Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC)

Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC)Autre appellation :
Base du Djihad au Maghreb Islamique (Qaïdat al-Jihadfil-Maghrib al-Islami) (BDMI) [nouvelle appellation depuis janvier 2007, généralement simplifiée en « Al-Qaïda au Maghreb Islamique »]

(Algérie) (Al-Jama’a es-Salafiyya li Da’wa wa ‘l-Qital) Groupe salafiste créé le 24 avril 1998(1) par Hacène Hattab (alias Abou Hamza) et ► Zerabib Ahmed (alias Cheikh Ahmed Abou al-­Bara) comme une dissidence du ► Groupe Islamique Armé (GIA), en réaction à sa politique d’attentats indiscriminés. Ancien militaire, Hattab dirigera le GSPC jusqu’en 2003.

Depuis juin 2004, après une période de confusion interne, le nouvel émir du GSPC est ► Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossaâb Abdelouadoud)(3).

Depuis 2002, le GSPC est inclus dans la liste des mouvements terroristes du Secrétariat d’Etat américain. Le 9 octobre 2004, dans un enregistrement audio, ► Abou Mohammed al-Yamani, émissaire d’Oussama ben Laden, aurait donné sa caution au GSPC dans son djihad. En fait, cet enregistrement aurait été un montage organisé par Abdelmalek Droukdel.(5)

Le 11 septembre 2006, est annoncée l’allégeance du GSPC à Oussama ben Laden (« ► Al-Qaïda »), tandis que son nom est changé le 24 janvier 2007, pour la Base du Djihad au Maghreb Islamique (Qaïdat al-Jihad fil-Maghreb al-Islami QJMI), souvent cité dans la presse occidentale sous sa forme raccourcie : « AI­-Qaïda au Maghreb ».

Le GSPC était considéré comme le mieux organisé des groupes armés islamistes actifs en Algérie. Ses effectifs ont atteint plusieurs centaines d’hommes, dont de nombreux ex-militaires de l’armée algérienne.

Historique

La création du GSPC suit une vague de violentes et sanglantes dissensions au sein du GIA. La politique de violence brutale et indiscriminée du GIA pose problème. De plus, apparemment, des contacts sont établis entre des membres du GIA et Oussama ben Laden, notamment Kamredine Kherban — ex-« Afghan » — pour activer et réorganiser les tendances contestataires du GIA en un mouvement cohérent. A cette occasion, ben Laden aurait mis comme condition à un soutien politique et financier le fait que le nouveau groupe ne s’attaquerait plus à des civils, mais concentrerait ses efforts sur la lutte contre les forces de sécurité.(3)

En avril 1999, l’Ahl el-Hal wel-Akd (sorte de Conseil des Sages) du GSPC veut remplacer Hattab à la tête du mouvement et nomme Abdelmadjid Dichou (Abou Mossab), qui ne restera que deux mois à son poste, avant d’être éliminé et de céder ainsi à nouveau la place à Hacène Hattab.

Le GSPC s’est développé en reprenant de nombreux réseaux et phalanges (kataeb) du GIA. Les subordinations et les structures changent rapidement et souvent. Certaines unités ont des parcours complexes, comme une partie de la Katibah « el­-Khadra », ex-garde prétorienne de l’émir du GIA implantée au Sud-Est de Médéa, dirigée par Mohammed Houti (alias Otbah), qui passe au ► Groupe Sunnite pour la Prédication et le Djihad (GSPD) en 1996, puis au GSPC en mai 2002.

Depuis juin 2004, le groupe est fortement affaibli par les forces de l’ordre algériennes. En janvier 2006, ses effectifs sont évalués à 250-400 combattants avec un commandement situé à Toudja, à l’Est de Béjaïa.

Emirs nationaux du GSPC/BDMI

► Hacène Hattab (alias Abou Hamza) 04.1998 — 04.1998
Abdelmadjid Dichou (Abou Mossab) 04.1999 — 06.1999
Hacène Hattab (alias Abou Hamza) 06.1999 —10.2003
Nabil Sahraoui (alias Okkacha al-Bara)(8)10.2003 — 06.2004
Abdelhamid Saadaoui (alias Abou el-Heythem) 06.2004 — 06.2004
Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossaâb Abdelouadoud) 06.2004 -

En 2006, des tensions naissent entre l’émir national Droukdel et le puissant émir de la Zone II, Abdelhamid Saâdaoui sur la question de la répartition de la « ghanima » (butin) résultant des diverses activités du groupe terroriste. Saâdaoui accuse en effet l’émir national d’enrichir ses proches et lui-même. Ce conflit interne conduit à des remaniements de la conduite de la Zone II à la fin 2006.

