Takfir wal-Hijra

Autre orthographe:
Takfir wa’l-Hijra

Takfir wal-Hijra

(International) (Excommunication et Exil) Mouvement radical islamiste, originaire d’Egypte, fondé en 1972 par ► Choukri Moustafa sous le nom d’Association des Musulmans (Jama’at al-Muslimin), issu du Parti de la Libération Islamique. Il prône l’excommunication (ou la désignation comme incroyant (Kafir, qui est à l’origine du mot “takfir”) des musulmans considérés comme ayant abandonné l’Islam. Cet abandon de l’islam peut alors être jugé comme un cas d’apostasie et faire l’objet d’une sanction selon la loi islamique (charia). La pratique du takfir illustre la politique d’intolérance de certains groupes armés, comme en Syrie.L’association habituellement faite en Occident entre le takfir et les djihadistes (notamment “Al-Qaïda”) n’est pas automatique: de nombreux mouvements djihadistes rejettent cette notion qui conduit à des luttes internes.

Le guide spirituel du mouvement Takfir wal-Hijra est Abd el-Kader al-Aïra. La doctrine du Takfir wal-Hijra s’alimente des idées guerrières de Sayyed Qotb, leader des ► Frères Musulmans exécuté en 1966 et de sa théorie sur «l’expiation».

Divisé et e proie à des luttes internes, le mouvement s’engage dans la violence. Après l’assassinat de deux ministres égyptiens, Choukri Moustafa est arrêté et condamnée à mort. Le mouvement se divise alors en deux tendances: une tendance armée, responsabkle de nombreux attentats dans le monde, et une tendance plus “intellectuelle”.

Très peu de détails sont connus sur ce mouvement et les groupes armés qui s’en inspirent.

Lien externe

Egypte

Autres appellations:
Jamaat al-Muslimin (Groupe des Musulmans)
Jamaat al-Takfir wal-Hijra (Groupe de l’Excommunication et de l’Exil)

(Egypte/Sinaï) Groupe djihadiste sunnite de tendance takfiri basé dans le Sinaï. Il est issu du mouvement du même nom qui s’est développé durant la seconde moitié du XXe siècle en Egypte et a dû s’expatrier sous la pression du gouvernement égyptien dans les années 60. Le groupe semble être réapparu en Egypte dans les années 90, mais ne s’est manifesté réellement qu’en février 2011 à la faveur du printemps arabe.

Il a plusieurs centaines d’attentats à son actif Il serait impliqué dans l’attentat contre Anouar el-Sadate, en 1981. Il reste actif dans le région du Sinaï, où il s’est développé depuis la fin des années 90. Plus récemment, les diverses actions israéliennes dans la Bande de Gaza et le renversement du gouvernement Morsi, dans le climat de violence du Proche- et Moyen-Orient semblent avoir stimulé un développement brutal du mouvement. Le groupe est essentiellement basé dans la partie nord de la péninsule du Sinaï.

En Egypte, le Takfir wal-Hijra a une structure de 40 émirs, qui dirigent chacun des groupes de combat (information encore à confirmer).

Algérie

Le Takfir wal-Hijra apparaît en Algérie dès la fin des années 80, sous la forme d’une secte au sein des milieux estudiantins. Il est basé dans la mosquée Lekhal de Belcourt à Alger. Dès 1994, il prend de l’importance comme dissidence du ► Groupe Islamique Armé (GIA). L’aile algérienne du TwH est créé à Aïn Defla, par Ahmed Guellila (alias « Abou Hafs ») et rassemble de nombreux ► « Afghans ». Elle est connue sous l’appellation de Djama’at el-Mouwahidoune ou Katibat « el­Mouwahidin » et recrute ses militants parmi les ex-membres du ► Front Islamique du Salut. Sa première action remonte au mois d’octobre 1988 avec le saccage du ministère de la Jeunesse et des Sports. Il constitue l’un des principaux groupes islamiques armés en Algérie et compte quelque 5 000 activistes, dont certains auraient été entraînés dans les camps du ► Hezbollah au Liban. Il serait dirigé par le Cheikh al-Hacheni Sahnouni.

Ce groupe pourrait être en contact avec des cellules d’Al-Qaïda liées au Franco-algérien ► Djamel Beghal et découvertes en octobre 2001 en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

Jordanie

En Jordanie l’arrestation de Muhammad Shalabi (alias Abou Sayyaf) en novembre 2002 associé au Takfir wal-Hijra tend à montrer que le mouvement y est également actif.

