Italie

Dans la période 1970-1987, l’Italie a été la victime de la vague terroriste la plus virulente d’Europe. Après une lutte acharnée — et non dépourvue de zones d’ombres — l’Italie a su juguler une forme de terrorisme particulièrement complexe. Le terrorisme d’extrême-gauche, qui a marqué les « années de plomb » est aujourd’hui éradiqué, même si, de manière sporadique, des attentats isolés se réclament encore de mouvements mythiques, comme les  Brigades Rouges.

Italie_Victimes du terrorisme en Italie (1974-81)

Victimes du terrorisme durant les « années de plomb ». Dès les années 70, le terrorisme d’extrême-gauche forme un « bruit de fond » avec une vingtaine de morts par an. C’est le terrorisme d’extrême-droite qui est le plus meurtrier, comme en témoigne le pic en 1980 (attentat à la Gare de Bologne avec 80 morts)

La particularité du terrorisme d’extrême-gauche italien, en comparaison avec les manifestations du terrorisme dans d’autres pays européens (Allemagne, France et Belgique) est qu’il s’appuie alors sur un soutien populaire assez large. Un certain « romantisme révolutionnaire » prend naissance dans les villes universitaires de Bologne, Padoue ou Florence et alimentera le soutien à un processus révolutionnaire. Dans un premier temps, ce mouvement rejoint des mouvements plus ouvriers des villes industrielles de Milan, Turin et Naples, mais l’intellectualisme des cerveaux révolutionnaires conduira à une rupture avec les mouvements ouvriers et à la fin d’un mécanisme révolutionnaire.

Italie_Zones d'action des Nouvelles Brigades Rouges (2000)

Le terrorisme d’extrême-droite, qui a constitué la manifestation la plus meurtrière du terrorisme en Italie résulte de deux tendances convergentes : a) la réaction au terrorisme d’extrême-gauche, consistant à « terroriser les terroristes » et b) l’instrumentalisation du terrorisme afin de créer les conditions favorables à une prise du pouvoir des mouvements d’extrême-droite. Les années 70 verront plusieurs tentatives de milieux d’extrême-droite — souvent liés à d’anciens membres du parti fasciste de la seconde guerre mondiale — de s’emparer du pouvoir par la force. Toutefois, ce terrorisme s’est éteint avec la dissolution des divers mouvements révolutionnaires de gauche.

L’opération MAINS PROPRES, qui a secoué le monde politique et économique italien dès 1993, et de nombreuses enquêtes parlementaires sur les services de renseignements militaires (avec le réseau Gladio), et sur la loge P2 de Licio Gelli ont mis en évidence — sans toutefois pouvoir les détailler — les liens serrés et complexes entre les différentes manifestations du terrorisme, la criminalité organisée de la Mafia et les services secrets.

A la fin des années 80 et début des années 90, dans le sillage des luttes entre structures mafieuses, un terrorisme associé à la criminalité organisée s’est brièvement et brutalement manifesté sous des formes inhabituelles en Europe, telles que des attentats à la bombe.

Dès la fin des années 90, on observe une résurgence du terrorisme d’extrême-gauche, mais cette fois, plus orienté sur l’anarchisme et les milieux alternatifs. C’est donc un terrorisme qui ne s’appuie ni sur une stratégie révolutionnaire aboutie, ni sur un soutien populaire. Il apparaît plus comme la manifestation de malaises individuels que d’un malaise social, ce qui explique sa relative faiblesse structurelle et sa vulnérabilité.

La psychose terroriste issue des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis conduira à la consolidation de l’appareil antiterroriste italien, rendant virtuellement impossible le développement de ces petits groupes terroristes, qui se réclament de l’héritage des Brigades Rouges.

