Allemagne

Allemagne_Extremisme politique violent en Allemagne (1990-2006)

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Source : Bundesamt far Verfassungsschutz

Après la vague de terrorisme des années 70, et l’Allemagne, outre les restes plus ou moins reconstitués de l’ancienne ► Rote Armee Fraktion (RAF), connaît une autre vague de terrorisme, plus diffuse, qui se manifeste par la multiplication de « commandos » ou « unités de combat » (Kampfeinheiten).

Ces « commandos » qu’ils soient autonomes, dérivés de mouvements terroristes ou rattachés à des groupements politiques opèrent de manière isolée et sporadique. Ils sont composés d’un très petit nombre de « combattants » qui travaillent de manière très compartimentée ou autonome, et sont ainsi difficiles à appréhender.

Durant les années 80 se développent des mouvements pacifistes, dont les mots d’ordre sont proches de ceux des mouvements alternatifs et anarchistes. Ces mouvements sont restés actifs dans le soutien aux « Verts » et dans les différents combats contre l’énergie nucléaire. Ils ne sont pas toujours très éloignés des mouvements d’extrême droite — ou qualifiés comme tels, comme les mouvements « skinheads ». Plus inquiétants sont les mouvements d’extrême droite qui sont porteurs d’un réel message politique, souvent même plus élaboré que l’ « original » national-socialiste de la seconde guerre mondiale. Ces mouvements, qui rassemblent des individus violents autour d’une petite élite intellectuelle sont l’objet des attentions des services de renseignements intérieurs allemands.(2) On observe, par exemple, une lente augmentation des incidents antisémites.

Allemagne_Violence antisemite en Allemagne (1991-2006)

*Voir note.

Source : Bundesamt far Verfassungsschutz

La liste ci-dessous présente un certain nombre de groupes qui opèrent depuis le milieu des années 80. Certains d’entre eux n’ont commis qu’un ou quelques attentats (le plus souvent des incendies ou des attentats à la bombe). Il est vraisemblable qu’une grande partie de ces groupes n’existe plus et/ou qu’ils réapparaissent sous d’autres noms :

Groupes autonomes ou de tendance anarchiste

Une des particularités du paysage de la violence en Allemagne, est la multiplication de groupuscules autonomes et anarchistes.

Aktion für Menschlichkeit
Aktion Kabelbrand
Aktionsfront Nationaler Sozialisten — Freiheit für Michael Kühnen
Aktive Rebellen
Anarchistische Zellen
Antifaschistiches Kommando Günter Sare
Antifaschistiches Kommando Janosc Korczak
Antifaschistiches Kommando Siegbert und Lotte Rotholz
Anti-Imperialistische Zellen (AIZ)
Autonome Anarchisten
Autonome Gruppen
Autonome Zelle Aloïs Sonnleitner
Autonome Zelle Erna Sielka
Autonome Zellen
Autonomes Hinterland
Chaotischer Demoralisierender Untergrund
Deutsche Aktionsgruppen (DA)
Die Amazonen
Die Eingeschüchterten
Die Gatower Befreiungsfront
Die Unausstehlichen
Domestos
Einige wilde rauchende Moleküle
Fedajin Kaiserlich Iranische Monarchie
Freunde der Hafenstrasse
Freundinen Alexandra Kollontais
Hau weg den Scheiss
Heilsberg Front
Holger Meins Kommando
Illegale Militante
Illegale Militante Kâmpfende Einheit Jona Thimme
Keimpfende Legasteniker
Klassenkrieg gegen sozialen Frieden und imperialistichen Krieg
Kommando Katharina Hammerschmidt
Kommando Krieg dem Krieg
Kommando Malik Oussekine
Kommando Norbert K.
Kommando Proletarische Aktion
Kommando R.O. Salvisberg
Militante Zelle
Panzerknacker AG — Sektion Rheinland
Partisanen der Nacht
Proletarische Initiative und Offensive fiir Westeuropa als Kriegabschnitt
Rache für Günter S.
Sabotage- und Abrissworkteam A66
Wildfuchs K36
Wirtschaftwunderkinder

Groupes identifiés comme issus ou affiliés à la RAF et aux RZ

Autonome Rote Zelle Archimedes
Kämpfende Einheit Anna Maria Ludmann
Kämpfende Einheit Christos Tsoutsouvis
Kämpfende Einheit Crespo Cepa Gallente
Kämpfende Einheit für den Aufbau der antiimperialistichen Front in Westeuropa
Kämpfende Einheit Gudrun Enslin
Kämpfende Einheit Hind Alameh
Kämpfende Einheit
Jonas Thimme
Kämpfende Einheit Rolando Olalia
Kämpfende Einheit Ulrike Meinhof
Kämpfendes Kommando der RZ
Kommando George Jackson
Kommando Ingrid Schubert
Kommando Jan Raspe
Kommando Jose Manuel Seviliano
Kommando Khaled Aker
Kommando Mara Cagol
Kommando Patsy O’Hara
Kommando Ramazan Arci
Kommando Wilfried Böse
Kommando Wolfgang Beer
► Mouvement du 2 Juin
► Organisation 17. September Sabra und Chatila
Revolutionäres Autonomes Kommando
► 
Rote Armee Fraktion (RAF)
► Revolutionäre Zellen (RZ)
Rote Zora

