Yémen

Yémen

Après avoir activement soutenu de nombreux mouvements terroristes durant les années 70, le Sud-Yémen a fortement ralenti ses activités durant les années 80. Apparemment, certains membres de mouvements terroristes de ces années, comme Organisation ► Abou Nidal.

Aujourd’hui, et surtout depuis la chute de l’URSS, Sanaa cherche à renouer le dialogue avec les pays occidentaux et ses voisins arabes. Le Yémen est devenu un pays victime du terrorisme islamiste djihadiste, essentiellement dirigé contre le gouvernement et ses liens avec l’étranger. Toutefois, l’éclatement d’une rébellion des chiites zaydites(1) au nord du pays, dans le gouvernorat de Sa’ada, en 2004, a conduit le gouvernement a s’engager brutalement contre les rebelles chiites. Dirigée par Hussein al-Houti, la rébellion zaydite tend à gagner en importance. Cette situation a conduit le président Ali Abdullah Saleh à conclure des alliances contre nature avec les mouvements dijahistes de Tarik al-Fadli et d’Abd-el-Majid bin Aziz al-Zindani  pour former une « armée populaire » destinée à combattre les insurgés.

Plusieurs facteurs ont influencé le développement du radicalisme au Yémen. En premier lieu, l’importance croissante du chiisme au Moyen-Orient, conséquence directe de l’intervention bien peu réfléchie des Etats-Unis en Irak, a accentué les craintes de l’Arabie Saoudite et renforcé le soutien aux mouvements sunnites radicaux. En second lieu, l’obsession des Etats-Unis à combattre « Al-Qaïda » partout dans le monde au mépris des souverainetés nationales n’a fait que renforcer la volonté djihadiste (qui est fondamentalement dirigée contre l’interventionnisme occidental sous toutes ses formes). Ainsi, les bombardements aériens effectués au moyen de drones depuis la base aérienne du camp Lemonnier à Djibouti a donné une légitimité nouvelle aux djihadistes.

Comme la plupart des révoltes du « printemps arabe », celle du Yémen a été parrainée par les forces radicales sunnites, qui sont ainsi parvenues à renverser le président Ali Abdallah Saleh (chiite). Le nouveau président, Abd Rabbuh Mansur Hadi, est originaire du Sud et continue à porter une attention plus soutenue envers la rébellion zaydite au nord, qu’envers les groupes radicaux sunnites du Sud, même si le gouvernement a connu quelques succès contre les djihadistes. Ainsi, les forces yéménites ont démantelé l’ « Emirat de Waqar » à Jaar en juin 2012.

Forces en présence au Yémen (2013)
Forces en présence au Yémen (2013)

Les principaux mouvements radicaux armés actifs au Yémen sont :

a) Mouvements et groupes sunnites

  • La Base du Djihad dans la Péninsule Arabique (BDPA) – également appelée abusivement “Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique” ou AQAP selon son appellation anglosaxonne.
  • Le Mouvement du Djihad Yéménite, apparu en 1992 et dirigé par Tarik al-Fadli, qui a revendiqué une série d’attentats à la bombe en 1997, mais dont l’existence a été réfutée par les autorités du pays. En fait, ce mouvement semble être allié avec les forces gouvernementales pour combattre
  • l’ ► Ansar al-Qaïda (Partisans d’Al-Qaïda) évoqué dans le cadre de l’attentat contre le pétrolier français Limburg. Son existence n’est pas démontrée.
  • l’ ► Armée Islamique d’Aden (AIA) principal coupable de l’attentat contre l’USS Cole.
  • Armée du Groupe Suicide 66 – Aile Militante de Bin Laden, qui avait menacé les Occidentaux résidant au Yémen d’attaques à l’anthrax en février 1999. L’existence de ce groupe est spéculative.
  • Kataeb Jound al-Yemen (Phalanges de l’Armée du Yémen) groupe djihadiste sunnite souvent associé à « ► Al-Qaïda », il est notamment l’auteur d’un attentat à la roquette contre l’ambassade d’Italie de Sanaa, le 30 avril 2008.
  • Al-Islah, mouvement sunnite, considéré comme affilié au mouvement djihadiste international, dirigé par Abd-el-Majid bin Aziz al-Zindani.
  • Al-Hirak, mouvement sunnite qui regroupe les provinces du Yémen du Sud, qui revendiquent l’indépendance. Les récentes propositions du gouvernement yéménite pour former une structure fédérale accordant plus d’autonomie aux diverses provinces n’ont pas calmé les velléités d’indépendance. Il comprend les ► Kataeb Shuhada al-Junub (Phalanges des Martyrs du Sud) qui utilisent des méthodes particulièrement brutales dans sa lutte contre les forces de sécurité.

b) mouvements et groupes chiites (zaïdites)

(1)L’imamat Zaydite du Yémen a été créé en 890 par Yayah ibn al-Hussein et a subsisté jusqu’à nos jours. Etat indépendant jusqu’en 1539 à la conquête des Ottomans, il déclare la guerre au Turcs en 1595. Cela conduit au départ des Ottomans en 1635 et à l’indépendance du Yémen jusqu’en 1872. Reconquis alors par les Ottomans, le Yémen n’accédera à son indépendance qu’avec la chute de l’Empire ottoman à la fin de la première guerre mondiale. Une suite de coups d’Etat a finalement établi la République Arabe du Yémen en septembre 1962 et marqué la fin de l’imamat. Actuellement les Zaydites constituent environ 40-45% de la population yéménite et sont essentiellement présents au nord du Yémen.

Lien externe

Palestine

Palestine

Les origines des mouvements armés et terroristes palestiniens remontent à la création de l’Etat d’Israël ou, plus exactement, à l’expansion de ce nouvel Etat dès 1948. La première guerre israélo-arabe, mais surtout la campagne d’expropriation et de déportation des populations palestiniennes engagée afin d’installer les nouveaux arrivants constituent la « nabka » (« catastrophe »), point de départ de la résistance palestinienne. La nabka, outre les déplacements massifs de population, s’accompagne de massacres ponctuels, comme celui de Deir Yassin (9 avril 1948), dont la population a été massacrée par une unité de l’Irgoun israélien, dirigée par Menahem Begin — qui, ironie de l’Histoire, recevra en 1978 le prix Nobel de la paix avec Anouar el-Sadate — et reste un point de contentieux entre les deux communautés.

Initialement, les divers mouvements de résistance palestiniens ont reçu l’aide des pays du Pacte de Varsovie sous forme de financement, de formation et d’armes, souvent par l’entremise de la Syrie, de la Lybie et de l’Irak. Ces mouvements, dont l’ ► Organisation de Libération de la Palestine (OLP)  (Palestine) est alors le plus important, sont influencés à des degrés divers par l’idéologie marxiste. La dimension nationaliste est complétée d’une tendance internationaliste, qui encourage la collaboration entre mouvements terroristes européens et palestiniens. La lutte est portée au-delà des frontières d’Israël (détournements d’avions, prises d’otages), mais la notion d’ « attentat-suicide » est inexistante, tandis que celle de « djihad » a une connotation plus politique que religieuse.

