New People’s Army (NPA)

NPAAutres appellations:
Bagong Hukbong Bayan (BHB ou Bahuba)

Autres appellations US:
Communist Party of Philippines/New People’s Army (CPP/NPA)
Communist Party of the Philippines
CPP/NPA
New People’s Army
the CPP
the NPA

(Philippines) (Nouvelle Armée du Peuple) Organisation révolutionnaire marxiste-léniniste de tendance maoïste, créée le 29 mars 1969. Elle constitue la branche armée de l’une des tendances du Parti Communiste des Philippines (PCP) (Partido Kommunista ng Philipinas — PKP), le Parti Communiste des Philippines — Marxiste Léniniste.(1)

Le PCP — Marxiste Léniniste continuera à être connu sous le nom de PCP. Interdit, le PCP a créé une organisation de front officielle, le National Democratic Front (NDF), dont la NPA constitue ainsi le bras armé.

Opérant principalement dans les zones rurales, elle contrôle environ 8 000 villages et est présente dans environ 60 des 73 provinces du pays. Ses effectifs culminent à quelque 25 000 combattants à la fin des années 80 puis — selon le gouvernement philippin — commencent à décliner. La NPA revendique 500 000 sympathisants. A la fin 2004, les effectifs du PCP sont évalués à 4 056 militants et ceux de la NPA à 3 603 combattants, ce qui représente globalement une réduction de 7,33% par rapport à 2003.

Elle est portée sur la liste des Organisations Terroristes Etrangères (OTE) du Département d’Etat américain depuis le 2 août 2002.

Historique

La NPA est créée à Capas, circonscription de Tarlac, avec des combattants de l’Hukbong Mapagpalayang Bayan (HMB), organisation héritière de la guérilla Huks, qui avait combattu les Japonais durant la seconde guerre mondiale. Elle est dirigée par José Maria Sison(2) depuis les Pays-Bas où il réside en exil. Le PCP renonce à la lutte armée en 1990 et acquiert un statut de parti politique officiel. La NPA poursuit la lutte armée selon les principes de la révolution maoïste.

En 1976, elle se dote d’une organisation de front, qui assure sa représentativité politique, le Front Démocratique National (FDN), dirigé par Luis Jalandoni, basé à Utrecht, aux Pays-Bas.

Dans un premier temps, la NPA porte l’essentiel de ses efforts dans la lutte contre la présence américaine aux Philippines, et attaque des objectifs américains aux jusqu’à la fermeture des bases en 1992.

Dès le début des années 90, le PCP est en proie à de violentes dissensions internes entre deux factions :

  • « Réaffirmistes » (RA), qui prônent une révolution dans les campagnes conformément à l’orientation maoïste du mouvement.
  • « Rejectionistes » (RJ), plus modérés et soutenus par une génération de commandants plus jeunes, qui rejettent cette stratégie au profit d’une insurrection dans les centres urbains.

Ces dissensions au sein du PCP ont une résonance immédiate dans la NPA, qui se divise aussi : les « réaffirmistes » (parfois aussi appelés « loyalistes » représentés par « Joma » Sison, fondateur du PCP et de la NPA et les « réjectionistes » représentés par Etta Rosales.

Durant les années 90, le gouvernement philippin et le PCP mènent des négociations en vue d’un accord de paix, mais les actions de la guérilla ne cessent jamais complètement. En 2001, le PCP et le gouvernement philippin se rencontrent à Oslo dans le cadre de ce processus, mais les discussions sont interrompues par l’assassinat d’un parlementaire par la guérilla. En novembre, un affrontement entre forces de sécurité et NPA tue 18 militaires et 10 rebelles. Les négociations sont abandonnées après un nouvel assassinat de deux parlementaires par la NPA.

Structure et organisation

La NPA s’est dotée d’une structure décentralisée permettant de s’adapter aux différentes conditions régnant sur l’archipel philippin et autorisant une plus grande flexibilité opérationnelle contre les forces gouvernementales.

La NPA est dirigée par un Comité Central (qui comprend une trentaine de membres permanents et 9 membres remplaçants), dirigé de 1968 à 1997 par José Maria Sison. Son pouvoir est exercé effectivement par son Bureau Politique (PolitBuro) de neuf membres. Il assure la conduite stratégique de la guérilla. En 2001, le PolitBuro se scinde en deux factions :

  • Un « PolitBuro extérieur », dirigé par José Maria Sison et son épouse aux Pays-Bas, qui privilégie une stratégie « politoico-militaire » avec une combinaison d’opérations en milieu urbain et d’action politique (« diplomatique »)
  • Un « PolitBuro intérieur », dirigé par Benito Tiamzon, vice-président du PCP, et son épouse Wilma, secrétaire-générale du PCP, qui privilégie une guerre prolongée, menée dans les campagnes, pour finalement « encercler les villes », selon le modèle maoïste de la guerre.

