Etats-Unis d’Amérique

En plus du terrorisme international, qui frappe les USA au même titre que les autres pays occidentaux pour les causes les plus diverses, on trouve aux USA une pléthore de mouvements radicaux, souvent de motivation religieuse ou morale, qui n’hésitent pas à imposer leur vision par les armes.

La culture américaine encore empreinte de la violence de la Guerre Civile et de la conquête de l’Ouest, intègre relativement facilement des mouvements qui mêlent morale et violence. Ainsi, le Ku Klux Klan fait-il partie du paysage américain depuis plus d’un siècle, même s’il est condamné par le discours officiel.

Un aspect particulier des violences extrémistes (incendies d’églises — généralement noires — voire attentats à la bombe contre des minorités raciales ou religieuses) est qu’elles ne tombent pas systématiquement sous la définition de terrorisme. Le durcissement des lois individuelles consécutives aux attentats du «9/11 » a certes aussi touché les mouvements violents et réduit leur marge de manoeuvre, mais la lutte contre l’extrémisme violent (d’extrême droite) n’a pas acquis la même virulence que pour le terrorisme islamiste.

Le terrorisme indigène moderne, illustré par l’attentat d’Oklahoma City, est surtout le fait de mouvements dits « patriotiques » qui luttent contre l’emprise croissante du gouvernement fédéral. L’esprit des pionniers des XVIIIe et XIXe siècles est encore vivace, et tout ce qui ressemble à une structure centralisatrice est combattu. Elles se rassemblent autour de conspirations mythiques qui mêlent l’administration fédérale de Washington DC (y compris ses représentants, comme le FBI, police fédérale), l’emprise juive sur la société américaine et le ZOG (Zionist Occupation Government — Gouvernement d’Occupation Sioniste), le communisme (aujourd’hui, chinois), l’ONU, l’insécurité des grands centres urbains, etc.

Outre, la lutte contre les « conspirations », ces communautés prônent la résistance à l’impôt (fédéral), à l’immigration, à la mixité des races, les valeurs de la famille en tant que noyau social, l’importance des communautés locales, les valeurs chrétiennes (en général, protestantes).

Par référence à la Révolution Américaine, ces mouvements se rassemblent et s’organisent en « milices », qui se confondent souvent avec le mouvement « survivaliste », qui prétend préparer la société aux séquelles d’un éventuel holocauste nucléaire. Le « droit de posséder et de porter une arme » garanti par le deuxième amendement de la Constitution américaine est leur légitimation, et ils s’opposent à toute mesure de contrôle de la vente des armes, dont la possession est considérée comme une liberté individuelle.

Il résulte de cet assemblage un profond sentiment de légitimité qui donne à l’ensemble un soutien populaire relativement large. En outre, elles bénéficient de liens avec des structures plus anciennes, comme le Ku Klux Klan, la John Birch Society ou Posse Comitatus.

Toutes les milices, dont le nombre est évalué à plus de 500, ne sont pas violentes. Organisées comme des mouvements de résistance, elles ont une structure de type militaire et sont armées. Toutefois, seule une fraction d’entre-elles s’affrontent ouvertement avec le gouvernement fédéral. Parmi celles-ci, la plus célèbre est la Michigan Militia, dont faisait partie Timothy McVeigh, l’un des auteurs de l’attentat d’Oklahoma City. Leurs armes sont l’attentat à la bombe et l’incendie. Elles s’attaquent à des institutions comme l’IRS (impôts) et le FBI.

L’intervention catastrophique du FBI contre la secte de David Koresh à Waco (Texas) en 1992 sert fréquemment d’emblème à ces milices, pour stigmatiser l’inefficacité du gouvernement fédéral.

Les mouvements terroristes à cause unique sont aussi l’une des particularités de l’extrémisme violent aux USA. La culture américaine, qui combine étroitement de romantisme populaire de la défense de la liberté individuelle par les armes, la possibilité d’imposer sa volonté par la force (une tendance que l’on observe très nettement au niveau stratégique) et des principes moraux qui justifient tous les excès, a favorisé l’apparition de sectes et groupes radicaux, qui utilisent la force comme instrument de prosélytisme.

