Marg

Marg

(Afghanistan) (« Mort ») Apparu à la fin janvier 2015, le groupe « Marg » (« Mort » en dari) est un groupe clairement orienté contre l’Etat Islamique en Afghanistan et contre les Taliban. Certains groupes armés dans la province de Jawzjan au Nord, et au Sud du pays (notamment dans la province du Helmand) ont fait allégeance à l’Etat Islamique. Le groupe Marg rassemblerait plusieurs des combattants d’origine turkmène et ouzbèkes engagés dans la lutte contre les Taliban. Ses effectifs annoncés d’environ 5000 combattants, apparaissent surévalués, même s’il est probable que le Marg soit associé avec d’autres milices et tribus opposées aux Taliban, comme les Tadjiks et ait reçu le soutien de quelques chefs tels que Dostom (Chef du Junbish-e Milli-yi Islami-yi Afghanistan) et Atta Mohammed Nour (Gouverneur de la Province du Balkh).

Taliban

Taliban

Autre appellation:
Tehrik Taliban-i-Pakistan (en anglais :
Taleban Islamic Movement of Aghanistan – TIMA)

Taliban(Afghanistan/Pakistan) (Étudiants en religion. Littéralement : Ceux-qui-exigent [le savoir]) Mouvement apparu en septembre 1994 et issu des écoles coraniques au Sud de l’Afghanistan. Il est dirigé par son fondateur, le mollah Mohammed Omar, qui assure aujourd’hui une autorité sans doute plus morale qu’opérationnelle.

D’origine sunnite, le mouvement Taliban (ou Taleban, selon les transcriptions) se veut rassembleur des différentes ethnies, tendances religieuses et familles politiques qui avaient fait de la résistânce afghane un amalgame hétéroclite de tendances souvent opposées. Afin de d’atteindre son objectif d’unification de l’Afghanistan, les Taliban ont basé leur approche sur le « plus petit commun dénominateur » des diverses factions et tendances afghanes. C’est ainsi que l’application de la loi islamique (charia) est devenue un pilier du système Taliban, sorte de retour vers des éléments de base de l’islam qui sont plus consensuels.

Zones de repli des Taliban au Pakistan
Les Taliban et autres éléments armés opérant en Afghanistan utilisent les « zones tribales » (FATA) au Pakistan comme sanctuaire. Les rivalités entre factions tribales et religieuses tendent à encourager l’extension des zones sanctuarisées vers la Province de la Frontière Nord-Ouest (NWFP).

 

 

Taliban_Zones tribales et Province du Nord-Ouest au Pakistan

Les « zones tribales sous administration fédérale » (FATA) [en hachuré], avec notamment les « agences » du Sud-Waziristân, du Nord-Waziristân et de Bajaur, constituent des refuges pour les Taliban et certains mouvements alliés, comme le Mouvement Islamique de l’Ouzbékistan et des groupes djihadistes.

Tehrik Taliban-i-Pakistan (2008)
En trait fort les « agences » associées au Tehrik Taliban-i-Pakistan. Malgré les affrontements virulents au sein même des mouvements islamistes, toutes les forces opposées aux Taliban ne sont pas nécessairement favorables au gouvernement pakistanais.

Dès sa création, en raison de son caractère unificateur, le mouvement connaît un succès fulgurant et conquiert rapidement tout l’Afghanistan sans combats, à l’exception du nord-ouest du pays (qui reste sous la conduite d’ ► Ahmed Shah Massoud) et accède au pouvoir en 1996. L’arrivée au pouvoir des Taliban met ainsi fin à des violences communautaristes sanglantes et cruelles, ce qui lui confère un large soutien populaire. En octobre 1997, l’Afghanistan devient ainsi officiellement l’Emirat Islamique d’Afghanistan. La conduite du mouvement est alors assurée par un Conseil (Choura) basé à Kandahar.

Cependant, les Taliban sont loin de constituer un groupe homogène et — outre les tiraillements entre une tendance pro-pakistanaise et tendance nationaliste afghane — ses divisions reflètent les divisions traditionnelles des populations afghanes. Les principales lignes de fracture sont :

  • Les luttes et rivalités personnelles entre tribus et chefs de factions ;
  • La rivalité entre combattants Ouzbek et djihadistes arabes ;
  • La priorité donnée par les Ouzbeks au djihad contre le gouvernement « corrompu » du Pakistan par rapport au djihad contre les forces occidentales.
  • La lutte pour le contrôle de territoires, plutôt que pour des objectifs politiques, religieux ou idéologiques.

C’est en fait l’intervention américaine en octobre 2001 qui a renforcé l’unité du mouvement, pour combattre un ennemi commun, comme naguère contre les Soviétiques.

Le Pakistan, a toujours eu une attitude ambiguë à l’égard de l’Afghanistan : les intérêts des populations pachtounes, la très contestée frontière pakistano-afghane (ligne Durand) et la crainte d’être encerclé par l’Inde et ses alliés ont guidé la politique pakistanaise. Lors de la guerre contre les Soviétiques, et avec l’appui des Etats-Unis, les services de renseignements, l’Inter-Services Intelligence (LSI), ont largement soutenu le  Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hekmatyar. Le succès des Taliban a provoqué un revirement pragmatique du Pakistan, qui leur apporte un soutien en matière de logistique et de conseils militaires dès 1994. Mais il serait inexact d’en tirer la conclusion que l’ISI a poursuivi inconditionnellement ce soutien, particulièrement à partir du début des années 2000.

