Ansar al-Sharia en Tunisie (AST)

Logo d’Ansar al-Sharia en Tunisie
Logo d’Ansar al-Sharia en Tunisie

Autres appellations US :
Ansar al-Shari’a in Tunisia

AAS Tunisia
Ansar al-Shari’a (AAS) Tunisia

Corrélat : ► Organisations terroristes

(Tunisie) (Partisans de la Charia) Groupe radical sunnite dirigé par Seif Allah Ibn Al-Hussein (alias « Abou Iyad al-Tunisi »). AST est désigné comme groupe terroriste par les Etats-Unis et le gouvernement tunisien.

En 2000, ► Seif Allah Ibn Al-Hussein avait créé le Groupe Combattant Tunisien (GCT) avec ► Tarek Maâroufi (qui avait été arrêté par les autorités belges en 1995, puis libéré en mars 2012). Après avoir été arrêté en Turquie en 2003, puis extradé vers la Tunisie et condamné à 40 ans de prison, Seif Allah est libéré en 2011.

Ansar al-Sharia en Tunisie est soupçonné d’avoir organisé l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, le 14 septembre 2012 (trois jours après l’attaque menée en Libye par le groupe Ansar al-Sharia de Benghazi contre le « consulat américain » – en fait une base de la CIA – à Benghazi). Après cet événement, le gouvernement tunisien arrête un grand nombre d’islamistes et membres d’Ansar al-Sharia. C’est probablement afin d’éviter toute confusion entre les mouvements, que la branche libyenne d’Ansar al-Sharia a modifié son nom pour celui d’ « ► Ansar al-Sharia en Libye » en octobre 2012.

Drapeau d’Ansar al-Sharia en Tunisie
Drapeau d’Ansar al-Sharia en Tunisie

Plusieurs personnalités du mouvement ont été ou sont détenues en raison de leur participation supposée à des activités terroristes : ► Bilal Chaouachi (imam arrêté en 2012 en Tunisie), ► Sami Ben Khemais Essid et ► Mehdi Kammoun (arrêtés et condamnés en Italie au début des années 2000, puis relâchés en 2011). La participation de certains membres d’Ansar al-Sharia à des actions aux côtés de la ► Base du Djihad dans le Maghreb Islamique (BDMI) a été évoquée dans un communiqué des autorités tunisiennes du 20 décembre 2012.

Ansar al-Sharia semble avoir des liens organiques avec la ► Katibat Okba Ibn Nafaâ.

Au niveau de sa doctrine, il semble qu’AST ait centré ses activités dans un premier temps – jusqu’en décembre 2012 – sur un prosélytisme actif (« Dawa »), puis ait basculé dans l’usage de la violence. Il n’est cependant pas exclu que ce changement brutal de stratégie soit davantage le résultat de l’activisme de certaines composantes armées dans le terrain que la conséquence d’une véritable stratégie décidée par la conduite du mouvement.

Deux assassinats de politiciens sont attribués à AST : Choukri Belaïd (Tunis, 06.02.2013) et Mohammed Brahmi (Tunis, 25.07.2013), qui auraient été tués avec la même arme, démontrant ainsi – selon le premier ministre Ali Laarayed – l’implication d’AST. Ces deux attentats ont déclenché des manifestations violentes – notamment contre les bureaux du parti ► En-Nahda – et ont contribué à alimenter une certaine forme de radicalisation qui – au final – est favorable aux islamistes.