Groupe Salafiste pour la Predication et le Combat (GSPC)_Zones operationnelles du GSPC

Structures

La structure et le fonctionnement du GSPC sont précisés dans sa charte (el­-Mithaq). L’ensemble est dirigé par un émir national, Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossa’âb Abdelwadoud) depuis juin 2004, assisté en cas de nécessité de l’Ahl el-Hal wa’l-Aqd (Conseil des Sages). La structure de conduite du GSPC est divisée en deux branches : la Direction Politique (el-Haïâ ech-Charia) et la Direction Militaire (el-Haïâ al-Askariya). L’émir national est entouré de conseillers et hommes de confiance :

  • Conseiller politique et coordinateur du GSPC Samir Saïoud (alias Samir Mossa’âb) (septembre 2006 — avril 2007).
  • Conseiller militaire Ali Dis (alias Ah Abou Dahdah) (abattu le 27 juin 2007), remplacé par Ahmed Djibri.
  • Directeur de la Commission religieuse ► Abdelhamid Saadaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem) (abattu le 14 novembre 2007).
  • Responsable de la communication et point de contact avec la chine de télévision Al-Jazeera Abou Abderrahman (s’est rendu aux autorités en novembre 2007).

Très rapidement, le GSPC adopte le découpage géographique établi par le GIA, avec quelques modifications. Toutefois, toutes les unités ne rejoignent pas le GSPC immédiatement. Le GSPC s’est développé autour de la Zone II du GIA ­progressivement renforcé par des éléments des Zones IV, V, VI, VII et VIII du GIA. Initialement, le GSPC est structuré en deux jound (bataillons), qui couvrent les parties Ouest et Est de l’Algérie :

  • Le Jound « el-Ahd », dirigé par Mohammed Djemati (alias Abdallâh el-Mir), qui couvre la partie ouest de l’Algérie, y compris la région d’Alger (Zones I, II, III, IV)
  • Le Jound « el-I’tissam », dirigé par Abou el-Miaad el-Kacentini (jusqu’en octobre 2005) et qui couvre l’est du pays (Zones V, VI, VII, VIII)

Mais cette structure ne permet pas de gérer la croissance rapide du mouvement, qui se construit au fur et à mesure de la désagrégation du GIA. Il est alors restructuré en zones opérationnelles, comme l’était le GIA. Sous le commandement de l’émir du GSPC sont ainsi un groupe (seriya) à usage stratégique et neuf zones opérationnelles. Au maximum de son extension (en 2004-2005), l’articulation du GSPC se présente comme suit :

Seriyat « el-Hurrya »

(ou « el-Horra ») (Groupe « de la Liberté »), groupe de combat indépendant créé en 2001 par Hacène Hattab et resté sous le commandement direct de l’émir national du GSPC. Il peut se déplacer à travers toute la zone opérationnelle du GSPC pour commettre ses attaques, mais est principalement actif dans la région d’Alger. De la taille d’une section (environ 20-30 combattants), il se compose de trois cellules, comprenant chacune 1-2 groupes de trois combattants :
– Une cellule dirigée par Ben Aïssi Mohamed (alias Djoulilab), au centre du pays ;
– Une cellule dirigée par Mâadadi Farid (Kouidri) (alias Omar Al Gharib), à l’est du pays ;
– Une cellule dirigée par Abou Horaïra, à l’Ouest.

Zone I

  • Katibah « el-Khadra » (« Verte ») opérant dans le secteur de Médéa.
  • Katibat « Khaled Ibn el-Walid », dirigée par l’émir Abdelghani Benaïssa (alias Abou Hamza). Elle se compose de deux seriyat :
    a)Seriyat « el-Feth » (« de la Victoire ») (à ne pas confondre avec la katibah du même nom) dirigée par Haroun Abou Salama, principalement active dans le secteur Meftah — Larba’a.
    b)Seriyat « el-Qadisiyya », dirigée par un certain « Yasser », originaire d’Alger.(4)

Zone II

Dérivée de la Zone II du GIA, dirigée de 1998 à décembre 2006 par ► Abdelhamid Saadaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem), par Samir Saïoud (alias Samir Mossa’âb) (décembre 2006 — mai 2007), par ► Hareg Zoheir (alias Sofiane El-Fassila ou Abou Fassila) (mai 2007 — 6 octobre 2007), puis par ► Touati Athmane (alias Abou el-Abbas) (octobre 2007)(5). Elle couvre essentiellement la Kabylie à l’est d’Alger.