Les Taliban ne constituent a priori ni un mouvement terroriste ni un mouvement à caractère djihadiste. Les liens organiques avec “Al-Qaïda”, ont été un prétexte invoqué par les Etats-Unis et les forces de l’OTAN pour justifier leur intervention. En réalité, en 2001, les Taliban soutenaient essentiellement les combattants islamistes au Jammu-Cachemire. Ces combattants étaient formés dans des camps, qui ont été interprétés par les Américains comme des camps d’entrainement de terroristes destinés à l’Europe, alors que tous les indices indiquaient qu’il s’agissauit de camps de formation de guérilla de nature rurale, sans aucun rapport avec la nature d’un terrorisme européen. Ceci explique pourquoi la majeure partie des combattants capturés dans ces camps en 2001 et internés au camp de Guantanamo se sont avérés totalement inutiles dans la lutte contre le terrorisme, car il s’agissait pour la plupart de paysans locaux qui n’avaient aucune vocation à aller se battre en Occident. Les services de renseignements américains se sont d’ailleurs aperçu que ces mêmes combattants n’avaient d’ailleurs aucune conaissance d’ “Al-Qaïda”, puisque cette organisation n’existait pas! En revanche, les Taliban avaient accordé l’asile à Ossama ben Laden après qu’il a été expulsé du Soudan et déchu de sa nationalité saoudienne. Après le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont demandé aux Taliban d’extrader Ossama ben Laden, ce que les Taliban ont refusé dans un premier temps, puis accepté à condition que les Etats-Unis fournissent les preuves qu’Ossama ben Laden était impliqué dans les attentats. Les Etats-Unis n’ont jamais été en mesure de fournir ces éléments et ont opté pour une opération militaire contre l’Afghanistan (Opération Enduring Freedom — OEF). Or, même s’il a été placé dans la situation de mener le djihad contre l’occupation étrangère en Afghanistan, le mouvement Taliban n’a pas d’ambitions internationales et reste focalisé sur la situation intérieure afghane. En revanche, par leur repli au Pakistan dès l’intervention américaine en octobre 2001, les Taliban ont donné une dimension transfrontalière à leur mouvement. Paradoxalement, toutes les factions des Taliban ne figurent pas sur la liste des organisations terroristes établie par le Département d’Etat américain. En effet, afin de permettre au gouvernement de Karzaï de trouver une solution négociée au conflit, les Taliban n’ont pas été portés sur cette liste, car la politique américaine s’oppose au principe de négocier avec des terroristes.

Conduite et structures

Les principaux dirigeants des Taliban ont été arrêtés ou éliminés en 2007 par les forces de la coalition occidentale et par les autorités pakistanaises. Les Taliban on maintenu la
succession de ces chefs tués dans une certaine discrétion, pour des raisons évidentes de sécurité.

En mars 2003, le Mollah Omar appelle au Djihad contre les Etats-Unis et leurs alliés européens et afghans dans un mouvement appelé « Seif-ul-Muslamin » (Epée des Musulmans). Ce dispositif s’appuie sur un réseau initialement basé dans les secteurs d’Asadabad en Afghanistan (à 12 km de la frontière pakistanaise), avec des bases à Parachinar (Zones Tribales sous administration fédérale) et Miran Shah (Nord Waziristân) au Pakistan. En juin, le Mollah Omar forme un conseil de guerre désigné « Choura-e-Rahbari » (Conseil des Chefs) composé de dix chefs militaires et tribaux.

 La structure de commandement des Taliban n’est pas claire et a sans doute varié de manière importante ces dernières années. Plusieurs représentations existent de l’articulation opérationnelle des Taliban. Ici présentée l’une d’elles, la plus vraisemblable compte tenu des informations disponibles.

Parallèlement, le Mollah Omar organise et structure les activités opérationnelles en découpant la zone frontalière de l’Afghanistan en cinq zones opérationnelles, qui semblent articulées en trois commandements opérationnels :

  • Commandement Sud, qui regroupe les provinces du Sud-Est du pays (Farah, Nimroz, Helmand, Kandahar, Uruzgan et Zaboul), avec un commandement politique à Quetta (Pakistan) et un commandement opérationnel à Zaboul. Chaque province ayant un commandant opérationnel.
  • Commandement Centre (ou Est) qui comprend les provinces qui s’étendent de la frontière pakistanaise à Kaboul (Paktika, Ghazni, Paktia, Lowghar). Il comprend la zone opérationnelle du groupe de Jalaluddin Haqqani initialement centré sur la province de Paktia.
  • Commandement Nord, qui comprend les provinces de Kaboul et celles qui l’entourent au Nord-Est jusqu’à la frontière pakistanaise. Elle comprend la zone opérationnelle du Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hektmatyar, initialement centrée sur la province de Kunar. Ce commandement aurait sa conduite opérationnelle dans le secteur de Nunghar (2008).

La difficulté à identifier les structures de conduite et opérationnelles des Taliban vient du fait que ces structures se superposent à celles d’autres mouvements ou groupes qui combattent dans les mêmes secteurs de manière plus ou moins coordonnée. C’est ainsi le cas du Commandement Est et du Commandement Nord-Est, qui réunissent au moins deux zones opérationnelles chacun, qui se chevauchent. En outre, ces zones opérationnelles ne doivent pas être comprises « à l’occidentale » comme rigides. Apparemment, ces zones évoluent de manière très pragmatique (et de manière complètement imprévisible pour un observateur extérieur) en fonction des succès et des réseaux de résistance.

Les bases logistiques des Taliban se situaient initialement dans les zones tribales fédérales (principalement au Sud et Nord Waziristân, ainsi que dans l’agence de Bajaur). Les opérations (aériennes et terrestres) américaines sur territoire pakistanais ainsi que la lutte menée par le gouvernement Pakistanais — sous la pression des Etats-Unis — contre les Taliban ont permis à ces derniers d’étendre leur zone d’influence sur l’ensemble des zones tribales et des Provinces du Nord-Ouest, et de s’y implanter durablement, en particulier l’Agence de Swat.

Le 5 septembre 2006 est signé l’Accord du Waziristân, entre le gouvernement pakistanais et les représentants des tribus locales, qui met fins aux combats. En substance, l’Accord prévoit la fin des opérations militaires, l’arrêt des opérations en Afghanistan et dans les agences(1) adjacentes, le désarmement des milices tribales et le contrôle des postes frontières par les milices tribales. Mais apparemment, le seul « bénéfice » de ces accords a été de permettre au Taliban de concentrer leurs efforts sur l’Afghanistan.