Un changement majeur intervient avec la première « intifada » (« insurrection ») de décembre 1987. Non seulement il s’agit d’un mouvement populaire qui échappe aux organisations de résistance, mais en plus apparaît l’influence de l’Islam. C’est d’ailleurs quelques jours après le déclenchement de l’intifada qu’apparaît le mouvement ► Hamas (Palestine). La chute du communisme et la fin du soutien aux mouvements de résistance dans le monde — notamment à travers la Syrie, pour ce qui est du terrorisme proche-oriental — conduit la résistance palestinienne à prendre un caractère religieux. Mais l’essence de la lutte reste de nature politique et territoriale,(1) contrairement à ce que prétendent les autorités israéliennes. L’irruption de l’islam dans ce conflit se situe essentiellement au niveau d’un système de pensée et dans une approche du combat, que dans une finalité. Le but reste définitivement de reprendre des terres et des droits, plus que d’imposer une religion (ou en éliminer une autre).

Israël tente rapidement d’exploiter ce changement d’approche en encourageant le développement du Hamas, afin de créer des dissensions au sein de la résistance palestinienne. Cette stratégie de « diviser pour régner » subsiste encore en 2006, avec le refus d’Israël (et des pays occidentaux) de reconnaître le résultat des élections parlementaires, ce qui poussera le Hamas à prendre le pouvoir par la force en 2007.

A la fin des années 80, les principaux mouvements de résistance cherchent rapidement à se réapproprier l’intifada. Ils créent à cet effet le Commandement National Unifié de l’Intifada (CNUI) (Palestine) (Al-Qiyada al-Wataniyya al-Muwahhida li’l­Intifàda), qui une alliance souple des quatre principaux mouvements de résistance (► Organisation de Libération de la Palestine (OLP) (Palestine), ► Fatah (Palestine), ► Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) (Palestine), ► Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) (Palestine)). Afin de garder le contrôle de la rue, le CNUI crée des Comités Populaires (CP) qui le relayent dans les quartiers. La mise hors-la-loi des CP par Israël, le 18 août 1988 pousse les divers mouvements à créer leurs propres groupes de combat :

Pour le Fatah :

  • les Panthères Noires (al-Fuhud al-Aswad) (Palestine), créées au début 1989 par Nasir Al-Bouz, initialement centrées sur Naplouse, elles se s’installeront dans la région de Jenine ; puis
  • les Faucons du Fath (Suqur al-Fath) (Palestine) en 1991, centrés sur le sud de la Bande de Gaza. Les Panthères Noires et les Faucons du Fath rendent officiellement les armes le 24 septembre 1993 à l’ordre de Yasser Arafat, mais à la suite des attaques de commandos israéliens, le démantèlement des groupes est interrompu. Ce n’est qu’en 1995 que les Faucons du Fath sont déclarés dissouts. Les Faucons réapparaissent en 1998, afin de réclamer la libération de leurs compagnons d’armes ;
  • les Phalanges du Martyr Ahmad Abou al-Rish (Kataeb al-Chahid Ahmad Abou al-Rish) (Palestine), créées après l’élimination d’Ahmad Khalid Abou al-Rich, chef des Faucons du Fath, le 28 novembre 1993, une semaine après sa reddition, par une unité spéciale israélienne Mistaravim. Elles sont essentiellement actives dans la bande de Gaza.

Pour le FPLP :

  • les Aigles Rouges (Palestine), principal groupe de combat du FPLP lors de la première intifada, dont le premier chef est Samir Shaas, abattu au début juillet 1993 ;
  • les Brigades de Résistance Populaire Palestiniennes (Kataeb al-Muqawama al-Chabiyya al-Filastiniyya) (Palestine);
  • les Brigades du Martyr Abou Ali Moustafa (Kataeb al-Chahid Abou Ali Moustafa) (Palestine), issues des Aigles Rouges en 2001, puis
  • les Brigades des Almoravides en Palestine (Kataeb al-Mourabitin fi Filastin) créées en août 2004 par d’anciens membres des Aigles Rouges, et essentiellement actives au centre de la bande de Gaza.

Pour le FDLP :

  • l’Etoile Rouge (Palestine) du FDLP
  • les Phalanges de la Résistance Nationale Palestinienne (Kataeb al­Muqawama al-Wataniyya al-Filastiniyya) (Palestine) qui apparaissent en 2002, puis disparaissent en 2005.

Pour le ► Djihad Islamique Palestinien :

  • Les Unités al-Qods (Sarayat al-Qods) (Palestine)

Pour les ► Comités de Résistance Populaire (CRP) :

  • Les Phalanges de Nasser Salah al-Din (Alwiyya Nasir Salah ad-Din) (Palestine);

Les Phalanges des Martyrs de .Lénine (Kataeb Chuhada Jenin) (Palestine).

Pour le ► Hamas :

Contrairement aux affirmations du gouvernement israélien, il n’y a pas de liens directs entre la mouvance djihadiste international ( ► Al-Qaïda) et les mouvements palestiniens. Forts de leur expérience des années 60-70, ces derniers se sont gardés d’internationaliser leur combat et se sont efforcés de maintenir une dimension nationale à leur lutte, afin de ne pas s’aliéner la communauté internationale.

Dès le milieu es années 90, et en marge des négociations de paix qui aboutissent aux accords d’Oslo en 1993, la stratégie israélienne est concentrée sur la division des Palestiniens. Les implantations juives dans les territoires occupés se poursuivent à un rythme soutenu et donnent l’illusion à la population palestinienne que le processus politique du Fatah n’atteint pas ses objectifs et que seule une approche violente pouvait apporter des résultats, même limités. Les groupes terroristes multiplient les attentats contre Israël et échappent progressivement à tout contrôle de l’Autorité Palestinienne.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon, la politique israélienne vise à mettre en place un gouvernement sans Yasser Arafat. Les raison de cette obstination contre Arafat sont mal connues et s’expliquent probablement, en grande partie par des motifs personnels. Ainsi, Arafat est tenu pour responsable des attentats commis en Israël, tandis que les dures représailles israéliennes tendent à renforcer les partisans palestiniens de la violence. Ainsi, Arafat est non seulement progressivement marginalisé sur la scène internationale, mais également au sein des Palestiniens même. Le refus de dialoguer avec Yasser Arafat (voir ► Israël) culmine lors de l’opération israélienne « REMPARTS » en 2002. Le 24 juin 2002, George W. Bush, dans un discours, appelle au remplacement de Yasser Arafat à la tête de l’Autorité Palestinienne, ce qui conduira à l’arrivée au pouvoir comme premier ministre Mahmoud Abbas.

La stratégie israélienne personnalisée contre Arafat conduira à un affaiblissement des forces palestiniennes modérées et un renforcement des forces radicales, accompagnés d’une polarisation des Palestiniens. Cette situation conduit Israël à isoler la Palestine par un « mur » (appelé « barrières » par les Israéliens), qui utilise les terres palestiniennes uniquement et augmente les tensions entre les deux peuples, même si les possibilités d’attentats sur le sol israélien sont significativement réduites.

