Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)Autres appellations US:
Basque Fatherland and Liberty (ETA)

Askatasuna
Batasuna
Ekin
ETA
Euskal Herritarrok
Euzkadi Ta Askatasuna
Herri Batasuna
Jarrai-Haika-Segi
K.A.S.
XAKI

(Espagne) (Patrie et Liberté) Mouvement nationaliste, puis marxiste, apparu en 1959, avec pour objectif l’indépendance de la région basque espagnole. Selon certaines informations, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) aurait été fondée au Venezuela, sous les instructions de Boris Ponomarev, chef du Département International du Parti Communiste d’URSS. Elle entretient des liens réguliers avec l’organisation séparatiste basque française ► Iparretarrak, qui lui fournit un soutien politique et logistique. Ses effectifs sont estimés à 200-300 militants actifs et le nombre de ses sympathisants à 200 000.

Historique de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est créée par les membres dissidents de deux organisations : l’Euzko Gaztedi Indarra (EGI) émanation du Parti Nationaliste Basque, fondée en 1952, et L’Ekin, un groupe nationaliste fondé en 1953 par un groupe d’étudiants de l’Université de Deusto (Bilbao). Ces deux mouvements cherchent à promouvoir le nationalisme basque.

L’Ekin a pour objectif l’indépendance des provinces espagnoles et françaises du pays basque, qui composent I’Euskadi. Le mouvement se radicalise progressivement et conduit, le 31 juillet 1959, à la création de l’Euskadi(1) Ta Askatasuna (ETA), qui se veut clandestine et révolutionnaire.

Le 28 juin 1960, l’explosion d’une bombe à Amara marque la première manifestation sanglante de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA). Elle est suivie par une série d’attentats à la bombe dans le pays basque espagnol. Sa première opération d’envergure est une tentative de déraillement d’un train transportant des vétérans phalangistes de la Guerre d’Espagne vers San Sebastian, le 18 juillet 1961. La brutalité de la réponse de la police espagnole force certains responsables du mouvement à s’expatrier.

Afin de gagner en popularité, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) se réfère à la lutte historique du peuple basque I pour son indépendance, notamment durant la Guerre Civile espagnole.

En mai 1962, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) tient sa première assemblée, afin de déterminer les axes de la lutte armée. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) se défini alors elle-même comme un « mouvement révolutionnaire basque de libération nationale créé pour la résistance patriotique, socialiste, sans confession et économiquement indépendant. ». Il est décidé de former et entretenir des combattants professionnels. L’Euskadi (la terre à libérer) est divisée en sept provinces (« herrialdes ») : trois en France (Iparralde) et quatre en Espagne (Hegoalde).

Lors de sa troisième assemblée en mai 1964, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) décide que le terrorisme est le meilleur moyen pour atteindre ses objectifs. Après sa quatrième assemblée en 1965, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est ainsi définie comme une organisation révolutionnaire, nationaliste et anticapitaliste, qui atteint ses objectifs par la lutte armée. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) se considère comme un mouvement de libération nationale, et s’engage dans la lutte pour l’indépendance et le socialisme sur le modèle cubain et vietnamien. Son principal théoricien est ► Federico Krutwig (alias Fernando de Sarrailh de Yhartza) qui base sa stratégie sur la guerre révolutionnaire.

La cinquième assemblée se déroule en deux phases, la première en décembre 1966 voit une premier éclatement entre l‘ ETA-Berri (ETA Nouvelle) et l’ETA-Zarra (ETA Ancienne).

L’ETA Berri prône une révolution prolétarienne qui rassemble les différents peuples « oppressés » de l’Espagne, pour appliquer la dictature du prolétariat. ETA Berri se fondra dans le Mouvement Communiste d’Espagne (MCE) pour devenir le Mouvement Communiste Basque en 1968. L’ETA-Zarra deviendra simplement l’« Euskadi Ta Askatasuna (ETA) ».

En mars 1967, durant la seconde phase de la cinquième assemblée, l’ETA est divisée en quatre secteurs, qui doivent faciliter la conduite du mouvement : militaire, politique, économique et culturel.

En septembre 1970, la sixième assemblée de l’ETA V voit à nouveau l’opposition entre les tenants de l’option « militaire » et les « marxistes », qui prônent la lutte des classes. L’assemblée décide l’exclusion des « militaires » de l’organisation. Ceux-ci, niant le déroulement de la sixième assemblée prennent la désignation d’ « ETA Ve Assemblée » ou « ETA V ». L’ETA devient donc l’ETA VI, avec l’objectif de mener la révolution de la classe ouvrière dans un contexte nationaliste.

L’ETA VI se divise à son tour en un groupe majoritaire (« Mayos »), qui rejoint la Ligue Communiste Révolutionnaire en 1973, et minoritaire (« Minos ») qui se fondra dans l’Organisation Révolutionnaire des Ouvriers et le Parti Communiste.

L’ETA V tient la première partie de « sa » sixième assemblée en août 1973, avec pour objectif de délimiter le champ d’action des partisans de la révolution ouvrière et les militaristes. Les « militaristes » commencent à préparer l’attentat du 20 décembre 1973 contre l’Amiral Luis Carrero-Blanco, sans l’avis des « ouvriers ». L’ETA V est alors au sommet de sa popularité.

En 1974, lors de la seconde partie de sa sixième assemblée l’ETA V éclate en deux factions:

  • l’ETA Militaire (ETA-M), qui prône la lutte armée. L’ETA-M a pour objectif la destruction de l’Etat bourgeois par la lutte armée. Elle se comporte et fonctionne comme une force de résistance en territoire occupé
  • l’ETA Politico-Militaire (ETA-PM), dont les objectifs sont plus politiques sans pour autant renoncer à la lutte armée.

L’ETA-PM restera cependant la faction la plus active sur le plan du terrorisme durant quelques années, essentiellement parce qu’elle compte plus grand nombre de militants.

Lors de la septième assemblée de l’ETA V, en septembre 1976, l’ETA-PM décide de séparer la lutte politique de la lutte militaire, et crée son parti politique : le Parti Révolutionnaire de l’Euskadi (PRE) (ou Euskadi Eskerra — EE). Le PRE doit représenter le mouvement basque aux élections générales de juin 1977.

Avec la mort du général Franco et le passage à la démocratie, le pays basque reçoit en 1979 un statut d’autonomie, lui conférant la liberté de langue, et diverses libertés administratives par rapport à l’Etat central. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) perd ainsi de facto une certaine légitimité. Il en résulte une violente campagne terroriste, destinée, selon la doctrine de Carlos Marighella, à forcer l’Etat à prendre des mesures répressives, qui devraient éveiller le soutien populaire du mouvement.

