Faylaq Al-Badr

AKA:
Badr Organization(?)
Badr Brigades(?)
Badr Corps(?)

Autres appellations :
Al-Badr Brigades
Brigades Al-Badr (Kataeb Al-Badr)
Al-Badr Organisation

(Irak) (Corps al-Badr) Bras armé du ► Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak (CSRII), organisation islamique chiite parrainée, financée et supportée par l’Iran. Jusqu’en mai 2003, ses effectifs étaient évalués à 10 000­15 000 combattants, dont 3 000 ex-combattants des forces armées irakiennes. Il est dirigé par son secrétaire-général Hadi al-Amiri, ex-officier des Pasdaran.

Historique

Le Corps al-Badr a été créé en novembre 1982 à Téhéran à l’initiative de l’ayatollah Mohamad Baqir Al-Sadr, en réponse à l’assassinat par le régime de Saddam Hussein de l’ex-leader du CSRII — l’ayatollah Sayed Muhsen al-Hakim ­et de sa soeur Amina al-Sadr. Il s’agissait alors d’établir des cellules clandestines de résistance en Irak, de mobiliser des Irakiens hors de l’Irak et de les former pour la lutte armée et d’établir une force armée capable de combattre le régime de Saddam Hussein. Tout d’abord brigade puis division, cette nouvelle force est devenue un Corps, articulé en unités militaires (infanterie, blindés, artillerie et commandos)(1). Selon certaines informations non-confirmées, il aurait été intégré à la structure du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (► Pasdaran) iraniens et sa désignation complète aurait été le « 9e Corps al-Badr ».

En fait, si des liens organiques entre le Corps al-Badr et les Pasdaran iraniens ne sont pas démontrés, il n’en est pas de même pour leurs liens fonctionnels. Le Corps al-Badr a bénéficié d’un généreux soutien financier, matériel et opérationnel de l’Iran à travers les Pasdaran. Les installations et locaux utilisés par le CSRII et al­Badr en Iran entre 1982 et 2003 étaient fournis par les Pasdaran.

Progressivement, les relations entre al-Badr et les Pasdaran se sont atténuées. En outre, les maigres performances du Corps lors de la tentative d’insurrection au Sud de l’Irak au début 1991 ont contribué à une réorientation de la coopération entre l’Iran et le Corps. Le Corps al-Badr ne pouvant être une composante militaire crédible pour le renversement du régime de Saddam Hussein, il aurait été décidé d’utiliser le Corps au profit des organes de renseignement et de sécurité des Pasdaran et de le placer sous le contrôle des unités ► Al-Qods. Basé en Iran, le Corps al-Badr est ainsi devenu un instrument pour la déstabilisation de l’Irak durant les années 90.

En 2003 peu après la chute de Bagdad, le Corps al-Badr s’est installé à l’Est du pays, dans la province de Diyala, avant de se redéployer dans la zone de Karbala. Dès avril, le Corps al-Badr installe le quartier-général de son appareil de renseignement à Al-Kut, sous la conduite de Sayyed Abbas Fadhil, qui s’autoproclame maire de la ville le 10 avril.

Les autorités américaines exigent alors que le Corps soit désarmé. Abd al-Aziz al-Hakim annonce son désarmement dès septembre 2003, accompagné d’un changement de nom pour celui d’Organisation Badr. Le rythme du désarmement est lent en raison de l’assassinat de l’ayatollah Baqir Al-Hakim en août 2003.

Faylaq Al-Badr_Deploiement du renseignement de l'Organisation Badr

Dès la mise sur pied des nouveaux services armés et de sécurité irakiens, l’Organisation Badr s’efforce de placer un grand nombre de ses combattants au sein des nouvelles forces de sécurité. Mais, dans un premier temps, sous l’influence combinée des ex-membres du parti Baath et des Américains, elle est mise de côté par le gouvernement Allawi (juillet 2004 — avril 2005) en raison des ses liens avec le CSRII.

Avec la dégradation de la situation sécuritaire et la montée en puissance de l’insurrection sunnite, les Américains décident de donner un rôle plus important aux Chiites dans la lutte anti-insurrectionnelle.

A la suite des élections de janvier 2005, qui ont montré la victoire des mouvements chiites et du CSRII et ont conduit à la constitution du gouvernement Ibrahim Jafaari, l’Organisation Badr a pu prendre le contrôle des services de sécurité. Ainsi, le nouveau ministre de l’Intérieur, Bayan Jabr, est un ex-officier de l’Organisation Badr. Il en est résulté une entrée massive d’officiers et de combattants chiites dans les forces spéciales et de sécurité irakiennes.

L’Organisation Badr a ainsi joué un rôle déterminant pour la constitution, pare le ministère de l’Intérieur irakien, de la Brigade anti-terroriste « Loup » (Al-Liwa al­-Dheeb), qui a été engagée au nord de l’Irak, dans les secteurs de Tal Afar et de Mossoul, ainsi que dans la zone de Bagdad. Badr a également fourni les éléments pour la mise sur pied de la Brigade de renseignement « Scorpion », dévolue à la recherche des sites et caches des terroristes dans la région de Bagdad.

La structure de renseignement de l’Organisation Badr a son quartier-général à Najjaf et entretient des antennes à l’étranger à Aman (Jordanie), à Damas (Syrie), à Nicosie et à Larnaka (Chypre). Cette structure reste totalement indépendante des services de renseignements et de sécurité irakiens mis en place par les Etats-Unis, mais est sans doute sous le contrôle des services de renseignements américains.

L’Organisation Al-Badr est concurrente du ► Jaïsh al-Mahdi de l’ayatollah Mouqtada al-Sadr avec laquelle des affrontements sérieux ont eu lieu à Basra, dans la zone britannique, au printemps et en août 2005, après l’incendie du quartier-général sadriste.

(1)Information donnée par le Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak (www.sciri.btinternet.co.uk)