Taliban_Principales forces des Taliban dans les Zones Tribales (2007)

Les Taliban sont essentiellement concentrés dans les « agences » des « zones tribales sous administration fédérale » (FATA) [en trait fort]. Avec l’action du gouvernement pakistanais, l’influence des Taliban s’est étendue aux « zones tribales sous administration régionale »

Choura-e-Rahbari des Taliban

  • Mollah Akhtar Mohammad Usmani, tué le 27 décembre 2006 ;
  • Mollah Abdur Razzaq Nafiz, considéré comme l’un des fondateurs du mouvement Taliban a été ministre de l’Intérieur du régime Taliban. Il aurait été tué le 26 décembre 2006 dans la province de Zaboul ;
  • Mollah Obaidullah Akhund, est ancien ministre de la Défense des Taliban, membre du Conseil exécutif des Taliban (Shura Majlis) (3e du système). Il a été capturé au Pakistan le 26 février 2007, puis relâché en novembre dans le cadre d’un échange de prisonniers avec le Pakistan. Il est arrêté à nouveau en février 2008 ;
  • Mollah Berader Akhund„ commandant militaire des Taliban au Sud de l’Afghanistan, porté mort lors d’un raid aérien de l’OTAN le 31 août 2007. Il sera cependant identifié comme chef de l’offensive du Ramadan (Opération Nassirat) en septembre 2007 ;
  • Maulvi Jalaluddin Haqqani, ex-ministre des Tribus et des Zones Frontières. Son fils Sirajuddin Haqqani dirige le « Groupe Haqqani », un réseau combattant particulièrement actif et audacieux, basé au Nord-Waziristân et dans l’Est de l’Afghanistan, présumé responsable des attentats contre l’hôtel Serena de Kaboul (14 janvier 2008) et contre Hamid Karzai lors de la parade militaire du Jour des Moudjahiddin (27 avril 2008). Son plus jeune fils Mohammad Omar Haqqani a été tué lors de combat avec les forces coalisées dans la province de Paktia au début juillet 2008 ;
  • Mollah Saifur Rahman Mansour, commandant opérationnel originaire du Sud de l’Afghanistan
  • Mollah Dadullah Mansour, qui a succédé à son frère comme commandant des forces au Sud de l’Afghanistan, aurait été exclu du mouvement des Taliban au 30 décembre 2007 pour raison d’insubordination ;
  • Mollah Akhtar Mohammad Mansour ancien ministre de l’Aviation des Taliban ;
  • Mollah Mohammad Rasoul, ancien gouverneur de la province de Nimroz ;
  • Hafiz Abdoul Majid, ancien chef du Renseignement et de la Sécurité de la zone de Kandahar

Le fait que les Etats-Unis mènent également leur guerre contre les Taliban sur le territoire pakistanais a des conséquences. Premièrement, les presssions sur le gouvernement pakistanais pour “accepter” les bombarrdements de drones ont créé une situation malsaine au plan de la souveraineté de l’Etat pakistanais sur son propre territoire, qui lui est reproché par une partie de la population et est à l’origine de la chute du gouvernement Moucharraf en 2007. En second lieu, les actions américaines – niotamment les bombardements parfois mal ajustés et créeant de nombreuses victimes colatérales – ont de facto fait des zones tribales pakistanaises une zone de conflit et donné une certaine légitimation aux Taliban.

C’est ainsi que le 15 décembre 2007, les Taliban annoncent la création d’une organisation commune, le Tehrik Taliban-i-Pakistan (Mouvement Taliban du Pakistan), basé au Sud Waziristân et dirigé par Baitullah Mehsud. Il rassemble les groupes Taliban des zones (« agences ») tribales, et des territoires du Nord-Ouest du Pakistan. Il est administré par un Conseil Consultatif (Shura) de 40 membres représentants sept tribus et diverses factions. Le rôle du TTP dans la guerre en Afghanistan reste encore l’objet de discussions. Le but du TTP est initialement de coordonner l’action des Taliban au Pakistan même. Toutefois, on constate une implication toujours plus importante du TTP dans les actions menées en Afghanistan même.

Déploiement et dispositif au Pakistan

Le déploiement des Taliban dans les zones tribales à l’ouest du Pakistan se présente comme suit (début 2007) :

  • Agence de Bajaur :
    – Militants Taliban dirigés par Faqir Mohammad, qui est le commandant en second du Tehrik Taliban-i-Pakistan.
  • Au Nord Waziristân, trois factions :
    – Faction dirigée par Sadiq Nour, basée à Miramshah, est alliée avec le Jamiat-i-Ulema i-Islam (JUI). Elle gère également des tribunaux islamiques dans les zones sous sa juridiction. Dans un premier temps, cette faction s’est opposée à la présence d’Arabes et d’Uzbeks dans sa zone d ‘ influence.
    – Faction dirigée par Abou Kasha (alias Arab Malang), basée dans la région de Mir Ali. Elle se subdivise en deux groupes, l’un dirigé par Inamullah et l’autre par Haq Nawaz Dawar. Arabe d’origine iraquienne, Abou Kasha coopère avec les groupes Ouzbek basés au Nord Waziristân.
    – Faction dirigée par Najimuddin Uzbek — également connue sous la désignation de Groupe Ijaz —, essentiellement composée d’Ouzbeks. Elle est issue du ► Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (MIO) dirigé par ► Tahir Yuldashev.
  • Au Sud Waziristân, plusieurs factions :
    – Faction dirigée par Baitullah Mehsud, le plus puissant chef Taliban du Sud Waziristân. Son porte-parole, Zulfiqar Mehsud, est l’un des personnages les plus influents de la région. Elle coopère avec le ► Jamiat-i-Ulema i-Islam (JUI). Elle comprend environ 30 000 combattants organisés de manière militaire. Elle fait régner la Charia dans sa zone d’influence, interdisant l’usage d’ordinateurs, de télévision et interdit la musique. Le 8 février 2005, elle a signé un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement pakistanais.
    – Faction ► Abdullah Mehsud, qui compterait quelque 5 000 combattants. Il est proche des groupes de combattants Ouzbek et Tadjiks.
    – Faction dirigée par le Mollah Nazir(4), qui regroupe, depuis novembre 2006, quelque 14 groupes Taliban, constitue la plus puissante faction Taliban. Elle est alliée au JUI et soutient ouvertement le Djihad contre les forces occidentales en Afghanistan.
    – Faction dirigée par Zanjeer, proche du ► Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hekmatyar.
    – Faction dirigée par Noor Islam, basée à Wana, proche des groupes Ouzbek et Tadjik.
    – Faction Haji Khanan, basée dans la région de Shagai. Elle est opposée à la présence de combattants étrangers (Ouzbeks).
  • Dans l’Agence de Swat :
    – Faction dirigée par le Maulana Qazi Fazlullah, chef du ► Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammedi (TNSM), et beau-fils du chef en titre du TNSM, s’allie aux Taliban et s’engage dans la lutte contre le gouvernement pakistanais.

(1)Désignation des entités administratives des Zones Tribales sous Administration Fédérale (FATA).