Liban

Une branche du Takfir wal-Hijra est active avec environ 200-300 militants au Liban, au Nord-Est de Tripoli et serait dirigée par un ex-Afghan, Bassam Ahmad Kanj (alias Abou Aïchah). Ses membres seraient d’anciens combattants en Afghanistan et de divers mouvements comme le ► Djama’a al-Islamiyya et ► Al-Tawhid al-Islami. Il est lié au groupe ► Asbat al-Ansar, dans le camp palestinien d’Aïn al-Hiloueh. Le réseau libanais du Takfir aurait été démantelé au début 2000 par les forces de sécurité libanaises après avoir tenté un coup de main contre l’armée libanaise dans le secteur de Dinnieh.

Libye

Le Takfir wal-Hijra s’est implanté en Libye dès la fin des années 80. Son action n’est pas connue avec précision, mais le mouvement est combattu par le gouvernement.

Maroc

Le Takfir wal-Hijra s’est implanté au Maroc dans les quartiers pauvres des villes de Casablanca, Fès, Marrakech, Nador, Oujda, Salé et Tanger. Il comprend de nombreux « Afghans » parmi ses militants et encourage un discours violent. Le discours des émirs du Takfir marocain utilise des termes difficilement compréhensibles pour les militants de base et se donnent ainsi une apparence mystique, qui encourage une obéissance aveugle.

Soudan

Une branche du Takfir wal-Hijra, fondée par ► Mohamed Al-Khalifi est également active au Soudan, où elle est en lutte contre le mouvement Ansar al-Sunnah. Le mouvement serait dirigé par Abbas Al-Bah Abbas.

Baït al-Imam

Autres appellations :
Beyyiat al-Imam

(Jordanie) (Maison de l’Imam) Groupe affilié au Front Islamique Mondial pour la Djihad contre les Juifs et les Croisés (plus communément appelé ► Al-Qaïda). Il serait dirigé par un certain « Abou Moussad » et aurait tenté de commettre des attentats-suicide à la bombe à Tel-Aviv en février 2002.

Le Beït al-Imam fait partie du Comité du Djihad fondé par Oussama Ben Laden au début des années 90. Il aurait des appuis auprès de certains mouvements fondamentalistes islamiques en Turquie. Ses effectifs ne dépasseraient pas 50 activistes.

Septembre Noir

(Jordanie) (Ailul al-Assouad) Nom de couverture d’un groupe terroriste opérationnel à l’intérieur de l’ ► Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du ► Fatah. Il tire son nom des événements de septembre 1970, après la décision du Roi Hussein de Jordanie d’expulser les terroristes palestiniens de son territoire. Il aurait été formé par Ghassan Kanafani, Bassan Abou Sharif et Waddi Haddad, avec Hassan Salameh, Abou Daoud, Abou Youssef et Khalil Wasir (alias Abou Djihad), qui dirigera les opérations du groupe.

Septembre Noir deviendra tristement célèbre lors de la prise en otage de l’équipe israélienne aux Jeux Olympiques de Munich en 1972 (Opération Ikrit et Biram).

Il est vraisemblable que Septembre Noir n’ait jamais existé en tant qu’organisation. Son personnel semble provenir — entre autres — du service de sécurité du Fatah, le Jihaz al-Razd. L’Organisation ► Abou Nidal a mené plusieurs opérations sous cette appellation.

Djihad Islamique Palestinien (DIP)

Autres appellations:
Djihad Islamique – Jerusalem
Djihad islamique de Palestine
Djihad islamique — Faction palestinienne
Mouvement du Djihad Islamique en Palestine

 Jihad islamique palestinien (JIP)(?)

Autres appellations US:
Palestine Islamic Jihad – Shaqaqi Faction (PIJ)
Palestine Islamic Jihad, PIJ
Abu Ghunaym Squad of the Hizballah Bayt al-Maqdis
Al-Awdah Brigades
Al-Quds Brigades
Al-Quds Squads
Islamic Jihad in Palestine
Islamic Jihad of Palestine
PIJ-Shallah Faction
PIJ-Shaqaqi Faction
Saraya al-Quds

Internet:
“Islamic Jihad” Palestine

Sarayat Al-Qods(Palestine / Israël) (Harakat al-Djihad al­Islami fi Filastin) Mouvement radical islamiste palestinien de tendance sunnite, issu des ► Frères Musulmans et créé par des étudiants de l’Université Islamique de Gaza en 1982. Il devient effectivement opérationnel sous la conduite de ► Fathi Abd al-Aziz al-Shiqaqi et Cheikh ► Abd el-Aziz Awdah. Le DIP se présente comme un ensemble de groupuscules plus ou moins liés entre eux et est divisé en un courant pro-iranien et un courant pro-irakien.

Le DIP est souvent considéré comme la branche palestinienne du ► Djihad Islamique Egyptien. Il est formellement un membre de l’ ► Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et est représenté au Conseil Central de l’OLP. Depuis la mort de Fathi Shiqaqi, le DIP est dirigé par le Dr ► Ramadan Abdallah Shalah, secrétaire-général du mouvement, basé à Damas. Ses effectifs sont évalués évalués à 300-400 combattants (2003).