L’ETA-PM cherche à prendre un chemin politique pour atteindre ses objectifs et, le 24 février 1981, elle déclare un cessez-le feu et se sépare à son tour en deux entités :

  • ETA-PM Vile Assemblée, qui renonce à la lutte armée en septembre 1982, décision qui ne se réalisera dans les faits qu’en 1984.
  • ETA-PM Ville Assemblée, dont les membres plus radicaux, se rallient à l’ETA­-M pour continuer la lutte armée.

En fait, la fuite en avant de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) traduit un malaise interne dû aux contradictions entre la lutte pour la classe ouvrière et les activités du mouvement (racket, enlèvements, extorsions, et assassinats) qui touchent précisément le peuple dont le mouvement vise la libération. De plus, ces actions deviennent toujours plus impopulaires et le soutien au parti nationaliste Herri Batasuna (HB) s’effrite.

La stratégie du gouvernement espagnol est de s’attaquer aux sources de fmancements et aux infrastructures de l’organisation. Les entreprises liées aux activités de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) sont fermées, ainsi que le journal « Egin », favorable au mouvement (juillet 1998).

Ainsi, le 16 septembre 1998, à l’insistance de HB, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) déclare une trêve unilatérale de durée indéfinie. Le 3 novembre, le président Aznar a demandé l’ouverture de pourparlers afin d’obtenir un cessez-le-feu définitif, mais les discussions restent au point mort : le gouvernement est prêt à faire des concessions sur les 530 membres de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) détenus ainsi que sur les membres exilés de l’organisation, tandis que l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) place des conditions politiques sur l’autodétermination de l’Euskadi.

Les raisons de l’initiative de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) sont vraisemblablement liées à l’efficacité de la stratégie d’action espagnole. Au lieu de s’attaquer uniquement aux structures de combat de l’organisation terroriste, l’Etat espagnol s’attaque aux flux financiers et aux structures situées en amont de l’organisation opérationnelle. Ainsi est la Coordination Socialiste Albertzale (Koordinadora Albertzale Sozialista — KAS), organisation faîtière qui coordonne les ressources financières de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) fait l’objet d’arrestations importantes en mai 1998. « Egin », le journal du parti Herri Batasuna et « Egin Irratia », la station radio du parti sont fermées. En outre l’assassinat du conseiller municipal Alberto Jimenez Becerril et de son épouse (30 août 1998) suscite un émoi considérable dans la population et une mobilisation contre la violence de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA). On estime que cette trêve est donc essentiellement liée à un processus de réorganisations des réseaux et d’ajustement des stratégies d’action.

En août 1999, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) juge les concessions proposées par le gouvernement encore trop timides. La violence reprend au pays Basque, mais l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) maintient officiellement sa trêve jusqu’à sa cessation, au 28 novembre 1999, après 14 mois.

Juste après l’attentat multiple à la bombe de la gare de Madrid, le 11 mars 2004, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est désignée comme coupable par le gouvernement Aznar, malgré les réserves de services de renseignements espagnols. Probablement influencée pare des réflexes politiciens, cette erreur de jugement détourne les recherches sur les faux acteurs et provoquera la victoire de l’opposition aux élections quelques jours plus tard.

Le 22 mars 2006, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) annonce un nouveau « cessez-le-feu permanent », valable dès le 24, qui est respecté. A la fin mars, le premier-ministre José Zapatero annonce un « Pacte Antiterroriste » destiné à promouvoir le dialogue avec l’ETA. Ce dialogue débute à la fin juin 2006 et reste alourdi par les actions répétées de groupes, connus sous le nom de « kale borroka » (cf ci-dessous), causant des déprédations urbaines. En septembre 2006, un groupe de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) annonce dans la presse que le cessez-le-feu permanent ne constitue pas pour l’ETA la fin de la guerre, dont l’objectif reste l’indépendance du Pays Basque. Le 23 octobre 2006, 300 revolvers et 50 pistolets sont volés à Vauvert (Gard) et le chef de la logistique de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA), Zigor Garro Perez, est arrêté en France. Le 30 décembre 2006, un attentat à la bombe au terminal T4 de l’aéroport de Barajas (Madrid) rompt le dialogue avec le gouvernement après 283 jours de trêve.

Le 5 juin 2007, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) publie un communiqué annonçant qu’elle renonce à son cessez-le-feu. Un attentat à la bombe contre une caserne à Durango, le 24 août 2007 suivra.

Structures de Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

Les effectifs exacts de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) sont inconnus mais sont évalués à une trentaine d’activistes pour la gestion du mouvement, 100-200 activistes au sein des commandos opérationnels, une centaine d’activistes au Mexique, 36 réfugiés au Venezuela, environ 20 à Cuba(2) et en Uruguay.

Le mouvement est dirigé par un Comité Exécutif représenté par les chefs des trois branches du mouvement : l’appareil militaire, l’appareil politique et l’appareil logistique.

L’appareil militaire est responsable de l’engagement des commandos opérationnels, y compris la pose des bombes et l’enlèvement des otages. Son chef est généralement le chef de l’ETA. Depuis la fin 2003, il était dirigé par ► Mikel Garikoitz Azpiazu (alias Txeroki, alias Arrano), ancien chef du Comando Viscaya.

L’appareil politique est le second domaine en importance. Il est responsable de l’action politique en général. Il gère les mouvements politiques dans les prisons et anime le mouvement international basque « Elkano ».

L’appareil logistique assure l’approvisionnement en armes et en composants des engins explosifs. Il dispose d’une unité spécialisée dans le passage clandestin es frontières (« mugas) et une unité qui assure la fabrication des engins explosifs.

Un commando mobile, composé de militants français, est subordonné directement au chef du Comité exécutif pour des missions particulières et discrètes. Ses actions ne sont jamais revendiquées et attribuées à d’autres commandos.

L’ETA-PM envisage deux volets distincts de l’action révolutionnaire : un axe politique — qui doit prendre une importance nouvelle — et un axe militaire. Afin de mener ses opérations militaires elle crée des Commandos Spéciaux ou « Bereziak » (également appelés « Comandos Bereziak »). Avec la disparition de l’ETA-PM au début des années 80, de nombreux « Berezis » (membres des commandos) rejoignent les rangs de l’ETA-M pour poursuivre la lutte armée.

