Front Polisario

Autres appellations :
Frente Popular para la Liberación de Saguia el Hamra y Rio de Oro
Jabhah al-Sha’biyah li-Tahrir al-Saqiyah al-Hamra’ wa-Wadi al-Dhahab

Autres appellations US :
Polisario Front
Frente Polisario

Front Polisario(Maroc/Mauritanie) Front de Libération de Saguia el-Hamra et du Rio de Oro (Polisario) Mouvement nationaliste et indépendantiste sahraoui, issu du Front de Libération du Sahara créé en 1967. Le Front Polisario est créé le 20 mai 1973. Il revendique l’indépendance du Sahara Occidental, promise par l’Espagne, lors de la décolonisation. Il est dirigé par Mohammed Abdelaziz el-Marrakchi.

Le Polisario est essentiellement une organisation politique. Sa branche armée est l’Armée de Libération Populaire Sahraouie (Ejercito de Liberacion Popular Sahraoui — ELPS). Elle mène essentiellement des raids rapides et de courte durée contre des objectifs limités. Elle bénéficie du soutien de l’Algérie et (jusqu’en 1984, de la Libye).

En 1974, lors du processus de décolonisation, l’Espagne promet l’autodétermination du Sahara Occidental qu’elle occupe depuis 1884.

Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II organise une « Marche Verte » avec 300 000 Marocains, afin d’occuper le territoire qui sera laissé libre par les Espagnols, tandis que la Mauritanie s’empare du sud du territoire.

Malgré la décision de la Haute Cour de Justice de La Haye, le Maroc annexe le Sahara Occidental le 14 novembre 1975. L’Espagne se retire du Sahara Occidental en 1976 et abandonne son engagement pour l’autodétermination du territoire. Dans la zone qu’il occupe, le Front Polisario fonde la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) le 27 février 1976 et entame une guerre contre la Maroc et la Mauritanie.

Les succès militaires remportés par le Polisario déstabilisent le gouvernement mauritanien, et pénalisent le budget national. Ainsi, le 5 août 1979, le Polisario et la Mauritanie signent un traité de paix, par lequel cette dernière renonce aux territoires convoités.

Dès 1977, sur les conseils du général Dlimi, le Maroc établi un « mur » destiné à protéger le territoire marocain des incursions du Polisario. Progressivement, le mur – qui se présente comme longue berme associée à des postes d’observation, des champs de mines et, par endroits, des tranchées – est suivi d’autres « murs » qui réduisent successivement les dimensions du territoire opérationnel du Polisario.

Front Polisario_Dispositif du Front Polisario (2006)

Localisation approximative des régions militaires du Front Polisario et de leurs quartiers
généraux. La
e Région Militaire serait située à Nouakchott (hors de la présente carte). Le quartier général du Front se situe à Tindouf en Algérie.

Sous la conduite de Lahbib Sid’Ahmed Lahbib Aouba (alias Commandant Ayoub)(1) le Polisario a, dans un premier temps, mené des attaques dans les zones non sécurisées par le mur, à Guelta Zemmour, Lemseied, Lahraicha et Zmoul Nirane en 1983-84. Puis, avec l’aide matérielle de l’Union Soviétique, de l’Algérie et de Cuba, le Polisario est en mesure de mener des attaques mécanisées complexes et rapides contre les forces marocaines, malgré des pertes importantes. L’ELPS dispose alors de chars de combat T-55, des obusiers de 122 mm et des missiles anti-aériens SA-6.

En 1991, le Front Polisario et le gouvernement marocain concluent un accord de cessez-le-feu et dès le mois d’août, les Nations Unies mettent en place une force de maintien de la paix au Sahara Occidental, sous le nom de MINURSO. Les négociations de paix et sur l’indépendance n’avancent que très lentement. Le décès du roi Hassan II, puis la reprise du dossier par Mohammad VI, n’a pas contribué à faire progresser le dossier qui stagne.

« Nous n’avons jamais cru pouvoir vaincre militairement l’armée marocaine. C’est une armée combative, avec de grands chefs. Mais, sans combats, nous n’aurions pas existé sur le terrain diplomatique. »(2)

En 2003, l’envoyé spécial américain James T. Baker III avait proposé la tenue d’un référendum à l’horizon 2008-2009 sur l’indépendance du Sahara Occidental. Le Polisario avait accepté le principe en juillet 2003 et le Conseil de Sécurité des Nations Unies en avait approuvé le principe en août, mais le gouvernement marocain n’a pas donné son accord.

Le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination, sous l’égide de l’ONU, qui laisserait aux sahraouis le choix entre trois options:

  • le rattachement au Maroc,
  • l’indépendance ou
  • l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Maroc s’en tient à sa proposition d’une autonomie sous souveraineté marocaine. En décembre 2007, le Polisario afin de faire pression sur le gouvernement marocain, menace de reprendre la lutte année (ce qui semble peu probable dans les faits pour la plupart des observateurs).

(2)Interview du ► Commandant Ayoub à François Soudan en 2002 pour Marocco News (marocconews.it)