Base du Djihad au Maghreb Islamique (BDMI)

BDMI

Autre appellation :
Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI)

Autres appellations US:
Al-Qa’ida in the Islamic Maghreb (AQIM) 
AQIM
Group for Call and Combat
GSPC

Le Groupe Salafiste Pour La Predication Et Le Combat
Salafist Group for Preaching and Combat

Internet:
AQMI
AQIM

BDMI(Algérie) (Qaïdat al-Jihad fi’l-Maghrib al­-Islami) Groupe issu du ► Groupe Salafiste pour la Prédication et de Combat (GSPC). Le BDMI est dirigé l’émir national de l’ex-GSPC, Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossa’âb Abdelwadoud).

Le BDMI est présent principalement en Algérie, mais a également une branche au Maroc (où il est représenté par le réseau dit « ► Belliraj ») et une branche en Mauritanie, dirigée par El-­Khadim Ould Esseman.

Le 11 septembre 2006, le Dr ► Ayman Zawahiri, adjoint d’Oussama ben Laden, annonce l’allégeance du GSPC à « Al-Qaïda ». Cette annonce a alors un objectif plus stratégique qu’opérationnel : il s’agissait de montrer au monde occidental que la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis était un échec et que l’esprit du djihad restait bien vivace. Mais elle confirmait un phénomène déjà connu : les liens entre l’organisation algérienne et « Al-Qaïda » étaient déjà bien établis. Plusieurs ex-« afghans » (militants algériens ayant combattu en Afghanistan contre les Soviétiques) se trouvent dans les rangs des divers mouvements terroristes algériens. Cette allégeance semble se confirmer le 26 janvier 2007 avec l’annonce par Droukdel du changement de nom du GSPC pour celui de « Base du Djihad au

Maghreb Islamique » (Qaïdat al-Jihad fil-Maghrib (BDMI).

A l’origine de cette alliance — qui n’est pas vraiment une surprise, car les liens entre le GSPC et les réseaux djihadistes sont anciens — se trouve davantage la faiblesse du GSPC que la force d’« Al-Qaïda ». Toujours plus isolé politiquement, le GSPC doit se retrouver une légitimité et recruter de nouveaux militants pour alimenter ses réseaux. Ainsi, sa nouvelle étiquette djihadiste lui a permis « d’importer » des combattants étrangers, notamment marocains et pakistanais. Elle lui est apportée par la présence toujours plus visible des Etats-Unis au Maghreb : la Trans-Sahara Counterterrorism Initiative (TSCTI), financée par le Département d’Etat américain et conduite par le Commandement des Opérations Spéciales Europe (SOCEUR) depuis 2005, implique l’engagement de plusieurs centaines de membres des forces spéciales dans le Sahara et l’installation d’une station d’écoute dans le Sahara algérien. Ainsi, le GSPC redirige ses actions contre la présence étrangère. Fin 2006, début 2007, outre les forces de sécurité, le GSPC s’attaque aux personnels étrangers des entreprises américaines opérant en Algérie, notamment la firme BRC, filiale de Halliburton.

BDMI - Zones operationnelles (2008)

 

Le changement d’orientation du GSPC ne semble pas faire l’unanimité au sein du GSPC. Le communiqué de Droukdel annonçant le changement de nom du mouvement ne mentionne pas le Conseil des Sages et se réfère aux ordres d’Ossama ben Laden. Ceci pourrait indiquer que les structures de conduite du GSPC sont devenues caduques et que l’émir national jouit d’une liberté de décision totale. Apparemment, cette situation a provoqué des réactions dans la conduite du mouvement, démontré par la mise à l’écart du puissant émir de la zone 2 à la mi-décembre 2006.

Au plan opérationnel, le BDMI a également changé son profil : la création de son Commandement d’Alger, en avril 2007 et le spectaculaire attentat du 11 avril indiquent que les actions terroristes devraient glisser des campagnes vers les villes. Ceci semble confirmé par un rajeunissement des nouveaux combattants, recrutés dans les banlieues urbaines et âgés de 17-25 ans, désoeuvrés et sans formation islamique approfondie.

