Armée Rouge Japonaise

Autres appellations:
Anti-Imperialist International Brigades

(Japon) (Rengo Sekigun) Organisation marxiste-léniniste radicale créée en 1969, issue de la Ligue Communiste Japonaise. Ses objectifs stratégiques sont le renversement de la monarchie et du gouvernement japonais et la révolution marxiste mondiale, mais elle opère principalement comme un mouvement « mercenaire » au profit d’autres causes. Elle est dirigée par Fusako Shigenobu, et utilise des camps d’entraînements dans la plaine de la Bekaa (Liban).

L’ARJ a su cristalliser une certaine popularité au Japon en s’opposant au traité de sécurité americano-japonais à la fin des années 60. 11 a enrôlé de nombreux adolescents dans ses rangs. Mais, de sanglantes luttes internes ont sapé cette popularité initiale de l’organisation.

Durant la guerre froide, l’ARJ a reçu un soutien de l’URSS et de l’Allemagne de l’Est. Avec la chute du bloc soviétique, il semble que la Chine ait pris le relais afin de déstabiliser son principal rival sur la zone Pacifique. Mais les efforts de la police japonaise et la lassitude idéologique ont réduit les effectifs de l’ARJ à un nombre maximum estimé à 20-30 membres, en exil au Liban, en Afghanistan, en Roumanie, en Afghanistan, en Corée du Nord et, selon certaines rumeurs persistantes, en Colombie.

Le Rengo Sekigun est responsable de nombreuses actions violentes, dont la plus célèbre est l’attentat à l’arme automatique à l’aéroport de Lod (Tel-Aviv) en mai 1972. Opération conjointe du ► Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et de l’ARJ, l’attentat fait 26 morts et 78 blessés. Des trois auteurs seul Kozo Okamoto est capturé vivant (reconnu malade mental, il sera libéré en 1985). L’ARJ est également responsable de détournements d’avions en juillet 1973 et septembre 1977, ainsi que l’occupation de l’ambassade de France à La Haye (1974), des USA et de la Suède a Kuala Lumpur (1975). Les rançons reçues par le mouvement pour les prises d’otages réalisées entre 1973 et 1976 lui rapportent quelque 10 millions de dollars.

Après le raid américain contre Tripoli, en avril 1986, l’ARJ continue à opérer au profit de la Libye, sous le nom d’Anti-Imperialist International Brigades (AIIB).

En juin 1986, elle mène une attaque avec des mortiers télécommandés contre les ambassades du Japon et des Etats-Unis à Djakarta. Une année plus tard, elle effectue une même attaque contre des objectifs américains à Madrid.

En juin 1988, elle tente d’effectuer une attaque simultanée d’objectifs américains en Europe et aux USA, mais ne réussit ses actions qu’à Naples et à la base américaine de Torrejon, en Espagne. Après un dernier attentat à Madrid en juillet 1988, l’ARJ disparaît de la scène terroriste.

L’ARJ en tant qu’organisation semble être inactive, même si ses dirigeants (Fusako Shigenobu et Kunio Bando) sont toujours en liberté et recherchés. En 1990, Masanor Wakamya est tué — probablement par erreur — par un combattant du ► Sentier Lumineux au Pérou. En 1995, Yukiko Ekita est arrêtée en Roumanie avec

de faux passeports. En mars 1996, Yoshimi Tanaka est arrêté en Thaïlande, porteur de fausse monnaie. En mai 1996, c’est Kazue Yoshimura, qui avait participé à la prise de l’ambassade de France de La Haye, qui est arrêtée au Pérou avec un faux passeport. Nishikawa Jun, lui aussi présent à La Haye, a été arrêté en novembre 1997 en Bolivie.

D’obédience marxiste, et rejetant d’une manière générale l’appartenance à une religion, elle ne semble pas avoir de connexion avec la secte AUM. En octobre 2001, le Département d’Etat américain biffe le ► Rengo Sekigun de la liste des Organisations Terroristes Etrangères.