Gerakan Aceh Merdeka (GAM)

Autres appellations:
Aceh Merdeka
Acheh Sumatra National Liberation Front (ASNLF)
Free Aceh Movement
Gerombolan Pengacau Keamananan (GPK)

Gerakan Aceh Merdeka (GAM)(Indonésie) Mouvement indépendantiste islamiste en Aceh(1), à l’extrême Nord-Ouest de l’île de Sumatra, qui cherchait à obtenir l’autodétermination de la province. Le GAM a rendu les armes officiellement en décembre 2005. Il était dirigé par Tengku Hasan M. di Tiro, qui vit en exil en Suède depuis 1980 et avait un quartier-général opérationnel à Kuala Lumpur (Malaisie).

La rébellion en Aceh a débuté lors des années 50 avec révolte du « Darul Islam » (Territoire ou Maison de l’Islam). Il s’agissait alors d’une tentative de mettre en  place un gouvernement islamique à Sumatra, qui aboutit à l’octroi d’un statut spécial à la province en 1959. 

Créé le 4 décembre 1976, sous l’appellation d’ Aceh Merdeka, le mouvement s’engage dans la lutte armée contre le gouvernement avec l’objectif d’obtenir une indépendance de l’Aceh et rompre les liens de dépendance avec l’Indonésie. Il compte alors environ 150 combattants.

Le gouvernement lance les opérations « Operasi Nanggala » et « Operasi Nila » qui aboutissent à de nombreuses arrestations et la suppression des activités du GAM en 1977. Il bénéficie du soutien de la Libye, qui assure la formation de certains de ses combattants durant les années 80. Il restera inactif jusqu’en 1989. Entre 1989 et 1998, après une vague d’attaques du GAM contre des implantations indonésiennes et des installations militaires, le gouvernement indonésien répond par la mise en oeuvre d’une campagne anti-insurrectionnelle appelée « Filet Rouge » (Operasi Jarin Mera). L’action des forces de l’ordre s’accompagne de multiples cas de torture et de disparitions inexpliquées. Dès 1991, l’Aceh est déclaré zone d’opérations militaires (« Daerah Operasi Militer » ou DOM) par le gouvernement. Ce statut ne sera levé que le 7 août 1998.

En 1998, l’Aceh Merdeka prend la dénomination de Gerakan Aceh Merdeka (GAM), tandis que le gouvernement le nomme Gerombolan Pengacau Keamananan (GPK) (Mouvement Perturbateur de la Sécurité).

En mai 1998, la Malaisie expulse des ressortissants originaires d’Aceh (mais pas de ressortissants indonésiens) qui sont internés dans le camp de Rancong (Indonésie), géré par le Kopassus.(2) Exactions et atrocités provoquent la colère des ressortissants d’Aceh. En 1999, le mouvement se popularise dans les campagnes et les chefs coutumiers prêtent allégeance au GAM. Ses effectifs atteignent 3000-­5000 combattants.

En 1999, le GAM se scinde en deux factions rivales :

  • l’Aceh Sumatra National Liberation Front (ASNLF), qui est le GAM originel, dirigé par Abdullah Syafei’i Dimatang
  • le Majelis Pemerintahan — Gerakan Aceh Merdeka (MP-GAM), qui utilise le même drapeau que le GAM originel, est dirigé par Don Zulfahri (alias Don Malindo). Selon des informations, Maulida serait en contact étroit avec des services de sécurité du gouvernement et pratiquerait des opérations de déception avec son groupe.

Une première négociation en vue d’un accord de paix avec le gouvernement est initiée en décembre 2002, mais se solde par un échec en mai 2003. Les forces armées du GAM sont officiellement désignées Tentara Negara Aceh (Forces de l’État d’Aceh).

Le 28 décembre 2004, deux jours après le tsunami qui a dévasté la région, le GAM annonce la cessation des hostilités. Des négociations sont reprises le 27 février 2005 sous les auspices de la Finlande, qui aboutissent à un accord le 16 juillet. Puis, le 15 août 2005 à Helsinki, le GAM signe avec le gouvernement indonésien un traité de paix, sous la forme d’un « Memorandum of Understanding ». Le 27 décembre 2005, le GAM annonce le démantèlement de son bras armé et 840 armes sont détruites sous la surveillance de l’Aceh Monitoring Mission (AMM), qui a terminé sa tâche le 15 décembre 2006.

(1)Les populations locales préfèrent utiliser l’orthographe « Acheh » ou « Atjeh »
(2)Kopassus (Komando Pasukan Khusus) — Forces spéciales militaires indonésiennes