Kenya

Après avoir connu une guerre civile violente entre 1952 et 1960 (appelée la révolte des Mau Mau), le Kenya est devenu un pays relativement paisible, où la présence de groupes armés est occasionnelle et résulte des troubles dans les zones limitrophes du pays (Somalie, Ethiopie, Soudan et Ouganda). Depuis le début des années 90, la violence organisée s’est néanmoins développée de manière importante au Kenya.

Souvent de nature mafieuse et avec des buts crapuleux, la violence — et les nombreux groupes organisés qui la pratiquent — est exploitée par certains groupes politiques, qui en louent les services pour des sommes dérisoires.

Le 15 mars 2002, le ministre d’État, responsable de la sécurité intérieure a interdit 18 groupes responsables de violences criminelles et/ou terroristes(1):

Amachuma (« morceau de métal »), groupe apparu au début des années 90 et originaire de la communauté Kisii. Il est présent dans les secteurs de Nyaribari, Chache, Nyaribari Masaba, Bobasi et South Mugirango. Il semble avoir été utilisé nar certains noliticiens comme milice contre des nartis concurrents(2)

Baghdad Boys, un groupe créé en 1991 dont une partie a rejoint le « New KANU »(3) en 2002. Principalement actif dans la région de Nyanza, il est associé à plusieurs politiciens locaux.

Banyamulenge

Charo Shutu

Chinkororo, groupe apparu au début des années 90, essentiellement composé de guerriers traditionnels Kisii (Enkororo). Il a été créé comme une sorte de « force de réaction rapide » destinée à répondre aux attaques des tribus Maasaï et Kipsigis. Il est ainsi principalement actif dans la zone frontalière avec ces tribus, dans les secteurs de South Mugirango, Bomachge et Bobasi. Le groupe s’est opposé violemment à des tentatives de vol de bétail par les tribus Maasaï en 1997.

Dallas Muslim Youth

Jeshi la Embakasi (Armée d’Embakasi), groupe difficilement définissable basé dans le quartier d’Embakasi apparemment engagé dans des affaires immobilières par des hommes d’affaires peu scrupuleux pour intimider des concurrents. Il semblait également associé à certains milieux politiques de Nairobi.

Jeshi la King’ole, groupe essentiellement composés de membres de la communauté Kamba. Il comptait quelque 400 membres et était présent dans les districts de Kitui, Machakos, Mwingi et Makueni et associé au politicien John Harun Mwau.

Jeshi la Mzee (Armée des Anciens), basé à Kangemi. Il serait apparu en 1997 et semble être utilisé par des milieux politiques conservateurs pour intimider les milieux réformateurs. Il aurait son quartier-général à Nairobi à la Country Bus Station.

Jeshi la Nezir

Kamjeshi (« Petite Armée »), basé à Dandora et dirigé par Fred Gumo. Elle est composée de membres de l’ethnie Luo. Elle s’est spécialisée dans la « protection » (comprendre : racket) des taxis (« matatus ») et est en conflit avec le Mungiki.

Kosovo Boys

Kuzacha, bande de rue apparue au début des années 80 à Mombasa et actives dans les secteurs de Kisauni, Kingorani, Changamwe et Majengo. Spécialisé dans le détroussement, le groupe semblait rechercher les bijoux et autres bijoux de valeur qu’il revendait à des hommes d’affaire locaux. Après plusieurs escarmouches violentes avec la population résidente, le groupe a progressivement disparu.

Mungiki

Runyenjes Football Club, groupe initialement créé en 1997 pour promouvoir le

sport et le refus des boissons alcoolisées, progressivement utilisé par des politiciens locaux dans des activités violentes.

Sabaha Kaya Bombo, groupe de jeunes devenu célèbre après le massacre de près de 70 personnes en 1997 à Likoni.

Sabaha Sakina, groupe islamique associé aux activités d’une mosquée de

Mombasa.

Taliban, sorte de milice de protection locale affiliée à l’ethnie Luo. Elle a été créée en janvier 2002 dans le quartier de Kariobangi au Nord-Est de Nairobi, afin de répondre à l’insécurité croissante dans cette zone. Apparemment, le groupe aurait eu des activités associées à certains milieux politiques — de tendance imprécisée, mais alliée à des milieux d’affaires — de Nairobi dépassant le strict cadre de la protection.

D’autres groupes sont également actifs, comme le

42 Brothers à Langata

Angola Msumbiji

Kisungu Sungu (ou Sungu Sungu) milice Kisii, initialement créée durant les années 90, afin d’intégrer et d’utiliser les jeunes pour lutter contre la violence. Elle semble être une copie de la milice du même nom existant en Tanzanie depuis le début des années 80 et active dans les secteurs de Mwanza, Shinyanga et Tabora. Présente dans la province de Nyanza à l’Ouest du pays, elle a progressivement, outrepassé ses attributions battant et torturant les personnes arrêtées, puis en s’engageant dans des actions de racket et de meurtres.

Msumbiji (« Mozambique ») à Langata, au sud de Nairobi.

Sabaot Land Defence Force (SLDF) basée dans le secteur de Mt Elgon, constituée pour dénoncer certaines injustices dans la redistribution de terres illégalement occupées à Chebyuk. Depuis août 2006, elle est responsable de centaines de meurtres, qui ont provoqué des déplacements de milliers de personnes dans la région de Mt Elgon à l’ouest du pays.

Sri Lanka

(1)Kenya Gazette Supplement, Nr 20, 15.03.2002
(2)Selon certaines informations, le groupe subsisterait après son interdiction en mars 2002.
(3)Nouvelle Union Nationale Africaine du Kenya, parti créé en 2002 par la fusion du Parti pour le Développement National (NDP) et l’Union Nationale Africaine du Kenya (KANU).