Dachnak

Autres appellations :
Tachnak, Tashnak Sutyun
Fédération Révolutionnaire Arménienne (FRA), FRA-Dachnak Hay Heghapokhakan Dachnaktsoutioun

Dachnak(Turquie, Arménie, Azerbaïdjan) Parti ultranationaliste arménien créé en 1890, qui a utilisé le terrorisme comme instrument de lutte jusqu’en 1986. Bien qu’il semble avoir gelé ses activités terroristes, le parti reste actif en Turquie, en Arménie et en Azerbaïdjan (Nagorno-Karabakh). Le 28 décembre 1994, il a été interdit par le président arménien Levon Ter-Petrossian après la découverte d’un département spécial clandestin au sein du parti.

Ce département appelé « Dro »(1) était composé d’une cinquantaine de personnes liées au crime organisé qui se livraient à diverses activités illégales. Le Dro opérait à partir d’Erevan, de Moscou et du Liban. Le Dachnak a été réhabilité peu après, avec l’élection du président Robert Kotcharian, lui-même ancien combattant au Nagorni-Karabakh. C’est vraisemblablement cette structure clandestine — et celles qui ont suivi — qui entretient des contacts avec d’autres mouvements terroristes anti-turcs, comme le ► Parti des Travailleurs Kurdes (PKK/KADEK).

Structure

Le Dachnak est dirigé par un « Bureau » qui est une entité collégiale de conduite. Initialement basé au Liban, le Bureau s’est déplacé aux Etats-Unis, en Grèce, puis en France. Il pourrait être actuellement situé en Arménie.

Des « Comités Centraux » assurent la conduite régionale du mouvement dans la diaspora arménienne. Il y aurait un Comité Central au Liban, un en France, un sur la côte Est des États-Unis et un sur la côte Ouest. Chaque Comité Central est composé de sections (Propagande/Communication, Juridique, Formation) et certains semblent également avoir une section « militaire » pour le recrutement de militants.

Objectifs et stratégie

Les objectifs du Dachnak sont : a) la reconnaissance du Génocide par les Autorités turques ; b) le paiement d’une compensation par l’Etat turc ; c) le droit au retour sur les terres confisquées.

A priori, le Dachnak préconise une voie pacifique pour atteindre ses objectifs. Dans la réalité, cependant, le mouvement semble utiliser la voie violente. Il semble notamment être à l’origine de la création des ► Commandos de la Justice du Génocide Arménien (CJGA).

(1)« Dro » n’est pas une abréviation, comme parfois évoqué, mais le surnom du général Drastamat Kanayan (1884-1956), nationaliste arménien dans Russie tsariste, premier commandant en chef des forces, puis ministre de la Défense de la République d’Arménie (1918-1920). Il servira dans l’armée allemande mais reste héro du nationalisme arménien.