Mouvements d’extrême-droite

Alpha 66
Arizona Patriots
Aryan Nations (Idaho)
Big Star One (Texas, Oklahoma, New Mexico)
Forces armées de Libération Nationale Porto-Ricaine
Indiana Militia
John Birch Society Almost Heaven (Montana)
► 
Ku-Klux-Klan
Michigan Militia
Militia of Montana
North American Volunteer Militia (Montana)
► Omega-7
Texas Constitutional Militia The Mountaineer Militia (TMM)
► Weathermen

Mouvements anti-avortement

Advocates for Life
American Coalition of Life Activists
Christian Action Group
Collegiates Activated to Liberate Life
Defensive Action
Helpers of God’s Precious Infants
Life Enterprises Unlimited
Life Ministries
Missionaries of the Preborn National
Operation Rescue
Operation Rescue National
Pro-Life Action Network
Pro-Life Virginia
Rescue America

Mouvements néo-nazis

American National Socialist Party
Aryan Mothers Inspiring Something Hopeful
Aryan Nations/Church of Jesus Christ Christian
Aryan Racial Loyalist Party
Central New York White Pride
Christian Defense League
Euro-American Alliance
European American Educational Association
Fascist Action Group
German American Nationalist PAC
Knights of Freedom
National Alliance
National Socialist German Workers Party
National Socialist Irish Workers Party
National Socialist Movement
National Socialist Vanguard
National Socialist White People’s Party
Nazi Party USA
New Order
Reichsfolk
Volksfront
White Aryan Legion
White Aryan Resistance
World Church of the Creator

Skinheads

American Front
Arizona Hammer Skins
Aryan National Front
Blood & Honor
Boston Skinheads
Bound for Glory
Clarksville Area SkinHeads
Crazy White Boys
Fourth Reich Skinheads
Future Fighters
Hammerskin Nation
Kansas Hammerskins
Machine Skinheads
Northern Hammer Skins
Peckerwoods
Pierpont Rats
River City Skins
Salt City Skins
SS BootBoys
Tri-State Terror
Two-Tone Skinheads/United Front
Ventura Aryan Army

Mouvements identitaires

11th Hour Remnant Messenger
America’s Promise Ministries
Artisan Publishers
Bible Restoration Ministries Inc.
Christ United Covenant Church
Christ’s Gospel Fellowship
Christian Bible Ministries
Christian Crusade for Truth
Christian Guard
Christian House Ministries
Christian Israel Church
Christian Israelite Covenant Church
Christian Research
Christian Separatist Church Society
Church of Christ in Israel
Church of God
Church of Israel
Church of Jesus Christ
Church of True Israel
Crusade for Christ
Cyrus Ministries
Destiny Publishers
Destiny Research Foundation
Faith Baptist Church and Ministry
Fellowship of God’s Covenant People
Gabriel’s Enterprises
God’s Remnant Church
Gospel Broadcasting Association
Gospel Foundation
Gospel Ministries
Gospel of Christ Kingdom Church
Identity Christian Fellowship
JHM Baptist/Identity Church
Jubilee
Keys to the Kingdom Church
Kingdom Identity Ministries
Kingdom Ministry
Land of Peace
Lord’s Work
Melchizedek Vigilance
Ministry of Christ Church
Mission to Israel
New Beginnings
New Christian Crusade Church
New Covenant Christian Fellowship
Noah’s Books
Old Order Israelite Brethren
Our Savior’s Church
Proclaim Liberty Ministry
Remnant of Israel
Restoration Bible Church
Revelation Books
Sacred Truth Ministries
Scriptures for America Ministries
Shepherd’s Chapel
Son Light
Spiral Path Learning Center/Vision 20/20
Stone Kingdom Ministries
Virginia Christian Israelites
Virginia Publishing Company
Wisconsin Church of Israel

Mouvements islamiques

Guérilla Islamique en Amérique
Louis Farakhan’s Nation of Islam
Muhammad Commandos of Sector 5

