Al-Qods

Autres appellations :
Force Al-Qods
Unités de Jérusalem
Brigades al-Qods (arabe : سرايا القدسSaraya al-Qods)(?)
► Jihad islamique palestinien (JIP)(?)

Autres appellations US:
quds force

Al-Qods(Iran) (Jérusalem) Unités de forces spéciales islamiques, issues du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (► Pasdaran), et subordonnées aux services de renseignements iraniens. Comme les Pasdaran, les unités al-Qods ont une structure territoriale déployée sur tout le territoire iranien, avec des centres de formations dispersés.

Il est semble confirmé que des unités Al-Qods ont formé des groupes insurgés hors d’Iran lors de la campagne de Révolution Islamique mise en oeuvre au début des années 80.

Elles auraient notamment été engagées au Liban, où on les soupçonne d’avoir contribué à instruire les guérilleros du ► Hezbollah. Selon des informations non-confirmées, des unités al-Qods auraient alors aussi été engagées dans des combats en Afghanistan contre les Soviétiques.

Mais depuis la fin de la guerre froide et après la mort de l’Ayatollah Khomeiny, et surtout avec l’abandon de la stratégie de Révolution Islamique, l’engagement des unités Al-Qods à l’étranger est l’objet de nombreuses spéculations. A l’exception de la Bosnie, où les unités Al-Qods ont été engagées pour former les unités bosniaques engagées contre les groupes paramilitaires serbes.

Les unités Al-Qods constituent l’ossature du potentiel des opérations spéciales iraniennes et constituent — au niveau des fonctions — l’équivalent des Forces Spéciales (« bérets verts ») américaines. Intégrées au corps des Pasdaran, dont le mandat est associé à la sécurité intérieure du pays, les unités Al-Qods sont aussi engagées dans la lutte anti-insurrectionnelle. Comme pour l’ensemble des forces armées iraniennes, leur engagement est soumis aux décisions du Conseil Suprême de la Sécurité Nationale. L’organe de planification stratégique des engagements est le Conseil des Opérations Spéciales iranien.

Selon des informations non-confirmées, les effectifs des unités Al-Qods auraient été portés à 15 000 personnels, notamment par l’intégration de toutes les forces spéciales des armées iraniennes sous le commandement des forces Al-Qods en janvier 2006.(1) Souvent interprétée comme une volonté de l’Iran d’accentuer son influence au Liban, en Irak et en Afghanistan, cette augmentation est en fait la réponse à l’accroissement des opérations spéciales militaires américaines en Iran. Ceci coïncide également avec le développement et la multiplication d’attentats à la bombe commis par certaines minorités ethniques (notamment à Ahvaz, le 12 juin et le 15 octobre 2005 et le 24 janvier 2006), et pour lesquels, le gouvernement iranien a accusé les gouvernements américain et britannique.(2)

Le théâtre irakien serait de la responsabilité du lez Corps de la Force Al-Qods, également appelé Corps Ramazan — du nom de son camp de base dans les environs de Téhéran. En fait, si certaines pistes permettent de dégager une structure de commandement iranienne qui se prolongerait en Irak, peu d’informations concrètes permettent d’en étayer les détails. Ainsi, il a été largement dit que les charges explosives à effets dirigés (Explosively Formed Projectiles — EFP)(3) étaient importées en Irak par les filières Al-Qods. Or, cette version est contestée par de nombreux experts occidentaux.(4)

Al-Qods_Organisation de la Force Al-Qods (2006)

Al-Qods_Structure du 1er Corps (Ramazan Corps) d'Al-Qods (2007)

* le Shaban 15 — 15′ jour du 7e mois lunaire dans le calendrier islamique — renvoie à la date du début de l’insurrection chiite après la première guerre du golfe en 1991.

Le 25 octobre 2007, la Force Al-Qods(5) a été portée sur la liste de deux décrets présidentiels américains : l’Executive Order 13382, qui concerne les activités de prolifération d’armes nucléaires et l’Executive Order 13224, qui traite de l’appui logistique fourni aux organisations terroristes (en l’occurrence, les ► Taliban). Toutefois, l’implication récente des unités Al-Qods dans des activités (formation, financement ou exécution) reste dans le domaine des spéculations.

(1)IntelligenceOnline.com, “Tehran targets Mediterranean”, 10.03.2006.
(2)Les Etats-Unis mènent deux catégories d’opérations spéciales (clandestines) en Iran. La première catégorie est conduite par le Joint Special Operations Command (JSOC) dont les opérations peuvent être ordonnées directement par le Président G. W. Bush — en sa qualité de commandant en chef des armées, qui peut donc ainsi s’affranchir de l’autorisation du Congrès. La seconde catégorie comprend les opérations clandestines des services spéciaux de la Central Intelligence Agency (CIA), qui ont fait l’objet d’un Presidential Finding en mars 2007, et qui sont soumises à un mécanisme de surveillance parlementaire.
(3)Voir ► Engins explosifs.
(4)Mark Mazzetti, Steven Lee Myers et Thom Shanker, “Questions Linger on Scope of Iran’s Threat in Iraq”, New York Times, 26.04.2008
(5)Avec la Force Al-Qods, ont été ajoutés à ces listes le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) (voir ► Pasdaran)et la Logistique des Forces Armées et du Ministère de la Défense iranien — qui gère l’Organisation des Industries Aérospatiales iranienne, responsable du programme de missiles balistiques, déjà portée sur la liste de l’EO 13382 le 28 juin 2005 —, la banque Melli — la plus grande banque iranienne —, la banque Saderat Spécialisée dans les transferts de fonds et accusée de faire transférer des fonds pour le Hezbollah — et la banque Mellat — qui finance les activités nucléaires de l’Iran.