Dès 2005 apparaissent des groupes qui se réclament du djihadisme international. Malgré leur revendication du djihadisme mondial, il ne semble pas que ces groupes aient été « implantés » par des mouvements étrangers :

  • Kataeb al-Jihad al-Muqadis (Brigades du Saint Djihad), apparues le 23 août 2006 avec l’enlèvement de deux journalistes occidentaux (Steven James Centanni et Olaf Wiig) (qui seront libérés le 26 août 2006).
  • Jaïsh al-Islam (Armée de l’Islam), apparue en mars 2007, qui sera violemment combattu, et démantelé par le Hamas en aout 2008.
  • Kataeb Hezbollah fi ‘l-Filistin (Brigades du Parti de Dieu en Palestine), qui se revendiquent du courant sunnite et sans connexion avec le ► Hezbollah libanais, apparues le 4 octobre 2008.

En dépit des affirmations du gouvernement israélien, la nature exacte de ces groupes reste assez mystérieuse. Les Brigades du Saint Djihad, par exemple, disparues après la libération de leurs prisonniers, apparaissent être un montage médiatique, dont les réels auteurs sont inconnus.

A la fin avril 2006, afin de disposer d’une force de police capable de gérer des situations de crise, des Forces Spéciales ont été créées, pour la constitution desquelles, les divers groupes de résistance ont été conviés à participer. Six groupes ont donné leur accord à une telle participation :

Conviées, les Brigades de Résistance Nationale du ► Front Démocratique de Libération de la Palestine n’ont pas donné de réponse.

Situation à Gaza

Rétrocédée à l’Autorité Palestinienne en 2005, la Bande de Gaza fait l’objet d’opérations militaires chroniques destinées à réduire au silence le Hamas. En fait, cette rétrocession n’a pas signifié la fin de l’occupation israélienne. En fait celle-ci s’est exercée différemment à travers le contrôle des frontières, de l’espace aérien et des eaux territoriales assorti de tracasseries telles qu’elles empêchent toute activité économique durable. L’aéroport de Gaza a été méticuleusement détruit et sa piste réduite à l’état de gravats au bulldozer – de manière assez mesquine – avant la remise du territoire à l’Autorité Palestinienne. De plus, alors que les diverses occupation militaires qui ont jalonné l’Histoire se sont attachées à maintenir, voire favoriser, une activité économique – essentiellement à des fins de maintien de l’ordre – l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza n’a pas su valoriser l’économie locale et ainsi ouvrir des perspectives aux populations locales. En fait, le seul héritage laissé par Israël à Gaza a été la création du Hamas – financé dans ses débuts par l’administration militaire israélienne à Gaza dans le but d’amoindrir l’influence du Fatah – qui est aujourd’hui le prétexte pour ses interventions.

La victoire du Hamas aux élections législatives de 2006 consacre – au-delà du discours islamiste – la popularité du mouvement et est une conséquence directe de la politique israélienne de combattre les mouvements palestiniens de tendances modérées. Cette victoire n’est pas reconnue par Israël et les Etats-Unis et conduit à des tensions entre le Fatah et le Hamas. Les luttes entre factions rivales qui en résultent culminent les 12-14 juin 2007 et aboutissent à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

Le blocus international imposé alors par Israël sur la Bande de Gaza était destiné à provoquer une rébellion populaire contre le Hamas et ainsi l’écarter de la scène politique. Cette stratégie s’est avérée inadéquate, renforçant l’esprit de résistance des Palestiniens et encourageant des groupuscules plus radicaux que le Hamas à éclore à Gaza. De nouveaux groupes, tels que les Comités de Résistance Populaires (Palestine), Ansar al-Islam (Palestine), Jaïsh al-Islam (Palestine), etc. prennent pied dans la Bande de Gaza et s’affrontent au Hamas.

Le 12 novembre 2012, l’Autorité Palestinienne introduit une demande auprès des Nations Unies en vue d’obtenir un statut de membre. C’est le moment que choisit le gouvernement israélien pour lancer l’opération PILIER DE DEFENSE, le 14 novembre, justifiée par les lancements continuels de roquettes par les extrémistes palestiniens, mais également manifestement destinée à contrecarrer la demande palestinienne en alimentant de discours de l’Etat terroriste.

Le 21 novembre 2012, après la mort de quelque 158 palestiniens, dont 102 civils, Israël et le Hamas parviennent à signer un accord de cessez-le-feu. Alors que le Hamas s’efforce de maintenir son autorité dans la Bande de Gaza – notamment contre les groupes islamistes radicaux qui commencent à s’infiltrer en Palestine à la faveur du conflit syrien – le gouvernement israélien a continuellement violé l’accord de cessez-le-feu. (voir http://blog.thejerusalemfund.org/2012/12/israeli-ceasefire-violations-in-gaza.html)

Dépourvu du soutien international nécessaire, le Hamas a de la difficulté à s’imposer face au radicalisme croissant issu de la situation dans l’ensemble du Moyen-Orient. Les efforts du Hamas pour juguler la montée des groupuscules djihadistes ne sont pas relayés par la communauté internationale (dont l’Union Européenne, les Etats-Unis, et Israël), qui soutiennent ces groupes matériellement et politiquement en vue de déstabiliser le Hamas. Les efforts du Hamas pour contrôler la situation sont mesurables par l’examen des chiffres fournis par l’Armée Israélienne (voir http://www.idfblog.com/facts-figures/rocket-attacks-toward-israel/) qui démontrent que le Hamas est parvenu à faire réduire le nombre de missiles tirés contre Israël de 2248 à 41.

Attaques à la roquette et victimes israéliennes (2000-2014)
Attaques à la roquette et victimes israéliennes (2000-2014)

 

Ainsi que l’avait démontré l’Israeli Intelligence and Terrorism Information Center en 2007, les roquettes lancées sur Israël depuis la Bande de Gaza sont le fait du Djihad Islamique Palestinien (34%), du Hamas (22%), des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa (8%), des Comités de Résistance Populaires (al-Nasser) (6%), tandis que 30% des tirs proviennent de groupes inconnus. En plus du fait que le Hamas tente de s’imposer comme force politique et de s’imposer dans la Bande de Gaza, l’évolution de la situation et l’accroissement de la présence islamiste dans la bande de Gaza a de facto réduit de manière radicale la responsabilité politique et factuelle du mouvement dans les attaques contre Israël. D’autres groupuscules, comme le Moudjahidin Choura Council (Conseil Consultatif des Moudjahidin), ont pris la relève. Alors que la nature des roquettes tirées permet de retrouver relativement facilement les auteurs du lancement, ces données sont restées confidentielles et permettent ainsi de faire porter le blâme sur le Hamas.

Selon Wikipedia (http://en.wikipedia.org/wiki/Palestinian_rocket_attacks_on_Israel), le nombre de roquettes et projectiles de mortier tirés de 2001 à 2014 serait de 15’047, causant au total 28 morts et quelque 1971 blessés israéliens. On peut aisément concevoir l’irritation du gouvernement israélien et sa volonté de protéger sa population contre ces tirs. Mais, plus que cet objectif légitime, c’est la manière d’y parvenir et les autres objectifs moins nobles qu’il cherche à atteindre en capitalisant sur ces attaques, qui sont au cœur de la discussion.

