Muttahida Jihad Council (MJC)

(Pakistan) Organisation faîtière regroupant treize mouvements insurgés opérant au Jammu-Cachemire. Elle aurait été mise sur pied en novembre 1990(1) afin de coordonner l’action des divers groupes et organisations insurgées au Jammu-Cachemire. Le MJC a été dirigé par Azam Inquilabi, puis par Tanvir ul-Islam. En décembre 1995, ► Mohammed Yousouf Shah (alias Syed Salahuddin), secrétaire-général du ► Hezb ul-Moujahidin (HuM) est élu à la tête de l’organisation, et sera reconduit à cette fonction jusqu’en 2000(2), puis est remplacé temporairement par Mohammad Ousman. En octobre 2000, Syed Salahuddin est réintégré dans ses fonctions de chef du MJC en raison de l’importance du HuM dans la région.

Muttahida Jihad Council (MJC)_Structure du Muttahida Jihad Council (2005)

Note : La Brigade 313 est une faction du Harkat-ul-Jihad-e-Islami, dirigée par l’émir Ilyas Kashmiri.

Initialement, le MJC comprend 13 mouvements :

Le MJC rejette le cessez-le-feu du HuM de même que le cessez-le-feu annoncé par le gouvernement indien le 19 novembre 2000. Après une première tentative infructueuse, en janvier 2002, de fusionner les membres du MJC, le MJC décide de se restructurer en octobre 2003.

La nouvelle structure prend effet en janvier 2004, avec les volets suivants

a) l’intégration de trois nouveaux groupes

b) le regroupement des divers groupes en deux « forces » (à l’exception du Hizb ul-Moudjahidin (HuM), qui conserve un statut particulier en raison de son importance dans la région. Le HuM conserve ainsi son identité propre au sein du MJC) :

  • La Kashmir Resistance Force (KRF)
  • la Kashmir Freedom Force (KFF)

Cette restructuration — appelée Mouwakhaat (« accord fraternel ») — a pour objectif de renforcer la dimension politique du mouvement et sa cohésion. Il s’agit aussi de renforcer la cohérence entre les actions des divers groupes djihadistes en les poussant davantage vers une direction politique. Ainsi les mots « Lashkar », « Jaïsh » (Armée), « Jihad » et « Moudjahidin » disparaissent de la nomenclature et cèdent la place aux mots « résistance » et « liberté ».

Toutefois, dans les milieux indiens (et occidentaux), cette restructuration a été interprétée comme une reprise en main de la part des services secrets pakistanais, afin d’obtenir une structure mieux gérable. En réalité, il est peu vraisemblable que les services pakistanais (ISI) aient un intérêt à renforcer le pouvoir des mouvements djihadistes, qui sont la principale menace pour le gouvernement du général Moucharraf.

(1)Selon certaines sources non-confirmées, cette création aurait été appuyée par l’Inter-Services Intelligence (LSI) pakistanais.
(2)• = Mouvements qui se sont opposés à la réintégration du HuM dans le MJC en raison de son cessez-le-feu unilatéral