Armée Islamique du Salut (AIS)

(Algérie) Branche armée du ► Front Islamique du Salut (FIS) créée le 18 juillet 1994 par Ahmed Benaicha et Madani Mezrag (alias Abou el-Haithem), en réaction au renforcement de la tendance djazariste au sein de la rébellion islamiste et notamment l’alliance entre le FIS, le ► Mouvement pour un Etat Islamique (MEI) et le ► Groupe Islamique Armé (GIA) affirmée dans le Communiqué n°43 du FIS, signé par Abderezak Redjam. Depuis mars 1995, elle est dirigée par l’émir national Madani Mezrag.

Elle est issue du MEI dont la préparation est initiée dès 1991 déjà, mais que l’on ne voulait pas associer trop directement au FIS, raison pour laquelle la dénomination d’Armée Islamique du Salut lui est donné après la dissolution du FIS.

Les structures de l’AIS sont donc celles qui avaient été mises en place par Chebouti pour le MEI. Dès 1993, les rivalités entre tendances salafiste et djazariste alimentent les défections vers le GIA (comme Abdelhak Layada) (courant plutôt salafiste) et le ► Front Islamique du Djihad Armé (FIDA) (courant djazariste) nouvellement créé.

Elle lutte contre le GIA qu’elle considère comme une « secte déviationniste » qui a altéré le sens du djihad par le massacre de populations civiles. Toutefois, Abassi et Benhadj — chefs historiques du FIS — resteront dans le Conseil Consultatif (Majlis e-Chura) du GIA jusqu’en juin 1995.

L’AIS a évité les actions contre les populations civiles, ainsi que les étrangers.

Ses effectifs étaient évalués à 7 000 activistes, qui s’articulaient autour de deux régions opérationnelles :

  • Région Est (Jijel)
  • Région Ouest (Ouarsenis et vallée du Chelifi)

Affaiblie par ses actions contre le GIA, l’AIS a vu son influence se réduire. Elle entame un processus de négociation et conclut le 11 juillet 1997 un premier accord avec le commandement de l’armée algérienne, qui a abouti à la déclaration d’une trêve le ler octobre 1997.

L’AIS s’est auto-dissoute le 4 janvier 2000, suite à un accord tenu secret, négocié sans la direction politique du FIS, malgré son refus de la loi sur la Concorde Civile.(1) Le nombre total des combattants amnistiés au terme de cette auto-dissolution n’est pas connu. Les chiffres varient entre 800 et 3 000 amnistiés de l’AIS’ En fait, une partie importante de ces combattants est restée dans les maquis. Une autre partie s’est associée aux forces de sécurité pour combattre les autres groupes armés islamistes qui refusaient la politique de réconciliation nationale.

(1)Loi votée et promulguée le 13 juillet 1999, d’une validité de six mois — jusqu’au 13 janvier 2000 — amnistiant totalement ou partiellement les islamistes armés non coupables de crimes de sang ou de viols, ou qui n’ont pas déposé de bombes dans des lieux publics.