Mouvements d’extrême-gauche durant les « années de plomb »

  • Action Révolutionnaire (1977-79) Autonomia
  • Azione Revoluzionaria
  • Brigades Rouges pour la Construction du Parti Communiste Combattant (Brigate Rosse per la Costruzione del Partito Comunista Combattente – BR­PCC) (1981-1988)
  • Brigades Rouges – Parti Guérilla du Prolétariat Métropolitain (Brigate Rosse – Partito Guerrilla del Proletariato Metropolitano — BR PGPM) (1981-83)
  •  Brigades Rouges (BR) (Brigate Rosse)
  • Brigata XXVIII Marzo (1980)
  • Centro Nord
  • Colonna Antonio
  • Colonna Walter Alasia
  • Comitati Comunisti Rivoluzionari (CoCoRi)
  • Comitato del 7 Aprile
  • Commando di Azione Rivoluzionaria (CAR)
  • Comunisti Organizzati per la Libertà Proletariana (COLP) (1981-84) Comunisti Proletari Détachements Communistes d’Attaque (Reparti Comunisti d’Attaco – RCA). Eco Libero
  • Equipes Prolétariennes de Combat pour l’Armée de Libération Communiste (Squadre Proletarie di Combattimento per l’Esercito di Liberazione Comunista)
  • Fronte Armato Rivoluzionario Operaio – Marxista-Leninista (FARO-ML)
  • Groupe Phalanges Armées du 17 Novembre
  • Gruppo 12 Ottobre
  • Gruppo di Azione Proletaria (GAP)
  • Gruppo di Combattimento Proletario Armato
  • Justizia Proletaria
  • Liga Comunista Armata
  • Lotta Continua(Lutte Continue) (1970-73)
  • Movimento Comunista Organizzato (MCO)
  • Movimento Proletario di Resistenza Offensive – Nucleo Antieroina
  • Noyaux Armés pour le Pouvoir Ouvrier (Nuclei Armati per il Potere Operaio NAPO)
  • Noyaux Communistes Territoriaux (Nuclei Comunisti Territoriali – NCT)
  • Nuclei Proletari per il Comunismo (NPC)
  • Potere Operaio (Potop)
  • Prima Linea (PL)
  • Prolétaires Armés en Lutte (Proletari Armati In Lotta – PAIL) (1973-75) Proletari Armati per il Comunismo (PAC) (1977-79)
  • Union des Communistes Combattants (Unione dei Comunisti Combattenti – UCC) (1977-79)

Mouvements affiliés aux Nouvelles Brigades Rouges

  • Comitati di Resistenza per il Communismo (CARC) (Comités de Résistance pour le Communisme)
  • Gruppi Partigiani per il Sabotaggio (GPS)
  • Nuclei Armati per il Comunismo (NAC) (Noyaux Armés pour le Communisme) Nuclei Comunisti Combattenti (NCC) (Noyaux Communistes Combattants)
  • Nuclei di Iniziativa Proletaria Rivoluzionaria (NIPR) (Noyaux d’Initiative Prolétaire Révolutionnaire)
  • Nuclei Proletari per il Comunismo (NPC) (Noyaux Prolétaires pour le Communisme)
  • Nuclei Territoriali Antiimperialisti (NTA) Noyaux Territoriaux Anti-impérialistes)
  • Nucleo Proletario Combattente (NPC) (Noyau Prolétaire Combattant) Nucleo Proletario Rivoluzionario (NPRR) (Noyau Prolétaire Révolutionnaire) Partito Comunista Combattente (PCC) (Parti Communiste Combattant)
  • Per il comunismo! Fronte Rivoluzionario (Pour le Communisme ! Front Révolutionnaire)

Mouvements d’extrême-droite

Mouvements anarchistes et divers

  • Animal Right Militia (ARM)
  • Anonima Sarda Anarchici Insurrezionalisti (ASAI) (Anonyme Sarde des Anarchistes Insurgés)
  • Azione Rivoluzionaria Anticapitalista (Action Révolutionnaire Anticapitaliste)
  • Brigata 20 Luglio (Brigade du 20 juillet)
  • Cellule di Offensiva Rivoluzionaria
  • Cinque C (Cinq C)
  • Federazione Anarchica Informale (FAI) (Fédération Anarchique Informelle)
  • Federazione Anarchica Informale-Rivolta Anonima e Tremenda (FAI-RAT) (Fédération Anarchiste Informelle — Révolte Anonyme et Terrible)
  • Front de Libération des Animaux (FLA)
  • Movimento Anarchico Proletario Sardo (MAPS) (Mouvement Anarchiste Prolétaire Sarde)
  • Movimento Anarco-Insurrezionalista (► Mouvement Anarchico-Insurrectionaliste)
  • Nuclei Proletari per il Comunismo
  • Organizzazione Indipendentista Rivoluzionaria (OIR) (Organisation Indépendentiste Révolutionnaire)