Parallèlement, les tentations centrifuges qui apparaissent au sein du mouvement conduisent Droukdel à « resserrer les rangs » et à s’entourer de ses plus fidèles lieutenants, ce qui conduit à un rajeunissement des cadres, et notamment des émirs de Katibah.

Dès juillet 2007, la structure du BDMI est dérivée de celle du GSPC, mais elle a été simplifiée et le dispositif resserré. Elle s’articule sur quatre zones, centrées sur l’ancienne Zone II, dans l’Est du pays. Les unités alors encore considérées comme actives sont :

Zone Ouest (BDMI), dirigée par Abou Hayan

Zone Centre (BDMI), dirigée par Yahia Abou Al-Heithem alias Abdelhamid Saâdaoui, puis par Sofiane Abou Heider (alias Hareg Zoheir) (abattu en octobre 2007) Abou Tourab, subdivisée en deux sous-zones : l’une englobant avec les phalanges suivantes :

  • Seriyat « el-Hurrya » (ou « el-Horra ») (Groupe « de la Liberté »)(1)
  • Katibat « el-Ansar » (« des Partisans »)
  • Katibat « el-Feth » (« de la Victoire »)
  • Katibat « el-Farouk », avec environ 50 combattants (2008).
  • Katibat « el-Furqane »
  • Katibat « el-Arqem »
  • Katibat « en-Nour » (« de la Lumière »), avec quelque 70 combattants (2008).
  • Katibat « et-Tawhid » (« de l’Unicité »)

Zone Est (BDMI), dirigée par Abou Leslous

  • Katibat « el-Istikama » (« de la Droiture »)
  • Katibat « er-Rahman » (ou « Ibad er-Rahman ») (« du Clément »)
  • Katibat « el-Mourabitine »(2)
  • Katibat « ech-Chouhada » (« des Martyrs ») / Katibat « er-Rouâb » (« de la Terreur »)
  • Katibat « el-Moulathamoun »
  • Katibat « Tarek Ibn Ziyad »

Zone Sud (BDMI), dirigée par Yahia Djaouadi (alias Abou Amar), avec un quartier-général situé dans la région de Djebel el-Abiod, qui serait composée de trois groupes :

  • Katibat « el-Moulathamoun » (« des porteurs de turban », issue de la Katibat « ech-Chouhada » et dirigée initialement par ► Mokhtar Ben Mokhtar (ou Belmokhtar) (alias Khaled Abou el-Abbès, alias el-Laouer)(3). Elle est articulée en plusieurs groupes mobiles qui opèrent dans le sud saharien, souvent désignés collectivement avec les initiales de leur chef (MBM). La lutte pour la conduite de la Zone IX a conduit Ben Mokhtar à se retirer et à geler ses activités terroristes au profit d’autres activités (vraisemblablement de trafic et contrebande) entre le Mali et le Niger. Elle a été dirigée par l’émir était Nour Mohammad (alias Haroun el-Achache) (abattu le 30 juillet 2007) puis par Yahia Djouadi (alias Abou Amar). L’émir de cette katibah est également — par la nature même de sa mission — responsable de l’approvisionnement en armes du GSPC/BDMI et de la coordination des groupes du Centre et du Sud.(3)
  • Katibat « Tarek Ibn Ziyad », dirigée par l’émir Abou Zeid Abdelhamid, puis par l’émir Guelmi Rachid (alias Soheïb) (abattu au début avril 2007), puis par Yahia Djouadi, (alias Abou Amar) (également chef de Zone).
  • Katibat « Jound Allah » (« des Soldat de Dieu »), qui opère dans un rayon de 150 km autour de Laghouat. Depuis 2000, elle est dirigée par Khelifa Ben Kouider (alias al-Hamam). Objet d’une opération des forces de sécurité dans le secteur d’Aïn Defla.

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)La seriyat « el-Hurrya » est directement subordonnée à l’émir national du GSPC, et sa zone opérationnelle s’étend sur tout le pays, mais elle est régulièrement obserirée dans la Zone II.
(2)Des informations contradictoires circulent sur l’existence même de cette katibah
(3)L ‘Expression, 31.12.2007

Lien externe