Mouvements d’extrême droite

► Aktion Neue Rechte
► Aktionsfront Nationaler Sozialisten/Nationale Aktivisten (ANS/NA)
Befreiungskommando Rudolf Hess
Bewegung 20. April
Gruppe Freies Deutschland
Rache für Rudolf Hess
SS-Obersturmfahrer Fleydrich Kommando

Mouvements écologistes et antispécistes

Liga der Tierrechte
Rucher der Tiere
Radikale Front gegen Umweltzerstôrer

Autres

Kaukasische Front für die Befreiung von Abu Achikob(Front Caucasien pour la Libération d’Abou Achikob)(3)

Mouvements des communautés étrangères en Allemagne

a) Mouvements turcs

► Parti des Travailleurs Kurdes (PKK/KADEK) (interdit en Allemagne depuis le 26 novembre 1993)
► Devrimci Halk Kurtulus Partisi-Cephesi (DHKP-C) (Parti/Front de Libération Populaire Révolutionnaire), (interdit en Allemagne depuis le 13 août 1998) (environ 750 militants)
► Türkiye Halk Kurtulus Partisi/Cephesi – Devrimci Sol (THKP/C-Dev Sol) (Front/Parti de Libération Populaire de Turquie — Gauche Révolutionnaire) (interdit en Allemagne depuis le 13 août 1998) (environ 50 militants)
Türkiye Komünist Partisi/Marksist-Leninist (TKP/ML) (Parti Communiste de Turquie /Marxiste-Léniniste) (environ 900 militants)

b) Mouvements iraniens

► Modjahedin-e-Khalq (MeK)

c) Mouvements islamistes arabes

Les attentats du 11 septembre 2001, ont mis en évidence le rôle de la communauté islamiste en Allemagne dans la logistique de l’opération. Les citoyens marocains Abd el-Ghazni Mzoudi et Mounir el-Motassadeq ont été arrêtés et condamnés pour leur participation dans la préparation de l’attentat du 11 septembre. Tous deux avaient suivi une formation dans les camps d’Al-Qaïda, en Afghanistan en 2000. Le 11 septembre 2002, a été arrêté à Karachi (Pakistan) Ramzi Ben al-Shib, qui avait également participé à la préparation de l’attentat à Hambourg.

Le Jordanien Ahmed Nazzal Fadhil al-Khalaliyah (alias Abou Moussab al-Zarqawi) aurait créé un réseau en Allemagne et au Proche-Orient, capable d’appuyer des opérations terroristes avec des faux papiers, des téléphones portables, etc. En tout, douze personnes de ce réseau ont été mises en examen dans le cadre des attentats du 11 septembre. A Francfort, un réseau de moudjahidin dirigé par l’Algérien Mohammed Ben Sakhria (alias Meliani) qui avait préparé un attentat à la bombe pour décembre 2000 à Strasbourg (France) a été démantelé.

L’Allemagne abrite également des membres isolés de l’ ► Gama’ah al-Islamiyyah et du ► Djihad Islamique Egyptien ainsi qu’environ 1200 militants des ► Frères Musulmans, 800 sympathisants du Hezbollah, 150 du ► Hizb ut-Tahrir (HuT).

Les mouvements islamistes algériens sont également présents. On estime à 350 le nombre de membres du ► Front Islamique du Salut (FIS), du ► Groupe Islamique Armé (GIA) et du ► Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC). Entre autres, Rabah Kébir, chef de l’Instance Exécutive du FIS à l’Etranger (IEFE), est installé en Allemagne.

Malgré cette évidente présence islamiste l’Allemagne n’a pas souffert d’actes terroristes islamistes. Toutefois, le 31 juillet 2006, deux valises-bombes ont été découvertes en gare de Cologne, destinées à exploser dans le train régional à destination de Coblence. Les bombes étaient pourvues de bouteilles de gaz (une bouteille de 11 litres et trois bouteilles de 1,5 litre) afin de multiplier leurs effets et d’un système d’allumage mécanique simple. Quatorze heures après la découverte des valises, un Libanais — Youssef Mohammed al-Hadjib — était arrêté. Deux autres terroristes seront arrêtés au mois d’août.

(1)Tous les chiffres présentés ici n’ont pas la même base. Jusqu’au 31.12.2000, l’Allemagne enregistrait tous les actes de violence politique destinés motivés par la lutte contre l’Etat. Le 10 mai 2001, les différents ministres des Liinder allemands ont approuvé une redéfinition de ces actes de violence avec effet rétroactif au 01.01.2001. Dès cette date sont enregistrés les actes de « Criminalité Politique » (Politisch motivierte Kriminalitdt — PMK) perpétrés « contre une personne en raison de son orientation politique, de sa nationalité, de son appartenance ethnique, sa race, sa couleur de peau, sa religion, sa vision du monde, sa provenance, ses orientations sexuelles, son handicap ou son apparence extérieure, respectivement son statut social ». Cette nouvelle définition a pour objectif de cerner de plus près la violence d’extrême-droite.
(2)Bundesamt für Verfassungsschutz (Office Fédérale pour la Protection de la Constitution)
(3)Il s’est avéré que le «Front Caucasien » était en fait un seul individu Ulrich Vogel, qui avait tenté de commettre un attentat à la gare de Dresde le 6 juin 2003 au moyen d’une bombe sophistiquée dans le but d’extorquer une somme d’argent à la Deutsche Bank. Il a été arrêté et condamné à 12 ans de réclusion pour tentative d’homicide. (AP, 29.07.2005)