Gaza_zones tampon
En août 2014, après la phase terrestre de l’Opération BORDURE PROTECTRICE, les autorités israéliennes ont décidé unilatéralement de la création d’une zone tampon de 3 km (qui peut être ramenée à 2 km par endroits), qu’elles ont demandé à la population palestinienne d’évacuer. Cette bande couvre ainsi quelque 150 km2, soit un plus du tiers de la surface du territoire. Avec une densité de population de quelque 5000 habitants par km2, la compression provoquée par cette décision n’est évidemment pas de nature à calmer la situation.

 

Victimes israéliennes et palestiniennes (1987-2014)
Victimes israéliennes et palestiniennes (1987-2014)

 

De plus, on pourrait comparer le chiffre de 28 victimes en 13 ans au chiffre de 19 victimes civiles (palestiniennes) tuées entre janvier et mars 2011 en voulant accéder à leurs champs à Gaza. On pourrait aussi rapprocher la colère palestinienne de l’action menée par Israël en établissement une zone de sécurité à l’intérieur de la Bande de Gaza qui a coûté la destruction de 305 sources, 197 fermes de volailles, 6,377 fermes de moutons, 996 maisons d’habitation, 371 autres maisons, 3 mosquées, 3 écoles, 6  manufactures, et la destruction de 24.4 kilomètres carrés de champs cultivés transformés en « no man’s land ». (http://www.diakonia.se/en/IHL/Occupied-Palestinian-Territory/Administration-of-Occupation/Gaza-Blockade-Land–Sea/Land-Buffer-Zone/).

En outre, s’il est vrai que les roquettes palestiniennes constituent une menace permanente pour les populations israéliennes, il n’en est pas moins vrai que l’on omet le plus souvent de mentionner les éliminations ciblées et la surveillance permanente de l’espace aérien palestinien avec des drones. En 2014 seulement, le nombre de personnes assassinées (12) par des missiles israéliens est d’un peu moins de la moitié du nombre de victimes des roquettes palestiniennes entre 2000 et 2014 (28) (http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Israeli_assassinations) . Ceci ne justifie certes pas le tir de missiles sur des populations civiles, mais doit le mettre en perspective de la stratégie de tension entretenue par Israël.

Le calendrier des actions israéliennes tend à démontrer une volonté israélienne de maintenir – voire stimuler – une tension permanente dans la zone. Quelques exemples montrent l’utilisation délibérée de la violence pour encourager les tensions :

Eliminations ciblées et bombes humaines au milieu d'un processus de négociations
Eliminations ciblées et bombes humaines au milieu d’un processus de négociations

 

  • Inadéquation du remède

Le plus singulier dans la stratégie israélienne est le fait a) qu’elle ne décourage manifestement pas les Palestiniens qui poursuivent leur combat – et malgré tout bénéficient d’un soutien populaire international toujours plus grand ; et b) que les actions tactiques israéliennes – à part la destruction spectaculaire de bâtiments et le massacre de populations civiles – ne semblent avoir aucun effet opérationnel. En effet, durant l’opération PILIER DE DEFENSE, le nombre de roquettes palestiniennes tirées a été près de 36 fois supérieur à la moyenne des dix mois précédents. Le même phénomène s’est répété durant l’opération BORDURE PROTECTRICE (juillet-août 2014), le nombre de roquettes tirées par les groupes palestiniens durant l’opération israélienne a été 95 fois supérieur à la moyenne des roquettes tirées depuis le début de l’année.

Ainsi, la stratégie israélienne ne parvient pas à briser la volonté de résistance palestinienne et – au contraire – la stimule, tendant ainsi à stimuler l’activité terroriste et à péjorer la situation. On peut constater qu’Israël est l’unique pays dans le monde à ne pas avoir su maitriser son terrorisme intérieur en plus de soixante ans et – au contraire – l’a accru au fil du temps. Les commentaires de Benjamin Netanyahu – et des forces armées israéliennes – qui assimilent le Hamas au Hezbollah, à l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) et à Boko Haram (http://www.nbcnews.com/storyline/middle-east-unrest/netanyahu-hamas-islamist-extremism-al-qaeda-isis-n162076) témoignent de l’incapacité de l’establishment israélien à comprendre la nature des divers mouvements terroristes. De fait, la réaction israélienne au terrorisme semble suivre un schéma rigide applicable quel que soit l’adversaire et qui est donc par nature vouée à l’échec.

Il est vraisemblable que cette approche soit délibérée. L’existence de la menace terroriste justifie – pour Israël – des frappes destructrices et disproportionnées, qui pourraient s’intégrer dans une stratégie de long terme qui vise à décourager les Palestiniens et à les encourager à émigrer. Malheureusement, force est de constater que cette approche, qui est en opposition du Droit International est largement soutenue de facto par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne au nom de la lutte contre le terrorisme.

  • La raison profonde des roquettes palestiniennes

Le terrorisme n’est pas une fatalité. Toute l’Histoire de cette région en témoigne : les premiers militants juifs appartenaient également à des mouvements aux agissements terroristes (Haganah, Irgoun, etc.) avant que la communauté internationale – l’Holocauste aidant – leur reconnaisse le droit à une terre, malgré l’assassinat, le 17 septembre 1948, du diplomate suédois et délégué des Nations Unies Folke Bernadotte par le groupe terroriste juif Stern (avec parmi les auteurs de cet assassinat, Yitzhak Shamir, qui deviendra premier-ministre d’Israël). Avec le Fatah de Yasser Arafat,  alors que la communauté internationale avait entériné son passage du terrorisme à la voie politique, Israël n’a jamais accepté cette évolution et le processus d’Oslo n’a jamais pu aboutir à une paix durable. Au contraire, le territoire palestinien n’a cessé de rétrécir au fil des ans, et les gains objectifs des Palestiniens dans ce processus sont difficilement mesurables. En d’autres termes, il y a peu de manifestations tangibles d’une « récompense » pour abandonner la voie du terrorisme, mais il y a péjoration de la situation des Palestiniens sans que les revendications de base n’aient été satisfaites. Dans cette situation, certains Palestiniens pensent qu’à défaut d’obtenir des résultats concrets, mieux vaut avoir la satisfaction d’avoir résisté par les armes. C’est ce qu’expriment les lancements de roquettes et autres projectiles qui n’ont pas la moindre efficacité militaire, mais deviennent une sorte de « baroud d’honneur », et témoignent du fait que l’on ne s’est pas laissé faire sans réagir. C’est la raison pour laquelle, en l’absence de résultats concrets, les combattants palestiniens ne veulent pas abandonner ce qu’ils considèrent comme l’unique réplique possible. Cette persévérance dans l’adversité est comprise – au sens même du mot « djihad » – comme une forme de victoire. Appelée « mythe de la victoire » par Israël, cette victoire s’alimente des succès tactiques d’Israël, qui deviennent ainsi une défaite stratégique. C’est la raison pour laquelle, Israël qui n’a jamais eu l’intelligence de s’adapter à ses adversaires n’a jamais su lutter efficacement contre le terrorisme, malgré d’innombrables petites victoires contre des terroristes isolés.