  • Katibat « el-Ansar » (« des Partisans »), dirigée par Mohammed Arezki Houmil (alias el-Khomeini) (jusqu’en septembre 1993), ► Abdelhamid Saadaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem) (1993-2000), ► Djamel Harfouchi (alias Lyès) (jusqu’en avril 2002) puis par ► Abbas Aboubakeur (alias Selmane) jusqu’en mai 2006, puis par ► Marek Zoheir (alias Sofiane El-Fassila) jusqu’en décembre 2006, puis par Abdelfettah, puis par Ben Touati Ali (alias Amine) (2007-).(6) Elle opère dans la moitié Est de la wilaya de Boumerdès, au sud-ouest de Dellys. Outre le prélèvement de l’impôt islamique (djizia), elle tire ses revenus d’une collaboration mafieuse pour l’extraction et la vente de sable de construction. Ses effectifs sont estimés à une cinquantaine de combattants(7) et elle est l’une des rares phalanges à être composée de deux fassilat (sections)(8) :
    a) Fassilat « el-Ouadit », dirigée par Lyès Saâdaoui (alias Houdheyfa) et qui opère dans la zone de Thenia, Zemmouri, Bordj Menaïel, Baghlia et Lakhdaria. Elle est composée de deux seriat :
    – Seriya à Bordj Ménaïel, dirigée par Mourad Louzaï (alias Nouh)
    – Seriya aux Issers, dirigée par Hachemi (alias Souheib).
    b) Fassilat « el-Bounab », dirigée par (alias) « Abou Talha » et composée de quatre seriyat:
    – Seriya à Sahel Boubarek, dirigée par Aïssa Boucenna (alias Guergat puis par Boumis Redouane, abattu en été 2007 par les forces de sécurité) qui opère dans la région de Sidi Daoud
    – Seriya à Bounab
    – Seriya à Tigzirt
    – Seriya à (emplacement inconnu)
  • Katibat « el-Feth » («de la Victoire ») (anciennement subordonnée au jound «el-I’tissam »), dirigée initialement par Noureddine Halouane, puis par Hacène Hattab (jusqu’en juin 1995), Mohammed Seghir Tsala (alias Yahia) (dès juin 1995), Omar Chaouch (alias Abou Khaled), Djamel Khaled Kébir (alias Farouk), Rachid Zitouni (alias Abou Imad ou Chebouti), Rezki Izza (alias Abou Djaafar) (2003), Hamza Abou Naime Echradi (2005), Omar Bentitraoui (alias Yahia Abou Khithma) (2006-2007). Forte d’une cinquantaine de combattants(9), elle opère au Sud-Est d’Alger, dans la région de Meftah, et au sud-ouest de la wilaya de Boumerdès dans le secteur Thénia — Si Mustapha — Beni Amrane (2007) jusque dans la banlieue de la capitale. Elle se compose de trois groupes :
    a) Seriyat « el-Ghoraba » (« des Etrangers »), dirigé par Kamel Bourihat ou Kamel Hassen (alias Abou Moussa) (2006) dans le secteur de Keddara
    b) Seriyat « ech-Chouhada » (« des Martyrs »), dirigé par Omar Bentitraoui (aliasYahia), dans le secteur de Boudouaou ;
    c) Seriyat « el-Iqdam », « al-Akdam » ou « Haouch el-Mekfi », dirigée par Abdi Abdi (alias Abou Hamza) (2006-2007).
  • Katibat « el-Arqem », dirigée initialement par Boualem Hamza (alias Yacine) (1998-2000), puis par Djamel Nich (alias Abou Samah) (dès 2000), puis par Khelifi Youcef (alias Talha) (2008). Elle opère au centre de la wilaya de Boumerdès, plutôt à l’ouest de Thénia. Prestigieuse, en raison des liens de son émir avec Hacène Hattab, elle comptait quelque 150 combattants en 1995, mais dès 2000, un grand nombre de redditions a fait fondre ses effectifs jusqu’à 40 combattants (2003-2006). Elle se compose de trois groupes :
    a) Seriyat de Thénia, dirigée par Rabah Dramchi (2003)
    b) Seriyat d’Ouled Ali, dirigée par Mohamed Boudjemaa (2003)
    c) Seriyat de Djerrah, dirigée par Aberrezak Sersoub, alias Abd el-Djebar (2003)
  • Katibat « el-Houda », active au nord-est de la wilaya de Bouira. En 1999, on rapporte qu’elle est dissoute et que ses combattants ont été versés dans la Katibat « el-Moutaahidoune ». Mais elle subsiste et ce n’est qu’à la fin mars 2007, que ses derniers combattants sont éliminés ou arrêtés(10). Dès 1994, elle est articulée en deux seriyat:
