Jaïsh al-Mahdi

(Irak) (Armée du Mahdi) Milice créée par Mouqtada al-Sadr, imam chiite de la mosquée al-Kofa de la ville sainte d’An-Najjaf, en Irak. Son quartier-général, désigné « Office des Deux Martyrs »,(1) est situé à An-Najjaf. Ses effectifs sont évalués à plusieurs milliers de combattants.

La création de l’Armée du Mahdi, en réaction à la mise sur pied du Conseil de Gouvernement sous la supervision des Etats-Unis. Censée être une alternative à l’armée irakienne, l’Armée du Mahdi pourrait également être une milice armée ou le nouveau nom de la « police des moeurs » du mouvement qui veille à éviter les ventes d’alcool et à assurer la sécurité. Elle est fortement implantée à Najjaf et à « Sadr-City » dans la banlieue de Bagdad où elle est soutenue par la population chiite.

Le Jaïsh est opposé aux milices sunnites ainsi qu’à l’Organisation Badr (voir Faylaq Badr) du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak (CSRII) avec laquelle elle a eu des affrontements violents, au printemps et en août 2005, à Basrah, après l’incendie du quartier-général de Mouqtada Al-Sadr.

Le Jaïsh al-Mahdi est à l’origine de deux soulèvements contre les forces de la coalition en Irak, avant la signature d’un accord de cessez-le-feu en octobre 2004. Le premier, le 19 juin 2003, consécutif au déploiement de militaires américains supplémentaires à An-Najjaf, en réponse à l’annonce de la création de l’Armée du Mahdi.

Bien que Mouqtada al-Sadr n’ait pas affiché d’ambitions politiques concrètes, il est apparu comme une force politique importante lors des élections du 30 janvier 2005.

A la fin 2007, l’Armée du Mahdi a commencé à recruter des personnels féminins ­collectivement désignées « Zaïnabiyat » — destinées à mener des opérations de reconnaissance et de préparation pour d’autres opérations et attentats.(2)

(1)Ainsi nommé en mémoire de l’ayatollah ► Mohammed Sadiq al-Sadr, père de ► Mouqtada al-Sadr et ► Mohammed Baqir al-Sadr, tous deux éliminés — respectivement en 1999 et en 1981 ­par le régime de Saddam Hussein. (The Economist, 26.07.2003, p. 36)
(2)Free Arab Voice, 31.12.2007