Libye

La Libye est l’un des soutiens majeurs au terrorisme international. Sous le couvert de la révolution islamique et du soutien aux pays en lutte contre l’impérialisme occidental, la Libye fournit un appui financier, logistique et de formation à de nombreux mouvements de guérilla et terroristes à travers le monde. Elle utilise à cet effet ses ambassades (< Bureaux du Peuple Libyen ») comme antennes.

Le 5 avril 1986, l’attentat contre la discothèque « La Belle » de Berlin-Ouest, qui cause la mort de 2 militaires américains, est le « couronnement » d’une série de provocations menées par le colonel Kadhafi en mer de Syrte. Il provoque le déclenchement de l’opération « Eldorado Canyon », un raid américain spectaculaire décidé par le président R. Reagan vise des installations militaires libyennes à Tripoli et à Benghazi. L’objectif de l’opération est de dissuader la Libye de poursuivre sa stratégie de soutien au terrorisme. L’objectif est partiellement atteint et le nombre d’attentats parrainés par la Libye atteint quelque 9 attentats avant le raid et 10 après, puis décline rapidement pour disparaître dès le début des années 90. En revanche, le nombre de victimes causées par ces attentats s’accroît de manière dramatique et culmine avec l’attentat de Lockerbie.

En août 2003, la Libye reconnaît avoir été à l’origine de l’attentat de Lockerbie, le 21 décembre 1988, (270 morts) et accepte de payer aux victimes une somme de 2,7 milliards de dollars (10 millions par victime) à titre de dédommagement. Le paiement des dédommagements a été échelonné : 4 millions dès la levée des sanctions des Nations Unies (septembre 2003), 4 millions dès la levée des sanctions économiques américaines (2004) et 2 millions dès le retrait de la Libye de la liste des pays soutenant le terrorisme. Cette dernière condition n’ayant pas été respectée par les Etats-Unis, les 2 millions restant n’ont pas été payés. Finalement, les Etats-Unis retirent la Libye de la liste en juin 2006.

Libye_Incidents terroristes parraines par la libye (1981-1990)

Sous la pression du gouvernement français, menaçant de faire valoir son droit de veto pour une levée de l’embargo à l’égard de la Libye, cette dernière accepte également un dédommagement substantiel pour les familles des victimes de l’attentat contre le DC-10 UTA (vol UT-772), le 19 septembre 1989 (170 morts).

La responsabilité de la Libye dans l’attentat de Lockerbie reste néanmoins sujette à caution : les écoutes électroniques effectuées par les services de renseignements américains et exploitées juste après l’attentat désignaient l’Iran. Certains ont évoqué l’idée — jamais démontrée — que la Libye aurait ainsi pu « rendre un service » à l’Iran. Plus vraisemblable est le fait que la Libye, après des années de dénégation, mais sous la pression et l’embargo internationaux, ait admis sa responsabilité par opportunisme politique.

Libye_Actes terroristes libyens contre les USA (1981-1990)

Les attentats terroristes attribués à un parrainage libyen comptent l’attentat de Lockerbie en 1988. Une des raisons invoquées serait la vengeance contre le raid américain de 1986. Si tel est le cas, cela indique la faillite de la politique de fermeté face au terrorisme, qui n’a pas été comprise aux USA. Cette stratégie de fermeté, qui convient aux formes de terrorisme rencontrées par les Américains jusqu’alors a des effets pervers dès lors que l’adversaire fonctionne selon une logique différente. Cette inadaptation doctrinale américaine face au terrorisme conduira plus tard au 11 septembre 2001.

[Source : Studies in Conflict & Terrorism, 27, 1-18, 2004]

Libye_Soutien de la Libye au terrorisme international (annees 80)

Dès le début des années 90, la Libye a limité ses incitations au terrorisme, après le raid américain de 1986(1) mais surtout après les sanctions économiques imposées par les Nations Unies. Apparemment, des mouvements autrefois soutenus par la Libye continuent à pratiquer des activités terroristes.

On estime à 30 le nombre mouvements terroristes à travers le monde que la Libye a financé ou aidé durant les années 70-80. Parmi ceux-ci : l’ ► Armée Secrète Arménienne de Libération de l’Arménie (ASALA), PARI, le ► Mouvement du 19 Avril (M-19), l’ ► Irish Republican Army (IRA), le ► Front Islamique de Libération Moro (FILM), ► Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), ► Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement Général (FPLP-CG)Mouvement du 25 Avril, l’ ► Euskadi Ta Askatasuna (ETA) et le ► Hamas.

Depuis le début des années 90, paradoxalement, la Libye doit aussi faire face au terrorisme islamique et au terrorisme de mouvements d’opposition agissant depuis l’intérieur ou l’extérieur du pays. Les principaux mouvements terroristes actifs en Libye sont:

► AI-Da’awah al-Islamiyya
al-Djihad (voir ► Djihad Islamique Egyptien)
Gama’ah al-Islamiyyah (Egypte)
Al-Jama ‘a al-Islamiyya al-Libiyya (branche libyenne des ► Frères Musulmans)
► Front du Salut des Toubous Libyens (FSTL)
► Groupe Islamique Combattant en Libye (Al-Jama’a al-Islamiyah al-Muqatilah fi-Libya)
Groupe Salafiste (Jama ‘ah al-Salafiyah)
Mouvement du Jihad (Harakat el-Jihad)
Mouvement Islamique des Martyrs (Harakat ash-Shuhada al-lslamiya)
Parti de Libération Islamique
Rassemblement Islamique (Tajamu el-Islami)
► Takfir wa’l-Hijra

Placée par les Etats-Unis sur leur liste des pays soutenant le terrorisme le 29 décembre 1988, elle en a été retirée le 30 juin 2006. Victime elle aussi du terrorisme islamiste, elle coopère avec les pays occidentaux à la lutte contre le terrorisme.

Libye_Camps d'entrainement pour terroristes en Libye (annees 80)

[Sources : Claire Sterling, Le Réseau de la Terreur ; divers presse]

(1)Opération ELDORADO CANYON, du 15 au 16 avril 1986. Le raid a visé la caserne d’Al-Aziziyah — utilisée comme quartier-général du terrorisme libyen — la base de Sidi Bilai — qui formait des terroristes au sabotage sous-marin — et les casernes Jamahiriya à Benghazi -également utilisées pour coordonner le terrorisme international — ainsi que d’autres objectifs à Tripoli et Benghazi.