    a) Seriya dirigée par Hassan Tayeb, dont la zone opérationnelle s’étend sur les communes de Taourirth, Ahnif, el-Adjiba, Bechloul, Ouled Rached, Ahl-Ksar et el-Esnam, Hassan Tayeb est tué en novembre 1995 et son groupe est repris par son fils Hassan Toufik. En 1998, Hassan Toufik rejoint le GSPC et refuse la possibilité d’amnistie offerte par le gouvernement en 1999. Il est abattu par l’armée algérienne le 24 février 2003.
    b)Seriya dirigée par Limam Abdelmalek, sur les communes de M’chedallah, Saharidj, Chorfa et Aghbalou. Elle accepte la possibilité d’amnistie offerte par le gouvernement en 1999 et ainsi disparaît.
  • Katibat « es-Seddik » ou « Abou Bakr Seddik » (ancienne Katibat « el­Qods » du GIA), dirigée par Abou el-Mouhib, puis — jusqu’en 2001 — par Hassan Djaïd (alias Moqdad), puis Djamel Hamouchem (alias Abdelhamid) (éliminé en mars 2003), puis par l’émir « Es-Seddik », neutralisé en juin 2007. Elle est active dans le secteur compris entre Khamis el-Khechna et l’Est d’Alger et est réputée décapitée depuis la fin juin 2007. Elle est composée de trois seriyat :
    a) Seriyat « er-Ra’ad », dirigée par Reboud Ghobrini
    b) Seriyat « Selmane el-Farissi », dirigée par Lounas Ferkioui
    c) Seriyat « er-Rahman »(11)
  • Katibat « el-Moutaahidoune » active à l’Ouest de la wilaya de Bouira.
  • Katibat « el-Mouhadjiroun », dirigée par Mohand Kacimi (alias Nouh; (1999), active dans la région de Sour el-Ghozlane, 30 km au sud-ouest de Bouira.
  • Katibat « en-Nour » (« de la Lumière »), (considérée comme disparue er 2003), dirigée par Mouloud el-Fermache puis par « M. A. W. » (alias Okba,’ (2005), puis par [alias] Mouloud. Elle est active à l’Ouest de Tizi Ouzou el couvre le secteur compris entre Draâ Ben Khedda et Ouadhias (Zone II) Ses effectifs sont évalués à 70 combattants (2007). Elle comprend quatre seriyat (2006) :
    a) Seriya à Guergour
    b) Seriya à Oued Ighzer
    c) Seriya à Aïn Hammam
    d) Seriya à Boukhalfa
  • Katibat « el-Farouk », dirigée, depuis mars 2003, par Bouchmak Hacène (alias Abou el-Hassan) (2005-2006), puis par Abderazak Sekssoub (alias Abdel Djebbar) (2007), puis par ► Ahmed Dakouir (2007), puis par Abou Tourab (alias Abdelhamid Amir) (abattu le 6 octobre 2007), puis pal Abderrahmane Bouzegza (alias Abderrahmane El Thoulathi) (abattu le 28 janvier 2008), puis par un certain Youssef (2008). Elle est active au nord-ouest de Bouira. Elle aurait été impliquée dans les attentats contre le poste de police de Bab Ezzouar (11 avril 2006), contre un autobus de la firme Brown & Root Condor (10 décembre 2006) et à Alger (11 décembre 2007). Elle se compose de deux seriyat :
    a) Seriya à Boghni
    b) Seriya à Draâ el-Mizan, dirigée par El Hadj Ali Abdelkrim
  • Katibat « el-Furqane », dont l’émir se rend aux autorités le 1er juillet 1999 et est remplacé par Bouchnak Ammar (alias Binai) (jusqu’à son arrestation, le 13 décembre 2002) puis par Mehdi Younès Elle est active au nord-ouest de la wilaya de Bouira, dans la région de Bou Zegza — Bouira — Tablât(12).
  • Katibat « el-Ghoraba » (« des Etrangers ») dirigée par Ahmed Djabri (adjoint de Hattab), active dans le secteur d’Aomar — Souk el-Khemis, entre Bouira et Lakhdaria, qui est considérée comme neutralisée en juin 2004, même si son émir refuse d’abandonner le combat
  • Katibat « et-Tawhid » (« de l’Unicité »), dirigée par ► Salah Zelbah (alias el-­Balafré), active dans le secteur de Meftah.
  • Katibat « Tarek Ibn Ziad » (« de Tarek Ibn Ziad »), créée par Abderrazak el-Para — alors émir de la zone V — avec 21 combattants. Elle est dirigée par l’émir Soheib (tué en avril 2007), puis par Mohammed Nabaka (alias Abd El Hak Lagmari). Elle est active au sud-ouest de la wilaya de Béjaia. Elle a opéré dans la zone IX dès 2004, puis a finalement été démantelée a Amizour dans la Zone II. Considérée comme neutralisée, elle se manifeste pourtant par une attaque particulièrement brutale contre un poste le police, le 7 février 2008.

