Groupe de Résistance Antifasciste du Premier Octobre (GRAPO)

Groupe de Resistance Antifasciste du Premier Octobre (GRAPO)(Espagne) (Grupo de Resistencia Antifascista Primero de Octubre) Groupe terroriste apparu en 1975. Il tire son nom de la date du premier attentat important perpétré par le groupe (assassinat, le l’ octobre 1975, de quatre policiers en représailles pour la mort de deux séparatistes basques présumés et de trois anarchistes du FRAP). Ses effectifs sont estimés à 50 activistes.

Il est l’un des groupes terroristes espagnols les plus meurtriers et on lui attribue environ 90 meurtres depuis sa création.

Historique

Le groupe a ses origines dans une faction du Parti Communiste Espagnol (PCE), créée à Bruxelles durant les années 60, sous le nom d’Organisation Marxiste Léniniste Espagnole (OMLE). En 1975, l’OMLE se dissout pour se restructurer en Parti Communiste Reconstitué — PC(r) — de tendance maoïste. La même année, le PC(r) décide de se doter d’un bras armé, initialement connu sous l’appellation de « section technique », qui deviendra le GRAPO en octobre 1975.

Nouvellement constitué, le GRAPO se distance rapidement de Moscou et se proclame anarchiste. Il est alors en contact avec ► Action Directe, la ► Rote Armee Fraktion et les ► Brigades Rouges. En 1977, le GRAPO organise une conférence qui regroupe les principaux mouvements terroristes européens.

Stratégie et opérations

Le GRAPO n’a jamais montré une ligne politique claire. Ses méthodes sont inspirées des tactiques de guérilla urbaine de Carlos Marighella, mais il ne parvient pas à mobiliser un soutien populaire. Selon la nomenclature proposée dans cet ouvrage, il tombe dans la catégorie du ► terrorisme marginal. Ses actions sont souvent dirigées contre l’OTAN, mais il pratique également des actions à but lucratif telles que les attaques à main armée, l’enlèvement, le racket et l’assassinat d’industriels. Il agit essentiellement sur le territoire espagnol. Parmi ses actions les plus spectaculaires mentionnons le 18 juillet 1976, où 60 bombes ont été déclenchées pour célébrer le 60e anniversaire du début de la « guerre civile ».

Resté longtemps inactif, le GRAPO a resurgi en 1998 avec des attentats à la bombe et des tentatives d’extorsions de fonds auprès d’hommes d’affaires en Espagne. Mais c’est en 2000 que le groupe a démontré la plus grande activité par des attaques de banques et des attentats à la bombe contre diverses entreprises. C’est également cette année-là qu’est commis le dernier assassinat du GRAPO, le 17 novembre 2000.

Grâce à une efficace collaboration entre les polices espagnole et française de nombreuses arrestations ont perturbé le mouvement en 2000, notamment celle de ► Marcos Martin Ponce, chef des commandos du GRAPO(1), puis, en juillet 2002, Fernando Hierro Chomon, un des chefs historiques du mouvement et responsable de la réorganisation de sa branche militaire, dont le siège est à Paris. Le 26 novembre 2006, l’arrestation de Francisco Javier Garcia Victoria (chef de l’appareil politique), Anibal Saugar Rubio (responsable des finances) et Juan Carlos Matas Arroyo (responsable de la propagande). Le mouvement est alors considéré comme décapité.

Groupe de Resistance Antifasciste du Premier Octobre (GRAPO)_Victimes du GRAPO (1975-2007)

[Ministère de l’Intérieur — Espagne, Asociacién Victimas del Terrorismo (AVT), 2008]

Le 28 décembre 2001, les quinze pays de l’Union européenne ont placé le GRAPO dans la liste des 12 organisations européennes accusées d’activités terroristes.

Avec l’arrestation, le 9 juin 2006 à Reus (Torrejon), de Juan Garcia Martin, son principal chef opérationnel et trois jours plus tard Carmen Cayetano Navarro et Maria ,Arânzazu Diaz Villar, le GRAPO est réputé décapité. Son dernier commando opérationnel est démantelé le 6 juin 2007 à Barcelone, tandis que de multiples caches (« zulos ») sont découvertes les jours suivants comprenant des armes et des explosifs. Les derniers membres du GRAPO sont incarcérés en janvier 2008 en Espagne.

(1)NdA : Il avait succédé Fernando Silva Sande à ce poste.