National Movement for Reformation and Development (NMRD)

Autres appellations:
Haraka al-Watania Tanmia (Hawat)
National Movement for Reconciliation and Democracy

(Soudan) Mouvement issu d’une scission au sein du ► Justice and Equality Movement (JEM) et a été créé le 23 mars 2004 par ► Hassan Abdullah Bargo et ► Mahamat Ismail Chaibo, tous deux issus du clan Kabka (Zaghawa), avec l’aide du président tchadien Déby Itno. Son existence n’a été officialisée que le 26 octobre 2004. Il est dirigé par son secrétaire-général ► Nourène Manawi Barcham, tandis que les forces militaires étaient sous les ordres du colonel ► Jibril (ou Djibrine) Abdel Karim Bari « Tek »(4). Le NMRD est principalement actif le long de la frontière soudano-tchadienne dans le secteur de Tiné et de Djebel Moon. Le colonel Jibril est une personnalité respectée parmi ses combattants, essentiellement recrutés au sein de l’ethnie Zaghawa.

Petit groupe comprenant 50-100 combattants, le NMRD n’est pas à l’abri des dissensions internes. Dès décembre 2005, le colonel Jibril tente une alliance avec le ► Sudan Liberation Movement / Army (SLM/A), faction Minni Minawi, elle aussi majoritairement issue de l’ethnie Zaghawa. Au début 2006, son secrétaire général Nourène Barcham retourne auprès du JEM, créant ainsi deux factions officielles au sein du NMRD. De toutes manières, les activités du colonel Jibril apparaissent comme indépendantes de la volonté du mouvement. Des rumeurs — non démontrées et apparemment sans fondement — circulent alors, selon lesquelles le colonel Jibril aurait des contacts étroits avec le chef du National Security and Intelligence Service (NSIS) soudanais(1) Salah Abdullah « Gosh ».(2)

La raison de la rupture entre le NMRD et le JEM était la trop grande proximité entre ce dernier et le parti islamiste d’Hassan el-Tourabi et des objectifs politiques trop « soudanais » et insuffisamment « darfouriens ».

Les principaux mouvements rebelles du Darfour s’opposent à la présence du NMRD dans les négociations d’Abuja. Cette attitude encourage le colonel Jibril en novembre 2005 à mener des actions destinées à attirer l’attention sur son mouvement et manifester son intention d’être partie aux négociations de paix. Le gouvernement du Soudan entame des négociations séparées avec le NMRD, qui aboutissent rapidement à la signature de deux protocoles avec le gouvernement : l’un concernant un cessez-le-feu (17 décembre 2005) et l’autre pour faciliter la circulation des réfugiés (3 janvier 2006).

Les relations entre le NMRD et le régime du président Deby Itno sont étroites. En mars 2007, des groupes du NMRD participent à la « mise au pas » du Dar Sila, au sud du Ouaddaï aux côtés des troupes de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT).

(1)Service National de Sécurité et de Renseignement
(2)Africa Confidential. Volume 47 Number 9. 28 avril 2006.