Mouvements noirs

All-African People ‘s Revolutionary Party (AARP)
Black Liberation Army
Black Panthers Party
Black Power
Black Rose Collective
House of David
Nation of Islam
Republic of New Africa

Autres motivations

14 Word Press
88 Enterprises
Aernfolk/Eagles Reaches
All-American Boys
ALPHA
America First Party
American Front
American Indian Movement (AIM)
Anglo-European American Society
Aryan Book Center
Aryan Brotherhood Supreme White Power
Aryan Graphics
Aryan International Movement
Aryan Pride
Avengelical Press
Blood Bond
Celtic Cross Press
Council of Conservative Citizen
Crusade Against Corruption
Day of the Rope Productions
Founders Club
Freemen Organization
MSR Productions
NAAWP Florida Chapter Inc.
National Association for the Advancement of White People
Nationalist Movement
New Order
Occidental Pan-Aryan Crusader
Odin Saves Ministry
Panzerfaust Records
Racial Nationalist Party of America
Resistance Records
Southern National Party
SS Regalia
Symbionese Liberation Army (SLA)
Tampa Freedom Center
Truth At Last
United Strike
Westboro Baptist Church
White Liberation Message Line
WhiteSounds

Mouvements antispécistes

Animal Liberation Front (ALF)
Animal Rights Militia (ARM)
Hunt Retribution Squad (HRS)
Mobilisation For Animals (MFA)
North American Earth Liberation Front (ELF)
People for the Ethical Treatment of Animals (PETA)

Espagne

Espagne_Victimes du terrorisme en Espagne (total jusqu'en 2008)

Source : Asociación victimas del terrorismo

a) Mouvements d’extrême-gauche

Collectivo Autonomo de Trabajores (CAT)
Comandos Autonomos Anticapitalistas (CAA)
Confederacion Nacional del Trabajo (CNT)
Frente Revolucionario Antifascista
y Patriotico (FRAP)
► Groupe de Résistance Antifasciste du Premier Octobre (GRAPO)
(Grupo de Resistencia Antifascista Primero de Octubre)
Grupos de Accion Revolucionaria Internacionalista (GARI) Movimiento Communista (MC)
Movimiento para la Autodeterminacion e Independencia del Archipelago de las Canarias (MPAIAC)

b) Mouvements d’extrême-droite

Alianza Apostélica Anticomunista (AAA)
Antiterrorismo ETA (ATE)
Batallón Vasco Espaliol (BVE)
► 
Groupe Antiterroriste de Libération (GAL)
► 
Guerriers du Christ-Roi (Guerrilleros de Cristo Rey)
Acción Nacional Espatiola (ANE)
Grupos Armados Espalioles (GAE) Grupo de Intervencién Nacionalista (GIN)

c) Mouvements séparatistes basques

► Euskadi Ta Askatasuna (ETA) – Branche Militaire
► Euskadi Ta Askatasuna (ETA) – Branche Politico-Militaire
Langile Abertzaleen Batzordeak (LAB)

d) Mouvements séparatistes catalans

► Armée Rouge de Libération de la Catalogne (ERCA)
Front d’Alliberament Catala (FAC)
Organisacio Lluita Armada (OLlA)
► Terra Lliure (TLL)

e) Mouvements indépendantistes de Galice

Exército Guerrilheiro do Povo Galego Ceive (EGPGC) (Armée de Guérilla du Peuple Galicien)
Liga Armada Galega (Ligue Armée Galicienne)
Resistência Galega (Résistance Galicienne)

f)  Mouvements anarchistes

► Brigades de la Cólera (Brigades de la Colère)
Azione Rivoluzionaria Anticapitalista

Cuba

Cuba est sur la liste américaine des pays parrainant le terrorisme international. Dès le début des années 60, Cuba a eu une politique active d’aide au terrorisme marxiste. Outre le terrorisme et les mouvements de libération latino-américains, Cuba a également appuyé le terrorisme européen, dont 1’ETA basque et divers mouvements palestiniens. Cette aide a cependant diminué dès le début des années 80, pour disparaître avec la fm de la guerre froide. En effet, lors de la guerre froide, Cuba recevait une aide économique substantielle de l’URSS afin de résister à l’embargo imposé par les Etats-Unis. Au contraire, dès la fm de la guerre froide, Cuba a tenté de se rapprocher de l’Occident et s’est fréquemment proposé comme intermédiaire pour des négociations avec des mouvements terroristes.