L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est organisée en cellules de combat appelées « comandos », de dimensions variables, mais généralement constitués de quelques (3-5) combattants.

Outre ses commandos opérationnels, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) dispose d’une organisation, l’Aparato de Mugas, qui lui permet de mener ses opérations transfrontalières, dirigée par Luis José Mitxelena (alias Orlegi) jusqu’à son arrestation à Hendaye (France) au début 2001.

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)_Structure de conduite de l'ETA (mai 2008)

L’un des commandos opérationnels, le Comando Donosti, a la fonction d’une unité d’état-major et assure diverses tâches de service au profit du mouvement. Ce commando disposait d’un propre groupe de renseignements (Talde Buruntza) jusqu’en 2001.

Le renseignement

L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) dispose d’un service de renseignements connu sous le nom de « (Comando) Sarea » ou « La Red » (« Le Réseau »). Actif depuis les années 80, ce service n’a réellement été identifié qu’en novembre 1994. Dans sa forme moderne, il a été organisé par l’etarra Urrestarazu Garijo (alias Bill Gates), qui travaillait également comme employé à la Police locale de San Sebastian (!). Sous son impulsion, le renseignement s’est fait plus systématiquement et l’usage de la cryptologie pour protéger les ordinateurs des membres du groupe a été imposée. Apparemment, le dispositif de protection semble avoir été efficace, car il a nécessité une extension de la coopération entre l’Espagne, la France et les Etats-Unis pour en venir à bout.

Ce service assure la collecte d’informations par quatre filières :

  • information informatique (à partir d’internet),
  • écoutes électroniques (essentiellement, le balayage des fréquences radio utilisées par les forces de l’ordre et de sécurité ; une liste de plus de 400 fréquences est régulièrement écoutée, qui comprend les forces de police, l’armée, la Garde Civile, la Croix-Rouge, les entreprises de sécurité privées, les pompiers, etc.)
  • la lecture de la presse et de la littérature,
  • les équipes de filature (comme la Talde Buruntza).

Occasionnellement, Sarea a ramassé les ordures d’organisations surveillées, voire a intercepté des chargements destinés aux chiffonnier d’Emaus, afin de récolter des documents et des informations. De cette manière, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a pu se procurer quelque 1 000 permis de conduire périmés.

Le service a par ailleurs également une fonction de « contre-renseignements » et assure également des activités de désinformation. Ainsi, par exemple, il a imposé un changement dans la procédure de mobilisation. de la Kale Borroka, rendant ainsi plus difficile le travail de la police espagnole.

Les renseignements produits servent trois types de besoins :

  • Les besoins de la structure militaire de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) ;
  • Les besoins politiques de la KAS ;
  • Les besoins politico-militaires du journal « Egin »

A cet effet, Sarea échange des informations avec le Service d’Information de la KAS et le Service d’Information de l’Egin. Les tavernes du peuple (herriko tavernas) sont utilisées comme « boites aux lettres » pour l’échange d’informations entre groupes d’information.

Comandos » de I’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)(3)

  • Comando Amaiur — Commando légal opérant en Navarre. Il est démantelé le 23 novembre 2000. Il travaillait avec les Comandos Ekaitza et Urbasa
  • Comando Anlalucia — Commando créé en 1997. Il est composé de Jon Igor Solana Matarranz (arrêté), Harriet Iragi Gurrutxaga (arrêté), Zigor Merodio, Idoyane Errazquin Galdos. Démantelé en octobre 2000.
  • Comando Aruba — Commando illégal, composé de David Acuria Alonso, Esther Llorens Perez, Zurine Lebrero Panizo. Démantelé le 15 septembre 1989, puis une nouvelle fois en 2000.
  • Comando Aralar — Commando légal opérant en Navarre. Démantelé le 4 octobre 1978. Il renaît sous la forme d’un commando illégal opérant dans la zone de Madrid et est démantelé à nouveau 5 novembre 2000.
  • Comando Argala — Commando formé en 1978 et composé exclusivement de citoyens français, qui n’ont pas pu être identifiés jusqu’en mars 1990.
  • Comando Barcelona — Commando illégal, composé de José Ignacio Krutxaga (arrêté), Lierni Armendariz y Gonzalez de Langarika (arrêtée), Fernando Garcia Jodra (alias Arenas) (recherché), Diego Fernandez Burria (arrêté). Démantelé à trois reprises, les dernières en date étant janvier 2001 et le 24 août 2001.
  • Comando Basurde — Commando légal mobile formé en 1996. Démantelé le 19 décembre 1999.
  • Comando Buroahuste — Commando illégal, composé d’ex-membres du Comando Ustargi. Il était lié au Comando Madrid et opérait essentiellement dans le secteur de la capitale. Démantelé le 6 novembre 2001.
  • Comando Donosti — Egalement appelé « Complexe Donosti » en raison de sa structure élaborée en groupes (taldes). Initialement basé à San Sebastian, le commando a établi ses quartiers à Ibarra, en mai 1995. Il débute ses activités en juillet 1969 dans la région de San Sebastian. Il se rend responsable de dix assassinats en 1982 et de onze l’année suivante. Le 15 juin 1984, Zabarte, un important membre du groupe est arrêté et permet l’arrestation de 31 autres membres du groupes. Le 15 mars 1986, Angel Marié Galarraga Mendizabal, membre du commando est tué lors d’une escarmouche avec la police, tandis que avec une existence légale normale, et activés en cas de besoins :
  1. Talde Aranba — Groupe légal, considéré comme l’un des groupes centraux du Complexe Donosti. Il comprenait certains militants (Luis Marinelarena Garciandia et Roberto Lebrero Panizo) ex-membres du Comando Ituren, responsable de l’assassinat du dirigeant socialiste Fernando Buesa et de son garde du corps le 22 février 2000. Il a été démantelé le 17 octobre 2001. Ce groupe semble avoir eu des sous-groupes, notamment le Comando Haitza et le Comando Zuhatza, chargé d’activités de renseignements, dirigé par Julen Eragaria (tous deux démantelés le 19 octobre 2001).
  2. Talde Bakartxo — Groupe illégal, démantelé entre le 25 et le 29 mars 2002.
  3. Talde Buruntza (démantelé le 22 août 2001)
  4. Talde Gaua — Groupe légal, également mentionné comme groupe « satellite » du Talde Buruntza. Il a été créé durant la trêve de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) par Francisco Javier Garcià Gaztelu (alias Txapote), chef de l’Appareil Militaire de l’ETA. Actif dans la région d’Hernani, il est l’auteur de plusieurs assassinats, dont celui du policier basque Iriaki Totorika à Hernani le 8 mars 2001. (Démantelé le 8 mars 2001)
  5. Talde Ipar-Haizea — (démantelé une première fois en août 1991, puis le 18 décembre 1994)
  6. Talde Jaiza — Groupe légal fonctionnant en priorité pour le Groupe Aramba et assurant des tâches de renseignement et d’infrastructure. Probablement démantelé le 19 octobre 2001.
  7. Talde Piperrak — Groupe légal, démantelé entre le 25 et le 29 mars 2002.
  8. Talde Ttotto — Groupe illégal, actif dans la région de Guiptizcoa (démantelé le 22 février 2001),
  9. Talde Tupy — Groupe légal, démantelé entre le 25 et le 29 mars 2002.
  10. Talde « Vol de voiture » (également mentionné comme groupe « satellite » du Talde Buruntza)
  11. Talde Xoxua — Groupe légal (également mentionné comme commando séparé du Complexe Donosti) démantelé le 14 juin 2001.
  12. Talde Zuzen — Groupe légal, assurant des tâches de renseignements. Démantelé entre le 25 et le 29 mars 2002.

