Haïti

Haïti est en proie à une violence endémique, alimentée par une criminalité, qui s’exerce souvent au nom de la politique et de la justice sociale, mais qui est le plus souvent le résultant d’une gouvernance insuffisante. Il existe plusieurs catégories de groupes criminels. Toutefois, leur catégorisation ne peut être qu’approximative, car bien peu de choses les différencient. Une tentative de distinguer ces divers groupes donne l’image suivante :

  • Les Milices Populaires (également appelées « chimères » ou « chimès ») sont les héritières des milices mises sur pied par le président Aristide pour maintenir l’ordre dans les quartiers. Leur légitimité (passée) leur donne un pouvoir considérable. Egalement appelées Organisations Populaires, elles sont souvent associées aux Brigades de Vigilance. Loyales au président Aristide, les Chimères sont souvent assimilées aux militants Lavalas (sympathisants du parti Lafanmi Lavalas de l’ex-président Aristide), qui pratiquent l’extorsion et le rapt sous le couvert d’une action politique. Le 30 septembre 2004, les Chimères lancent l’ « opération Bagdad », qui vise à déstabiliser le pays par une vague d’enlèvements et d’assassinats de policier et représentants des forces de l’ordre. Les Chimères ont le plus souvent un comportement de type mafieux couvrant une grande variété d’activités criminelles (trafics en tous genres, racket, etc.)
  • Les Brigades de Vigilance et Brigades de Quartier, qui assurent des tâches de protection de proximité. Elles sont le plus souvent pourvues d’armes blanches et sont généralement composées d’adolescents (masculins et féminins). Alors que les Brigades de Quartier sont des organisations « permanentes » liées géographiquement, les Brigades de Vigilance sont généralement établies comme réponse temporaire à accroissement de la criminalité. Ces brigades ne sont généralement pas structurées et n’ont pas de structure de commandement identifiable. La plus violente de ces brigades est la Brigade Fort St Claire. L’usage de la violence par les brigades est pratiquement incontrôlé et sert souvent à asseoir un pouvoir mafieux dans certains secteurs.
  • Les Groupes de Bandits (également surnommés rats ou zenglendos) sont des gangs — généralement étrangers à la zone dont ils cherchent à prendre le contrôle — qui tentent de littéralement s’emparer d’un secteur dans un but de prédation. Certains groupes sont composés de femmes (Fanm pye poro, Fanm boss, Baz madivin) et coopèrent avec d’autres groupes masculins. Tous genres confondus, ces Groupes de Bandits sont responsables des exactions les plus diverses, comme le racket, le viol, l’extorsion, etc.
  • L’Armée Rouge, qui est ancien groupe armé de Cité Soleil (bidonville insalubre, difficile d’accès et où peuvent se cacher des criminels en tout genre). Apparemment, un groupe appelé « Base Révolutionnaire Soleil 17 » ferait partie de cette armée.
  • L’Armée Cannibale, qui est un groupe armé centré sur la ville de Gonaïves. Initialement favorable au président Aristide et dirigé alors par Amyot Metayer (alias Le Cubain), le groupe a été repris en septembre 2003 par Butteur Metayer, après la mort de son frère. Le groupe est alors entré dans l’opposition au président Aristide et a pris le nom de Front de Résistance de l’Artibonite pour le Renversement de Jean-Bertrand Aristide. Butteur Metayer est décédé en 2005.
  • Le Front de Résistance du Nord (FRN), composé d’anciens militaires dirigés par Louis-Jodel Champlain et de Guy Philippe (ancien commissaire de la police nationale), puis par Ravix Remissainthe.