Mouvement Islamique du Kurdistan Irakien (MIKI)

Autres appellations ..
Buzutnawah
Bizutnaway Islamî le Kurdistan
Mouvement Islamique du Kurdistan (MIK)

Mouvement Islamique du Kurdistan Irakien (MIKI)(Irak/Kurdistan) (Al-Harakat al-Islami fi Kurdistan al-Eiraq) Mouvement islamique kurde créé en 1987 par Osman Abdul Aziz, avec un objectif caritatif. Il regroupe alors diverses factions sunnites, qui avaient combattu en Afghanistan durant les années 80. Il a son quartier-général à Halabja (Irak) avec une zone opérationnelle le long de la frontière entre l’Iran et l’Irak, autour des localités de Tawilah, Khurmal et Biyarash.

Minoritaire(1) il n’a pas été directement impliqué dans les combats entre l’ ► Union Patriotique du Kurdistan (UPK) et le ► Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), mais a souvent été utilisé par Massoud Barzani, chef du PDK, comme levier contre l’UPK. A la fin de la guerre, il a « reçu » un territoire à l’Est de Souleymaniyah, à la frontière avec l’Iran entre Halabja et Banjwin.

Mouvement Islamique du Kurdistan Irakien (MIKI)2Au milieu des années 90, le Buzutnawah/MIKI constitue la troisième plus importante force politique et militaire dans le Kurdistan. Après son succès mitigé aux élections parlementaires, le MIKI se retire de l’administration kurde conjointe pour se concentrer sur la consolidation de ses infrastructures politiques et militaires dans des zones privilégiées. En décembre 1993, les tensions avec l’UPK se transforment en affrontements dans les régions de Kirkuk et de Souleymaniyah et le MIKI doit se retirer le long de la frontière iranienne.

En mai 1994, profitant de la lutte entre le KDP et l’UPK, le MIKI reprend le terrain perdu et installe son quartier général à Halabj a.

Le Buzutnawah fait l’objet de tensions internes et dès 1995, se divise en diverses factions. Une faction désignée « Hamas » (Enthousiasme) fait dissidence en 1997, rapidement suivi d’une autre faction appelée « Markaz » (Centre). En 1999, Aziz décède en Syrie. Son frère Ali lui succède, mais sans autorité, le Buzutnawah périclite. La faction « Islah », se déclare, dirigée par Krekar ; « al-Tawhid », dirigée par Zarqawi, apparaît en 2000. Puis la faction « Komal » (Groupe Islamique du Kurdistan) apparaît.

En août 2000, le MIKI s’associe avec un petit groupe dirigé par Mollah Sidiq, et le nouveau mouvement est rebaptisé Mouvement de l’Unité Islamique (MUI). Il est dirigé par le mollah Ali Abd al-Aziz Halabji (2007).

Les factions du MIKI(2) :

  • Hamas (Enthousiasme), dirigé par Omar Abdul Karim Abdul Aziz (alias Omar Barziani). Il est implanté dans les villes de Chamchamal, Darbandikhan, Kifri et Klar. Violemment opposé à l’UPK, il se sépare du MIKI en 1997 après l’accord passé entre les deux mouvements pour une participation du MIKI au gouvernement kurde. En juillet 2001, il se joint à la faction al-Tawhid pour former le Front Islamique Tawhid.
  • Al-Tawhid (L’Unicité) dirigé par Mollah Abdul Ghani Bazazi. Originaire d’Irbil, le mouvement a sa zone opérationnelle dans le secteur d’Halabja et a une base opérationnelle à Hajj Umran. Il se détache du MIKI en 2000 — sous la dénomination de Groupe Islamique Tawhid — et débute ses actions par des jets d’acide contre des femmes dévoilées. Il est combattu par le PDK et se replie dans le secteur d’Halabja, mais les rivalités subsistent entre mouvements religieux et séculiers. Le 19 février 2001, des militants d’Al-Tawhid éliminent Fransu Hariri, tête de file de la fraction du PDK au parlement régional du Kurdistan. Le refus du MIKI de livrer les coupables au PDK conduit à la fermeture de certains de ses bureaux en mars 2001. A1-Tawhid établit des contacts avec Oussama ben Laden et, en juillet 2001, des membres du Tawhid se rendent en Afghanistan pour suivre une formation dans les camps d’Al­Qaïda. Dès l’apparition du MUI, Al-Tawhid et le Hamas se rapprochent et, en juillet 2001 s’unissent pour former le Front Islamique Tawhid.
  • Groupe Islamique du Kurdistan (Komal) dirigé par Mollah Ali Bapir. Milice islamiste et parti politique, qui se détache du MUI en août 2000.
  • La Seconde Unité Soran (SSS) groupe dissident du MIKI, violemment opposé aux mouvements kurdes séculiers. Il est dirigé par Assad Mohammad Hassan (alias Asso Hawleri). Il comprend environ 400 hommes, dont une cinquantaine d’arabes formés en Afghanistan. En 1998, la SSS crée une aile politique, la Faction Islamique Centrale, dirigée par Asso Hawleri et Abou Khubayi Barachak. En septembre 2001, la SSS se joint au Front Islamique Tawhid pour former le ► Jound al-Islam.

(1)Lors des élections parlementaires régionales de 1991, le PDK obtenait 46% des voix, l’UPK 45% des voix et le MIKI 6% seulement.
(2)Michael Rubin, “The Islamist Threat in Iraqi Kurdistan”, Middle East Intelligence Bulletin, Vol. 3 No. 12 December 2001