Zone III, qui recouvre les wilayas de Tiaret — Relizane — Chleff — Tissemsilt

Zone IV, située à l’Ouest du pays.

Zone V, dirigée dès août 1999 par l’émir Amari Saïfi (alias Abderrazak El Para, alias Abou Haïdara) jusqu’à sa capture au Tchad en 2004, puis par l’émir Yahiaoui Abdelaâli (alias Younès Abou el-Hassan). Elle est située au sud-est du pays où elle couvre les secteurs de Sétif — Batna — Biskra.

Zone VI, dirigée par ► Houari Youcef (alias Mustapha Abou Omeir) jusqu’en juin 2006(23) et qui couvre les wilayas de Jijel, Constantine

  • Katibat « er-Rahman » (ou « Ibad er-Rahman ») (« du Clément »), active dans la région des Monts de Chekfa à l’est de Jijel (2006).
  • Katibat « et-Taliban » (« des Disciples »), active au Sud de la wilaya de Jijel, dans le secteur Texenna — Massif des Babors, dirigée par Boufligha.
  • Katibat « el-Istikama » (« de la Droiture ») active dans la région de Texenna, au sud de Jijel.
  • Katibat « es-Sunnah » (« de la Tradition »), active dans la région des Babors et de Sétif, dirigée par Boubeteche Metièche jusqu’en octobre 2003, lors du démantèlement de la katibah. Ses principaux protagonistes arrêtés ont été jugés en janvier 2005.

Zone VII,

dirigée jusqu’en octobre 2005 par Mezhoud (alias Abou Mouaâd). Elle comprend les wilayas de Skikda, Annaba et des parties des wilayas de Guelma et de Constantine. Elle est agitée par des dissensions internes dès 2004, avec l’émergence de trois émirs locaux qui tentent d’exploiter des rivalités tribales au sein de la région, et ont refusé toute allégeance à l’émir national Abdelmalek Droukdel : Touikar, représentant la tribu des Beni Ishak dans la région de Collo, Broche Abd El Madjid, émir de la Katibat « er-Rouab », représentant la tribu des Ouled Attia dans la région d’Ouled Attia, Lakrat, représentant la tribu des Beni Mhenna dans la région de Kerkera. Elle serait dirigée par un certain « Khaled ».(14)

  • Katibat « el-Istikama » (« de la Droiture ») qui opère dans la zone d’Annaba.
  • Katibat « ech-Chouhada » (« des Martyrs »), dans la wilaya de Skikda, qui comprend au moins une seriya :
    a) Seriyat el-Fath el-Moubine, qui opère dans la région de Skikda ;
  • Katibat « er-Rouàb » (« de la Terreur ») (ou « er-Rouab el-Maout »)(15), qui opère dans la région de Collo-Skikda. Elle est dérivée de la Katibat « ech­Chouhada » et est dirigée par Abou Moukatel, puis par Broche Abd El Madjid (alias Ikrima Bouchoucha Abd El Ghani, alias Abou Doudjina ), qui se rend aux autorités en mars 2006.