Lien externe

Al-Qaïda

Autres appellations:
El-Qaeda es-Sulbah
El-Qaeda, el-Kaida
Réseau Oussama Ben Laden
القاعدة

Autres appellations US:
Al-Qa’ida (AQ)

al Qaeda
al-Jihad
Egyptian al-Jihad
Egyptian Islamic Jihad
formerly Qa’idat Ansar Allah (The Base of the Supporters of God)
Islamic Salvation Foundation
New Jihad

Qa’idat al-Jihad (The Base for Jihad)
The Base
The Group for the Preservation of the Holy Sites
the Islamic Army
The Islamic Army for the Liberation of the Holy Places
the Jihad Group
the Usama Bin Laden Network
the Usama Bin Laden Organization
the World Islamic Front for Jihad Against Jews and Crusaders

Internet:
“al Qaeda” Afghanistan

(Afghanistan) (La Base) Nom donné par les Etats-Unis à la mouvance terroriste islamiste et djihadiste qui serait sous l’autorité morale d’Oussama ben Laden depuis 1991 et à laquelle on attribue une longue série d’attentats terroristes, parmi lesquels ceux du 11 septembre 2001 à New York et à Washington DC. Le nom d’ « Al-Qaïda », bien que couramment utilisé, ne correspond, dans les faits, à aucune organisation ou structure existante.

Historique

La naissance et le développement de ce que l’on appelle « Al-Qaïda » sont indissociables d’Oussama ben Laden (Oussama ben Muhammad ben Awad), né le 30 juillet 1957, dix-septième des cinquante-deux enfants d’un riche entrepreneur saoudien. Dès 1979, il s’engage dans la lutte contre l’occupant soviétique en Afghanistan.

En 1983, après en avoir référé à Shaykh Abd Rabb ul-Rassoul, chef de l’Union islamique des Moudjahiddines Afghans, Oussama ben Laden est autorisé à créer un camp d’entraînement à Jaji, dans la province de Paktia (à proximité de la frontière Pakistanaise). Ce camp, spécialement établi pour accueillir et former les moudjahiddines d’origine arabe est baptisé la Tanière des Partisans (Ma’sadat-ul­Ansâr).

En 1984, il crée le Maktab al-Khidamat (MAK) ou (Maktab al-Khidamat lil Moudjahidin al-Arab) avec le Cheikh Abdallah Azzam, chef des Frères Musulmans de Palestine, installé à Peshawar, qui a pour fonction de financer et d’organiser la répartition des volontaires musulmans, qui affluent vers l’Afghanistan. Le MAK installe des bureaux de recrutement aux USA, en Egypte, en Arabie Saoudite et au Pakistan et des camps d’entraînement au Pakistan et en Afghanistan. Quelque 200 millions de dollars, provenant principalement des Etats-Unis et d’Arabie Saoudite, sont utilisés et plus de 10 000 combattants sont ainsi amenés dans la guerre contre les Soviétiques.

En 1988, sur une divergence de vue d’ordre stratégique, Ben Laden se sépare d’Azzam et crée une nouvelle organisation — Al-Qaïda (« La Base ») — qui remplit les mêmes fonctionnalités logistiques que le MAK, mais n’est pas une organisation de combat ou de résistance. Sa fonction est essentiellement de préparer, puis de répartir les volontaires étrangers pour combattre les Soviétiques dans les différentes zones de combat. Après la mort d’Azzam dans l’explosion d’une voiture-bombe, le MAK est dissout et Al-Qaïda en reprend toutes ses fonctions. En 1989, avec le départ des Soviétiques, Al-Qaïda aide les volontaires étrangers à retourner vers leurs pays d’origine. L’organisation Al-Qaïda est alors dissoute et Oussama ben Laden retourne en Arabie Saoudite.

A la fin 1990, après l’attaque de l’Irak contre le Koweït, Oussama ben Laden propose au gouvernement saoudien d’organiser la défense de l’Arabie Saoudite avec des volontaires islamiques. Mais le gouvernement rejette son offre, jugeant plus crédible l’intervention d’une Coalition menée par les Etats-Unis. Il fonde alors le Comité du Djihad, qui regroupe le ► Gama’ah al-Islamiyyah égyptien, le Djihad yéménite, le groupe pakistanais al-Hadith(1), l’ ► Asbat al-Ansar libanais, le ► Groupe Combattant Islamique en Libye, le groupe jordanien ► Baït al-Imam et le ► Groupe Islamique Armé (GIA) algérien.

Fermement opposé à la politique saoudienne d’autoriser le stationnement des forces coalisées sur le sol saoudien, Oussama ben Laden s’établit au Soudan dès 1992. Ce stationnement se poursuit après la guerre et, en août 1996, ben Laden publie une « Déclaration de Guerre » contre les USA, considérés comme des occupants illégitimes du territoire d’Arabie Saoudite.

«Il n’est plus actuel et plus acceptable de clamer que la présence des Croisés est une nécessité et seulement une mesure temporaire pour protéger [l’Arabie Saoudite], spécialement si les infrastructures civiles et militaires de l’Irak ont été sauvagement détruites » [..](2)

Sous la pression des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite, il est expulsé du Soudan et se réfugie en Afghanistan.

La fatwa du 23 février 1998

Au début 1998, ben Laden crée un réseau, nommé « Front Islamique Mondial pour le Combat contre les Juifs et les Croisés » (Al-Jabhah al Islamiya al- Alamiyah li­Qital al-Yahud wal-Salibiyyin), qui regroupe plusieurs mouvements djihadistes. Le 23 février 1998, il publie une déclaration (« fatwa ») qui éclaire les objectifs du mouvement :

« Premièrement, depuis plus de sept ans les Etats-Unis occupent la terre d’Islam dans sa partie la plus sainte, la Péninsule Arabique, pillant ses richesses, imposant sa volonté aux dirigeants, humiliant sa population, terrorisant ses voisins et utilisant ses bases de la Péninsules comme fer de lance pour attaquer les peuples musulmans voisins.

« Si quelques personnes ont dans le passé mis en cause l’occupation, toute la population de la péninsule l’a maintenant reconnu. La meilleure preuve de ceci est l’agression continue des Américains contre le peuple irakien, en utilisant la péninsule comme poste avancé, malgré le fait que les dirigeants soient opposés à l’usage de leur territoire à cette fin, mais ils sont sans aide.