Avec la chute du communisme en Europe, et avec elle, la fin de l’aide économique et financière de l’Union Soviétique, Cuba — toujours sous embargo américain (!) ­se trouve dans un marasme économique qui ne lui permet plus de soutenir activement le terrorisme international.

En janvier 1966, Cuba a organisé la Conférence Tricontinentale, qui a rassemblé quelque 500 délégués et 83 mouvements radicaux et terroristes venant du monde entier. Cuba mettait à disposition des mouvements terroristes des camps d’entraînement.

Cuba_Camps d'entrainement pour terroristes a Cuba (1970-90)

Jusqu’au milieu des années 80, des mouvements tels que l’ ► Euskadi Ta Askatasuna (ETA) basque, Armée Nationale de Libération (ELN) colombienne, le ► Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) péruvien, le ► Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et l’ ► Irish Republican Army (IRA) irlandaise ont été formés dans plusieurs camps d’entrainement de la Direcciôn General de Inteligencia (DGI). Le plus connu est le camp « Punto Cero » – également connu sous les appellations de Punto de Entrenamiento de Tropas Irregulares (PETI), situé à Brisas del Mar, près de Guanabo, et base de l’unité spéciale 20270.

Outre les aspects émotionnels, qui expliquent — à défaut de justifier — la présence de Cuba sur la liste des pays parrainant le terrorisme, il y a la présence à la Havane d’une représentation « officielle » des ► Forces Armées Révolutionnaire de Colombie (FARC) et de l’ ► Armée Nationale de Libération (ELN) colombienne, ainsi que le fait que les mouvements des diplomates libyens restent libre à Cuba.

En fait, récemment, Fidel Castro a largement utilisé son influence pour encourager la cessation d’hostilités au Guatemala et en Colombie. Il a notamment servi d’intermédiaire utile lors de la prise d’otages de l’ambassade du Japon à Lima, en décembre 1996 par le ► Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA).

Mouvements anticastristes

Cuba est l’objet de nombreuses manoeuvres de mouvements anticastristes basés au Etats-Unis et actifs depuis les années 60. L’action de ces mouvements est difficile à évaluer. Outre un entraînement militaire et une rhétorique guerrière, ces mouvements ne semblent pas avoir les capacités de mener un réel combat insurrectionnel sur l’île de Cuba. Ces mouvements ont toujours bénéficié d’une certaine bienveillance de la part du gouvernement américain, qui a cependant tenté de limiter leurs entreprises militaires.

► Alpha 66
► 
Brigade 2506
► 
Comando F-4
► Coordinación de Organizaciones Revolucionarias Unidas (CORU)

► 
Omega-7

En dépit des affirmations du gouvernement cubain, il est difficile de distinguer les activités politique des activités criminelles des groupes anticastristes. Les trafics de toutes sortes qui se déroulent entre l’Amérique du Sud et les Etats-Unis semblent être liés à certains groupes d’exilés cubains, qui cachent leurs activités derrière la légitimité du combat nationaliste., tandis que le gouvernement cubain tend à les traiter comme des « terroristes ».

Colombie

Comme dans la plupart des pays d’Amérique Latine, les mouvements de guérilla se sont développés en Colombie dès le début des années 60, entre autres avec l’aide de Cuba. Des structures sociales générant des inégalités extrêmes, une tradition du banditisme, des zones rurales mal contrôlées et des forces de l’ordre brutales ont facilité l’implantation de mouvements révolutionnaires. Afin de s’opposer à ces mouvements, les Etats-Unis ont encouragé la consolidation du pouvoir des grands propriétaires terriens, y compris ceux qui cultivaient la plante de coca, une stratégie analogue à celle qui avait été appliquée dans le sud-est asiatique autour de la Chine. Cette « privatisation » de la lutte contre le communisme a porté ses fruits, mais au prix d’un développement incontrôlé du trafic de drogue.

