Front de Libération Nationale Corse (FLNC)

Autres appellations:
Armée de Libération Nationale Corse (ALNC)
Brigades Révolutionnaires Corses

Front de Liberation Nationale Corse (FLNC)(France) (Frontu di Liberazione Naziunalista Corsu) Mouvement nationaliste radical corse issu de la fusion du Front Paysan Corse de Libération (Frontu Paesanu Corsu di Liberazione — FPCL), apparu le 25 mai 1968, et de Ghuistizia Paolina (GP), formée le 22 mars 1974.

Le FLNC se manifeste par des actions spectaculaires. Ainsi, sa première action, dans la nuit du 4 au 5 mai 1976(1), a consisté en une attaque simultanée de 22 objectifs différents en Corse et sur le Continent.

Plus tard, le 11 février 1981, il organise une « nuit bleue », avec l’explosion quasi-simultanée de 45 bombes en Corse et 3 à Paris.

En août 1982, le FLNC organise la « Conférence Internationale des Organisations et Mouvements de Libération Nationales » à Corte, en Corse. Dissout officiellement le 5 janvier 1983, le FLNC devient de facto l’ex-FLNC. Il continue à mener des actions contre le gouvernement central français, contre les autorités régionales et contre les intérêts étrangers basés sur l’île.

Front de Liberation Nationale Corse (FLNC)_Genese des mouvements corses

Occasionnellement, l’ex-FLNC frappe des objectifs situés en métropole, principalement sur la côte méditerranéenne. Il agit également probablement sous le couvert des Brigades Révolutionnaires Corses et de l’Armée de Libération Nationale Corse. En 1987, il se donne une aile politique, A Cuncolta Naziunalista, qui constitue la vitrine légale de l’ex-FLNC (puis du FLNC-Canal historique). Elle devient A Cuncolta Indipendista en 1998. De l’A Cuncolta se détache, en 1989, l’Accolta Naziunale Corsa (ANC) de tendance plus modérée. Elle donnera naissance, en 1990, à un autre mouvement, plus radical: le Mouvement Pour l’Autodétermination (MPA).

En 1990, l’ex-FLNC éclate en trois mouvements, qui constituent les branches armées des différents mouvements : le FLNC Canal Historique pour l’ex-FLNC, Resistenza pour l’ANC, et le FLNC Canal Habituel pour le MPA.

Suivent alors, entre 1994 et 1996, des années de règlements de compte et de luttes d’influence, qui se traduisent par des attentats à la bombe, des assassinats et des incendies entre les différents mouvements. Plus que les raisons politiques, c’est le contrôle de l’impôt révolutionnaire(2) qui est l’objet des rivalités.

De nouveaux mouvements apparaissent, comme le Front Paysan Corse de Libération (FPCL) qui refait surface en 1995, suivi de Fronte Ribellu.

En 1992, le MPA renonce à la revendication de l’indépendance de l’île, et, depuis 1996 privilégie a voie politique, mettant ainsi en veilleuse le FLNC Canal Habituel, sa branche armée. Mais une dissidence se manifeste par l’apparition de Corsica Viva, en 1996.

En 1996, le FLNC Canal Historique lance une vague d’attentats en Corse et sur le continent, dont l’attentat contre la mairie de Bordeaux (5 octobre 1996), qui déclenche une forte réaction du gouvernement contre le FLNC Canal Historique et A Cuncolta. Le 2 février 1997, le FLNC Canal Historique déclenche une « nuit bleue » avec 56 attentats contre des bâtiments. Les arrestations qui s’ensuivent conduisent le FLNC à annoncer une trêve en juin 1997.

En 1998, dans la perspective des élections régionales, les mouvements nationalistes cherchent à marquer leur présence. Le 25 janvier, le FLNC Canal Historique annonce la fin de la trêve, et reprend la lutte armée le 12 mai. Le 6 février, un petit groupe, le Sampieru, revendique l’assassinat du préfet Claude Erignac au plein centre d’Ajaccio.

Le groupe Clandestinu apparaît en 1999, tandis que le 25 novembre 1999 est formée l’Union des Combattants — également appelée 1 Front de Libération National Corse-Union des Combattants (FLNC-UC) — qui regroupe le FLNC du 5 mai, Fronte Ribellu, Clandestinu, et FLNC-Canal Historique.

Le 20 octobre 2001 apparaît le ► Front de Libération Nationale Corse des Anonymes (initialement appelé « Groupe des Anonymes » ou « Groupe sans nom »), fondé et dirigé par ► Antoine Marchini. Le FLNC des Anonymes revendique alors l’attentat contre la caserne de CRS du 6 juillet 2001 à Furiani et commet plusieurs attentats à la bombe, notamment contre la caserne de police de Furiani qui a été détruite par cinq explosions, le 18 juillet 2002. 17 de ses membres sont arrêtés entre la fin 2002 et le début 2003 leur procès aura lieu en mai 2007.

En 2003, le FLNC des Anonymes rejoint alors Le FLNC-Union des Combattants. Le 24 octobre 2002, apparaît un nouveau mouvement, connu tantôt sous l’appellation « FLNC » ou « FLNC du 24 octobre » est une dissidence du FLNC­UC.

Dans un communiqué daté du 11 juin 2008, le FLNC — outre la revendication de 29 attentats — rappelles ses revendications de base :

  • Mise en place de négociations entre l’Etat français et le Mouvement de Libération Nationale dans toutes ses composantes, et au-delà, avec toutes les expressions de la société corse.
  • Reconnaissance du Peuple Corse
  • Reconnaissance de la citoyenneté corse.
  • Mise en place d’un véritable pouvoir législatif pour l’Assemblée de Corse
  • Reconnaissance de la langue et de la culture corse.
  • Réappropriation de la terre et du patrimoine foncier bâti. Structure

La structure du FLNC, telle qu’elle était connue en 1987 — présentée ici à titre historique — est très analogue à celle de l’IRA. L’organe suprême de conduite était le « Consigliu », composé de 14 personnes. Il déterminait la ligne politique du mouvement et décide les opérations. Chaque direction régionale comportait un

chef militaire et un chef politique qui faisait exécuter les décisions prises par le Consigliu.

Front de Liberation Nationale Corse (FLNC)_Organisation du FLNC (1987)

Cette structure est vraisemblablement en partie dépassée. Apparemment, la structure
opérationnelle actuelle des divers groupes corses est moins élaborée, mais plus orientée sur des petites cellules
(4-12 personnes) d’individus se connaissant bien avec, pour la plupart d’entre eux, des liens étroits avec les partis politiques en place.

(1)Malgré le fait que le 5 mai 1976 constitue la date officielle de la création du FLNC, il semble qu’il ait eu une existence opérationnelle bien avant cette date, et notamment avoir été entraînée en Algérie dès le début des années 70. (Voir Claire Sterling, Le Réseau de la Terreur, JC Lattès, Paris, 1981, p.192)
(2)L’impôt révolutionnaire a été officialisé par le FLNC le 29 décembre 1982.