Le Comando Donosti est responsable de l’assassinat de Miguel Angel Blanco Garrido (juillet 1997), de José Luis Caso Cortines (11 décembre 1997), de José Ignacio Iruretagoyena (9 janvier 1998) et Manuel Zamarrerio (25 juin 1998), le dernier attentat de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) avant sa déclaration de trêve. Le 3 mai 1998, la police espagnole démantèle l’un des groupes « légaux » du commando, tandis qu’une opération de grande envergure permet un autre démantèlement du commando le 9 mars 1999. Le Comando/Complexe Donosti est considéré comme démantelé depuis le 30 septembre 2002.

  • Comando Ekaitza — Commando légal, actif en Catalogne, Levante et Andalousie. Il prend la relève du Comando Nafarroa. Il est responsable de plusieurs attentats à la bombe et assassinats, dont celui du député Tomâs Caballero à Pampelune en 1998 (conjointement avec le Comando Urbasa) et du sous-lieutenant Francisco Casanova à Berriozar en 2000. Composé de Idoia Lopez Riaño (arrêtée), José Luis Urrusolo Sistiaga (arrêté), Jesús Narváez Goñi, Itziar Aberdi. Démantelé le 21 février 2002.
  • Comando Gohierri (Gohierri-Costa) — Composé de Pedro Picabea Ugalde (alias Larrun), Bustinza (alias Iban), Antton Olaizola, Pedro Maria Celarain Oyarzabal, Ignacio M. Azcue Berasaluce, Antonio Lopez Ruiz (alias Kubati), José Miguel Lasa Guetaria (alias Fermin).
  • Comando Gohierri-Urolacosta — Composé de Antonio Cabello, Maria Josefa Uzcudun, Miguel Angel Ascasibar, José Javier Zabaleta Elosegui (alias Valdo)
  • Comando Gorbea — Commando légal, reconstruction du Comando Barcelona et actif en Catalogne. Il était composé de Fernando Garcia Jodrá (alias Arenas) (Chef du commando et arrêté), Unai Lopez de Ocáriz et Nerea Bengoa Ciarsolo (tous deux ex-membres du Comando Araba et arrêtés), Marina Bernardo (libérée et en fuite). Lors de l’arrestation de ses membres à Barcelone, 275 kg de dynamite ont été découverts au quartier-général du commando. Démantelé le 24 août 2001.
  • Comando Gorki — Composé de Jose Antonio Zabala, Jose Ignacio Lasa (Les membres de ce commando ont été capturés par la Garde Civile et auraient été éliminés. Leurs corps auraient été découverts treize ans plus tard à Alicante).
  • Comando Gorrotxategi — Commando responsable de plusieurs attentats à la bombe. Composé de Francisco Rementeria, Jose Larrinaga, Carmen Guisasola.
  • Comando Maria — Commando illégal actif dans la Guiptizcoa. Démantelé le 30 mars 2001.
  • Comando Ibarra (Iharra) — Commando illégal actif en Navarre. Démantelé une première fois le 14 février 1978, une deuxième fois le 9 mai 1981.
  • Comando Itxina — Commando illégal actif en Biscaye. Démantelé le 3 novembre 1978.
  • Comando Katu — Composée de Kepa Arronategi (arrêté), Eneko Gogeascoetxea, Aitor Lorente Bilbao (arrêté). Il a été démantelé le 13 octobre 1997 alors qu’il tentait de placer des explosifs dans le musée Guggenheim de Bilbao.
  • Comando Kroma — Commando illégal, issu du Comando Nafarroa dont il était la reconstruction et actif dans la Navarre. Il comprenait Iflgo Vallejo Blasco, Jorge Olaitz Rodriguez et Maki Beaumont Etxebarria (tous deux ex-membres du Comando Amaiur). Démantelé le 26 novembre 2001.
  • Comando Larrano — Composé de Gorka Palacios Alday, Cesar David Martin Gonzâlez, Oier Egidazu. Il a été démantelé en 1997.
  • Commando Lince — Dévolu à des tâches de renseignement. Partiellement démantelé le 26 octobre 1995)
  • Comando Madrid — Le plus célèbre commando de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA), créé en 1978, il remplace le Comando Espafia, formé en 1977, lui-même héritier du commando qui avait fait l’attentat contre l’amiral Carrero-Blanco le 20 décembre 1973 (Opération OGRO). Composition (novembre 2001) : Ana Belén Egues Gurruchaga, cheffe du groupe (arrêtée), Aitor Garcia Aliaga (alias Karpetas) (arrêté), Juan Luis Rubenach Roiz (en fuite), Lexuri Gallastegi Sodupe, (en fuite), Manex Zubiaga Bravo (en fuite). Il aurait été démantelé en mai 2002.
  • Comando Mobile — Commando illégal créé en 1978, il est essentiellement composé de citoyens français et inconnus des autres membres des commandos actifs. Il est engagé directement par le chef du Comité Exécutif de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA). Ses actions ne sont jamais revendiquées et sont attribuées à d’autres commandos. Il se spécialise dans l’assassinat à bout portant et à la voiture-bombe. Composé de Henry Parot, Jean Parot, Jacques Esnal. Il est démantelé en 1990, puis une deuxième fois le 20 septembre 2002 par une opération conjointe entre la France et l’Espagne et une troisième fois le 17 décembre 2002.
  • Comando Mobile — Utilisé durant l’exposition universelle de Séville et les jeux olympiques de Barcelone. Composé de Jose Luis Urrusola Sistiaga, Idoia Lopez Riaño, Fernando Diaz Torres.
  • Comando Nafarroa (ou Comando Navarra) — Commando illégal opérant en Navarre. Il a été démantelé plusieurs fois par les forces de sécurité espagnoles. Il est formé initialement en 1979, démantelé le 19 octobre 1981 et démantelé en avril 1986. Reconstitué en 1988, il est détruit en juin 1990. Reformé en 1992, il est démantelé presque immédiatement. Il est démantelé une nouvelle fois en novembre 1996. Recréé sous la dénomination de Comando Kroma, il est à nouveau démantelé le 26 novembre 2001. Dernière composition connue : Miguel Javier Ayensa Laborda (arrêté), Ibai Ayensa Laborda (arrêté), Francisco Ruiz Romero (arrêté), Iratxe San Ganuza (arrêtée), Eneka Royo Martinez (arrêtée), Maria Couso Sagardia (arrêtée).