Les mouvements de guérilla d’extrême-gauche, tentant d’appliquer la stratégie du foco, établie par Che Guevara, pour obtenir un soulèvement populaire n’ont ainsi jamais pu réellement étendre leur influence.

Les mouvements actifs sont :

► Coordinadora Nacional Guerrillera Simon Bolivar (CNGSB)
► Armée Révolutionnaire Guévariste (ERG)
► 
Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC)
► 
Ejercito de Liberacion Nacional (ELN)
► Mouvement Jaime Bateman Cayon (JBC)
► 
Parti Révolutionnaire des Travailleurs (PRT)
► Nouveau Front Révolutionnaire du Peuple (NFRP)
► 
Front Ricardo Franco (FRF)
► 
Mouvement Armé Quintin Lame (MAQL)
Organizacion Revolucionaria Pueblo Armado (ORPA), apparue en 1992 et active dans les départements de la Risaralda, de Caldas et d’Antioquia.
► Comando Sur Alvaro Lucue Chocue (AUCH)
Fuerzas Populares de Liberacion Nacional (FPLN)
Organizacion para la Liberacion del Putumayo (OLP)
► 
Comando Miliciano Revolucionario (CMR)
Fuerzas de Integracion Bolivariana (FIB)
► 
Comando Armado Popular (CAP)
Armée Révolutionnaire du Peuple (ERP)
Fuerzas Armadas Revolucionarias Indigenistas del Pacifico (FARIP)
Mouvement Jorge Eliecer Gaitan (JEGA)
► Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
 (Autodefensas Unidas de Colombia – AUC)
Ejercito Republicano Independentista del Caribe (ERICA), mouvement apparu en 1993, probablement composé de moins d’une centaine de combattants, actif sur la côte pacifique.

Groupes issus de l’ELN

Comandos Revolucionarios Populares (CRP), groupe apparu en 1992. Il serait encoré actif dans les départements du Bolivar et du Sucre.
Ejercito Revolucionario Guevarista (ERG), groupe apparu en 1993 et actif dans les départements du Choco, de la Risaralda et de l’Antioquia. Ses effectifs seraient d’une centaine de combattants.

Groupes issus du M-19

Nouveau Front Révolutionnaire du Peuple (NFRP)
Mouvement Jaime Bateman Cayon (JBC)
Raices por Colombia (RPC), active dans le secteur de Cali.
M26, composé d’une quarantaine de militants et active dans les zones de production de café

Avec la fin de la guerre froide et de leurs sources de financement (principalement Cuba) les mouvements de guérilla colombiens ont dû trouver des canaux alternatifs. Les mouvements de guérilla se sont progressivement recyclés dans l’« industrie » de l’enlèvement avec rançon, dans les « services » aux trafiquants de drogue et le trafic de stupéfiants.

En 1997, l’unité de la police chargée de la lutte contre les enlèvements (Direction Anti-Secuestro y Extorsion — DIASE) annonçait 1 671 enlèvements, et 1 228 enlèvements pour les 9 premiers mois de 1998.

En 1998, le Président Andres Pastrana est élu sur un programme qui vise à négocier la paix avec les mouvements de guérilla d’extrême-gauche. En 2002, l’échec de cette politique de conciliation se matérialise par l’élection du président Alvaro Uribe partisan d’une politique de fermeté à l’égard des mouvements illégaux.

Après la démonstration de force effectuée par les FARC-EP le jour de l’investiture du Président Alvaro Uribe, le 7 août 2002, qui a fait quelque 20 morts et 60 blessés à Bogotà, le secrétaire-général des Nations Unies, Kofi Annan a offert la médiation de l’ONU dans le conflit. Le Président Uribe a cependant décrété l’état d’exception en Colombie (désigné officiellement « état de commotion intérieure ») le 12 août 2002, tout en maintenant une offre de négociation avec les rebelles.