De plus, cette stratégie anti-terroriste basée sur l’action tactique tend à stimuler l’antisémitisme à travers le monde, qui n’est pas une fatalité non plus, mais le résultat de l’impact médiatique d’actions punitives ponctuelles, disproportionnées, massives et brutales sans efficacité durable et qui choquent l’opinion mondiale. En fait, ces actions dans la Bande de Gaza n’ont fait que renforcer l’image et le rôle du Hamas. En effet, la pratique israélienne de détruire les maisons des terroristes et de leurs familles ne fait souvent que pousser les familles dans les bras du Hamas, dont le Fond pour le Soutien aux Familles (Wakfiat Ria’at el-Usra) prend en charge la reconstruction des maisons détruites et fidélise ainsi la population.

Carte de la Palestine et d'Israël dans la symbolique
Carte de la Palestine et d’Israël dans la symbolique

Corrélat ► Israël

Sources : The Virtual Jewish Library, Israeli Ministry of Foreign Affairs (Terrorism Deaths in Israel; In Memory of the Victims of Palestinian Terror); Jerusalem Post, (January 4, 2009)

Bibliographie choisie : Al-Abid Ibrahim, Guide de la Question Palestinienne/ Questions et réponses, Beyrouth, 1970 ; Gilbert, Martin. The Routledge Atlas of the Arab-Israeli Conflict. 7th ed,. New York, Routledge, 2002 ; Vidal Dominique et Algazy Joseph, Le péché originel d’Israël. L’expulsion des Palestiniens revisitée par les « nouveaux historiens israéliens », Paris, Les Editions de l’Atelier, 1998, 208 p. ; Shaul Mishal – Avraham Sela, The Palestinian Hamas: Vision, Violence, and Coexistence. Columbia University Press. New York. 2000.

(1)Interview de Cheikh Yassin, Radio Suisse Romande, 18 décembre 2000

Ukraine

Ukraine

La crise ukrainienne (2013-2014) a été perçue en Europe comme un conflit entre deux visions de l’avenir de l’Ukraine : un avenir démocratique et plein de promesses avec l’Union Européenne et une vision plus rétrograde – voire revanchiste – aux côtés d’une Russie à la recherche de sa grandeur passée. Si la question d’un accord entre l’Ukraine et l’Union Européenne ou la Russie a été effectivement le déclencheur des événements de novembre 2013, les violences séparatistes qui ont suivi sont liées à des causes plus profondes et plus fondamentales associées à la nouvelle gouvernance du pays.

Un point essentiel est la question linguistique, qui est la face visible d’une divergence ethnique et historique. La question ethnique et linguistique des ex-républiques soviétiques a été soulevée dans la plupart des pays qui ont émergé de la décomposition de l’URSS.

Dans l’ex-URSS, si le russe était bel et bien la langue officielle qui ouvrait l’accès à des études de qualité à Moscou, les langues régionales avaient également un statut officiel et étaient utilisées par la population et les administrations des républiques.

Après l’indépendance, l’Ukraine a maintenu la loi sur les langues en vigueur dans l’ex-URSS. Le 3 juillet 2012, une nouvelle loi est adoptée par le Parlement ukrainien, qui fait de l’Ukrainien la langue officielle, mais donne la possibilité aux provinces de donner un statut de langue officielle à d’autres langues en fonction de la population. Ainsi, le russe, le moldave, le magyar et le roumain acquièrent un statut de seconde langue officielle dans les provinces qui l’ont décidé.

La “Révolution de Maïdan” (novembre 2013-février2014) renverse le gouvernement corrompu du Président Ianoukovytch et porte au pouvoir une coalition nationaliste d’extrême-droite pro-européenne. Le 23 février 2014 le nouveau parlement (non-élu) décide d’abroger la loi sur les langues de 2012 et ainsi établir l’ukrainien comme seule langue officielle. Cet acte est rapidement interprété par la minorité russophone comme la volonté de créer des citoyens de « seconde zone ».  Le potentiel de déstabilisation  que crée l’abrogation de cette loi sur la situation intérieure est clair dès le départ et est reconnu par les experts internationaux, et déplorée par plusieurs pays européens (notamment, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, et la Grèce)  mais leur crainte n’est pas relayée par l’Union Européenne et l’OTAN vers les nouvelles autorités. Le décret d’abrogation  sera  « gelé » quelques jours plus tard, mais trop tard, car la réaction virulente des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’OTAN a lancé une dynamique de réaction nationaliste russe.

C’est dans cet esprit que la population de Crimée – majoritairement russophone – s’insurge contre le gouvernement provincial et entreprend un coup de force qui conduira à un référendum sur l’indépendance de la province et son rattachement à la Russie.  Le mouvement populaire de Crimée est rapidement suivi par les communautés russophones de l’est de l’Ukraine, dans les régions de Lugansk et de Donetsk. Alors que le gouvernement ukrainien s’était montré relativement passif en Crimée, la volonté de sécession à l’est du pays déclenche une réaction vive qui tourne au combat.

Ukraine - russian perception
Ukraine – russian perception

Le rôle de la Russie dans ce conflit est entaché par une propagande occidentale virulente et fortement alimentée par un discours alarmiste venant des Etats-Unis et des pays baltes. En réalité, la Russie est au premier rang des pays intéressés en raison de plusieurs années d’importation de gaz impayé par l’Ukraine. Toutefois, en dépit de l’attachement de l’ex-président Ianoukovytch pour la Russie, cette dernière n’est pas favorable à ce régime corrompu qui rechigne à régler ses impayés. Ainsi, la Russie n’intervient-elle pas dans le changement de régime qui s’opère, même si elle considère le nouveau régime comme le résultat d’un coup de force et non d’un changement démocratique. Le président Ianoukovytch, qui trouve refuge en Russie n’est pas restauré dans ses fonctions par la Russie, qui ne le considère plus comme le représentant de l’Ukraine. En outre, l’orientation très fortement nationaliste du nouveau régime suscite l’inquiétude de Moscou.

La Crimée

La Russie et l’Ukraine ont un accord de coopération militaire, qui couvre notamment la présence russe en Crimée et l’usage d’installations permanent dans cette partie de l’Ukraine. Les accords alors en vigueur autorisaient la présence russe jusqu’en 2017, tandis qu’un accord de 2010 prolonge cette autorisation jusqu’en 2042.  Lors des événements en Crimée, et conformément à ces accords, les troupes russes se sont déployées autour de leurs installations militaires afin d’en assurer la sécurité. Aucun indice concret  n’indique que la Russie ait envoyé des troupes au-delà des 27’000 hommes autorisés par l’accord bilatéral avec l’Ukraine et aucune information sérieuse ne permet de penser que les troupes russes ont participé à des prises de contrôle des bâtiments ou institutions ukrainiennes en Crimée. Les affirmations de Poutine lors de son interview du 4 mars 2014 sont en cohérence avec les observations faites.

Le terme « d’invasion » ou « d’intervention » souvent évoqué par les dirigeants européens ne se justifie donc pas. En revanche, l’incapacité des services de renseignement et des dirigeants occidentaux à anticiper la situation issue du radicalisme des nouveaux dirigeants ukrainiens a contribué à la déterioration de la situation et à encourager le mouvement séparatiste populaire.

