Egypte

L’Egypte lutte, depuis le début des années 50 contre la montée du fondamentalisme islamique, stimulé par le mouvement des ► Frères Musulmans. C’est en Egypte que Yasser Arafat, alors membre des Frères Musulmans a débuté sa lutte pour les droits du peuple palestinien.

L’Egypte a été le théâtre de plusieurs actes terroristes islamistes dont les plus marquant ont été l’assassinat d’Anouar el-Sadate (6 octobre 1981) par un membre du ► Djihad Islamique Egyptien (DIE) et le massacre de 58 touristes étrangers le 17 novembre 1997 à Louxor. Le terrorisme islamique a fait quelques 1 200 victimes entre 1992 et 1999 en Egypte.

La politique égyptienne contre le terrorisme est vigoureuse et l’Egypte collabore avec de nombreux pays occidentaux — y compris par l’échange de renseignements. Au début février 1999, 107 terroristes, parmi lesquels Aïman al-Zaouahiri, bras droit d’ ► Oussama Ben Laden et chef du Nouveau Groupe du Djihad et de l’Avant-Garde de la Conquête, ainsi que 13 membres du Djihad Islamique sont arrêtés et extradés par l’Albanie.

Depuis 2000, et en dépit de plusieurs attentats à la bombe au sud de la péninsule du Sinaï (Sharm el-Sheikh, Dahab et Aqaba), la violence islamiste a quelque peu diminué en Egypte. Ceci s’explique en partie par le succès des Frères Musulmans sur la scène politique intérieure et par la lutte active menée par le gouvernement égyptien contre les mouvements radicaux islamistes.

Les mouvements les plus actifs sont:

► Gama’ah al-Islamiyyah (Groupe Islamique)
Djihad Islamique Egyptien
► 
Djihad Islamique – Djabar Amar
► 
Frères Musulmans (Ikhwan al-Muslemeen)
► Révolution Egyptienne
► 
Mouvement Islamique (al-Haraka al-Islamiya)
► Ta’efa al-Mansoura (Secte Victorieuse)
► Takfir wa’l-Hijra

En le 7 octobre 2004 et le 23 juillet 2005, l’Egypte a été victime d’attentats terroristes dans les zones touristiques de la péninsule du Sinaï. Les mouvements qui ont revendiqués les attentats sont de petits groupes, sans doute affiliés à la mouvance djihadiste, mais sur lesquels peu d’informations sont connues. Les liens entre ces mouvements djihadistes et les mouvements palestiniens — notamment le ► Hamassont peu clairs et l’objet de nombreuses spéculations. Il est possible que des contacts existent, mais rien n’indique qu’il y ait une coopération entre eux. Depuis le début des années 2000, le Hamas tente d’exploiter politiquement l’impopularité croissante de la politique israélienne et est à la recherche d’une reconnaissance internationale s’est toujours abstenu de s’attaquer à des intérêts internationaux. Le profil des attentats menés dans les stations balnéaires égyptiennes et israéliens ne correspond pas à celui des attentats du Hamas. Par ailleurs, les investigations menées par les autorités égyptiennes tendent à démontrer l’existence de cellules djihadistes « autochtones » dans le Sinaï.

Il est même vraisemblable que ces groupes soient le même opérant sous des appellations différentes :

Brigades Abdullah Azzam de l’Organisation al-Qaïda au Pays du Levant et en Egypte
Groupe de l’Unicité et du Jihad (► al-Tawhid wal-Jihad)
Moudjahiddines d’Egypte (Mujahaddin al-Masri)

Kataëb al-Ezz al-Islamiya fi bilad al-Nil (Brigades Islamiques de la Fierté en Egypte), responsable de l’attentat du 7 avril 2005 au Caire.

Egypte_Groupes djihadistes dans la peninsule du Sinai (2006)

Egypte_Evolution des mouvements salafistes djihadistes en Egypte

L’arrivée des Frères Musulmans au pouvoir – par un vote démocratique – en Egypte a suscité un grand émoi en Occident et en Israël. Les tentatives des Frères Musulmans d’engager un processus révolutionnaire dans les années 60-80 en Egypte et en Syrie avaient conféré au mouvement une image radicale et suscité la méfiance. En dépit du fait qu’elle était représentée au parlement égyptien depuis le milieu des années 2000 et qu’il ait respecté les processus étatiques au Soudan durant les années 2000, la confrérie n’est réellement apparue aux yeux de la communauté internationale qu’à l’occasion des printemps arabes. Là encore, malgré son rôle très discret dans les troubles qui ont accompagné ces révolutions, leur caractère fondamentaliste continue à inspirer la crainte en Occident et en Israël – probablement à tort.

Malgré son accession démocratique au pouvoir, les maladresses du gouvernement du Président Mohammed Morsi en matière de gouvernance et l’absence de succès dans sa lutte contre le terrorisme islamiste – notamment contre Israël et ses propres forces de sécurité – ont alimenté les réticences de la communauté internationale. Le coup d’Etat militaire soutenu par les pays occidentaux et salué par Israël a stimulé l’éclosion de mouvements islamistes en Egypte. Ainsi paradoxalement, la situation sécuritaire d’Israël s’en est trouvée détériorée. La péninsule du Sinaï est un territoire très difficile à contrôler et a rapidement été utilisé par des groupuscules islamistes stimulés par la révolution syrienne et alimentés par elle. La conséquence en est une infiltration islamiste dans les territoires occupés assortie d’une radicalisation de la population contre Israël.

Depuis le renversement du gouvernement Morsi (3 juillet 2013), l’Egypte a été l’objet de plus de 315 attentats terroristes causant la mort de quelque 281 personnes en six mois (03.07.2013 – 31.01.2014) (le plus souvent des membres des forces de sécurité). Cette évolution est due à un développement de la violence qui a causé quelque 2600 morts dans des protestations et autres manifestations. En clair, le renversement du gouvernement élu du Président Morsi avec l’approbation des pays occidentaux tend à provoquer une dégradation marquante de la situation sécuritaire en Egypte, qui – à terme – favorise le développement des tendances djihadistes dures.

Groupes armés dans le Sinaï

  • Tanzim Al-Qaeda fi Shibh Jazirat Sina (Organisation Al-Qaïda dans la Péninsule du Sinaï)
  • Ansar Beït al-Maqdis (Partisans de Jérusalem)
  • Majlis Shura al-Mujahedin fi Aknaf Bayt al-Maqdis (Conseil Consultatif des Moudjahidin dans les Environs de Jérusalem)
  • al-Salafiya al-Jihadiya
  • Al-Takfir wa’l-Hijra (Expiation et Exil)
  • Ansar al-Jihad fi Jazirat Sina (Partisans du Djihad dans la Péninsule du Sinaï)
  • Gaïsh al-Islam (Armée de l’Islam)
  • Tanzim al-Rayat al-Sawda (Organisation des Drapeaux Noirs)
  • Tanzim Ansar al-Islam fi Sinai (Organisation des Partisans de l’Islam dans le Sinaï)
  • Tanzim Ansar al-Jihad (Organisation des Partisans du Djihad)
  • Jamaat al-Tawhid wal-Jihad (Groupe de l’Unicité et du Djihad)
  • Kataeb al-Furqan
  • Jaïsh al-Ummah (JU) (Armée de la Communauté des Croyants)
  • Ajnad Misr (Soldats d’Egypte)