Zone VIII, située à la frontière tunisienne et qui comprend essentiellement la wilaya de Tebessa.

Zone IX (Sahara),

dirigée de facto par Mokhtar Ben Mokhtar depuis la capture d’Abderrazak el-Para en 2004, mais le commandement du GSPC nomme Abou Zeïd comme émir de zone. Pour réduire les tensions au sein de la zone, Droukdel envoie un troisième émir, Abou Ammar pour reprendre le contrôle de la zone 9 et envois Ben Mokhtar dans le Sud Sahara. Après la mort d’Abou Ammar dans une embuscade, en août 2006, la zone est dirigée par l’émir Benmessaoud Abdelkader (alias Abou Daoud Mossâab) (jusqu’à sa reddition le 31 juillet 2007), puis par Yahia Djouadi, (alias Abou Amar).

  • Katibat « el-Moulathamoun » (« des porteurs de turban », issue de la Katibat « ech-Chouhada » et dirigée initialement par ► Mokhtar Ben Mokhtar (ou Belmokhtar) (alias Khaled Abou el-Abbès, alias el-Laouer)(26). Elle est articulée en plusieurs groupes mobiles qui opèrent dans le sud saharien, souvent désignés collectivement avec les initiales de leur chef (MBM). La lutte pour la conduite de la Zone IX a conduit Ben Mokhtar à se retirer et à geler ses activités terroristes au profit d’autres activités (vraisemblablement de trafic et contrebande) entre le Mali et le Niger. Elle a été dirigée par l’émir était Nour Mohammad (alias Haroun el-Achache) (abattu le 30 juillet 2007) puis par Yahia Djouadi (alias Abou Amar). L’émir de cette katibah est également — par la nature même de sa mission — responsable de l’approvisionnement en armes du GSPC/BDMI et de la coordination des groupes du Centre et du Sud.(16)
  • Katibat « Tarek Ibn Ziyad », dirigée par l’émir Abou Zeid Abdelhamid, puis par l’émir Guelmi Rachid (alias Soheïb) (abattu au début avril 2007), puis par Yahia Dj ouadi, (alias Abou Amar) (également chef de Zone).
  • Katibat « Jound Allah » (« des Soldat de Dieu »), qui opère dans un rayon de 150 km autour de Laghouat. Depuis 2000, elle est dirigée par Khelifa Ben Kouider (alias al-Hamam). Objet d’une opération des forces de sécurité dans le secteur d’Aïn Defla

Commandement d’Alger

le dernier commandement créé. Jusqu’en avril 2007, Alger dépendait de la Zone II et constituait davantage une zone de recrutement qu’une zone d’opération. Avec le changement d’orientation prise par le GSPC à la fin 2006 et une tendance plus jihadiste, Alger a pris une importance stratégique, matérialisée par le triple attentat du 11 avril 2007 contre le Palais du Gouvernement et le commissariat de Bab Ezzouar, qui a fait 33 morts et 222 blessés à Alger. Cette unité était dirigée par Bouderbalah Fateh (alias Abdelfatah Abou Bassir) (arrêté en novembre 2007).

Même si l’action du gouvernement algérien contre le GSPC est restée soutenue, le changement de dénomination et l’allégeance du groupe au mouvement djihadiste international stimulent la lutte. En septembre 2006, puis en 2007, les forces de sécurité algériennes multiplient les opérations contre le GSPC en Kabylie, avec pour objectif de fragmenter et d’isoler ses unités combattantes.

Opérations

Le GSPC s’est installé en Kabylie, dont la proximité de la capitale et les troubles engendrés par la crise identitaire kabyle favorisent le recrutement de combattants. Plus politisé que le GIA, il a cherché, depuis 1998, à mieux cibler son action afin de conserver l’appui des populations locales. Ainsi, ses opérations sont plus généralement dirigées contre les forces de l’ordre, gendarmes, militaires, Groupes de Légitime Défense (GLD), gardes communaux, etc. Toutefois, les écarts sont nombreux et la population civile reste aussi largement touchée.