Les types d’armes observées en Crimée,  souvent utilisées comme « preuve » de l’intervention russe ont en fait des provenances diverses, mais qui n’impliquent pas nécessairement des livraisons effectuées par la Russie. En fait, la plupart des armes observées est explicable par la participation de groupes locaux à l’insurrection. Compte tenu du fait que de nombreuses armes étaient personnalisées et pourvues d’accessoires (en provenance des Etats-Unis) il est également vraisemblable que certaines armes aient été acquises sur le marché (même illégal) par des particuliers.

Groupes en Ukraine - Les petits hommes verts (Crimée)
Groupes en Ukraine – Les petits hommes verts (Crimée)

 

L’Est de l’Ukraine

L’annonce de la décision du 23 février 2014 d’abroger la loi sur les langues de 2012 par le nouveau parlement a déclenché la colère de la population russophone, qui était restée calme durant les événements de la Place Maïdan de Kiev. Les occupations de bâtiments publics et administrations locales dans l’est du pays se sont rapidement transformées en insurrection devant une répression brutale.

La réalité de « l’intervention de la Russie » en Ukraine reste très controversée et discutable. La similitude des équipements utilisés de part et d’autre entretient la confusion, que les services de renseignements occidentaux peinent à clarifier. La plupart des informations viennent de Pologne et du gouvernement ukrainien ou de ses partisans, générant des messages alarmistes et accroissant la tension Est-Ouest. Les chars de combat « russes » « observés » par l’OTAN en Ukraine semblent être illusoires, voire de la désinformation : la Russie, a opté pour une famille de chars basée sur le modèle du T-72, alors que l’Ukraine a poursuivi sur la lignée des T-64. Très semblables extérieurement, ils peuvent être aisément confondus. La confusion est accentuée par le fait que l’Ukraine a acquis en août 2014 des chars T-72 (à USD 8’500 un prix défiant toute concurrence), probablement à dessein afin de créer la confusion. Les allégations ukrainiennes sur la présence de chars russes en juin et juillet 2014, ont ainsi systématiquement pu être démenties.

Les photographies satellitaires présentées comme preuve par les Etats-Unis montrant une batterie d’artillerie mécanisée « russe » en Ukraine, ont été prises dans la zone d’opération du bataillon insurgé « Kalmius », qui dispose des mêmes équipements et en même quantité, obtenus par la défection d’une unité de l’armée ukrainienne. La coïncidence – à défaut de démontrer l’insuffisance des capacités de renseignement américaines et occidentales – devrait au minimum inciter à la retenue dans les accusations contre la Russie.

Les parachutistes russes capturés en Ukraine semblent être des combattants occasionnels qui mettent à profit leurs permissions pour aller participer aux combats – comme naguère les européens qui allaient participer aux combats dans les Balkans durant leurs congés. On ne trouve en effet aucune trace (ni par satellite, ni par d’autres sources de renseignement) d’unités de combat, d’unités logistiques, de transmissions et autres structures qui devraient apparaitre si la Russie était réellement engagée dans des opérations de combat.

Matériel ukrainien capturé par les rebelles russophones
Matériel ukrainien capturé par les rebelles russophones

La vraisemblance stratégique de l’ « intervention » russe est très discutable. La Russie a démontré dans les diverses crises récentes une attitude plus mesurée et plus constructive que les pays occidentaux qui semblent trouver dans l’intervention militaire et les frappes aériennes les remèdes aux maux sécuritaires. L’ “intervention” montrée du doigt par les Occidentaux semble contradictoire par rapport aux solutions apportées par la diplomatie russe récemment et n’apparaît pas comme le résultat d’une planification.

Il est cependant évident que la situation de la minorité russophone en Ukraine a ému l’opinion publique russe et qu’à ce titre, le Président Poutine ne peut simplement ignorer la situation. Le déploiement de troupes russes pour des exercices le long de la frontière ukrainienne est ainsi la réponse donnée par le gouvernement russe aux attentes de sa population, mais ne constitue certainement pas la manifestation d’une intention d’intervenir militairement en Ukraine.

Separatisme
Novorossiya – Mouvements séparatistes russophones en Ukraine (2014)

La population russe en Ukraine – comme en Russie – reste farouchement nationaliste. Les milices se multiplient, de manière souvent désordonnée – en particulier dans les villes. Elles sont souvent appuyées par des groupes armés ultranationalistes bien équipés et motivés – à défaut d’être formés de manière adéquate, et qui s’expriment par la brutalité, au mépris du Droit de la Guerre. Certains groupes armés sont issus de gangs criminels ou fonctionnent comme tels, sous le couvert du nationalisme, contribuant à la confusion.

Les nationalistes russophones sont appuyés par des groupes de volontaires étrangers – souvent peu nombreux – en provenance de Russie, Pologne, République Tchèque, Bulgarie, et Serbie – sans mentionner un certains nombre d’Occidentaux. Paradoxalement, ces groupes disparates sont souvent ultranationalistes (comme le groupe Unité Nationale Russe (RNE) originaire de Russie) et souvent associés à l’extrême-droite, alors que le discours des séparatistes russophones s’articule autour de la lutte conre le “fascisme”.

Dès le mois de juin 2014, les forces séparatistes tentent d’imposer une discipline au sein des divers groupes disparates engagés à leurs côtés, qui profitent des actions militaires pour s’adonner au pillage et commettre des crimes.

Le 18 juin 2014 est recréé un Comité de la Sécurité d’Etat (KGB) qui comprend un Département pour la Lutte contre les Espions et Saboteurs (SMERSH), dirigé par Vladimir Gromov.

A la fin août 2014, l’Etat-Major Général de la République de Donetsk a décidé de réorganiser les forces séparatistes en trois brigades et d’abandonner les actions par de petits groupes indépendants.

Situation de la rébellion russophone en Ukraine (fin octobre 2014)
Situation de la rébellion russophone en Ukraine (fin octobre 2014)

 

Forces Novorossiya 1
Articulation des Forces Unifiées de la Nouvelle Russie (dès 16 septembre 2014)

 

Forces Novorossiya 2c
Forces de l’ex-Milice Populaire du Donbass

 

Forces Novorossiya 3c
Forces de l’ex-Armée Interarmes du Sud-Est

 

Principaux groupes armés en Ukraine

Groupes nationalistes et ultranationalistes ukrainiens

b)      Groupes séparatistes et sécessionnistes

  • République Populaire de Donetsk
  • République Populaire de Luhansk
  • République Populaire d’Odessa

Lien  externe

Egypte

L’Egypte lutte, depuis le début des années 50 contre la montée du fondamentalisme islamique, stimulé par le mouvement des ► Frères Musulmans. C’est en Egypte que Yasser Arafat, alors membre des Frères Musulmans a débuté sa lutte pour les droits du peuple palestinien.

L’Egypte a été le théâtre de plusieurs actes terroristes islamistes dont les plus marquant ont été l’assassinat d’Anouar el-Sadate (6 octobre 1981) par un membre du ► Djihad Islamique Egyptien (DIE) et le massacre de 58 touristes étrangers le 17 novembre 1997 à Louxor. Le terrorisme islamique a fait quelques 1 200 victimes entre 1992 et 1999 en Egypte.

