Lashkar-e-Jhangvi (LeJ)

Autres appellations et orthographes :
Lashkar-e-Jhangvi (LeJ)

Autres appellations US:
Lashkar i Jhangvi (LJ)
Army of Jhangvi
Lashkar e Jhangvi
Lashkar-i-Jhangvi

(Pakistan) Mouvement fondamentaliste radical sunnite de tendance déobandi, initialement créé en 1996 comme un bras armé du ► Sipah-i-Sahaba Pakistan (SSP)(1). Considérant les objectifs du SSP comme déviant, trois membres du SSP ­Akram Lahori, Malik Ishaq et Riaz Basra — détachent le LeJ du SSP. L’objectif du LeJ est d’établir un gouvernement islamique au Pakistan, sous le régime de la charia. Il est principalement implanté dans le Pendjab et dans la région de Karachi.

Ses effectifs sont évalués à quelques centaines de militants, organisés en petites cellules locales coordonnées de manière très souple.

A la suite de querelles internes (apparues lors du Majlis-e-Shura (Conseil) tenu le 27 décembre 2000 à Kaboul) liées à la manière de conduire de Riaz Basra, le LeJ éclate en deux factions :

  • Faction ► Qari Abdul Hai (alias Qari Asadullah, alias Talha)
  • Faction Riaz Basra

Le Chef suprême (Saalar-i-Aala) du LeJ, Riaz Basra, est tué par la police au Pendjab le 14 mai 2002 et remplacé par Mian Mohammed Ajmal (alias Akram Lahori)(3), qui sera arrêté le 29 juin 2002. Le LiJ est alors conduit par Asif Ramzi (alias Chotto, alias Hafiz), qui sera arrêté à son tour le 28 septembre 2005.

A la suite d’une vague de violences intercommunautaires, le Lei est interdit le 14 août 2001 (le SSP sera interdit un peu plus tard le 12 janvier 2002).

Opérations

Le LeJ est l’un des mouvements les plus violents actuellement activité au Pakistan. Il a contribué à installer le pouvoir des Taliban en Afghanistan et a pu ainsi établir un camp d’entraînement à Sarobi (en Afghanistan, au Sud-est de Ghazni à environ 30 km de la frontière pakistanaise). Le LeJ est responsable de la mort de quatre Américains à Karachi en 1997 et d’une tentative d’assassinat contre le Premier-ministre pakistanais Nawaz Sharif en 1999 à Raiwind. Le nombre de ses victimes est difficile à évaluer, mais devrait se chiffrer par milliers. Il concentre ses activités contre les mouvements chiites rivaux et des activistes iraniens chiites au-delà de la frontière.

On attribue au LeJ une responsabilité dans plusieurs actions marquantes, parmi lesquelles :

  • l’enlèvement et à l’exécution du journaliste américain Daniel Pearl, en janvier 2002,
  • l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi contre un autobus transportant des techniciens français de la DGCN, où 11 d’entre eux ont trouvé la mort,
  • l’attentat à la voiture-bombe contre le consulat américain de Karachi, le 14 juin 2002, tuant 12 Pakistanais.

Le fait que le LeJ n’ait auparavant jamais touché à des étrangers, laisse supposer un changement de stratégie, probablement lié à des contacts étroits, voire une collaboration avec le réseau Al-Qaïda. Les contacts entre mouvements radicaux ont existé depuis la guerre en Afghanistan et il est certain que les militants avaient déjà des contacts avec des membres du réseau Al-Qaïda. Ainsi, les Taliban auraient aidé des militants du LeJ à échapper aux autorités pakistanaises durant les années 90. Toutefois, ceci n’impliquait jusqu’alors pas une identité de stratégie.

En septembre 2002, la police pakistanaise a découvert trois laboratoires chimiques dans des caches du LeJ au Pakistan, mais la finalité de ces laboratoires reste encore peu claire.

Suspecté de liens étroits avec les ► Taliban et ► al-Qaïda, le LeJ a été déclaré hors-la-loi par le président Moucharraf en août 2001. Le 12 janvier 2002, le président Moucharraf confirme, dans un message télévisé, sa détermination à défaire le terrorisme au Pakistan.

Peu après, En 2002, le LeJ s’associe au ► Jaish-e-Mohammad (JeM) et le ► Harkat ul-Jihad-e-Islami Bangladesh (HuJI-B) pour former le ► Lashkar-e-Omar (LeO). Cette association n’est pas complètement due au hasard, mais est sans doute une réponse au fait que le durcissement du gouvernement pakistanais contre le LeJ n’a pas de parallèle envers les mouvements du Cachemire, comme le JeM. Ainsi, le LeJ pourrait bénéficier d’une certaine bienveillance du gouvernement pour d’autres mouvements.(2)

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Egalement connu sous le nom d’ Anjuman Sipaha Saheba Pakistan.
(2)Ainsi, le 12 janvier 2002, le général Moucharraf a-t’il déclaré hors-la-loi le Lashkar-e­Toiba (LeT), le Jaïsh-e-Mohammad (JeM) et le Lashkar-i-Jhangvi (LeJ), mais n’a pas interdit deux mouvements actifs au Cachemire : le Harakat ul-Mujahideen (HuM) — pourtant considéré comme mouvement terroriste par le Département d’Etat américain depuis octobre 1997 — et le Harkat ul-Jihad al-Islami (HuJI) — largement présent dans le Sud-Est asiatique. De même, les dirigeants du LeT et du JeM ont alors été arrêtés peu après cette interdiction, alors que le chef du HuM — pourtant un des signataires de la fatwa du 23 février 1998 du Front Islamique Mondial — et celui du HuJI sont restés libres. L’interdiction de ces deux derniers mouvements devait « intervenir ultérieurement », selon les autorités pakistanaises.