  • Comando Oker
  • Comando Sugoi — Commando légal mobile basé en Guipdzcoa et se déplaçant entre la France (où étaient stationnés ses chefs) et l’Espagne. Composé de Aitor Olaizola Baseta (arrêté), Eirder Perez Ariztizabal (arrêtée). Le commando entretenait des contacts étroits avec les Comando Andalucia, Comando Zapaburu et le Comando Barcelona. Démantelé une première fois le 16 août 1996, puis une deuxième fois le 26 mars 2001.
  • Comando « Téléphonique » — Responsable d’écouter les téléphones de la police, il recrutait des militants au sein des compagnies du téléphone. Composé de Jose Luis Sebastian (alias Sebas), David Blanco Corbal, Rafael Caride Simon.
  • Comando Tontorramendi
  • Comando Torrevieja — Commando légal actif dans la province de Levante. Il notamment l’auteur d’attentats à la bombe commis avec de la Titadyne dérobée à Grenoble (France) en mars 2001. Démantelé le 24 juillet 2001.
  • Comando Txirrita — Commando illégal, actif dans la région de Madrid. Démantelé le 14 mai 2002.
  • Comando Urbasa — Commando légal opérant dans la région de Navarra. Auteurs de plusieurs assassinant de Gardes civils et de politiciens, dont Tomâs Caballero à Pampelune en 1998, avec le Comando Ekaitza. Considéré comme démantelé le 28 février 2002.
  • Comando Upo — Commando légal opérant en Biscaye. Démantelé le 4 janvier 1979.
  • Comando Vizcaya — l’un des plus dangereux commandos. Il est notamment responsable de la vague d’attentats qui a touché des concessionnaires de la marque Renault en octobre 1988 en Espagne, sous les ordres de ► Juan Carlos Iglesias Chouzas (alias Gadafi). Il est démantelé une première fois le 29 août 1991, une deuxième fois le 18 novembre 1994, alors commandé par Luis Martin Carmona (alias Koldo), une troisième fois le 5 juin 1998 à Guernica, une quatrième fois le 9 novembre 2000 et une quatrième fois au début septembre 2003 par une action simultanée sur Amorebieta, Santurce, Portugalete et Berango. Les cinq membres du commando ont été arrêtés tandis que 125 kg d’explosifs et des détonateurs ont été saisis. Le 7 janvier 2004, un membre présumé du commando arrêté aux Pays-Bas est extradé vers l’Espagne. Le Comando Vizcaya se reforme en février 2007, sur l’ordre direct du chef militaire de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) « Txeroki » et devient l’un des commandos les plus actifs de 1’ETA, notamment après la rupture de la trêve en juin 2007. Coupable de quelque 13 attentats entre août 2007 et mai 2008 dans les secteurs de Vizcaya, Alava, Guipdzcoa et La Rioja, le Comando Viscaya, est à nouveau démantelé en 2008. Alors dirigé par ► Arkaitz Goikoetxea, il est composé de deux « taldes » :
  1. « Askatasun Haizea » (« vent de la liberté »), un groupe « illégal », dont les membres sont Arkaitz Goicoechea Basabe, ► Jurdan Martitegui Lizaso (alias Arlas) et Olga Cornes Arambillet (alias Txikitxe) ;
  2. « Hegoa », un groupe « légal », dont les membres sont Asier Borrero Toribio (alias Arrano), Aitor Cotano Sinde (alias Rumano) et Iñigo Gutierrez Carrillo (alias M.A.).
  • Comando Zapaburu — Commando légal actif en Galice. Dirigé par une femme, Alicia Sàez de la Cuesta, ex-membre du Comando Basurde, qui tente de placer une voiture-bombe chargée de 1 700 kg d’explosif à Madrid en 1999. Démantelé le 26 mars 2001.
  • Comando Zelatun — Commando actif dans la région de Guipùzcoa et composé de cinq commandos « satellites » : « Rasta », « Pendejo », « Urko », « Muxarra » et « Praxiku ». Démantelé en septembre 2002.
  • Commando Spécial — Mis sur pied en 2001, ce commando est spécialisé dans les transports clandestins entre la France et l’Espagne. Il est responsable de l’attentat contre l’aéroport de Madrid le 30 décembre 2006. Démantelé le 9 janvier 2008.

Le cloisonnement des commandos n’est pas absolu. Ainsi, l’etarrra Juan Luis Aguirre Lete (alias Insuntza), arrêté en France le 10 juin 1997, est soupçonné d’appartenir au Comando Barcelona, au Comando Madrid et au Comando Donosti, qui est un commando d’appui logistique.

L’action terroriste proprement dite de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est complétée par un dispositif de violence urbaine. Connu sous le nom de « kale borroka », ce concept imaginé par José Luis Alvarez Santacristina (alias Txelis) est une sorte de « terrorisme de basse intensité », peu éloigné du principe d’action du ► Black Block. Il utilise des adolescents qui n’ont pas atteint l’âge légal de la majorité pour commettre des actes de violence et des déprédations. Il sont rassemblés dans des commandos ou Groupes « X », « Y » et « Z ».

Financement et soutien

Si le parrainage soviétique de la création de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est sujet à discussion, le soutien politique de l’URSS au mouvement l’est beaucoup moins. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a reçu un soutien logistique des pays de l’Est, notamment en ce qui concerne les armes légères et collectives (pistolets, pistolets-mitrailleurs, lance-roquettes, etc.) L’IRA semble également être à l’origine de certaines livraisons d’explosifs (notamment ceux qui ont servi à l’attentat contre Carrero-Blanco, qui auraient été d’origine suisse et auraient transité par l’Irlande).