Il a ses zones opérationnelles traditionnelles en Basse-Kabylie (100 km à l’est d’Alger) et dans les Aurès (350 km à l’est d’Alger) et plus particulièrement à Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès, Jijel, Batna et Tébessa.

L’efficacité des opérations des forces de l’ordre algérienne dans le secteur de Bouira — Tizi Ouzou — Takhoucht a eu deux conséquences : le déplacement de certains groupes du GSPC au Sud (vers M’sila et Sour el-Ghozlane) et à l’Est (Jijel — Skikda — Batna) de leur zone d’action traditionnelle, et la conduite d’opérations particulièrement sanglantes et audacieuses à l’Est de la Kabylie, dans la région de Skikda, afin de faire déplacer l’effort principal des forces de l’ordre.

Le GSPC finance ses opérations par l’extorsion, mais s’installe également dans des activités moins visibles telles que les investissements immobiliers.

Le GSPC opère essentiellement au Nord-Est de l’Algérie. Selon l’armée algérienne les capacités opérationnelles du GSPC à la fin 2002 seraient les suivantes :(17)

  • Dans les wilayas de Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira, opèrent environ 180 hommes sous la conduite d’Abdelhamid Saâdaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem, alias Yahia Abou el-Heythem) émir de la Zone II du GIA.
  • Dans les wilayas d’Annaba, Souk Ahras, Tébessa, Batna, Sétif, environ 150 terroristes opèrent sous la conduite d’► Ammari Saïfi(alias Abderrazak el-Para).
  • Dans les wilayas de Djelfa et du Sud du pays, les détachements motorisés de Mokhtar Ben Mokhtar assurent la liaison avec le Mali et le Niger, en pratiquant divers trafics, afin d’assurer l’approvisionnement logistique du GSPC. De taille inconnue, ces détachements sont suspectés par les services de renseignements américains d’être en relation étroite avec ► Al-Qaïda et de fournir refuge pour des fugitifs de l’organisation terroriste. Le MDM opère dans le sud de l’Algérie jusque vers les frontières de la Mauritanie et du Mali, où il bénéficierait de l’appui d’un autre mouvement, le ► Da’awa wa Tabligh. Belmokhtar, qui se réfugie périodiquement au Mali ou au Niger avait menacé les concurrents du Rallye Paris-Dakar en 1999. En 1996, il est responsable du massacre de 26 personnes à Ghardaïa. On a également évoqué ce mouvement comme responsable de l’enlèvement de 31 touristes étrangers au début 2003.

Les enlèvements d’étrangers et le chantage ont semblé être une nouvelle source de financement du GSPC. On évalue à $ 5,2 millions le montant de la rançon versée par le gouvernement allemand pour la libération de ses ressortissants en août 2003(18). En janvier 2004, les menaces d’attentats contre le raid Paris-Dakar semble indiquer une dérive du mouvement vers le banditisme, et se révèle être le résultat de l’initiative individuelle d’un de ses groupes. En été 2006, affaibli par les coups des forces de l’ordre et en proie à des luttes internes le GSPC se criminalise. Certaines phalanges de la région de Boumerdès sont impliquées dans des petits trafics, des extorsions et dans du trafic de ciment.

Liens avec l’étranger

On attribue au GSPC des liens avec ► Al-Qaïda et avec la communauté islamiste de Grande-Bretagne. En effet, dès sa création, le GSPC s’est associé au «Front islamique mondial du djihad contre les croisés et les juifs», créé par l’Egyptien ► Aïman al-Zawahiri. L’identification d’Imad Abdelwahid Ahmed Alwan (alias Abou Mohamed) homme de liaison d’ « Al-Qaïda » qui aurait rencontré Mokhtar Ben Mokhtar et a été tué le 12 septembre 2002 dans une embuscade tendue par les forces de sécurité algériennes près de Merouana, dans la wilaya(19) de Batna (450 km à l’Est d’Alger), tendrait à démontrer ce lien. Mais l’existence d’une coopération opérationnelle n’est pas prouvée à ce stade.

