Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (MIO)

Autres appellations :
Mouvement Islamique du Turkestan (MIT)
Parti Islamique d’Ouzbékistan

Autres appellations US:
Islamic Movement of Uzbekistan (IMU)
IMU

Mouvement Islamique d'Ouzbekistan (MIO)(Ouzbékistan) Mouvement pan-islamiste radical visant à établir un gouvernement islamique en Ouzbékistan. Créé en 1997, il est tout d’abord dirigé par ► Tohir Abdouhalilovitch Yudelshev et ► Jumaboï Ahmadjanovitch Khojaïev (alias Juma Namangani). Initialement limité à l’Ouzbékistan, le mouvement s’est étendu vers le Kirghizstan et le Tadjikistan. Ses effectifs sont estimés à moins de 1 000 combattants.

Depuis juin 2001, il est connu sous la dénomination de Mouvement Islamique du Turkestan. Il est également connu sous la désignation de Parti Islamique du Turkestan (PIT)(1).

Depuis le 15 septembre 2000, il est porté sur la liste du Département d’Etat américain des mouvements terroristes étrangers et sur celle de l’Executive Order 13224 depuis septembre 2001. Il est considéré comme mouvement terroriste par l’Australie depuis le 11 avril 2003. Il se trouve également sur la liste de la Commission établie par la Résolution 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unies

Historique

En décembre 1991, le refus des autorités de la ville de Namangan d’accorder un terrain pour la construction d’une mosquée se traduit par des heurts violents entre jeunes islamistes et le parti communiste local. Les jeunes sont conduits par Tahir Yuldeshev, un mollah clandestin, et Khojaïev tous deux membres du Parti de la Renaissance Islamique (PRI). Déçus du manque de pugnacité du PRI, ils créent leur propre parti, Adolat (Justice), qui a pour objectif la constitution d’un Etat islamique en Ouzbékistan. En mars 1992, le président Karimov interdit l’ Adolat, et ses dirigeants se réfugient au Tadjikistan, qui ne tarde pas à basculer dans la guerre civile, forçant Yuldeshev à fuir vers l’Afghanistan, puis au Pakistan.

En 1997, Yuldeshev et Khojaïev se retrouvent et décident de mener leurs opérations depuis l’Afghanistan et annoncent la création du MIO à Kaboul. Le mouvement a reçu l’appui d’Oussama Ben Laden et est financé par des fonds saoudiens. Il est essentiellement composé de militants ouzbeks, mais regroupe également des combattants afghans, kirghizes et tadjiks. On estime qu’il a également engagé quelque 300 combattants tchétchènes.

Le MIO est engagé aux côtés de l’armée des Taliban et, en été 2001, Juma Namangani est nommé commandant du front Nord. En novembre 2001, le MIO affronte l’Alliance du Nord. Retranché à Kunduz, Namangani est tué le 18 novembre.

Condamné à mort in abstentia en Ouzbékistan, Yuldeshev disparaît pour réapparaître au Pakistan en 2004. Une faction apparaît au sein du MIO, dirigée par Najimuddin Uzbek, qui fait scission sous l’appellation de Groupe du Jihad Islamique, également connu sous le nom de Groupe Ijaz.

Mouvement Islamique d'Ouzbekistan (MIO)_Bases du MIO (2000)

Stratégie et opérations

En juin 2001, il change sa désignation pour Mouvement Islamique du Turkestan, et, en octobre 2001, adopte des objectifs plus larges que la création d’un Etat islamique en Ouzbékistan. Il prône la création d’un Etat islamique qui regrouperait le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Turkestan Oriental (province chinoise du XinXiang).

Il procède par des attaques de petits commandos sur des objectifs ponctuels et effectue également des attentats avec des voitures-bombes.

Le MIO est également impliqué dans la culture et le trafic de stupéfiants afin de financer ses opérations. En août 1999, il a pris quatre géologues japonais et huit soldats kirghizes et en août 2000 quatre alpinistes américains en otage. En octobre 1999, le gouvernement d’Ouzbékistan attribuait au MIO quelque 19 assassinats et 35 attentats terroristes. Il opère essentiellement dans la vallée de la Ferghana et bénéficie de soutien de la population locale au Sud du Kirghizstan. Depuis le début de l’intervention américaine en Afghanistan, le MIO aurait déplacé son centre de gravité vers les « zones tribales » du Pakistan.

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Il n’est pas clair si le PIT constitue une nouvelle entité ou un simple changement de nom.