En 1984, le trésor de guerre de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) était évalué à quelque 200 millions de dollars par an, provenant en partie d’attaques de banques (quelque 3 attaques par jour, en moyenne, à cette époque) et de fonds privés — contraints ou non , qui représentaient la majeure partie du financement de l’ETA.

Une source de revenus de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est le réseau de « tavernes du peuple » (herriko tabernas) qui regroupe quelque 107 établissements à travers le pays basque. En 1992, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a échafaudé un concept de financement — désigné sous le nom de code UDALETXE — basé sur les revenus des tavernes. La police espagnole estime à 12 millions d’euros par an le chiffre d’affaire généré par les herriko tabernas. Le 30 avril 2002, la police espagnole a arrêté des militants de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) liés aux sociétés qui exploitent les tavernes, et notamment la société Banaka SA, qui récoltait l’impôt révolutionnaire de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) à travers les tavernes, et envoyait l’argent récolté à des entreprises au Venezuela, en Uruguay, à Cuba et au Mexique.(4)

En 1997, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) décide d’établir son centre d’approvisionnement financier à Monterrey (Mexique), dans la Colonie Mitras Centro. Dès juillet de la même année, cinq membres de l’organisation s’établissent dans la ville mexicaine : Maria Flor Ceciaga Mendizabal (alias Loera), Gabriel Pérez L6pez (alias Gabi), José Luis Eciolaza Galân (alias Dienteputo), Ram6n Aldasaro Magunacelaya (alias El Rubio) et Juan Corta Larrafiaga (alias El Jon). En juin 2000, la police mexicaine arrête Leire Martinez Pérez (alias Maitane), recherchée pour actions terroristes en Andalousie et au Pays Basque. Le 30 avril 2001, la police fédérale mexicaine arrête un autre etarra, Jagoba Codo Callejo dans la région de Monterrey, puis Asier Arronategui, (membre du Comando Araba en 1989). Finalement, l’ensemble du groupe de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) (six Espagnols et trois Mexicains) est arrêté en 2003.

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)_Enlevements par l'ETA (1970-2003)

Le rapt et l’enlèvement contre rançon ont également constitué des sources de revenu pour l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA), mais, trop visibles et attirant trop les actions policières, ces techniques ont été progressivement abandonnées dès le début des années 90, pour disparaître totalement à la fm de la décennie au profit de l’extorsion.

L’impôt révolutionnaire est l’une des principales sources de financement de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA). Il est prélevé par un processus de chantage auprès d’industriels, riches commerçants et indépendants (médecins, avocats, etc.) Au début septembre 2005, la presse espagnole révélait que l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) avait commencé une nouvelle campagne de « prélèvements », exigeant des sommes de €6 000 à 18 000 auprès de commerçants et industriels. De manière inhabituelle, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a étendu sa perception auprès de petits commerçants.(5)

En 2005, la Guardia Civil espagnole évaluait la somme totale provenant du racket et de l’impôt révolutionnaire à 1,5 millions d’Euro. Cette évaluation se base essentiellement sur les chiffres connus, et il est fort probable, que le chiffre réel soit plus élevé. En 2007, la police espagnole a identifié une fondation qui aurait été créée par l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) au Liechtenstein, et qui aurait eu deux comptes en banque en Suisse avec un montants total de 5 millions d’Euros.

Coopération opérationnelle de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

En Europe, les contacts entre L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) et les autres mouvements terroristes est importante. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) participe à la formation de terroristes de la ► Rote Armee Fraktion et de Prima Linea dès 1972. Elle est particulièrement marquée avec les autres mouvements gaéliques. Spécialisée dans l’attentat à la bombe, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) entretient des contacts étroits avec la ► Provisional Irish Republican Army dans ce domaine jusque dans les années 80. Elle reste cependant très sélective et ne participe pas à l’alliance conclue en septembre 1981 entre ► Action Directe (AD), Prima Linea, le FP-25, le ► Groupe de Résistance Antifasciste du Premier Octobre (GRAPO) en raison de doutes quant à l’efficacité de ces groupes. Mais, en septembre 1984, sur une initiative de Jean-Marc Royan et de Nathalie Ménigon d’Action Directe, un accord est établi entre l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA), AD et le ► Front de Libération National Corse (FLNC).

Les liens avec le Maghreb et le Proche-Orient sont importants et se maintiennent avec les années. Le savoir-faire de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) en matière de bombes est mis à profit par le colonel Kadhafi, tandis que des camps d’entraînement sont mis à disposition des etarras à Al-Aziziyah, Al-Khums; Janzour, Tobrouk et Tarhunah. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a également une base accordée par l’Algérie qui soutient le Front Polisario en Mauritanie. L’entraînement du personnel de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) s’est aussi effectué au Liban et au Sud-Yémen, notamment par des instructeurs de l’ OLP. Lors de leur offensive à Beyrouth, en juillet 1982, les troupes israéliennes capturent 113 combattants espagnols — dont une large partie de l’ETA, 32 membres des ► Brigades Rouges et 26 membres de la ► Rote Armee Fraktion (RAF) dans le camp de Saïda.

Dès 1963, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) peut s’entraîner à Cuba et bénéficie de l’appui logistique et financier la Direction General de Inteligencia (DGI) cubaine, qui facilite les échanges avec les autres mouvements révolutionnaires d’Amérique latine. L’unité de la DGI responsable des liens avec l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) serait appelée « Groupe Crocodile », dont le quartier-général serait situé dans le camp « Camilo Cienfuegos » de la zone interdite de Monte Oscuro. Des combattants de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) auraient été également formés dans la base de Güines, au Sud de La Havane. Mais, dès 1979, avec la révolution sandiniste au Nicaragua, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) souhaite coopérer plus activement avec l’Amérique centrale et latine. Elle mandate Javier Larreategui pour évaluer les possibilités de coopération avec quelques mouvements latino-américains. Ainsi, en février 1980, elle envoie Joxe Goitia et Bernard Arguello pour mettre en place un camp d’entraînement basque au Nicaragua, et Joseba Zaldua Lasa pour la même tâche au Mexique. Une des conséquences de cette implantation basque sera la reprise par l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) d’importants stocks d’armes et de munitions après la chute des Sandinistes. Le Nicaragua aurait également fourni au mouvement de faux passeports et d’autres documents. L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) aurait également envoyé des commandos au Costa Rica et au Salvador, afin de participer aux combats.

