Front de Libération de la Palestine (FLP)

Front de Liberation de la Palestine (FLP)Autres appellations US:
Palestine Liberation Front – Abu Abbas Faction (PLF)
PLF
Palestine Liberation Front
PLF-Abu Abbas

(Israël/Palestine) (Jabhat et-Tahrir al-Filastiniyya) Organisation terroriste palestinienne créée initialement par Ahmed Djibril en 1959, qu’il fusionne avec deux autres mouvements, les Héros du retour et La Jeunesse de la Vengeance, en décembre 1967, pour former le ► Front Populaire de Libération de la Palestine. En 1968, Djibril fait dissidence et forme le ► Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement Général (FPLP-CG). En avril 1977, ► Mohammad Abou Abbas Zeïdan (Abou al-Abbas), dissident du FPLP-Commandement Général en raison de la posture pro-syrienne d’Ahmed Djibril, recrée le FLP, qui prend une orientation pro-irakienne et anti-syrienne. Le mouvement continue à être secoué par des rivalités et dissensions internes et se divise en trois factions :

  • Faction Mohammed Abbas (alias Abou al-Abbas) se sépare en 1983, opposée à l’influence de la Syrie sur le mouvement. (basée à Tunis dès 1983, puis à Bagdad dès 1986), de tendance loyaliste à Yasser Arafat, dirigée par Abou al-Abbas. Cette faction se rend responsable du détournement de l’Achille Lauro. Elle avait un camp d’entraînement sur l’île de Kamaran (Yémen).
  • Faction Tal’at Ya’aqub (basée à Damas depuis 1981), de tendance marxiste, proche du FPLP et du FDLP, pro-syrienne constitue le FLP après le départ d’Abou al-Abbas. La plupart de ses quelque 150 activistes sont basés au Liban. Il a une posture pro-syrienne et intègre l’Alliance Démocratique, puis le Front de Salut National Palestinien (FSNP). Cette faction se scindera en 1984 avec la dissidence d’Abd el-Fatah el-Ghanem. Tal’at Ya’aqub, secrétaire-général du mouvement est tué le 17 novembre 1988.
  • Faction Abd el-Fatah el-Ghanem (basée dans les locaux du FLP à Damas depuis 1984), de tendance pro-syrienne, prend le contrôle du mouvement en janvier 1984 et prend même le chef du mouvement, Tala’at Ya’aqub en otage. Cette faction soutient les palestiniens pro-syriens et le « Front du Refus » contre Arafat. Ses effectifs sont évalués à 200 activistes, dont environ 50 seraient basés au Liban, dans la plaine de la Beka’a.

En novembre 1986, les factions Abbas et Ya’aqub entament des négociations en vue de fusionner. Mais ce n’est qu’un an après la mort de Tala’at Ya’aqub, en novembre 1989, que l’opération peut se réaliser. Abou al-Abbas devient le secrétaire-général, tandis qu’Abd e-Fatah el-Ghanem est le responsable du FLP dans les territoires occupés. Le détournement de l’Achille Lauro L’opération la plus célèbre du FLP est sans aucun doute le détournement du paquebot italien Achille Lauro, le 7 octobre 1985. En fait, il semble que ce détournement ait été accidentel et le résultat d’une préparation insuffisante, ainsi que d’une conduite désordonnée du groupe. Selon les dires d’Abou Al-Abbas, l’intention du groupe était d’utiliser le paquebot pour s’infiltrer en Israël afin d’y commettre un attentat. Mais, peu après le départ d’Alexandrie, un membre d’équipage découvre les armes des terroristes et déclenche l’alerte. Sous l’effet de la panique, les terroristes s’emparent alors du navire et exigent la libération de 50 prisonniers palestiniens. Finalement, l’événement ne fera qu’une seule victime, Leon Klinghoffer, un Américain handicapé de religion juive, qui sera tué d’une balle, puis jeté à la mer avec son fauteuil roulant. Ce crime a provoqué un émoi considérable et a très largement contribué à l’incompréhension de cet événement. On a souvent expliqué ce meurtre par la religion de la victime, or, il y avait d’autres passagers juifs sur le bateau, qui n’ont pas été tués. En fait, selon les témoignages concordants, ce meurtre semble davantage résulter de l’attitude de la victime elle-même que de sa religion. Pour les gouvernements occidentaux concernés, le renseignement apparaît rapidement comme le problème central. Outre le fait que le navire n’a pas pu être localisé immédiatement en raison de l’intense trafic maritime dans la Méditerranée et de la discipline radio imposée par les terroristes à l’équipage, les services de renseignements ont eu de la difficulté à identifier les causes et les auteurs de l’attentat. Certes, les terroristes se sont rapidement identifiés comme faisant partie du FLP, mais on ignore de quelle faction :

