Armée Nationale Albanaise (ANA/AKSh)

Armée Nationale Albanaise (ANA/AKSh)Autres appellations :
Albanais : Armata Kombëtare Shqiptare (AKSh)
Serbe : Anacalbanska Nacionalna Armija (ANA)

(Macédoine/Kosovo) Mouvement terroriste albanais, bras armé du Front pour l’Unité Nationale Albanaise (FUNA) (en serbe : Front Nacionalno Ujedinewe Albanaca — FNUA ; en albanais : Frontit për Bashkim Kombëtar Shqiptar (FBKSh), dirigé par Gafurr Adili. Elle aurait été créée en novembre ou décembre 1999 par des combattants de l’ex- ► Armée de Libération du Kosovo (UÇK) désarmée. Elle est basée en Macédoine.

Le FBKSh a une fonction politique et agit à travers l’ensemble de la communauté albanophone sur le territoire de la « Grande Albanie » et dans la diaspora.

Articulation du FBKSh (2007)

Zone 1 : Albanie

Zone 2 : Kosovo historique, lui-même subdivisé en 7 secteurs :

  • Pristina
  • Mitrovica
  • Pec
  • Prizren
  • Ferizaj
  • Gnjilane
  • Presheva

Zone 3 : Zone albanophone de Macédoine, avec 11 secteurs :

  • Skopje
  • Kumanovo
  • Tetovo
  • Gostivari
  • Kèrcova
  • Dibra
  • Struga
  • Prespa
  • Manastiri
  • Perlepi
  • Velesi

Zone 4 : Zone albanophone du Monténégro, avec 5 secteurs

  • Tivari
  • Ulqini
  • Tuzi
  • Play
  • Guci

Zone 5 : Epire (Grèce)

Zone 6 : Europe

Zone 7 : Etats-Unis, Canada et Australie

L’AKSh a une fonction opérationnelle (militaire). Sa structure découle de celle du FBKSh, avec une concentration sur les secteurs où ses moyens sont déployés. Elle est donc articulée en quatre secteurs opérationnels, dans chacun desquels opère une division :

Articulation de l’AKSh (2007)

  • Secteur 1 : Division « ► Adem Jashari »(1) , basée à Gnjilane, Kosovo-Nord (sud des districts serbes de Raska er de Rasina) et Kosovo-Est (partie des districts serbes de Toplica, Jablanica et Pcinja), au Kosovo, avec six ou sept secteurs opérationnels ;
  • Secteur 2 : Division « Skénderbeu », basée à Debar et à Tetovo, en République de Macédoine (Ilyridie), avec cinq secteurs opérationnels ;
  • Secteur 3 : Division « Ulqini » (ou Division « Malesia »), basée à Ulcinj, au Monténégro (Mal té Zi), avec trois secteurs opérationnels ;
  • Secteur 4 : Division « Éamèria », en Epire (Grèce), avec deux secteurs opérationnels.

En outre, elle comprend l’unité spéciale « Ambri Elezi », commandée par Kadri Veseli (alias commandant Lula).

Apparemment, chacune des divisions jouit d’une certaine liberté au niveau opérationnel. Elles apparaissent souvent comme des entités indépendantes et présentent des différences au niveau des équipements et uniformes. Ainsi ses liens avec l’ ► Armée de Libération de Presevo, Medveja et Bujanovac (UÇPMB) en Macédoine ou de l’ ► Armée de Libération de l’Epire (OVC) en Grèce ne sont pas clairs.

Sigurimi Kombêtar Shqiptar (SKSh)Le FBKSh entretient également un service de renseignement et de sécurité très efficace, le Sigurimi Kombêtar Shqiptar (SKSh) (Sécurité Nationale Albanaise). Il est très bien implanté au sein des communautés albanophones dans les Balkans, mais aussi dans les communautés émigrées, notamment en Suisse et en Allemagne.

FBKSHIl recueille des informations au prof t du FBKSh et de l’AKSh, mais conduit également des actions clandestines (notamment neutralisation d’opposants dans ces pays/régions).Elle refuse les accords d’Ohrid (Macédoine) et combat pour la « réunification des territoires habités par des albanais » et la création de la « Grande Albanie ». Elle serait dirigée par ► Fadil Adili (alias Valdet Vardari), ► Spiro Butko (alias Vigan Gradica) et ► Idajet Beqiri (alias Alban Vjosa). Au Kosovo, depuis le 18 avril 2003, l’AKSh est définie comme mouvement terroriste par une directive de Michael Steiner, Représentant Spécial du Secrétaire-Général des Nations Unies de la Mission d’Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).(2)

Zones opérationnelles de l'AKSH (2007)
La structure de l’ANA/AKSh correspond à l’extension de la « Grande Albanie » (zone rosée), qui est l’objectif stratégique recherché par divers mouvements armés albanophones/kosovars et l’AKSh en particulier. Les villes indiquées ici sont des zones d’entraînement des rebelles de l’AKSh.

 

Groupes opérationnels de l'AKSH au Kosovo (2007)
L’AKSh est structurée en sortes de « tank forces » mobiles, qui opèrent dans les différentes zones du Kosovo. Contrairement à l’UCK, dont le découpage répondait à la structure administrative de la province, les secteurs opérationnels de l’AKSh ont été articulés pour répondre à la structure opérationnelle de la KFOR. Le rôle et les fonctions de l’AKSh après la déclaration d’indépendance n’ont pas été précisés. Source services de sécurité serbes

L’AKSh mène ses premières opérations au printemps 2000 contre des unités de police macédonienne. Jusqu’en avril 2003, elle limite ses actions au territoire de la Macédoine, et évite d’opérer au Kosovo, où elle considère la force internationale de la KFOR comme un allié. Le 12 avril 2003, elle fait exploser un pont ferroviaire à Zvecan au Nord du Kosovo. Un officier du Corps de Protection du Kosovo (Trupat e Mbrojtjes së Kosovës — TMK(3) (ex-UÇK), Hamez Behrami, membre du commando a été tué dans l’opération, témoignant des liens entre le TMK (ex-UÇK) et l’AKSh.

La présence de l’ANA/AKSh au Kosovo est avérée depuis 2007(4). En octobre, dans un communiqué, l’ANA/AKSh annonce vouloir s’emparer de la partie serbe du Nord du Kosovo si le TMK ne s’y déploie pas jusqu’au r novembre 2007. Des affrontements avec l’armée macédonienne en novembre semblent pousser l’ANA/AKSh vers le Kosovo. Le 13 novembre 2007, une vidéo est diffusée montrant des cadres de l’ANA en train de recruter de jeunes KosovarsCes événements poussent le Département d’Etat américain à porter l’ANA/AKSh sur la liste des mouvements terroristes dès octobre 2007.

Corrélats : ► Armée de Libération du Kosovo (UÇK), ► armes des mouvements terroristes, ► Forces Armées de la République du Kosovo (FARK)

(1)Du nom d’un militant de l’UÇK tué par la police serbe en février 1999.
(2)UNMIK Regulation No. 2001/12, section 1(0, (17.04.2003)
(3)Force de sécurité du Kosovo établie le 20 septembre 1999 sous l’égide des Nations Unies. Elle compte 5 052 personnels (juin 2006).
(4)NdA : Selon les autorités serbes, l’AKSh serait une émanation du TMK.