour combattre la ► Sudan People’s Liberation Movement/Army au Sud de la province d’Al-Awsat. Certaines opérations menées conjointement avec les forces armées soudanaises ont conduit à des massacres au sein des populations non-arabes.

En février 1989, le gouvernement Sadiq el-Mahdi propose d’instituer les milices Al-Mourahalin comme milices d’autodéfense, mais l’idée a été combattue par divers mouvements politiques qui craignaient voir ces milices se développer en milices combattantes du parti de l’Oummah de Sadiq el-Mahdi. Mais, après le coup d’état d’Omar Hassan al-Bachir, l’idée est reprise par le nouveau gouvernement et le Popular Defence Act est adopté en octobre 1989, qui institue les Forces de Défense Populaires (Quwat ad-Difa ‘a ash-Shabiyah).

Corrélats : ► Janjaweed