Les activités de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) ne se limitent pas à la lutte nationaliste, mais comprennent également un combat actif contre l’OTAN. Ainsi, le 13 avril 1985, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a revendiqué la responsabilité de l’attentat contre un restaurant près de la base aérienne américaine de Torrejon (17 morts et en 82 blessés).

L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) utilise fréquemment la France comme sanctuaire, pour ses militants, pour entreposer des armes et pour ses lignes logistiques. Elle y a constitué un « Noyau Opérationnel Logistique » (Nucléo Operativo Logistico), localisé dans les environs de Cahors, en juillet 2003. Durant les années 90, elle entretient des contacts avec l’ ► Armée Révolutionnaire Bretonne (ARB).

En 2006, on estime qu’environ 500 « etarras » résident hors du territoire espagnol, sur le continent sud-américain, au Portugal, en France et en Suisse. Cette dernière serait le lieu d’activités de relations et de coordination internationale, notamment entre les ► Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA).(6)

Stratégie opérationnelle de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

Immédiatement après l’attentat du 11 mars 2004 (11-M) à Madrid, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) est désignée par le gouvernement Aznar comme responsable du carnage. En fait, le profil de cet attentat ne correspondait en aucun point à la ligne stratégique et opérationnelle de l’organisation.

Au plan stratégique, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a — depuis ses débuts — placé son action révolutionnaire dans une perspective politique et sa stratégie a toujours oscillé entre la lutte politique et la lutte armée. Cette hésitation permanente a conduit à des scissions répétées du mouvement.

Au plan opératif, dès la fin des années 90, les attentats de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) ont rencontré une opposition toujours plus marquée et une érosion de son soutien populaire. Afin de ne pas mettre en péril ce dernier, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) s’est attachée à minimiser le nombre de ses victimes et a infléchi son concept d’attentats : elle met au point des attentats meurtriers, mais les divulgue à la police juste avant de les déclencher. De cette manière, elle récolte un bénéfice politique maximum: a) elle démontre sa capacité à poursuivre la lutte armée; b) elle ne supporte pas le discrédit provoqué par l’horreur de l’attentat; c) en informant la police, elle montre qu’elle reste maîtresse du jeu.

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)_Victimes de l'ETA (1968-2008)

Avec la mort de Franco, en 1975, les élections générales de 1977 et la nouvelle
Constitution
espagnole de 1978, la démocratie s’installe en Espagne. Le terrorisme perd sa légitimation et cherche à créer des conditions propice à la restauration d’une dictature, ce qui faillit arriver avec la tentative de coup d’Etat du 23 février 1981.

[Ministère de l’Intérieur – Espagne, Associación Víctimas del Terrorismo (AVT), 2008]

Au plan tactique, l’action de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a toujours démontré un choix soigneux de ses victimes et des objectifs recherchés. Elle a le plus souvent évité les attentats indiscriminés, notamment depuis la fin des années 90. La découverte par la Guardia Civil d’une camionnette chargée de 536 kg d’explosifs le 29 février 2004 à Canaveras (province de Cuenca) peut apparaître contradictoire avec la stratégie menée par l’ETA. Cependant, rien ne permet d’indiquer que la volonté de l’organisation était effectivement de faire exploser cette charge, qui aurait fait « un cratère d’environ 35 mètres (et) des dégâts irréparables dans un rayon de 60 mètres à la ronde ».(7)

Il apparaît donc rapidement que l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) n’avait aucun intérêt politique à être associée au 11-M, au-delà d’une possible fourniture de matériel explosif. Il est donc peu probable qu’il y ait eu collusion au niveau de la conception de l’opération.

Des contacts entre des mouvements islamistes (notamment le ► Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat et le ► Groupe Islamique Armé algériens) et l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) ont été identifiés et des membres de ces groupes ont été arrêtés par les autorités espagnoles en 2002 et 2003.

Lutte contre l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

Au début des années 80, le gouvernement de Felipe Gonzalez met sur pied le ► Groupe Antiterroriste de Libération (GAL)composé de policiers espagnols, qui se rendra responsable de l’élimination de 27 membres de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) en France et en Espagne.

En 1984, on estimait à plus de 500 le nombre d’activistes installés en France(8). Au début des années 80, l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a largement profité de la « faible combativité » du gouvernement socialiste français à l’égard du terrorisme. La collaboration anti­terroriste entre la France et l’Espagne s’est cependant améliorée et s’est développée en une efficace coopération entre les deux pays en matière de lutte contre le terrorisme. Cette coopération a notamment permis, le 25 août 1994 à Aix-en-Provence, l’arrestation de ► Maria Idoia Lopez Raine, surnommée «La Tigresse », membre du Comando Madrid(9) et responsable de la mort de 17 Gardes Civils espagnols entre 1980 et 1986.

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)_Demantelement des commandos de l'ETA (1978-2007)

Groupes et commandos démantelés par les forces de sécurité espagnoles.

[Ministère de l’Intérieur/ Guardia Civil Espagne]

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)_Lutte contre l'ETA en France (1990-2003)

Terroristes liés au terrorisme espagnol et interceptés en France.

[Ministère de l’Intérieur — Espagne]

Durant la période de trêve de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) (mars 2006 — juin 2007) 10 etarras ont été arrêtés en Espagne et 18 en France. Dès la fin de la trêve annoncée par l’ETA, la France a procédé à 18 arrestations entre juin et septembre 2007 et une voiture avec 165 kg d’explosifs est récupérée à St-Jean-Pied-de-Port. Au début septembre 2007, la police française arrête Luis Ignacio Iruretagoyena, l’artificier de l’ETA, avec près de 400 kg de produits permettant la confection de bombes artisanales (nitrate d’ammonium, poudre d’aluminium, pentrite, chlorate, etc.)

Dès la fin des années 90, sous la présidence de Bill Clinton, les Etats-Unis s’engagent dans une coopération étendue avec l’Espagne dans sa lutte contre le terrorisme. Les renseignements obtenus par les réseaux d’écoutes électroniques en particulier le réseau américain ECHELON. Cette collaboration a permis l’arrestation d’Ignacio Garcia Arregui, le 15 septembre 2000, au cours d’un opération conjointe des polices française et espagnole.

L’une des actions les plus spectaculaires de la police française a été l’arrestation, le 17 novembre 2008, de Mikel Garikoitz Azpiazu (alias Txeroki), chef des Opérations de l’ETA, à Cauterets (Hautes-Pyrénées).