  • La Central Intelligence Agency (CIA) et la Defense Intelligence Agency (DIA) Pensaient peu probable que le détournement soit le fait de la faction Al-Abbas, du fait des bonnes relations existant entre l’Italie, l’Egypte et l’OLP. Elles estimaient plus probable que l’action ait été menée par un groupe cherchant à ruiner les efforts de rapprochement entre Arafat et la communauté internationale. Au cas où cette version aurait été correcte, l’issue de négociations aurait été sans doute négative et une intervention armée apparaissait comme l’une des seules options raisonnables.
  • Le Bureau de Renseignement et de Recherche (INR) du Département d’Etat avance très rapidement l’hypothèse d’une action quasi accidentelle de la faction Al-Abbas, loyale à Arafat, consécutive à une panique au sein du groupe terroriste. Dans cette hypothèse, des négociations auraient certainement eu du succès.
  • Le Département d’Etat, et particulièrement ses organes diplomatiques, soucieux de maintenir des contacts avec les mouvements favorables à Arafat et intéressés à poursuivre le fragile processus de paix, réfutait l’appréciation de l’INR.

Au fil des heures, les résultats de l’écoute électronique israélienne ont permis de confirmer l’hypothèse de l’INR. Finalement, après une brève tentative infructueuse pour négocier la libération des 413 passagers contre 50 prisonniers palestiniens, puis pour obtenir des garanties contre d’éventuelles représailles américaines, britanniques et allemandes, les terroristes se rendent aux autorités égyptiennes à Port-Saïd. Le gouvernement italien de Bettino Craxi, qui cherchait à maintenir son rôle dans le processus de négociation israélo-arabe a tout de suite privilégié la négociation avec les terroristes. Il s’opposait ainsi à la doctrine américaine de l’époque, qui cherchait à opposer la fermeté à tout acte terroriste et se préparait à une intervention de sauvetage des otages.(1) Finalement, le bateau regagne les eaux territoriales égyptiennes et les terroristes se livrent aux autorités. Les Etats-Unis demandent alors l’extradition des quatre auteurs de l’action au Président Hosni Moubarak, qui répond qu’ils ont déjà quitté le sol égyptien. Mais, le renseignement d’origine électronique américain dément l’affirmation du Président égyptien. Les services de renseignements israéliens et américains détectent le vol pris par les preneurs d’otages libérés par les autorités égyptiennes, et forcent le Boeing d’EgyptAir à atterrir sur la base aérienne de Sigonella en Sicile.(2) Après l’affaire de l’Achille Lauro, les autorités tunisiennes expulsent la faction al-Abbas de Tunisie. Autres actions du FLP Le 30 mai 1990, le FLP tente une action contre des touristes sur la plage de Nizanim de Tel-Aviv. Malgré les réprobations de la communauté internationale, Yasser Arafat ne condamne pas la tentative d’attentat et provoque la rupture des négociations par les Etats-Unis. Depuis mai 1992, lorsqu’il a tenté une opération à Eilat (Israël), le FLP n’a plus mené d’opérations terroristes significatives. En novembre 2001, 15 membres du FLP sont arrêtés par les autorités israéliennes pour avoir planifié un attentat contre l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

(1)Les Etats-Unis cherchaient alors à intervenir contre le navire avant qu’il atteigne les eaux territoriales d’un pays qui pourrait s’opposer à une intervention et d’éviter que les otages puissent être dispersés sur terre et être ainsi difficiles à localiser.
(2)Un des derniers protagonistes emprisonnés pour cette affaire, ► Ibrahim Fayater Abdelatif, a été libéré pour bonne conduite au début juillet 2008 par les autorités italiennes et expulsé du territoire italien. Il a fait appel de cette décision en raison de l’absence de pays d’accueil. (USA Today, 08.07.2008)

Corrélat : ► Organisations terroristes