Ansar al-Islam

Autres appellations :
Ansar fi Kurdistan
Jaïsh Ansar al-Islam ( ?)
Pistiwanani Islami la Kurdistan

Autres appellations US:
Ansar al-Islam (AAI)
Ansar al-Sunna
Ansar al-Sunna Army
Devotees of Islam
Followers of Islam in Kurdistan
Helpers of Islam
Jaish Ansar al-Sunna
Jund al-Islam
Kurdish Taliban
Kurdistan Supporters of Islam
Partisans of Islam
Soldiers of God
Soldiers of Islam
Supporters of Islam in Kurdistan

(Irak) (Partisans de l’Islam) Mouvement islamiste d’obédience wahhabite et salafiste, formé en décembre 2001 par le regroupement de plusieurs mouvements radicaux kurdes, dont le ► Jound al-Islam et le ► Mouvement Islamique du Kurdistan Irakien (MIKI). Tout d’abord connu sous son appellation première de Jound al-Islam, il change rapidement de nom pour celui d’ Ansar al-Islam. Son chef historique était Ahmed Fadheel Nazal ► Abou Moussab al-Zarqawi. L’idéologue du mouvement était le Mollah ► Fateh Krekar  (alias Najmeddin Faraj Ahmed) et ses effectifs étaient d’environ 500-700 militants. Son chef serait ► Warba Holiri al-Kurdi (alias Abou Abdallah al-Shafi’i) (2003-).

Il disposait de camps d’entraînement au Nord de l’Irak, en zone kurde.

Le 20 février 2003, l’Ansar a été porté sur la liste de l’Executive Order 13224 du Président Georges W. Bush. Le 24 février, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a placé l’Ansar sur la liste des mouvements terroristes. Il a été suivi par le gouvernement australien, le 27 février 2003.

A la suite des opérations américaines en mars-avril 2003, l’Ansar al-Islam est réputé avoir été décimé et avoir perdu sa capacité opérationnelle. Il est vraisemblable que certains de ses membres survivants aient encore mené quelques actions, mais le groupe semble avoir cessé d’opérer comme entité. Notamment, le groupe a revendiqué l’attaque simultanée du l’ février 2004 contre les quartier-généraux du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), mais cette responsabilité n’a pas été confirmée.

Historique

Le mouvement al-Ansar al-Islam est issu des mouvements fondamentalistes apparus en Irak durant le conflit Iran-Irak. Au Nord de l’Irak, ces mouvements ont été formés au milieu des années 80 et coordonnés par Osman Abdul Aziz, un religieux opposant au régime de Saddam Hussein, avec le soutien de l’Iran. Aziz est capturé et emprisonné, puis fuit en l’Iran dès sa libération en 1987. Il crée le Buzutnawah (Mouvement Islamique du Kurdistan en Irak). Le Buzutnawah fait l’objet de tensions internes et dès 1995, se divise en diverses factions. Une faction désignée « Hamas » (Enthousiasme) fait dissidence en 1997, rapidement suivi d’une autre faction appelée « Markaz » (Centre). En 1999, Aziz décède en Syrie. Son frère Ali lui succède, mais sans autorité, le Buzutnawah périclite. La faction « lslah », se déclare, dirigée par Krekar ; « al-Tawhid », dirigée par Zarqawi, apparaît en 2000. Puis la faction « Komal » (Groupe Islamique) apparaît.

En octobre 2000, Mollah Krekar envoie une délégation de l’Islah — dirigée par le Mollah Namo — pour négocier avec Oussama Ben Laden la possibilité de s’entraîner en Afghanistan dans les camps d’Al-Qaïda. De son côté, al-Tawhid entreprend la même démarche. Il semble qu’Oussama ben Laden ait à cette occasion exigé une association avec ces mouvements. Pour diriger le Markaz, il envoie un de ses émissaires, Abou Abdul Rahman al-Shami, qui sera tué dans une escarmouche avec l’ ► Union Patriotique du Kurdistan (UPK) et remplacé par Abou Zoubeïr.