Principaux dirigeants de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

  • Albisu, Mikel («Mikel Antza»). Né en 1961 à San Sebastiàn. Promoteur de la trêve en 1998.
  • Alvarez Enparantza, José Luis («Txillardegi»).Né en 1929 à San Sebastiàn. Membre fondateur de l’ETA.
  • Alvarez Santacristina, José Luis («Txelis»). Née en 1954 à San Sebastiàn. Crée les « Groupes Y ». Théoricien de la « kale borroka ». Chef de l’Appareil Militaire de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) (01.1989-29.03.1992). Capturé en France, il est extradé vers l’Espagne le 17 novembre 1998.
  • Apalategi, Miguel Angel («Apala»). Né en 1955 à Ataun (Guipiizcoa). Chef des commandos spéciaux de l’ETA-PM (Bereziak).
  • Arizkuren Ruiz, José Javier («Kantauri»). Né à Pamplune. Membre des Comandos Alava et Madrid. Basé en France, il s’occupe des commandos illégaux de l’ETA.
  • Arrospide Sarasola, Santiago («Santi Potros»). Né en 1948 à Lasarte (Guiptlzcoa). Emprisonné en France en 1987. On saisit chez lui une importante documentation sur l’ETA, qui conduit à l’arrestation d’une centaine de membres de l’organisation.
  • Beñaran, José Miguel («Argala»). Né en 1949 à Arrigorriaga (Vizcaya). Participe à l’assassinat de Carrero Blanco. Idéologue de l’ETA. Tué le 21 décembre 1978 par l’explosion d’une bombe dans sa voiture.
  • Etxabe, Juan José. Né à Mondragôn. Inventeur de la notion d’ « impôt révolutionnaire ». Décédé en 1996.
  • Etxebarrieta, José Antonio. Né en 1940 à Bilbao. Idéologue de l’ETA. Décédé en 1973.
  • Etxebeste, Eugenio («Antxon»). Né en 1950 à San Sebastiàn. Basé dans le Sud de la France, il fait partie des Bereziak. Puis, en 1977, s’oriente vers l’appareil politique de l’ETA.
  • Fernàndez de Iradi, Ibon « Susper ». Arrêté le 19 décembre 2002, il s’évade le 21 décembre et reprend les commandes de l’organisation. Il est repris par la police le 4 décembre 2003.
  • Garcia Gaztelu, Javier («Txapote»). Né en 1966 à Bilbao. Il est le premier qui passe de la « kale borroka » (violence de rue) à la direction de l’ETA. Ex-membre du Comando Donosti.
  • Garikoitz Azpiazu Rubina, Mikel (« Txeroki », « Arrano »), chef de l’appareil militaire d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) depuis la fin 2003. Arrêté le 17 novembre 2008.
  • Gracia Arregi, maki de («Maki de Renterfa»). Né en 1955 à Renterfa (Guiptizcoa). Sous son mandat les attentats les plus meurtriers sont commis : le kidnapping et le meurtre de Miguel Angel Blanco et le kidnapping d’Ortega Lara. Il est arrêté avant la fin de la trêve.
  • Iparagirre, Soledad («Anboto»). Né en 1961 à Eskoriatza (Guiptizcoa). Membre du Comando Araba puis du Comando Madrid. Responsable de l’Appareil Militaire.
  • Iturbe Abasolo, Domingo («Txomin»). Né en 1943 à Mondragôn (Guiptizcoa). Réfugié en France dès 1968. Chef de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) de 1977 à 1985. En 1986, il est expulsé vers l’Algérie par les autorités françaises. Décédé en 1987.
  • Lasa Mitxelena, Juan Lorenzo («Txikierdi»). Né en 1955 à Renterfa (Guiptizcoa). En 1985, fait partie du Conseil Exécutif de l’ETA.
  • López De La Calle, Alberto Félix («Mobutu»). Né en 1960 à Vitoria,. A la suite de l’arrestation du Comando Artapalo à Bidart (France) il devient responsable de l’Appareil Militaire. Arrêté en décembre 1994 et condamné en France. Evadé en novembre 2000, il est arrêté à nouveau en France en juin 2004.
  • Mendizàbal, Eustakio («Txikia»). Né en 1945 à Itsasondo (Guiptizcoa). Moine bénédictin, il s’enfuit en France en 1967. Il meurt à Algorta en 1973, en essayant de fuir de la police.
  • Mujika Arregi, Maki («Ezkerra»). Né à San Sebastiàn. Chef de la jeunesse du Parti National Basque (PNV) devient membre de l’ETA en 1970.
  • Mujika Garmendia, Francisco («Pakito»). Né en 1953 à Ordizia (Guiptizcoa). Membre de la conduite de l’ETA entre 1985 et 1992. Incarcéré en Espagne.
  • Olarra Guridi, Juan Antonio « Juanvi »
  • Urrutikoetxea, José Antonio («Josu Ternera»). Né en 1941 à Vizcaya. Responsable de l’Appareil Politique (1986-11.01.1989). Condamné en France pour appartenance à une bande armée. Il est parlementaire à Vitoria.
  • Zabaleta, José Javier («Baldo»). Né en 1959 à Hernani (Guiptizcoa). Remplaçant de « Santi Potros » durant sa détention.

Bibliographie :

Elorza Antonio et al., ETA — Une Histoire, Denoél, Paris, 2002

Corrélats : ► guérilla urbaine, ► Organisations terroristes

Lien externe

(1)Euskadi : Néologisme créé en 1896 par Sabino Arana pour désigner les sept provinces basques. Le terme devient populaire dès le début du XXe siècle, mais n’acquiert une signification officielle que durant les années 80.
(2)Le groupe de Cuba est souvent mentionné comme une cellule « dormante » du mouvement.
Il pourrait s’agir d’une cellule tournante, qui permet aux terroristes européens de « se mettre au vert ».
(3)La composition des commandos varie considérablement au fil des années. N’est donnée ici que leur dernière composition connue, le plus souvent au moment de leur démantèlement.
(4)Courrier International, n° 605, pp 52-53.
(5)El Correo, 03.09.2005
(6)Information issue du milieu du renseignement sud-américain.
(7)Angel Acebes, ministre de l’Intérieur espagnol, rapporté par Lemondefr (29.02.2004)
(8)Le Monde, 28.01.84
(9)Le Comando Madrid a été démantelé en mai 2002 par la police espagnole.