La politique égyptienne contre le terrorisme est vigoureuse et l’Egypte collabore avec de nombreux pays occidentaux — y compris par l’échange de renseignements. Au début février 1999, 107 terroristes, parmi lesquels Aïman al-Zaouahiri, bras droit d’ ► Oussama Ben Laden et chef du Nouveau Groupe du Djihad et de l’Avant-Garde de la Conquête, ainsi que 13 membres du Djihad Islamique sont arrêtés et extradés par l’Albanie.

Depuis 2000, et en dépit de plusieurs attentats à la bombe au sud de la péninsule du Sinaï (Sharm el-Sheikh, Dahab et Aqaba), la violence islamiste a quelque peu diminué en Egypte. Ceci s’explique en partie par le succès des Frères Musulmans sur la scène politique intérieure et par la lutte active menée par le gouvernement égyptien contre les mouvements radicaux islamistes.

Les mouvements les plus actifs sont:

► Gama’ah al-Islamiyyah (Groupe Islamique)
Djihad Islamique Egyptien
► 
Djihad Islamique – Djabar Amar
► 
Frères Musulmans (Ikhwan al-Muslemeen)
► Révolution Egyptienne
► 
Mouvement Islamique (al-Haraka al-Islamiya)
► Ta’efa al-Mansoura (Secte Victorieuse)
► Takfir wa’l-Hijra

En le 7 octobre 2004 et le 23 juillet 2005, l’Egypte a été victime d’attentats terroristes dans les zones touristiques de la péninsule du Sinaï. Les mouvements qui ont revendiqués les attentats sont de petits groupes, sans doute affiliés à la mouvance djihadiste, mais sur lesquels peu d’informations sont connues. Les liens entre ces mouvements djihadistes et les mouvements palestiniens — notamment le ► Hamassont peu clairs et l’objet de nombreuses spéculations. Il est possible que des contacts existent, mais rien n’indique qu’il y ait une coopération entre eux. Depuis le début des années 2000, le Hamas tente d’exploiter politiquement l’impopularité croissante de la politique israélienne et est à la recherche d’une reconnaissance internationale s’est toujours abstenu de s’attaquer à des intérêts internationaux. Le profil des attentats menés dans les stations balnéaires égyptiennes et israéliens ne correspond pas à celui des attentats du Hamas. Par ailleurs, les investigations menées par les autorités égyptiennes tendent à démontrer l’existence de cellules djihadistes « autochtones » dans le Sinaï.

Il est même vraisemblable que ces groupes soient le même opérant sous des appellations différentes :

Brigades Abdullah Azzam de l’Organisation al-Qaïda au Pays du Levant et en Egypte
Groupe de l’Unicité et du Jihad (► al-Tawhid wal-Jihad)
Moudjahiddines d’Egypte (Mujahaddin al-Masri)

Kataëb al-Ezz al-Islamiya fi bilad al-Nil (Brigades Islamiques de la Fierté en Egypte), responsable de l’attentat du 7 avril 2005 au Caire.

Egypte_Groupes djihadistes dans la peninsule du Sinai (2006)

Egypte_Evolution des mouvements salafistes djihadistes en Egypte

L’arrivée des Frères Musulmans au pouvoir – par un vote démocratique – en Egypte a suscité un grand émoi en Occident et en Israël. Les tentatives des Frères Musulmans d’engager un processus révolutionnaire dans les années 60-80 en Egypte et en Syrie avaient conféré au mouvement une image radicale et suscité la méfiance. En dépit du fait qu’elle était représentée au parlement égyptien depuis le milieu des années 2000 et qu’il ait respecté les processus étatiques au Soudan durant les années 2000, la confrérie n’est réellement apparue aux yeux de la communauté internationale qu’à l’occasion des printemps arabes. Là encore, malgré son rôle très discret dans les troubles qui ont accompagné ces révolutions, leur caractère fondamentaliste continue à inspirer la crainte en Occident et en Israël – probablement à tort.

Malgré son accession démocratique au pouvoir, les maladresses du gouvernement du Président Mohammed Morsi en matière de gouvernance et l’absence de succès dans sa lutte contre le terrorisme islamiste – notamment contre Israël et ses propres forces de sécurité – ont alimenté les réticences de la communauté internationale. Le coup d’Etat militaire soutenu par les pays occidentaux et salué par Israël a stimulé l’éclosion de mouvements islamistes en Egypte. Ainsi paradoxalement, la situation sécuritaire d’Israël s’en est trouvée détériorée. La péninsule du Sinaï est un territoire très difficile à contrôler et a rapidement été utilisé par des groupuscules islamistes stimulés par la révolution syrienne et alimentés par elle. La conséquence en est une infiltration islamiste dans les territoires occupés assortie d’une radicalisation de la population contre Israël.

Depuis le renversement du gouvernement Morsi (3 juillet 2013), l’Egypte a été l’objet de plus de 315 attentats terroristes causant la mort de quelque 281 personnes en six mois (03.07.2013 – 31.01.2014) (le plus souvent des membres des forces de sécurité). Cette évolution est due à un développement de la violence qui a causé quelque 2600 morts dans des protestations et autres manifestations. En clair, le renversement du gouvernement élu du Président Morsi avec l’approbation des pays occidentaux tend à provoquer une dégradation marquante de la situation sécuritaire en Egypte, qui – à terme – favorise le développement des tendances djihadistes dures.

Groupes armés dans le Sinaï

  • Tanzim Al-Qaeda fi Shibh Jazirat Sina (Organisation Al-Qaïda dans la Péninsule du Sinaï)
  • Ansar Beït al-Maqdis (Partisans de Jérusalem)
  • Majlis Shura al-Mujahedin fi Aknaf Bayt al-Maqdis (Conseil Consultatif des Moudjahidin dans les Environs de Jérusalem)
  • al-Salafiya al-Jihadiya
  • Al-Takfir wa’l-Hijra (Expiation et Exil)
  • Ansar al-Jihad fi Jazirat Sina (Partisans du Djihad dans la Péninsule du Sinaï)
  • Gaïsh al-Islam (Armée de l’Islam)
  • Tanzim al-Rayat al-Sawda (Organisation des Drapeaux Noirs)
  • Tanzim Ansar al-Islam fi Sinai (Organisation des Partisans de l’Islam dans le Sinaï)
  • Tanzim Ansar al-Jihad (Organisation des Partisans du Djihad)
  • Jamaat al-Tawhid wal-Jihad (Groupe de l’Unicité et du Djihad)
  • Kataeb al-Furqan
  • Jaïsh al-Ummah (JU) (Armée de la Communauté des Croyants)
  • Ajnad Misr (Soldats d’Egypte)

Niger

Depuis 1990, le Niger est en proie à des conflits endémiques entre populations locales et gouvernement central. L’une des causes de ces conflits — comme dans d’autres régions du Sahel, comme le Darfour — est le processus de désertification qui frappe les populations du sud saharien, attachées à leurs terres et dans l’incapacité de trouver de nouvelles zones économiques. Dès le début des années 90, les mouvements armés se multiplient, avec des objectifs et des différences difficiles à discerner et qui semblent — comme au Tchad — se rassembler davantage autour de chefs qu’autour d’idées ou d’objectifs.