Apparemment, le GSPC a très tôt installé une infrastructure logistique liée au continent européen. Il ne s’agit pas alors de combattre en Europe, mais de disposer de cellules de soutien. Ainsi, entre le 11 septembre 2001 et 2003, environ 35 membres du GSPC (et du GIA) ont été arrêtés en Espagne. En janvier 2003, des cellules du GSPC ont été identifiées et arrêtées à Barcelone et à Gérone et en septembre 2005, les membres d’une cellule affiliée au GSPC ont été arrêtés à Trappes en France, accusés de préparer des attentats sur le sol français.

Dès 2005, le GSPC tente de se donner une stature internationale et politique. En juillet 2005, après l’enlèvement de deux diplomates algériens par le mouvement de Moussab al-Zarqawi en Irak, le GSPC a adressé un message à ce dernier pour demander l’exécution des otages.

Le GSPC est considérablement affaibli en Algérie sous les coups des forces de sécurité. La Charte pour la paix et la réconciliation nationale, donne un coup supplémentaire à l’organisation. En juillet-août 2006, dans certaines phalanges, les émirs menacent de mort les combattants qui cèderaient aux sirènes de l’amnistie. Le GSPC perd progressivement son soutien populaire(20) et ses sources de financement. Ainsi, l’émir du GSPC donne l’ordre de concentrer les attaques sur les membres des forces de sécurité afin a) d’éviter de s’aliéner le soutien de la population civile et b) afin de récupérer les armes et les munitions, dont le GSPC commence à manquer.

C’est dans ce contexte d’affaiblissement général, que l’émir du GSPC décide restaurer l’image du mouvement en le rapprochant d’ « Al-Qaïda ». Cette stratégie, qui vise à relancer le mouvement islamiste en Algérie semble s’être heurtée au scepticisme des responsables djihadistes étrangers, mais aboutira tout de même à la transformation du GSPC en ► Base du Djihad au Maghreb Islamique (BDMI).

Bibliographie : Cahiers de l’Orient, Dictionnaire Mondial de l’Islamisme, Plon, Paris, 2002.

(1)Le GSPC n’annoncera officiellement sa création que le 14 septembre 1998.
(2)B. Mounir, « Le GSPC produit un faux enregistrement d’Al-Qaïda », Le Quotidien d’Oran, 23.10.2004.
(3)Diverses sources non-confirmées.
(4)Le Matin, «Les katibate qui menacent Alger », Mohamed Hissami, 03.05.2003
(5)Le remplacement de ► Sofiane al-Fassila a fait l’objet de controverses internes au mouvement : l’émir national Droukdel voulait nommer Rachid Abdelmoumene (alias Hodheifi El Asimi) ami personnel, mais la base voulait Touati ASthmane (ou Othmane) qui a ainsi été imposé.
(6)Selon certaines informations, cette katibah serait dirigée directement par ► Abdelhamid Saâdaoui, (alias Yahia Abou el-Heythem), émir de la Zone II, mais cela est peu probable.
(7)L’Expression, 23.04.2007
(8)Le Matin, « Cinq katibate pour semer la mort », Mohamed Hissami, 30.04.2003
(9)L Expression, 23.04.2007
(10)Le Jour d’Algérie, 20.03.2007
(11)Le Matin, «Les katibate qui menacent Alger », Mohamed Hissami, 03.05.2003
(12)Cette katibah a été annoncée comme démantelée au début avril 2003. Certains de ses éléments se sont rendus coupables de nombreux meurtres et pratiquaient le racket dans les villes d’El-Hamiz, Alger, Bouduaou, Réghaïa, Bordj El-Kiffan et Lakhdaria. Elle a également été rapportée comme appartenant à la Zone III du GSPC ou au ► Groupe Salafiste Combattant (GSC).
(13)Il est alors abattu par les forces de sécurité algériennes (El Watan, 01.07.2006)
(14)El-Watan, 26.01.2006
(15)Egalement appelée Katibat « er-Raéib » (« de l’Horreur »)
(16)L’Expression, 31.12.2007
(17)Exposé du lieutenant-colonel Zerrouk, Colloque International sur le Terrorisme, 26-28 octobre 2002 à Alger.
(18)La médiation entre les preneurs d’otages et les représentants allemands était menée — entre autres — par lyad al-Ghali, ancien chef touareg malien du ► Mouvement Populaire de I ‘Azawad (MPA), mandaté par le gouvernement du Mali (Le Quotidien d’Oran, 14.08.2003)
(19)Wilaya = département
(20)NdA : « soutien » doit être compris ici au sens large, car il n’est pas toujours spontané !