Anya-Nya

(Soudan) Anya-Nya, mouvement de guérilla séparatiste apparu entre 1958 et 1964, issu de mutineries au sein de l’Equatorial Corps en 1955. Il est dirigé par Joseph Lagu, et vise l’indépendance du Sud-Soudan. Parti de la province d’Al-Istiwai, il s’étend rapidement aux deux autres provinces du Sud (Bahr al-Ghazal et Aali an-Nil). En 1971, l’Anya-Nya contrôle la majeure partie des zones rurales du Sud-Soudan et ses chefs forment le Mouvement de Libération du Sud-Soudan (Southern Sudan Liberation Movement — SSLM). Le gouvernement soudanais, dirigé par le général Nimeiri, engage des pourparlers avec le SSLM.

A la fin février 1972, un accord, signé à Addis-Ababa institue une autonomie du Sud-Soudan et incorpore les combattants de l’Anya-Nya dans l’armée soudanaise.

Un groupe de combattants refuse cependant cette incorporation, se réfugie en Ethiopie et pourSuit la lutte sous l’appellation d’ « Anya-Nya II ».

L’Anya-Nya II recrute l’essentiel de ses combattants dans les tribus Nouer et Dinka. Elle bénéficie du soutien de l’Ethiopie, qui n’accepte pas le soutien du Soudan à l’Erythrée. L’adoption de la loi islamique par le général Ja’afar Nimeiri en 1983 relance les craintes des populations chrétiennes et animistes du Sud-Soudan et provoque de nombreuses mutineries de la part de militaires originaires du Sud du pays.

En février 1983, des représentants de l’Anya-Nya II et des unités rebelles de l’armée soudanaise forment en Ethiopie l’Armée de Libération du Peuple Soudanais (ALPS) ou ► Sudan People’s Liberation Movement/Army (SPLM/A). Mais tous les membres de l’Anya-Nya II n’adhèrent pas à la nouvelle organisation et entrent en dissidence. Certains d’entre eux collaborent avec les forces gouvernementales pour lutter contre l’ALPS. Dès 1985, dans les zones où l’opposition à l’ALPS était la plus forte, le gouvernement soudanais a encouragé la formation de milices d’autodéfense, et a ainsi mis à profit la dissidence de l’Anya-Nya II. Le gouvernement trouve-là une alternative politique à l’ALPS et soutient le mouvement. Il lui donne même un quartier-général à Khartoum. Dès 1987, cependant, le moral de l’Anya-Nya baisse rapidement, certains cadres rejoignent l’ALPS et le mouvement s’effrite rapidement.