« Deuxièmement, malgré la grande dévastation infligée au peuple irakien par l’alliance des croisés sionistes, et malgré le nombre élevé de tués, qui a atteint plus d’un million… malgré tout cela, les Américains sont de nouveau en train de répéter ces massacres horribles, car ils ne sont pas satisfaits du blocus prolongé imposé après une guerre féroce et dévastatrice.

« Ainsi, ils sont prêts à anéantir ce qui reste de ce peuple et à humilier leurs voisins musulmans.

« Troisièmement, si les objectifs des Américains derrière ces guerres sont religieux et économiques, ils servent aussi les intérêts de l’état juif et détournent l’attention de leur occupation de Jérusalem et le meurtre de musulmans. La meilleure preuve en est leur acharnement à vouloir détruire l’Irak, le voisin arabe le plus puissant, et leur manoeuvre pour fractionner tous les états de la région comme l’Irak, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et le Soudan en de petits états de papier et qui par leur désunion et leur faiblesse garantissent la survie d’Israël, et permettent la poursuite de la brutale occupation croisée de la péninsule. »(3)

Cette déclaration qui rassemble en substance les griefs djihadistes contre les Etats-Unis et ne sera pas démentie par la suite, permet de dégager les trois objectifs de l’organisation :

  • Retrait de la présence américaine hors du territoire de l’Arabie Saoudite, car des non-croyants (chrétiens) ne sauraient occuper tout ou partie de la terre sacrée d’Arabie.
  • Levée de l’embargo contre l’Irak, car il est considéré comme une manifestation de l’arrogance occidentale contre un pays musulman (et non pour le soutien du régime de Saddam Hussein, considéré comme un « traître » en raison de son hostilité à un régime islamiste).
  • Cessation du soutien à l’Etat d’Israël, vu comme un outil pour maintenir la division de la nation arabe.

Par ailleurs, dans cette fatwa, il décrit la volonté des Etats-Unis de poursuivre la guerre en Irak – ce que feront les Etats-Unis cinq ans plus tard !

Le 7 août 1998, les attentats simultanés contre les ambassades de Nairobi et de Dar es-Salaam font d’Oussama ben Laden l’homme le plus recherché par les USA.

En juin 1999, le groupe islamiste radical égyptien ► Takfir wa’l-Hijra aurait émis une fatwa contre ben Laden, l’accusant de s’enrichir et de détourner des fonds à son seul profit.

« Al-Qaïda »

Ainsi, non seulement Al-Qaïda n’a jamais été une organisation terroriste, mais, la base qu’elle était a été démantelée en 1989. Le nouvel usage du nom « Al-Qaïda » pour décrire les mouvements djihadistes qui lutteront contre les Etats-Unis – puis contre d’autres pays occidentaux – dès le milieu des années 90 est dû aux autorités américaines. En janvier 2001, alors que les Etats-Unis s’apprêtaient à juger les auteurs de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center (WTC), ils ne disposaient pas de loi spécifique pour juger des membres d’organisations terroristes et ont donc dû utiliser les lois destinées à la lutte contre la criminalité organisée. Ainsi, aux termes de cette législation, afin de pouvoir poursuivre les chefs et commanditaires supposés de l’organisation terroriste, il fallait que cette organisation ait un nom. Les auteurs des attentats contre le WTC n’avaient pas agi dans le cadre d’une organisation connue, mais on leur prêtait des liens – qui n’ont jamais été démontrés par la suite – avec Oussama ben Laden. Les Etats-Unis ont donc baptisé de manière arbitraire l’organisation d’Oussama ben Laden du nom de son ancienne structure afghane : « Al-Qaïda ».

Le nom d’ « Al-Qaïda » n’a jamais été revendiqué par Oussama ben Laden, qui a créé le « Front Islamique Mondial pour le Combat contre les Juifs et les Croisés » (Al-Jabhah al-Islamiya al-‘Alamiyah li-Qital al-Yahud wal-Salibiyyin) en 1998. Toutefois, le nom d’« Al-Qaïda » a été tellement utilisé en Occident, qu’il est devenu le symbole du djihadisme et a été adopté par certains groupes terroristes, plus pour des raisons de « marketing » que d’appartenance structurelle.

Dans les faits, rien ne permet de démontrer l’existence d’ « Al-Qaïda » en tant que structure. Au-delà des suppositions, rien ne permet – à l’heure actuelle – d’identifier une chaîne de commandement qui aurait lié de manière fonctionnelle Oussama ben Laden aux diverses cellules coupables d’actes terroristes dans le monde. En fait, les documents retrouvés à Abbottabad, lors du raid américain contre Oussama ben Laden (2 mai 2011) ont confirmé que si de nombreux mouvements djihadistes dans le monde se réclamaient d’ « Al-Qaïda » et rapportaient leurs exploits à Ben Laden, aucun élément n’indiquait qu’ils agissaient sur les ordres de ce dernier. Apparemment même, il semble que Ben Laden ait été fortement coupé du monde extérieur durant des années et n’avait pas donné d’instructions ou de directives à des groupes extérieurs. Des lettres retrouvées indiquent même que Ben Laden était agacé du nombre de mouvements qui se réclamaient de lui mais sans en appliquer les préceptes.[1] ([1] Nelly Lahoud et al., Letters from Abbottabad: Bin Ladin Sidelined?, The Combating Terrorism Center, West Point, www.ctc.usma.edu, 03. 05.2012)

Néanmoins, il existe une idée – plus qu’une stratégie – commune à ces divers groupuscules terroristes, qui les lie de manière informelle. Par ailleurs, les liens informels des vétérans de la guerre d’Afghanistan rentrés dans leurs pays respectifs ont permis à certains groupes de se connecter rapidement en une forme de réseau. Ainsi, ce que l’on appelle « Al-Qaïda » est un réseau non structuré dont les liens et les maillons sont différents à chaque opération. Les liens entre ces maillons sont plus constitués de relations et connaissances personnelles que de liens organiques.

Peu après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis – suivis en cela aveuglément par tous les services de renseignements occidentaux – ont tracé un portrait très exagéré de l’organisation, lui attribuant des installations complexes et hautement sophistiquées pour l’entrainement des terroristes et la conduite des opérations, dans le massif de Tora-Bora en Afghanistan. Or, les opérations coalisées menées par la suite dans cette région n’ont pas permis de valider les élucubrations des « experts » sur « Al-Qaïda ». Si effectivement les combattants afghans utilisaient bien des grottes pour s’abriter, celles-ci n’étaient pas aménagées ou bétonnées, mais n’étaient protégées que par leur emplacement naturel.

