Lutte Révolutionnaire du Peuple (ELA)

(Grèce) (Epanastatikos Laikos Agonas) Petit mouvement marxiste créé en 1971, initialement dirigé contre la junte militaire. Il se définit comme révolutionnaire, anti-capitaliste et anti-impérialiste.

Créée par un ancien résistant à la junte militaire grecque, Christos Kassimis, qui sera tué en 1977, lors d’un affrontement avec la police au cours d’une tentative d’incendie à l’usine du groupe allemand AEG à Rentis, dans la banlieue d’Athènes. Elle se manifeste pour la première fois le 29 avril 1975 en brûlant huit voitures américaines à Eleusis. Elle a été active jusqu’en 1995, date à laquelle elle a suspendu ses opérations. Le groupe est tenu pour responsable de quelque 250 attentats dont la plupart contre des cibles américaines. Il a revendiqué un attentat à la bombe contre un car de police ayant fait un mort et dix blessés en septembre 1994 à Athènes.

Depuis 1974, l’ELA s’attaque à des objectifs de l’OTAN, et, plus particulièrement contre la présence militaire américaine. Dès le début des années 80, il s’attaque également aux entreprises commerciales et aux organes officiels grecs. Il utilise largement l’attentat à la bombe et l’incendie, mais dirige ses activités contre des biens matériels plutôt que contre les personnes. L’ELA entretient des contacts avec le ler Mai — avec lequel il revendique la responsabilité de quelque 20 attentats à la bombe —, le Groupe Révolutionnaire de la Solidarité Internationale et l’ I Organisation Révolutionnaire 17 Novembre. La police attribue à l’ELA la responsabilité de 11 morts — sous son nom ou en collaboration avec des organisations proches — mais le groupe n’en a officiellement revendiqué que deux. L’ELA aurait établi des liens avec le groupe du terroriste ► Carlos.

L’ELA revendique également l’assassinat, en janvier 1979, d’un ancien policier de la junte militaire, revendiqué initialement par un mystérieux groupe dénommé « Juin 78 ».

L’ELA n’a plus revendiqué d’attentat depuis 1995. Il est en revanche possible qu’elle opère sous le nom des ► Noyaux Révolutionnaires (NR), apparus pour la première fois en 1996.

Les succès de la police grecque contre le terrorisme coïncident avec l’aide apportée par Scotland Yard après l’assassinat en juin 2000 de l’attaché militaire britannique à Athènes — Stephen Saunders — par l’Organisation du 17 Novembre, et la volonté du gouvernement de résoudre ce problème avant les Jeux Olympiques d’Athènes.

Le 1er février 2003, la police grecque arrête trois membres présumés du noyau dirigeant de l’ELA, sur la base des archives de la Stasi, que l’Allemagne avait communiquées à la Grèce au milieu des années 1990, et des enquêtes de la police. Tous trois sont accusés d’avoir participé à l’attentat contre l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Psychiko en 1983 et l’explosion d’une bombe au bar Oscar à Glyfada en 1988 :

  • Angeletos Kanas, 52 ans, maire de Kimolos, qui figurerait dans les archives de la Stasi, sous le pseudonyme « Georges », aurait construit les bombes artisanales, utilisées dans les attentats attribués au groupe.(1)
  • Constantinos Agapiou (alias « Philippe »), 56 ans, architecte-ingénieur en génie civil, domicilié à Athènes.
  • Eirini Athanassaki, (alias « Myrto »), 49 ans, employée d’une agence de voyages et domiciliée à Athènes.

Corrélats : terrorisme (► terrorisme politique)

(1)Réagissant à des articles de la presse annonçant son arrestation, il s’est rendu à Athènes avec l’intention de rencontrer le ministre de l’Ordre public Michalis Chrysochoïdis pour plaider sa cause. Il a été interpellé dans le métro, après avoir quitté l’étude de son avocat. Il a démenti à la télévision nationale les accusations portées contre lui. (AFP, 02.02.2003)