En juillet 2001, le Hamas et le Tawhid se rassemblent et forment le Front Islamique Tawhid, auquel se joint plus tard le Markaz. Le septembre 2001, le front Islamique Tawhid devient, le Jound al-Islam (JaI) (Soldat de l’Islam). Le Jal se lance immédiatement dans une Jihad contre les partis politiques du Kurdistan qui ont dévié du « vrai chemin de l’islam ». Il s’inscrit dans la mouvance wahhabite et il cherche à « défendre les zones sous l’influences des musulmans et les protéger contre les influences et le contrôle des sécularistes ».

Opérations

Le JaI lance sa première opération contre l’UPK le 23 septembre 2001, dans ses fiefs de Biyarash et de Tawilah, ainsi que près de la ville d’Halabdja. Entre le 10 et le 15 novembre, un accord est tenté entre les divers protagonistes, mais échoue. En décembre 2001, toutes les factions de l’ex-Buzutnawah sont réunies à nouveau (à l’exception du Komal). Après une série d’affrontements — et d’échecs — avec l’UPK, le Jal est restructuré et redésigné Ansar al-Islam.

Le 2 avril 2002, l’Ansar tente d’éliminer Barham Salih, premier-ministre de l’UPK, qui est l’un des piliers de la politique américaine dans le Kurdistan. Dans son allocution devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Secrétaire d’Etat américain, Colin Powell affirme qu’il y a collusion entre al-Ansar al-Islam et le régime de Saddam Hussein en se basant sur le fait que Zarqawi a été soigné en Irak et que l’al-Ansar entretient des camps d’entraînement au Nord de l’Irak. La lutte entre l’UPK et l’Ansar est sanglante mais aboutit à un cessez-le-feu, brisé en juillet 2002 par l’Ansar.

Selon les autorités jordaniennes, le groupe serait impliqué dans l’assassinat de l’administrateur d’USAID, Laurence Foley (28 octobre 2002).

Al-Ansar a également un groupe affilié en Europe, et plus particulièrement en Allemagne — où il est interdit —, connu sous l’appellation d’al-Tawhid. Les services de renseignement américains et britanniques établissent un lien entre al-Ansar et les terroristes ayant prévu (?) de mener des attaques à la ricine en Grande-Bretagne.(1)

En décembre 2002, le Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak (CSRII), un mouvement chiite, annonçait que des milices feddayin soutenues par le gouvernement de Saddam Hussein étaient entraînées au Nord du Kurdistan par le Jound al-Islam/Ansar al-Islam.(2)

En avril 2003, lors de l’intervention américaine en Irak, l’action contre l’Ansar al-Islam a été considérée comme prioritaire pour l’ouverture du front Nord. Les forces kurdes appuyées par 300 membres des Forces Spéciales américaines attaquent les bases de l’Ansar, après un bombardement à l’aide de missiles de croisières, dans la région de Khurmal, Biyarash et Halabdja, et forcent le mouvement à quitter le pays.

L’Ansar serait impliqué dans l’attentat contre le quartier général des Nations Unies à Bagdad (19 août 2003), mais rien ne permet de l’affirmer. Presque simultanément, le groupe semble se disloquer. Dès début septembre, son nouveau chef Warba Holiri al-Kurdi (alias Abou Abdallah al-Shafi’i) annonce le changement de nom du mouvement.

Le 23 octobre 2003, le Département de la Défense américain déclare l’Ansar al-Islam comme le principal « adversaire terroriste » des forces américaines en Irak.(3)

Le groupe a revendiqué l’attaque simultanée des quartiers généraux de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) et du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), le ler février 2004 à Irbil. Il a également revendiqué l’attentat du 17 mars 2004 contre l’hôtel Mount Lebanon à Bagdad, et a participé à la bataille de Fallujah en avril 2004 contre les forces américaines.

L’Ansar est soupçonné par les autorités britanniques d’avoir été impliqué dans les tentatives d’attentat à la bombe de Londres et de Glasgow (juillet 2007), mais aucune preuve ne permet de confirmer cette supposition, basée sur les menaces proférées par le Mollah Krekar, alors emprisonné en Norvège.

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Haaretz (13.02.2003)
(2)Reuters (01.12.2002)
(3)Jane’s Intelligence Review, October 2004, pp. 18-21