La Colombie, pour sa lutte contre les mouvements illégaux, reçoit l’aide des Etats-Unis et de l’Espagne.(1)

Arrivé au pouvoir en mai 2002, le président Uribe a mis en place une stratégie efficace pour venir à bout de la violence : a) renforcer le pouvoir de l’Etat sur l’ensemble du territoire, b) protéger la population, c) éliminer le trafic illégal de stupéfiants et d) améliorer la transparence des opérations.

Afin d’accroître la présence de l’Etat, 10 000 nouveaux policiers ont été engagés tandis que le nombre des municipalités dépourvues de présence policière est tombé de 150 à 70 (2004). Les forces armées ont été renforcées et le concept de « paysan-soldat » est apparu, qui prévoit de faire faire à certains militaire leur service national dans leur village d’origine, afin de renforcer les liens entre l’armée et les populations locales. Des bataillons de haute montagne ont été créés(2) afin de pouvoir intervenir dans les zones escarpées des Andes, où transite une part importante du trafic de stupéfiants.

Colombie_Principaux attentats en Colombie durant la presidence Uribe

La protection de la population reste un problème, malgré une diminution de près de 45,1% des massacres de populations civiles et de 27,4% des actes de terrorisme.(3) La majeure partie des succès de gouvernement portent sur des criminels de droit commun, tandis que les actes commis par les mouvements de guérilla restent constants.

La lutte contre la production et le trafic de stupéfiants est envisagé dans le cadre de la lutte contre les guérillas, avec l’objectif de restreindre leurs sources de revenus.

Devant les succès du gouvernement, essentiellement liés à une meilleure mobilité opérationnelle et une meilleure intégration du renseignement, les mouvements de guérilla ont adapté leur concept opérationnel. Alors, que la tactique habituelle était l’attaque en masse de petites garnisons militaires isolées, la nouvelle tendance est de favoriser des opérations de harcèlement par de petites groupes de guérilleros. Aussitôt l’attaque effectuée, le groupe disparaît rapidement dans la jungle avant que des forces d’intervention puisse arriver. Alors que les groupes urbains de guérilla se sont développés, ils semblent maintenir un faible niveau d’activité.

En août 2003, Pedro Marin (alias Manuel Marulanda), chef des FARC et Nicolá§s Rodriguez Bautista (alias Gabino) chef de l’ELN ont entrepris des négociations en vue d’une éventuelle union entre les deux organisations.

Bibliographie :

Balencie Jean-Marc et de La Grange Arnaud, Mondes rebelles — Guerres civiles et violences politiques, Paris, 1999

(1)Le 28 février 2003, le gouvernement espagnol a annoncé qu’il transmettrait au gouvernement colombien tourtes les informations nécessaires à la lutte contre la guérilla. (Latinreporter.com, 02.03.2003)
(2)Cinq bataillons de 1 200 hommes chacun ont été prévus : Le bataillon « El Primero », créé en 2001 dans le secteur de Sumapaz, au Sud de la capitale, surveille les corridors utilisés généralement par les ravisseurs d’otages ; le bataillon «General Santos Gutiérrez Prieto », créé en mai 2003 à El Espino, verrouille les passages utilisés par l’ELN ; le bataillon « Rodrigo Lloreda Caicedo », créé en mai 2003 est basé dans le secteur de Los Farallones ; le bataillon «General Benjamin Herrera Cortés », créé en décembre 2003 et basé à Santiago (Cauca) et un cinquième bataillon dans le parc national de Los Nevados.
(3)Chiffres au 1er trimestre 2004 (Ministère de la Défense de Colombie)

Autriche

Hormis quelques événements marquants, comme la
prise en otage des ministres de l’OPEP à Vienne par le terroriste Carlos en
1975, l’Autriche a été relativement épargnée par le terrorisme durant les
années 70 et 80. Dès les années 90 apparaissent quelques mouvements terroristes
d’extrême droite, de manière sporadique, qui se manifestent par des actions
violentes contre des ressortissants étrangers.