Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement Général (FPLP-CG)

Front Populaire de Liberation de la Palestine - Commandement General (FPLP-CG)Autres appellations US:
Popular Front for the Liberation of Palestine-General Command (PFLP-GC)
PFLP-GC

(Israël/Palestine) (el-Jebhat el-Cha’abiya li­Tahrir Filastiniya — al-Qiyada al-Amma) Faction dissidente du FPLP, créée et dirigée par Ahmed Djibril(1) dès la fin 1968. Son quartier-général se situe à Al-Rihan, une base des services de renseignements des forces aériennes syriennes, dans la banlieue de Damas (Syrie), et il a un poste de commandement opérationnel à Deïr Znoun, au Liban. Ses effectifs sont évalués à 500-800 activistes.

Il est dirigé par son secrétaire-général adjoint, Talal Naji .Le FPLP-CG figure sur la liste de l’Executive Order 13224 américain des personnes et organisations dont les avoirs doivent être gelés.

Historique

En 1959 déjà, Ahmed Djibril fonde le ► Front de Libération de la Palestine (FLP), qui mène ses premières attaques contre Israël en 1965. En 1967, le FLP fusionne avec le FPLP de Georges Habache. Mais, alors que ce dernier voit la lutte également sous un angle politique, Djibril prône l’action militaire pure. De ces tensions résulte la séparation des deux mouvements et ainsi est créé le FPLP-CG en 1968. Membre de l’ ► Organisation de Libération de la Palestine (OLP), le FPLP­CG s’oppose de manière systématique à l’orientation politique donnée à la lutte palestinienne par Yasser Arafat, et se retire progressivement du Comité Exécutif de l’OLP et du Conseil Central de la Palestine. Il se soumet néanmoins à la décision du Conseil National Palestinien — auquel il continue de participer — de juin 1974 d’abandonner le terrorisme international.

En 1976, le soutien de Djibril à la politique syrienne au Liban provoque le départ d’un groupe dirigé par Mahmoud Zeïdan (Abou al-Abbas), qui forme le Front de Libération de la Palestine avec le soutien de l’Iraq l’année suivante.

Front Populaire de Liberation de la Palestine - Commandement General (FPLP-CG)_Bases du FPLP-Commandement General au Liban (2004)

[Source : Middle East Intelligence Bulletin (Vol.4 No. 9)]

En 1983, le Fatah est l’objet d’une rébellion interne menée par des éléments radicaux opposés au processus politique de Yasser Arafat. La Syrie soutient Abou Moussa, chef du ► Fatah – Commandement Provisoire (Fatah-CP), et Djibril, qui rompt avec l’OLP. Mais le mouvement n’est pas monolithique et un groupe de 100-150 activistes, dirigé par Abou Jabar (ancien chef de la sécurité) reste fidèle à l’OLP .

Avec l’aide de la Syrie, le Fatah-CR et le FPLP-CG chassent l’OLP de son quartier-général de Tripoli (Liban). En 1985, le Fatah — CR et le FPLP-CG rejoignent le ► Front de Salut National Palestinien (FSNP).

Dès 1988, les efforts d’Arafat pour essayer de contenir l’insurrection dans les territoires occupés et sa reconnaissance des résolutions 242 et 338 des Nations Unies, consomment la séparation entre Djibril et l’OLP.

Jusqu’en 1989, le FPLP-CG entretient des relations avec la Libye, où il entretient des bases. Expulsé de Libye, le FPLP-CG s’installe en Syrie et au Liban dès 1990.

Opérations

Durant les armées 70, le FPLP-CG s’est spécialisé dans les attentats aux lettres piégées. Il a pratiqué des attaques non-conventionnelles en passant la frontière israélienne avec des ballons à air chaud et des appareils ultra-légers motorisés (ULM) acquis en France, avec l’aide des services de renseignements syriens.

Au début des années 90, le FPLP-CG a des camps d’entraînement en Syrie au « Camp du 17 septembre » à `Aïn es-Sabaa(2) et à Al-Rihan.

Dès le début des années 90, les activités du FPLP-CG diminuent. En 1991, il mène un attentat contre les forces américaines en Allemagne. La Syrie, qui a perdu le patronage de l’Union Soviétique avec la chute du mur de Berlin, tente de se réhabiliter aux yeux de la communauté occidentale. Elle participe à la coalition contre l’Irak et s’efforce de limiter les activités du FPLP-CG. Le mouvement concentre ses activités contre les mouvements palestiniens alignés sur la politique d’Arafat.

En 1999, la Syrie entre en négociation avec Israël afin de renoncer à l’usage du terrorisme. Mais le déclenchement de l’ ► Intifada Al-Aqsa et la sévère répression israélienne bouleverse les discussions et la Syrie continue son soutien de manière discrète au FPLP-CG.

Depuis le retrait israélien du Sud-Liban, le FPLP-CG reste relativement inactif. Dès 2001, cependant on note une reprise des activités transfrontalières contre Israël. La plus importante attaque a sans doute été l’attaque par neuf missiles de 107 mm contre les installations de surveillance électroniques israéliennes du Mont Hermon, le 4 avril 2002. Cette attaque sera suivie le 8 avril par d’autres tirs de roquettes contre la ville de Qiryat Shemona.

Le 20 mai 2002, le fils d’Ahmed Djibril, Mohammed Djihad Djibril est assassiné par un attentat à la voiture piégée. Bien que l’attentat ait été revendiqué par un mystérieux « Mouvement des Nationalistes Libanais », on estime généralement qu’il s’agit d’une exécution extrajudiciaire menée par le Mossad israélien. Peu après l’attentat, le service de sécurité du FPLP-CG a arrêté Amir Arraji, un ami, et le chauffeur de Djihad Djibri1.(1)

Lors des obsèques de Djihad Djibril, Ahmed Djibril a déclaré que le FPLP-CG entraînait des combattants du Hamas dans ses camps du Liban.(2)

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Ahmed Djibril (alias Abou Djihad), né en 1938 à Ramallah..Réfugié, avec sa famille en Syrie en 1948, il devient cadet puis capitaine des troupes du Génie de l’armée syrienne. Lors de la formation de la République Arabe Unie, il quitte l’armée et fonde le Front de Libération de la Palestine, en 1959. 11 s’associe au Fatah dès 1965, et se joint avec George Habache pour former le FPLP en 1967. 11 est chef opérationnel du FPLP durant l’incarcération de Habache. Son fils Mohammed Djihad Djibril est assassiné à Beyrouth dans un attentat à la voiture-piégée le 20 mai 2002.
(2)Le camp d’Ain as-Sabaa a fait l’objet d’un raid israélien le 6 octobre 2003 en réponse à un attentat-suicide commis par le Djihad Islamique Palestinien.