Outre l’appellation « Al-Qaïda » dont l’origine est connue, la représentation occidentale d’Oussama ben Laden et de son « organisation » est incertaine. Apparemment, les Etats-Unis ont eu des difficultés à admettre que le 11 septembre 2001 ait pu être l’œuvre de simples « amateurs ». Pour expliquer un tel effet dans un pays réputé pour la qualité de ses forces de sécurité, il était difficilement concevable de ne pas y voir une organisation puissante, dotée de moyens illimités. L’image d’un milliardaire fanatique, approvisionné par quelques « Etats renégats » était l’explication la plus simple. Or, il s’est avéré par la suite que la fortune d’Oussama ben Laden était bien plus modeste que ce que l’on avait imaginé, tandis que les mécanismes de surveillance financiers – pointant du doigt des pays comme le Luxembourg ou la Suisse – n’ont pas pu découvrir une puissance financière derrière ces attentats.

Si Oussama ben Laden est devenu – en grande partie à cause de la représentation qu’en ont donnés les services occidentaux – une autorité morale et le chef spirituel des réseaux djihadistes, il semble aujourd’hui démontré qu’il n’avait pas la capacité d’en assurer la conduite opérationnelle, ni même qu’il ait été simplement au courant des diverses initiatives prises par ses adeptes à travers le monde. Apparemment, les opérations (attentats) sont décidées de manière décentralisée, organisées au niveau régional et n’ont aucune cohérence stratégique entre elles.

« Al-Qaïda » est donc avant tout un rassemblement autour d’une idée maîtresse : le départ des Occidentaux du sol saoudien. A partir de cette idée, c’est l’omniprésence – pour ne pas dire le « diktat » – de la culture occidentale qui est combattu par les djihadistes. Sur ce fondement se sont greffés toutes sortes de ressentiments et revendications articulés autour de la « résistance » à l’agression ressentie de la culture occidentale. C’est dans ce contexte qu’on eu lieu toute une série d’attentats entre 2001 et 2003 (notamment Djerba, Bali et Casablanca) sans cohérence opérationnelle ou stratégique, mais liés par la volonté de combattre l’ « arrogance » occidentale. Dès 2003, l’une des principales conséquences de l’intervention américaine en Irak est d’avoir amené de « l’eau au moulin » des djihadistes en leur « offrant » une cohérence stratégique.

La liste des personnalités donnée ci-dessous doit être utilisée avec précaution : l’appartenance «à un réseau Al-Qaïda » et loin d’être démontrée, tandis que les fonctions ont souvent été déduites selon les critères occidentaux :

Personalités associées au réseau Al-Qaïda et leur situation (décembre 2006)

Noyau dur du réseau

 Oussama ben Laden (Arabie Saoudite) Emplacement inconnu
 Abd al-Rahim al-Nashiri (Arabie Saoudite) Chef des opérations pour le Golfe Persique: capturé (novembre 2002) Lieu de détention inconnu
 ► Abou Moussab al-Zarqawi (Jordanie) Tué en Irak (07.06.2006)
 Abou Zubaid al-Haili Capturé au Maroc (juin 2002) Lieu de détention inconnu
 Abou Zubaïda (Palestine-Arabie Saoudite) : Coordinateur des opérations dans le monde. Capturé (mars 2002) Lieu de détention inconnu
 ► Ayman al-Zawahiri (Egypte) Idéologue de l’organisation Emplacement inconnu
 Khaled Shaikh Mohammed (Pakistan) Chef des opérations pour le 11 septembre 2001 (?). Capturé au Pakistan (28.02.03) Lieu de détention inconnu
 Mohammad Salah (Egypte) Probablement tué en Afghanistan
 Mohammed Atif (Egypte) Chef des opérations. Tué (?) (octobre 2001)
 Omar Al-Farouq (Koweït) Chef des opérations pour le Sud-Est asiatique; capturé
 Qaed Salim Sinan Al-Harethi (Yémen) Chef des opérations pour le Yémen. Tué par attaque aérienne.
 Ramzi Bin al-Shibh (Yémen) Concepteur et organisateur du 11 septembre 2001; capturé (septembre 2002) Lieu de détention inconnu.
Tariq Anwar al-Sayyed Ahmad (Egypte) Responsable des opérations (Egypte). Tué?
 Tawfiq Attash Khallad (Yémen) Responsable de l’attentat contre l’USS Cole; Capturé au Pakistan (30.03.03)
 Zaid Khayr Emplacement inconnu

 

Responsables de la sécurité

Amin al-Haq  (Afghanistan) Emplacement inconnu
Saif al-Adil  (Egypte) Emplacement inconnu

 

Conseiller juridique-religieux

Abou Hafs the Mauritanian (Mauritanie) Emplacement inconnu

 

Commandants de camps d’entraînement en Afghanistan

Abd al-Hadi al-Iraqi, Capturé (avril 2002) Lieu de détention inconnu(4)
Abou Mohammad el-Masri, (Egypte) Emplacement inconnu
Ibn Al-Shaykh al-Libi, (Libye) capturé en Afghanistan (automne 2001) Lieu de détention inconnu


Finances et logistique

Abdul Rahim Riyadh capturé
Abou Jaffar al-Jaziri tué
Abou Salah al-Yemeni tué
Ahmad Saïd al-Kadr (Egypte-Canada) Emplacement inconnu
Hamza al-Qatari tué
Mohammed Jamal Khalifa (Arabie Saoudite) Emplacement inconnu
Saad Al-Shari (Arabie Saoudite) Emplacement inconnu
Shaikh Saïd (Arabie Saoudite) Capturé au Pakistan (28.02.03) Lieu de détention inconnu
Shaikh Saïd Al-Masri (Egypte) Chef des finances. Emplacement inconnu

 

Relations publiques et propagande

Sulaiman Abou Ghaith (Koweït) Emplacement inconnu

 

Recherche en armes de destruction massive

Medhat Mursi (Egypte) Emplacement inconnu

 

