Comités de Résistance Populaire (CRP)

Comites de Resistance Populaire (CRP)(Israël/Palestine) (Lijan al-Muqawama al­-Chabiyya) Mouvement de résistance palestinienne d’obédience islamique articulé autour de structures locales. Il aurait été créé à Rafah en octobre 2000 par ► Jamal Abou Samhadana et par des groupes de jeunes provenant des camps de réfugiés de Jabalia, Shaati et de la bande de Gaza.

Il regrouperait d’ex-cadres (voire des cadres actifs) des forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne. Il se compose d’éléments provenant de quelque 13 mouvements armés palestiniens.

Le mouvement se veut indépendant d’une idéologie précise et prône pour chaque combattant l’exécution de « son devoir envers son peuple et sa patrie, sans prêter attention à une idéologie ou un engagement envers une quelconque organisation. »(1)

Selon les autorités israéliennes, il serait financé et équipé par le Service de Sécurité Préventive palestinien. Son bras armé est constitué des Brigades al-Nasser Salah ad-Din (Alwiyya Nasir Salah ad-Din), dont les capacités en matière militaires sont substantielles, notamment en matière de fabrication d’explosifs, d’emploi de missiles guidés antichars AT-3 Sagger (dès octobre 2006) et de l’engagement de missiles tactiques non-guidés du type « Nasser-1 ». Les Brigades Nasser Salah el­Din seraient responsables de l’élimination du général Moussa Arafat.

Une autre unité, connue sous le nom de Brigades des Martyrs de Jénine (Kataeb Chuhada Jenin), revendique également le titre de bras armé des CRP, mais ces derniers ne la reconnaissent pas. L’un de ses chefs les plus importants, Yasser Sa’ïd Mohassen Zanoun(1) (alias Abou Balai) a été arrêté par les forces de sécurité israéliennes. Le 31 mars 2006, son chef Al-Abed Youssouf al-Abed Qoqa (alias Abou Youssouf al-Qoqa), puis le 8 juin Jamal Abou Samhadana, son successeur, sont abattus par les forces de sécurité israéliennes.

Le 26 avril 2001, Yasser Arafat, chef de l’Autorité Palestinienne ordonne la dissolution des Comités de Résistance Populaire après le tir d’obus de mortier contre des colonies israéliennes le 18-19 avril.

Son chef pour la région Nord de la Cisjordanie, Ismaïl Abou Koumsan, a été éliminé par l’armée israélienne en 2001. Moustafa Sabbah, chef des CRP dans la bande de Gaza a été éliminé par un tir d’hélicoptère le 4 décembre 2002 contre les bureaux de la Sécurité Préventive à Gaza.

Les CRP se joignent à la trêve de trois mois, décrétée le 29 juin 2003 par quelques groupes radicaux palestiniens. Toutefois, ils ont revendiqué dans un premier temps le spectaculaire attentat contre un convoi américain dans la bande de Gaza, le 15 octobre 2003, qui a fait trois victimes parmi les agents de sécurité américains, puis ont démenti leur implication.

Composé de membres de diverses organisations combattantes palestiniennes, les CRP ne forment pas une entité idéologique monolithique. En 2005-2006, le mouvement s’est rapproché du Hamas. Après la victoire de ce dernier aux élections de janvier 2006, le chef des CRP a été nommé Directeur général du Ministère de l’Intérieur palestinien au 20 avril 2006.

Les tensions au sein du mouvement sont fortes et en 2006, un groupe de tendance djihadiste s’est formé sous la conduite de Mumtaz Dourmoush et s’est séparé des CRP sous la dénomination de ► Jaïsh al-Islam (Armée de l’Islam). L’Armée de l’Islam est l’une des trois organisations qui a revendiqué l’enlèvement du caporal israélien Gilad Shalit, le 25 juin 2006. Lors du coup de forces du Hamas dans la bande de Gaza, en juin 2007, certains responsables du Jaïsh al-Islam ont été arrêtés par la Force Exécutive du Hamas.

(1)Interview de ► Mohammed Kamel Albaba, porte-parole du mouvement. (Islam Online, 18.03.2002)