Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP)

Front Populaire de Liberation de la Palestine (FPLP)Autres appellations US:
Popular Front for the Liberation of Palestine (PFLP)
Halhul Gang
Halhul Squad
Martyr Abu-Ali Mustafa Battalion

Palestinian Popular Resistance Forces, PPRF
Red Eagle Gang
Red Eagle Group
Red Eagles

(Israël / Palestine) (Jebhah ech-Cha’abiya li-Tahrir Filastin) Mouvement marxiste-léniniste, créé en décembre 1967, et dirigé jusqu’en juillet 2000 par le Dr ► Georges Habache. Il est formé à partir d’éléments du ► Front de Libération de la Palestine (FLP) et du Mouvement des Nationalistes Arabes (MNA). Ses effectifs sont évalués à 800­1 000 activistes.

Il est soutenu par la Syrie et la Libye et sa conduite politique est basée à Damas. Au plan opérationnel, il est conduit de Naplouse et mène essentiellement ses actions en Cisjordanie.

Historique

Le FPLP est issu du Mouvement des Nationalistes Arabes (MNA) (Harakat el­Kaoumiyne el-Arabi), mouvement nationaliste — mais déjà orienté sur la question palestinienne — fondé à Beyrouth en 1952 par Georges Habache avec Abdul Karim Hamad, Ahmed Yamani et Waddi Haddad. Le mouvement, dont le slogan est « unité, libération, vengeance » connaîtra un certain succès auprès de la jeunesse arabe(1). En 1964, le mouvement devient le Front National pour la Libération de la Palestine et conduit plusieurs opérations terroristes contre Israël à la fin de la même année.

Après la guerre de 1967, il change de nom pour celui de Front Populaire de Libération de la Palestine et s’installe en Jordanie. Tentant de faire connaître la cause palestinienne à l’étranger, il acquiert une triste réputation dans de nombreux détournements d’avions. En février 1969, après sa conférence annuelle, l’aile gauche du mouvement, conduite par Nayef Hawatmeh, fait sécession et créé le Front Démocratique Populaire de Libération de la Palestine (FDPLP)(2) . Le FPLP poursuit sa lutte et prône le renversement du pouvoir Hachémite, entraînant les durs combats de septembre 1970 qui verront l’expulsion de la résistance palestinienne de Jordanie. Il boycotte les réunions du Conseil National Palestinien et du Comité Exécutif de l’OLP, mais il reste fidèle au principe de l’unité nationale palestinienne et du maintien de l’OLP.

Ainsi, en 1972, le FPLP renonce aux « opérations extérieures » et se concentre sur Israël et les Territoires occupés. Après 1973, le FPLP s’oppose aux nouvelles orientations modérées de l’OLP. Les divergences restent profondes entre le FPLP et le Fatah, et resurgiront à nouveau après la guerre du Liban en 1982.

En septembre 1974, le FPLP se retire du Comité Exécutif de l’OLP (qu’il ne réintègrera qu’en 1987) et forme un « Front du Refus », qui rejette toute négociation avec Israël, ainsi que son droit à l’existence. Affichant publiquement ses divergences avec Yasser Arafat, le FPLP a généré une grande quantité de groupuscules radicaux dissidents souvent meurtriers. Le FPLP se prononce contre l’accord israélo-palestinien de 1993 (Accords d’Oslo) et de Wye Plantation.

Il participe ainsi au Conseil National Palestinien de 1987, 1988 et de 1991 mais rejette la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Le FPLP collabore étroitement avec le ► Front Démocratique de Libération de la Palestine, et est l’un des mouvements arabes les plus liés avec le terrorisme européen (entre autres avec l’ ► Irish Republican Army (IRA)). Il comprend également de nombreux groupuscules extrémistes qui lui servent de couverture comme les Aigles Rouges, dirigés par Samir Shaas (1993).

En juillet 1999, le FPLP se déclare ouvert à des négociations en vue de rejoindre le mouvement de Yasser Arafat et le processus de paix.

Une réconciliation entre le FPLP, le FDLP et Arafat eu lieu au Caire en août 1999 à la veille du début des négociations sur le statut final des territoires palestiniens. Le FPLP est alors représenté par son vice-secrétaire général de l’époque ► Moustafa Zabri (alias Abou Ali Moustafa) et cinq autres membres du groupe. (George Habache refuse de rencontrer Arafat).

Le bras armé du FPLP est constitué par les Forces de Résistance Populaire Palestiniennes (FRPP) (Quwwat al-Muqawama al-Chahbiyya al-Filastiniyya).

En avril 2000, Georges Habache démissionne de son poste de secrétaire-général, pour des raisons de santé, mais reste actif au plan politique. Il est remplacé en juillet par le numéro deux du mouvement, Abou Ali Moustafa, qui avait réinstallé le bureau du FPLP à Ramallah en août 1999. Durant la deuxième Intifada, le FPLP mène des attaques contre Israël et les colonies de peuplement. Le 27 août 2001, Abou Ali Moustafa est éliminé par les forces israéliennes, en réponse à une attaque contre un poste militaire — pourtant exécutée par un commando du ► Front Démocratique pour la Libération de la Palestine (FDLP)qui avait tué trois militaires israéliens. En réponse à cette action, la branche armée du mouvement est renommée en ► Brigades du Martyr Abou Ali Moustafa. Le 17 octobre 2001, ces dernières mènent une opération qui vise pour la première fois un ministre israélien : un commando du FPLP élimine Rehavam Zeevi, à Jérusalem, le Ministre du Tourisme et membre du parti d’extrême droite israélien Moledet.

Tiraillé entre les pressions internationales, le gouvernement israélien, l’opinion palestinienne publique modérée et les islamistes, l’Autorité palestinienne a tenté de limiter les actions des mouvements radicaux palestiniens, notamment des « Brigades du Martyr Abou Ali Moustafa ». Le 14 janvier 2002, l’Autorité palestinienne a même arrêté le nouveau(3) secrétaire-général du FPLP, Ahmed Saadat, déclenchant de vives réactions de la part de Georges Habache, qui a demandé à l’Autorité palestinienne de le libérer « immédiatement ».

Le 14 mars 2006, Israël capture Ahmed Saadat et Ahed Ghulmeh, chef des Brigades du Martyr Abou Ali Moustafa.

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Le MNA aura une branche sud-arabique au Yémen dès 1959.
(2)Qui deviendra le ► Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP)
(3)Depuis octobre 2001.