Au niveau opérationnel, la NPA est dirigée par trois commissions fonctionnelles :

  • La Commission du Front National Uni, qui assure la conduite et la coordination des actions politiques et assure les contacts avec les organisations politiques alliées ou d’autres « partenaires », comme l’église catholique. Au moyen de « groupes de front », la commission recherche l’appui des diverses organisations de gauche du pays. Ces groupes
  • La Commission des Finances (Fincom), qui assure la collecte de moyens financiers, la gestion des taxes prélevées dans les zones d’influence de la NPA. Elle contribue à la mise en place des ressources logistiques de la NPA. Elle est appuyée par la Commission Militaire (Milcom), chargé des opérations et des acquisitions d’armes. Afin de soutenir financièrement et logistiquement la NPA à travers toute la zone Pacifique, une cellule secrète est créée au sein du PCP, à la fin des années 80, sous le nom de code «ILIADE ».
  • La Commission Militaire (Milcom), qui coordonne et dirige les activités militaires de la NPA. Jusqu’en 1988, la Milcom a été dirigée par Romulo Kintanar(3), longtemps considéré comme le chef effectif de la NPA.
  • La conduite politico-militaire de la NPA est assurée par six commissions territoriales : Luçon-Nord, Luçon-Centre, Luçon-Sud, Manille-Rizal, Visayas et Mindanao. A côté de ces commissions territoriales, des comités régionaux assurent la conduite politique du mouvement dans les communautés locales jusqu’au niveau le plus bas.
  • Au plan strictement opérationnel, la NPA est subdivisée en 128 Fronts de guérilla subdivisés en groupes d’agitation et de propagande. A chaque front correspond une zone de guérilla. Chaque front compte entre 75 et 120 combattants et chaque groupe compte 10-16 combattants.

Les divergences idéologiques au sein du Parti Communiste des Philippines (PCP) ont conduit à l’émergence de multiples factions locales aux objectifs et méthodes d’action diverses. Parmi ces diverses factions mentionnons :

  • L’Armée Prolétarienne Révolutionnaire — Brigade Alex Boncayo, branche armée du  Parti Révolutionnaire des Travailleurs des Philippines (RPM-P) dans l’archipel des Visayas et de l’île de Mindanao.
  • La Rebolusyonaryong Hukbong Bayan (RHB) (Armée Révolutionnaire Populaire) du Parti Marxiste-Léniniste des Philippines au centre de l’île de Luçon.
  • Le Partido ng Manggagawang Philipino (PMP).

New People's Army (NPA)_Division Internationale de la NPA (code ILIADE)

Opérations

La NPA est essentiellement une organisation opérant en zone rurale. Mais, dès 1984, sous l’impulsion de Romulo Kintanar, la NPA s’engage dans des opérations en milieu urbain en utilisant Davao comme « laboratoire » opérationnel pour des groupes de combat appelés « Moineaux », qui mènent des actions ponctuelles d’assassinat contre des notables et des cadres des forces de sécurité. Elle dispose d’un certain nombre de groupes de combat destinés aux opérations urbaines, comme la Brigade Alex Boncayao.

Progressivement évincée par l’action des forces de sécurité et la montée des mouvements islamistes, la NPA disparaît quasiment durant les aimées 90. Elle réapparaît cependant en 2002-2003. Ses effectifs sont estimés à 11 500 combattants, dont le centre de gravité se situe entre Tarlac et Angeles sur l’île de Luçon. La crainte du gouvernement philippin — et des Etats-Unis — est qu’une coopération s’établisse entre la NPA et des mouvements islamistes. Des informations non-confirmées font été d’entraînements communs sur l’île de Mindanao, dans trois camps non identifiés du Front de Libération Islamique Moro (FILM) et dans les camps de Davao et de Surigao de la NPA.

 

Zones d'opérations de la NPA (2003)
Zones d’opérations de la NPA (2003)

Elle opère de manière très décentralisée. Ses chefs militaires ont une grande liberté dans la conception et mise en oeuvre des opérations tactiques. Elle engage des unités de la force de compagnies (80-150 combattants) (fronts de guérilla) et pratique essentiellement des actions par surprise en cherchant à chaque fois une supériorité numérique temporaire. Ses objectifs sont généralement des unités militaires ou de police isolées.

La NPA a commencé à s’attaquer à des objectifs américains en 1987, en tuant deux employés de Clark Air Base. En avril 1989, elle assassine le colonel américain James N. Rowe, du Joint United Military Advisory Group à Manille.

Financement

A la fin 2004, on évaluait à 126 millions de pesos les revenus de la NPA provenant de l’extorsion et rançonnement (soit un accroissement de 34% par rapport à 2003).

Site internet : www.philippinerevolution.net/npa/index.shtml

Corrélat : ► Organisations terroristes

(1)Le Parti Communiste des Philippines — Marxiste Léniniste a été créé sur l’île de Luçon le 26 décembre 1968 par José Maria Sison (alias Joma) et Bernabe Buscayno (alias Commandant Dante), tous deux membres du PCP.
(2)Après la promulgation de l’état d’urgence en 1972 par le gouvernement Marcos, Sison est emprisonné. Il sera libéré en 1986 grâce à l’amnistie déclarée par la Présidente Corazon Aquino. En 1987, Sison s’exile à Utrecht, aux Pays-Bas. En février 1995, la Haute Cour de Justice des Pays-Bas lui accorde le statut de réfugié politique.
(3)Kintanar est le chef de la Commission de Mindanao au début des années 80, puis de la Milcom. 11 est responsable d’une série d’enlèvements, dont celui de l’homme d’affaire japonais Noboyuki Wakaoji. Arrêté en 1988, Kintanar sera libéré au début des années 90, puis expulsé de la NPA en 1992 — avec Ricardo Reyes et Filemon Langman — accusé de factionnalisme et de détournement de fonds. En mai 2000, il tente un coup contre José Maria Sison en exil aux Pays-Bas avec un groupe terroriste, qui échouera. Kintanar sera finalement assassiné par un groupe de la NPA le 23 janvier 2003, dans un restaurant de Quezon City.