al-Shabaab

al-Shabaab

Autres appellations :
Ash-Shabaab
Harakat al-Shabaab al-Mujahideen (Mouvement des Combattants de la Jeunesse)

Autres appellations US :
al-Shabab
Mujahideen Youth Movement
Mujahidin al-Shabaab Movement
Mujahidin Youth Movement
Shabaab
The Harakat Shabaab al-Mujahidin
the Youth

(Somalie) (La Jeunesse) Groupe armé sunnite radical apparu en juin 2006 issu de l’Union des Tribunaux Islamiques.  Sa création est consécutive à l’intervention éthiopienne, qui provoque l’émergence d’une résistance composée de toute une série de groupes armés islamiques. Ces groupes armés sont pour la plupart issus de l’Union des Tribunaux Islamiques (UTI). al-Shabaab apparait assez rapidement comme le mieux organisé et structuré.

Structure du Mouvement al-Shabaab (2013)

 

Animé par sa résistance aux interventions et influences étrangères, il prône la création d’un Etat islamique avec la Charia comme base juridique. Dans les zones que le mouvement contrôle, la piraterie maritime diminue radicalement (les accusations formulées par le gouvernement éthiopien et le gouvernement fédéral – légal – somalien, selon lesquelles Al-Shabaab se serait associé avec l’Erytrée pour menacer l’Ethiopie et financer ses activités au moyen de la piraterie semblent relever de la désinformation). On ne retrouve pas dans le discours politique du mouvement la revendication – pourtant traditionnelle des mouvements somaliens – pour la reconstitution de la « Grande Somalie » (Somaliweyn).

Structure opérationnelle du Mouvement al-Shabaab (Septembre 2014)

 

Au début, le mouvement présente un comportement très nationaliste. Afin d’encourager la production  agricole locale – qui tend à disparaitre en raison de l’aide alimentaire internationale – Al-Shabaab impose la consommation de produits somaliens et bannit l’arrivée de produits alimentaires étrangers dans les zone que le groupe contrôle. Cette initiative est bien accueillie par la population locale et relance l’activité agricole locale. Toutefois, la sécheresse qui apparait en 2008, créant un désastre humanitaire dans toute la région génère des besoins nouveaux que la politique du groupe ne parvient pas à satisfaire.

L’offensive éthiopienne de 2007 avec l’aide des Etats-Unis pousse le groupe à radicaliser son action et déclenche les premiers attentats-suicide du groupe en octobre 2007.

Utilisant la religion comme élément fédérateur, Al-Shabaab revendique une action libérée de l’influence – et des intérêts – claniques et sort ainsi des rivalités fratricides. Le retrait (partiel) des forces éthiopiennes en 2009 affecte la cohésion d’Al-Shabaab et des tensions apparaissent au sein du leadership quant à la conduite à adopter.

Le chef du Mouvement, Sheikh Mukhtar Robow (alias “Abou Mansour”) est alors remplacé par Sheikh Moktar Ali Zubeyr (alias “Godane”), plus radical afin de reprendre le mouvement en main. Mais les tensions se poursuivent et l’année suivante, Godane est remplacé à son tour par Sheikh Ibrahim Hadji Jama Mee’aad (alias “Ibrahim al-Afghani”) fort de sa réputation de combattant en Afghanistan. Le sort d’Ibrahim al-Afghani n’est pas clair, mais il sera remplacé par Godane en 2011.

Dans la nuit du 1 au 2 septembre 2014, Godane est tué lors d’un raid aérien de drones américains au sud de Mogadiscio. Le 6 septembre 2014, Al-Shabaab communique que son nouveau leader est Sheikh Ahmad Omar (alias “Abou Ubaïdah”). Il est impoprtant de noter que Godane avait annoncé publiquement son allégeance à “Al-Qaïda” en 2012, alors qu’Oussama Ben Laden – qui avait été contacté par Godane en 2010 – a décliné son offre d’union. Ainsi, l’allégeance déclarée d’Al-Shabaab envers “Al-Qaïda” (ou, plus exactement: envers Oussama Ben Laden) et largement répercutée – pour ne pas dire exagérée – par les services de sécurité et les médias occidentaux – a non seulement fait l’objet d’une violente opposition au sein même d’Al-Shabaab, mais a été refusée par Oussama Ben Laden lui-même, ainsi qu’en témoingnent les documents retrouvés dans la demeur d’Oussama Ben Laden lors de son assassinat patr les forces spéciales américaines.

La rason d’être d’Al-Shabaab est essentiellement un combat de dimension nationale, dirigé contre les tentatives d’ingérences étrangères dans les affaires somaliennes. Ses efforts pour juguler la piraterie maritime dans les zones que le mouvenment contrôle indique son souci de ne pas étendre la portée du conflit. L’incompréhension – probablement délibérée – des pays occidentaux et de la communauté internationale dse intentions d’Al-Shabab a pour conséquence une radicalisation du mouvement et tend à favoriser son extension à l’étranger. L’attaque du centre commercial de “Westgate” à Nairobi (21 septembre 2013) a été une première démonstration de cette évolution, qui pourrait se poursuivre si l’on continue à voir Al-Shabaab luttant pour un djihad global. Dans ce contexte, il est important de comprendre que les interventions occidentales, loin de diviser la conduite d’Al-Shabaab, risque de resserrer le mouvement autour de son chef en donnant une légitimation nouvelle à son désir de se lier à “Al-Qaïda”.

L’action américaine et occidentale contre Al-Shabaab est basée sur la crainte de la mort qu’on leur attribue, alors qu’en fait, la mort (ou plus exactement le sacrifice pour la “cause”) est un facteur stimulant. Cette action – y compris les pressions exercées sur les pays africains pour intervenir en Somalie – n’a fait que contribuer à déstabiliser davantage la région et à générer une manace terroriste qui n’y existait pas.

Organisation territoriale du Mouvement al-Shabaab (Septembre 2014)

Corrélat : ► Organisations terroristes