Fatah – Conseil Révolutionnaire (Fatah-CR)

Autres appellations:

Organisation Abou Nidal
Brigades Arabes Révolutionnaires (BAR)
Juin Noir
Organisation Révolutionnaire des Musulmans Socialistes
Septembre Noir (Ailul al-Assouad)
Cellules Arabes de Guérilla
Mouvement de Libération Populaire Arabe

(Israël/Palestine) (Fatah — Majlis al-Thawri) Mouvement terroriste palestinien de tendance dure, issu de l’éclatement du Fatah en 1974. Ses effectifs sont estimés à plusieurs centaines d’activistes, non compris les membres de milices locales amies au Liban. Il est réputé l’un des plus durs mouvements palestiniens. Depuis 1974, on lui attribue plus de 90 actions terroristes et plus de 950 victimes (dont 300 morts). Ses actions visent Israël et les pays arabes modérés (Arabie Saoudite, Koweït, Egypte).

Soutenu dès ses débuts par l’Irak, le Fatah-CR est d’abord basé à Bagdad (1974­83). Chassé en 1983 par Saddam Hussein, qui cherche à conserver le soutien des

Occidentaux dans la Guerre Iran-Irak, le Fatah-CR se déplace à Damas (Syrie) (1983-87), mais les liens avec l’Irak subsistent. A la fin 1987, le Fatah-CR déplace son quartier-général opérationnel dans la plaine de la Bekaa libanaise, où sa présence est importante, tandis que le QG politique s’installe en Libye. La Libye lui met à disposition des camps d’entraînement à Gharyan, Ma’atan as-Sarah et Ras al-­Hilal.

Dès 1987-88, le Fatah-CR est partagé entre une tendance dure, dirigée par Abou Nidal, et une tendance modérée, probablement soutenue par la Libye, qui cherche à se rapprocher de l’Occident. Cette tension a conduit à des purges internes contre les responsables « modérés » de l’organisation.

En 1988, Sabri al-Banna (alias Abou Nidal), son chef, revient s’établir officiellement en Irak, tout en conservant son quartier-général en Libye. En janvier 1991, le Fatah-CR regroupe ses quartiers-généraux à Mar Elias (Beyrouth) et entretient une antenne en Algérie.

Le Fatah-CR exprime violemment les luttes internes du mouvement palestinien. Il élimine Salah Khalef (alias Abou Iyad), bras droit de Yasser Arafat, à Tunis le 14 janvier 1991, qui n’était pas partisan d’un rapprochement avec l’Irak, lors de la Guerre du Golfe. Des membres du Fatah-CR ont mené des actions terroristes en Syrie au profit de l’Irak au début des années 80. Ainsi l’attaque contre l’hôtel Sémiramis à Damas (septembre 1976), et contre les ambassades de Syrie en Italie et au Pakistan, de même que deux tentatives d’assassinat contre Abed Al-Halim Haddam, ministre syrien des affaires étrangères et vice-président.

Principaux attentats du Fatah – CR

Massacre de l’aéroport de Vienne, 27.12.85
Massacre de l’aéroport de Rome, 27.12.85
Détournement du vol PanAm 73 (Karachi), 05.09.86
Assassinat d’Abou Iyad, 14.01.91

Le rapprochement israélo-palestinien a accentué les dissensions à l’intérieur du mouvement, et fait diminuer les sources de financement provenant de certains pays arabes. Il en est résulté la défection en faveur de l’OLP d’une cinquantaine de membres et cadres supérieurs du Fatah-CR, dont Abou Hussein et Ghanem Saleh. Abou Nidal lui-même semble avoir eu des difficultés croissantes pour trouver refuge auprès de ses anciens alliés, y compris l’Irak. Le 19 août 2002, le corps sans vie de Sabri al-Banna est découvert à Bagdad, alors que la police irakienne s’apprêtait à l’arrêter. Assassiné selon les uns, suicidé selon les autorités irakiennes, Abou Nidal avait perdu tout soutien politique.