Son objectif est la « libération » de la Palestine historique, qui passe par la création d’un état islamique palestinien, dont la capitale serait Jérusalem, et la destruction de l’Etat d’Israël. Il prône une « Palestine — du fleuve [Jourdain] à la mer — un pays arabe, islamique dont la loi interdit de céder un pouce de son territoire. »(3) Toutefois, bien qu’il milite pour la libération de l’ensemble de la Palestine, ses objectifs actuels sont plus limités. En mai 2002, Shalah affirmait : « Avec l’actuelle Intifada, toutes les factions palestiniennes y compris le Djihad Islamique s’accordent à dire que l’objectif de la résistance palestinienne aujourd’hui est de refouler inconditionnellement l’occupation israélienne de Cisjordanie et de Gaza. »(4)

Il s’oppose également aux pays arabes modérés, considérés comme occidentalisés, corrompus et contaminés par le laïcisme occidental. Son quartier-général est situé à Amman (Jordanie). Son chef spirituel reste son fondateur, le Cheikh Asaad Bayoud al-Tamimi, emprisonné à vie en Israël. Il entretient des contacts étroits avec le ► Hamas.

En décembre 1992, l’expulsion par le gouvernement Rabin de 415 militants islamistes palestiniens — dont une cinquantaine de membres du DIP — vers le Sud Liban aurait consolidé les liens entre le DIP et le ► Hezbollah. Toutefois, malgré la similitude de leurs noms et le lien de la lutte contre Israël, le Djihad Islamique libanais et le Djihad Islamique Palestinien sont des organisations distinctes. Outre le fait que l’un soit chiite et l’autre sunnite, leurs objectifs sont différents : le DI libanais lutte essentiellement — comme le Hezbollah — pour la restitution des territoires libanais occupés par Israël, alors que le DIP lutte pour la libération des territoires de Gaza et de Cisjordanie.

Structures

Sarayat Al-QodsEn 1992, le futur martyr ► Mahmoud al-Khawaja réorganise les combattants du DIP en une structure militaire : la Compagnie de Jérusalem (Sarayat al-Qods) qui constituera le bras armé du mouvement, et l’un des groupes d’action palestiniens les plus importants et les plus virulents.

Le DIP est essentiellement présent dans la Bande de Gaza et dans la région de Jénine.

Opérations

Le DIP est actif en Israël, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans d’autres régions du Moyen-Orient, notamment au Liban et en Syrie. Ses méthodes d’action sont variées et comprennent l’attentat à l’arme blanche, à la voiture-bombe et l’attentat-suicide (surtout depuis 1994).

Le 26 octobre 2000, la Sarya al-Qods le revendique le premier attentat-suicide de la deuxième Intifada, cinq ans jour pour jour après l’assassinant de Fathi Shiqaqi. Depuis, le DIP a revendiqué 25 attentats à la bombe.

Selon ► Thabet Mardawi,(6) le Dr Ramadan Shalah a ordonné un arrêt des attentats du Djihad Islamique en Israël après le 11 septembre 2001, afin qu’il ne puisse pas y avoir d’amalgame entre Al-Qaïda et l’organisation palestinienne. Ce n’est qu’après l’élimination par Israël de Raed Mahmoud Raef Karmi, des ► Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, en janvier 2002, que le DIP a repris ses attentats en Israël.

Le 5 mai 2002, un « martyr » a fait sauter sa voiture près d’un autobus à proximité du croisement de Megiddo, dans le Nord d’Israël, tuant au moins 17 Israéliens et en blessant des douzaines d’autres.

La proposition du Hamas du 22 décembre 2001 d’arrêter les attentats-suicides n’a pas été suivie par le DIP. Le DIP est l’un des mouvements palestiniens qui a refusé de se soumettre à la trêve proposée par la « feuille de route » en 2003.

Factions du Djihad Islamique Palestinien

  • Brigades du Martyr Fathi Shaqaqi (Kataeb al-Shahid Fathi Shaqaqi)Les Brigades du Martyr Fathi Shaqaqi (Kataeb al-Shahid Fathi Shaqaqi) qui comprend l’unité Sarayat Mounahid al­-Mout’. Cette faction apparue récemment, pourrait avoir pris la succession de la Compagnie de Jérusalem.
  • Faction Djabar Amar — Dirigée par Djabar Amar. Arrêté par les Israéliens, il est emprisonné. Relâché en 1983, il s’expatrie au Soudan où il entretient une faction du Djihad Islamique active au Soudan et en Egypte

Corrélat : ► Organisations terroristes

(3)« Introduction to the movement and its vision », www.qudsway.com.
(4)Ibrahim Hamidi, « Islamic Jihad reiterates possibility of end to attacks on civilians », Daily Star, Beyrouth (16.05.2002)