Autres cadres

Abd al-Aziz al-Jamal  Emplacement inconnu
Abdul Rahim al-Sharqawi  Capturé (janvier 2002) Lieu de détention inconnu
Abou Basir al-Yemeni  (Yémen) Emplacement inconnu
Abou Faraj al-Libi  (Pakistan) Liens soupçonnés avec « Al-Qaïda » Capturé (04.05.2005) Lieu de détention inconnu.
Abou Faysal  Détenu par les Etats-Unis (décembre 2001) Lieu de détention inconnu
Adil al-Jaziri (Algérie) Capturé (juin 2003) Lieu de détention inconnu
 Ahmad Omar Abdel-Rahman (Egypte) capturé
 Ahmed Khalfan Gailani  Soupçonné dans le cadre des attentats contre les (juin 2004). Lieu de détention inconnu
 Ah Abdul Aziz Ali  (Pakistan) Capturé (avril 2003) Lieu de détention inconnu
 Bilai ben Marwan   (Arabie Saoudite) Emplacement inconnu
 Majid Khan  Capturé (été 2003) Lieu de détention inconnu
 Mohammad Omar Abdel-Rahman  (Egypte) capturé à Quetta, Pakistan (13.02.03) Lieu de détention inconnu
 Mohammed al-Darbi  (Yémen) Capturé (août 2002) Lieu de détention inconnu
 Mohammed Naïm Nour Khan  Spécialiste en informatique. Capturé (juillet 2003). Lieu de détention inconnu.
 Moussad Arushi   (Pakistan) neveu de Khaled Shaikh Mohammed Capturé (Juin 2004). Lieu de détention inconnu.
 Saqar al-Jadawi  (Yémen-Arabie Saoudite) inconnu
 Tariq Mahmoud  (Pakistan) Liens soupçonnés avec « Al-Qaïda » Capturé (octobre 2003). Lieu de détention inconnu.
 Walid Mohammed bin-Attash  (Yémen) Capturé. Lieu de détention inconnu.
Yasser al-Jaziri  (Maroc) Lieutenant de Khaled Shaikh Mohammed. Capturé (mars 2003) Lieu de détention inconnu
 Zubair Mohammed  (Indonésie) Liens soupçonnés avec « Al-Qaïda ». Capturé (juin 2003) Lieu de détention inconnu.

 

Groupes soupçonnés d’être associés au réseau Al-Qaïda(5)

► Ahl al-Sounna wal Jamaah (Les Fidèles de la Sunna et de la Communauté)
Al-Jabhah al-Islamiya al-Tounsiya (Front Islamique Tunisien)
 Al-Jama ‘ah al-Islamiya al-Mouqatilah al-Maghribiyah (Groupe Islamique Combattant Marocain)
► 
Al-Jama ‘ah al-Islamiyyah (Groupe Islamique)
► 
Al-Jama’ah al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya (Groupe Islamique Combattant Libyen)
Al-Jama’ah al-Mouqatilah al-Tounsiyah (Groupe Combattant Tunisien)
► 
Al-Marsed al-Islami (Observatoire Islamique)
► 
Al-Mouhajiroun (Les Emigrés)
An-Nahda (La Renaissance)
Al-Salafiyoun (Les Salafistes)
► 
Ansar al-Charia (Partisans de la Charia)
► 
Ansar al-Islam (Partisans de l’Islam)
► 
Ansar al-Qaïda (Partisans d’Al-Qaida)
► 
Asbat al-Ansar (Ligue des Partisans)
► 
Beït al-Imam (Maison de l’Imam)
► 
Es-Sounnah wal-Jamaah (La Sunna et La Communauté)
Harakat al-Ansar aI-Islamiya (Mouvement Islamique des Partisans)
► 
Ittihad al-Islamiyya (Alliance Islamique)
► 
Jaïsh Adan Abiyan al-Islamiy (Armée Islamique d’Aden Abyan)
► 
Jaïsh e-Mohammed (Armée de Mohammed)
► 
Jound al-Islam (Soldat de l’Islam)
► 
Jound al-Shams (Soldat du Levant)
Lujnat al-Nassiha wal-Islah (Comité de Conseil et de Reforme)
Qaïdat al-Jihad.fi’l-Maghrib al-Islami (► Base du Djihad au Maghreb Islamique
(BDMI)) (anciennement : ► Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat)
Salafiya Jihadiya (Groupe Salafiste Djihadiste)
Tanzim Qa’ïdat al-Jihad fil-Bilad al-Rafidayn (Organisation Al-Qaïda du Jihad en Mésopotamie)

Les interventions américaines en Afghanistan, puis en Irak ont contribué à donner un sens au mouvement djihadiste. Le terrorisme djihadiste s’est structuré, en se confondant avec les réseaux de résistance en Afghanistan, au Pakistan, en Irak et ailleurs. Les attentats de Madrid (11 mars 2004) et de Londres (7/25 juillet 2005) – attribués à « Al-Qaïda » – étaient clairement une réponse à l’intervention en Irak (malgré les dénégations des autorités britanniques). On pourrait même y déceler une stratégie étroitement associée à la résistance irakienne, qui a ainsi cherché à frapper l’occupant dans sa profondeur stratégique. Cette réalité est accentuée par le fait que la guerre en Irak avait été déclenchée sur la foi d’un mensonge et d’une manipulation orchestrés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

L’incapacité à comprendre le terrorisme dans sa dimension stratégique n’a fait que renforcer le djihadisme. La réduction des attentats terroristes en Occident est moins dû au renforcement de la sécurité – dont les effets sur les actes terroristes a été minime en regard des efforts consentis et des abandons de liberté – qu’au fait que les Occidentaux ont apporté les victimes vers leurs bourreaux en Afghanistan et en Irak. L’afflux de combattants étrangers américains, britanniques, français, belges, suisses et autres dans les rangs des djihadistes afghan, irakiens., libyens et syriens ne fait que souligner ce phénomène.

Le danger de la représentation fantaisiste apportée par certains « experts » d’ « Al-Qaïda » en Occident, est qu’elle conduit les forces de sécurité à poursuivre le faux ennemi : on cherche des structures là où elles n’existent pas, on adopte une approche capacitaire basée sur l’emploi de la force, qui conduit à frapper des innocents (comme avec les bombardements d’août 1998) augmentant ainsi le ressentiment contre l’Occident et réduisant à néant les (maigres) efforts de « hearts and minds » effectués envers le monde musulman. C’est en fait l’ignorance de la nature asymétrique de l’ennemi et la représentation simpliste qu’en ont fait les Etats-Unis (suivis quasi-aveuglément par l’ensemble des services de renseignement et de sécurité du monde libre) qui ont fait des djihadistes un ennemi devenu immaîtrisable.

