National Democratic Front of Bodoland (NDFB)

(Inde/Assam) (Front Démocratique National de Bodoland) Le NDFB est issu de la Force de Sécurité Bodo (BSF) créée en 1988, avec pour objectif la création d’un « Bodoland souverain » au Nord du Brahmapoutre. Il est dirigé par Ranjan Daimary, chef historique du mouvement. Ses effectifs sont évalués à 1 500 militants, répartis dans quelque 21 camps au sud du Bhoutan et au Myanmar.

Initialement concentré sur l’avenir du Bodoland, il s’est progressivement rapproché du Front Unifié de Libération d’Assam (ULFA), avec qui il a formé, en 1999, « un comité de coordination » destiné à coordonner leurs luttes. Il a également établi une entente opérationnelle avec le Conseil Socialiste National du Nagaland ­Faction Isak Muivah (NSCN-IM), dans le Nagaland voisin.

Il est actif dans les secteurs de Bongaigaon, Kokrajhar, Darrang, Barpeta, Dhubri et Sonitpur et utilise le parc national de Manas, comme un sanctuaire. En 2000, l’activité du NDFB a causé la mort de 29 membres des forces de sécurité et de 176 civils, tandis qu’il a perdu 95 hommes, 83 ont été arrêté et 100 livré aux autorités.

Le NDFB est en lutte contre d’autres mouvements insurrectionnels du Bodoland, tel que les Tigres de Libération de Bodo (BLT), l’All-Bodoland Students’ Union (ABSU) et Bodo Sahitya Sabha.

Il tire ses ressources de l’extorsion et du pillage. Les plantations de thé, particulièrement dans les zones de Darrang et Sonitpur, ont été régulièrement soumises au racket par plusieurs mouvements terroristes, parmi lesquels le NDFB. Il pratique également le détournement des taxes gouvernementales, activité qui représente environ 50% de ses revenus(1). L’extorsion touche essentiellement les familles non-Bodo dans les secteurs de Bongaigaon et de Kokrajhar au centre de l’état. Les entreprises sont également sollicitées pour payer l’« impôt Bodoland » ou des « donations », qui touchent également des individus dans le Bas-Assam en fonction de leur revenu. Le NDFB serait également impliqué dans l’abattage illégal d’arbres et percevrait des « impôts » auprès des commerçants de bois de construction illégaux.(2)

Le 3 avril 2000, le Ministre des Affaires intérieures de l’Union, L. K. Advani, a proposé d’engager un processus de négociation avec le NDFB, à condition qu’il renonce à la violence et accepte des négociations dans le cadre de la Constitution indienne. La proposition est restée lettre morte : dans son Assemblée Générale de mai 2001, le NDFB, a appelé à une plus grande coopération entre les groupes terroristes dans la région dans la lutte contre le gouvernement.

(1)Estimation pour 1995-96 du gouvernement indien.
(2)Selon certaines informations non-confirmées, le NDFB recevrait une aide financière des organisations non gouvernementales hollandaises Landlijke India Werk (LIW) et Netherland Council of Indigenous Vodlesgeist (NCIV).