Le conflit touareg

Les accords de paix — ou de trêve — se multiplient entre le gouvernement et les mouvements. Les accords du 19 mars 1993, puis du 10 juin 1993, sont rompus en raison des divisions internes des mouvements rebelles. Ainsi, est créée une Coordination de la Résistance Armée (CRA) qui regroupe un certain nombre de mouvements en vue de négociations. Un accord de paix est signé le 9 octobre 1994 à Ouagadougou entre la CRA et le gouvernement nigérien, avec la médiation de l’Algérie, du Burkina Faso et de la France, qui établissait une trêve de trois mois tacitement renouvelable.

Le 24 avril 1995, un accord de « paix définitive » est signé entre le gouvernement et entre le gouvernement nigérien et les différentes factions touareg réunies au sein de l’Organisation de la Résistance Armée (ORA).

Mais la situation se dégrade à nouveau et un nouvel accord de paix est conclu avec le gouvernement nigérien le 6 juin 1997. La mise en oeuvre de cet accord ne se fait que lentement et divers mouvements se regroupent dans l’Union des Forces de la Résistance Armée (UFRA), un mouvement Touareg créé par Mohamed Anacko et dirigé par Baraka Wardougou, qui comprend le Front Populaire de Libération du Sahara (FPLS) de Mohamed Anacko, le Mouvement Unifié de la Résistance (MUR) d’Ahmed Waddey et les Forces Armées Révolutionnaires (FAR) d’Ahmed Koussou.

Le non-respect de l’Accord de Paix de Niamey (septembre 1997) provoque une reprise des combats, qui conduit à la signature, le 28 novembre 1997, d’un Accord de Paix Additionnel à Alger mettant fin au conflit dans cette partie Nord du Niger.

La France contribue financièrement avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à la réinsertion socio-économique de 250 ex-rebelles Toubous dans la région de Bilma, dans l’est du Niger, appartenant aux Forces Armées Révolutionnaires du Sahara (FARS). L’objectif est de « renforcer et promouvoir la culture de paix » dans la région de Bilma, où sont cantonnés les éléments des FARS.

La France finance également d’autres opérations de « consolidation de la paix » dans la région de Diffa (sud-est) en vue de la réinsertion des ex-combattants du Front Démocratique Révolutionnaire (FDR), ainsi que des opérations de développement en faveur des anciens combattants touaregs dans les zones d’Agadez et Tahoua (nord).

Le conflit toubou

Les Forces Armées Révolutionnaires du Sahara (FARS) dirigées Mohamed Anako. Les FARS s’associent au ► Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) à la fin 2007, mais sans l’intégrer.

Les mouvements armés

Les mouvements armés se répartissent entre les diverses régions du Nord du Niger :

  • L’ Aïr :
    – Le ► Front de Libération de l’Aïr et de l’Azawak (FLAA), créé le 19 octobre 1991 et dirigé par ► Rissa ag Boula. Il a été officiellement dissout à la suite de la signature de l’accord du 24 avril 1995, après avoir éclaté en trois factions, durant la seconde moitié de 1993 :
    – Le Front de Libération du Tamoust (FLT) créé le 19 juin 1993 et dirigé par ► Mano Dayyak, puis par ► Mohamed Akotey.
       – L’Armée Révolutionnaire de Libération du Nord du Niger (ARLNN) dirigée par ► Attaher Ag Abdoulmomine
       – Le Front de Libération de l’Aïr (FLA) dirigé par Rhissa Ag Boula.
    – Le Front Populaire de Libération du Sahara (FPLS), créé en janvier 1994 et présidé par Mohamed ag Anacko(4).
    – Les Forces Armées Révolutionnaires (FAR) dirigées par Silimane Hyard.
    – Le Mouvement Unifié de la Résistance (MUR) dirigé par Ahmed Waddey.
    – Les Forces Armées Révolutionnaires (FAR-ORA) dirigées par Ahmed Koussou.
    – Le ► Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), présidé par le commandant Aghali ag Alambo (2007).
  • L’Azawak :
    – Le Mouvement Révolutionnaire de Libération du Nord (MRLN) présidé par Goumour Ibrahim.
    – Le Front Populaire de Libération du Nord (FPLN) présidé par Alhady Alhadji.
    – Le Front des Forces de Libération (FFL) présidé par Mohamed Ikta Abdoulaye.
    – Le Front de l’Armée Populaire de Libération du Nord (FPLN) créé le 24 juin 1993 et présidé par ► Hamed Ahmed Halilou.
    – Le Front de L’Armée Révolutionnaire de Libération du Nord (ARLN) présidé par Bilal Islaman.
    – Le Comité de Vigilance de Tassara (CVT) présidé par Najim Boujima.
    – Le Comité d’Autodéfense (CAD) présidé par ► Boubacar Ahmed.
  • Le Manga :
    – Le Front Démocratique pour le Renouveau (FDR), créé au début 1994 et dirigé par le dr. ► Issa Lamine et qui rejoint le processus de paix le 21 août 1998 en signant à N’Djamena un Accord de Paix sous la médiation du Tchad.
    – La Milice Peulh présidée par Maazou Boukar.
    – La Milice Arabe de N’Guigmi présidée par Hamid Ahmed.
  • Le Kawar :
    – Les Forces Armées Révolutionnaires du Sahara (FARS), mouvement issu de l’ethnie Toubou, dont la zone d’opération se situe à la frontière avec le Tchad et la Libye depuis les années 90. Toutefois, il refuse de se laisser désarmer et les affrontements avec les forces gouvernementales se sont poursuivis. Son chef, Chahaye Barkaye a été tué le 12 septembre 2001 et remplacé par Mohamed Anako. Le mouvement entretient une insécurité permanente dans son secteur où il a enlevé deux touristes italiens en août 2006. En décembre 2007, par la voix de son ex-Chef d’état-major et président par intérim Bocar Mohamed Sougouma (alias Warabe), les FARS déclarent associer leurs forces avec celles du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ):(1)

Au début 2008, afin de compléter les forces de sécurité dans la lutte contre la rébellion, ont été mises sur pied des Brigades Populaires de Vigilance, communément appelées Yan Banga.(2)

Niger_Genese des mouvements touaregs

On trouve également des mouvements dont les caractéristiques sont moins connues tels que :

  • Le Mouvement de la Jeunesse Arabe du Niger (MJAN), dirigé par ► Abta Hamaïdi.
  • Les « coupeurs de route », à la fois bandits de grands chemins et rebelles, dirigés par Akhya.

(1)Entre temps, la France a contribué à un programme de près de 130 millions de FCFA (198.000 euros) dont le complément est financé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour le désarmement des FARS, afin de “renforcer et promouvoir la culture de paix” dans la région de Bilma.
(2)Les milices Yan Banga ont été créées au Nigeria voisin dans les années 90. Certaines municipalités nigériennes ont repris le concept de ces patrouilles populaires.