La lutte contre « Al-Qaïda »

Avec le recul, la lutte contre « Al-Qaïda » s’est avérée relativement inopérante. L’incapacité des Occidentaux à comprendre sa nature et ses mécanismes a lancé les services de renseignements occidentaux dans un grand nombre de cul-de-sac. Dans certains pays, comme en Grande-Bretagne, on s’est inspiré des expériences du passé contre des mouvements marxistes, comme l’Irlande du Nord. Dans d’autres, on a tenté de lutter contre cette menace comme s’il s’agissait d’une organisation de criminalité organisée. De fait, dans de nombreux pays, la lutte a été confiée à des « anciens » de la lutte contre le grand banditisme. Ainsi, les mécanismes de surveillance des réseaux de blanchiment d’argent pour « suivre » l’argent de la terreur se sont avérés inopérants : alors que les réseaux criminels tentent d’utiliser légalement de l’argent acquis illégalement, c’est exactement l’inverse que l’on observe dans les réseaux islamistes. En outre, à la différence des formes de criminalité et de terrorismes rencontrés par le passé, la différence essentielle présentée par les djihadistes est leur rapport à la mort.

En 1996, la Central Intelligence Agency (C1A) américaine met sur pied la Bin Ladin Issue Station — également connu sous les appellations d’ « Alex » ou d’ « Alec Station » — au sein de son Counter Terrorisme Center (CTC). Mais, l’énergie déployée pour lutter contre un seul individu était disproportionnée par rapport aux besoins de la lutte contre le terrorisme dans son ensemble. Ainsi, à la fin 2005, l’unité est dissoute et son personnel rendu au CTC. Si certains ont interprété ce démantèlement comme un aveu d’impuissance et d’inefficacité de la CIA, la réalité est probablement un peu différente : après dix ans, on a réalisé que la concentration des efforts sur une seule personne ne pourrait avoir qu’un impact marginal sur le phénomène terroriste.

Opérations

Après le départ des forces américaines d’Arabie Saoudite (dès l’été 2003), les réseaux « Al-Qaïda » se sont engagés dans la lutte pour le départ des Occidentaux occupant des pays musulmans, comme en Irak et en Afghanistan. De la convergence des intérêts entre les résistances nationales légitimes et le mouvement djihadiste résulte une certaine confusion quant à la « paternité » de certains attentats. C’est notamment le cas des attentats de Bali (12 octobre 2002), ou celui de Londres (7 juillet 2005), qui ont été « récupérés » par « Al-Qaïda », sans doute pour donner plus d’importance au mouvement. Mohammed Sidiq Khan, l’un des auteurs de l’attentat de Londres, explique dans la cassette vidéo qu’il a laissée, son acte en fonction de la situation en Irak. Dans une cassette vidéo diffusée par la chaîne de télévision Al-Jazira le 4 août 2005, le Dr Ayman al-Zawahiri « récupère » l’attentat — sans en revendiquer la responsabilité — en le plaçant dans le contexte de la lutte d’Al-Qaïda.

Opérations attribuées à Al-Qaïda

26.06.95 Tentative d’assassinat contre le Président égyptien Hosni Moubarak 25.06.96 Destruction des Khobar Towers sur la base américaine de Dharan (Arabie Saoudite)

07.08.98 Attentats simultanés contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et de Dar Es-Salaam (Tanzanie)

12.10.00 Attentat-suicide contre le croiseur USS Cole

11.09.01 Attentats-suicide simultanés contre le World Trade Center (New York) et le Pentagone (Washington DC)

Bibliographie choisie : Burke Jason, Al-Qaeda — The Truc Story of Radical Islam, Penguin, London, 2004 ; Chevalérias Alain, La Guerre Infernale, Editions du Rocher, Paris, 2001 ; Cooley John K., CIA et Jihad — 1950-2001, Autrement, Paris, 2002 ; Denécé Eric et al., Guerre Secrète contre Al-Qaeda, Ellipses, Paris, 2002 ; Jacquard Roland, Les archives secrètes d’Al-Qaïda, Jean Picollec, Paris, septembre 2001 ; Jacquard Roland, Au nom d’Oussama Ben Laden…, Jean Picollec, Paris, 2001 ; Kepel Gilles, Al-Qaida dans le texte, puf, Paris, mars 2008 ; Labévière Richard, Les dollars de la terreur, Paris, 1999 ; Pohly Michael et Duran Khalid, Osama bin Laden und der internationale Terrorismus, Ullstein, München, 2001.

Corrélats : ► Djihad, ► Irak, ► Iran, ► structure des réseaux terroristes, ► terrorisme religieux, ► Brigades du Martyr Abdullah Azzam

(1)Emanation du  Harkat ul-Moudjahiddin (HuM)
(2)Oussama ben Laden, « Déclaration de guerre contre les américains occupant le pays des deux Lieux Saints », 23 août 1996 (publié dans A1-Quds al-Arabi)
(3)Déclaration du Front Islamique Mondial, 23 février 1998, signée par Cheikh Oussama ben Mohammad ben Laden, Aïman al-Zawahiri, émir du Gama’a al-Jihad en Egypte, ► Abou-Yasir Rifa’i Ahmad Taha, du Gama’a al-Islamiyya égyptien, Cheikh ► Mir Hamzah, secrétaire du Jamiat-ul-Ulema-e-Pakistan et ► Fazlur Rahman, émir du Mouvement Islamique au Bangladesh.
(4)Lieu de détention inconnu : fait référence à des individus capturés et détenus dans des prisons secrètes de la CIA américaine en Europe et au Moyen-Orient.
(5)Cette liste est indicative et non-exhaustive. De nombreux pays associent des mouvements insurrectionnels ou terroristes à Al-Qaïda, sans réelles preuves, afin d’obtenir une légitimité internationale pour pouvoir adopter des mesures peu populaires voire illégales.

Corrélat : ► Organisations terroristes

Islamic Jihad Union (IJU)

(Pakistan)

Autres appellations US:
Islamic Jihad Union (IJU)
al-Djihad al-Islami
Dzhamaat Modzhakhedov
Islamic Jihad Group
Islamic Jihad Group of Uzbekistan
Islomiy Jihod Ittihodi
Jamiat al-Jihad al-Islami
Jamiyat
The Jamaat Mojahedin
The Kazakh Jama’at
The Libyan Society

Internet:
Islamic Jihad Union

(Pakistan/Afghanistan)

Corrélat : ► Organisations terroristes