Organisation Révolutionnaire du 17 Novembre (17N)

Autre appellation:
17 Noemvri

Autres appellations US:
Revolutionary Organization 17 November (17N)
17 November
Epanastatiki Organosi 17 Noemvri (EO17N)

Organisation Revolutionnaire du 17 Novembre (17N)(Grèce) (Epanastataki Organosi 17 Noemvri) Petit mouvement d’obédience marxiste, créé en 1975, par Alexandros Giotopoulos, probablement comme une dissidence de l’Epanastatikos Laikos Agonas (JLA), avec laquelle il entretient des contacts. Il était basé et opérait en Grèce. Son nom est tiré de la date d’une manifestation estudiantine contre la junte militaire en 1973.

Le groupe était violemment anti-OTAN, anti-américain et anti-turc. Ses méthodes étaient l’assassinat et les attentats à la bombe contre des personnels étrangers,
principalement des militaires améric ins stationnés en Grèce. Son idéologie était à la fois d’inspiration marxiste et na ionaliste. Ses effectifs étaient d’environ 25 personnes, ce qui en a rendu la loca isation et la pénétration par des informateurs quasi-impossible.

Historique

Le 17N est apparu avec l’assassinat de Richard S. Welch, chef de station de la CIA à Athènes, le 23 décembre 1975. Selon le chef de la CIA Colby, la publication du nom de Welch dans la revue «Counterspy » était à l’origine du choix de la cible par les terroristes. Ses objectifs ont été des personnalités liées à l’OTAN et aux intérêts militaires de l’Alliance atlan ‘que. En 1988, il assassine l’attaché militaire américain William Nordeen.

Depuis la fin des années 80, le 17 Novembre a mené des attaques contre des organes de la Communauté Européenne et, lors de la Guerre du Golfe, il a mené au moins cinq attaques contre des intérê s des Coalisés.

Entre 1975 et 2000, les actions du 17 Novembre comprennent une cinquantaine d’attentats à la bombe et à la roquette et l’assassinat de 23 personnes d’origine grecque, américaine et britannique, sans qu’aucun des terroristes n’ait pu être appréhendé par les autorités grecques durant cette période. C’est l’explosion accidentelle d’une bombe au début juillet 2002, qui a blessé Savvas Xyros le poseur, qui a permis de remonter les filières et démanteler le groupe.

Structure

L’ « impunité » du groupe durant près de 25 ans fait dire à de nombreux experts que les forces de sécurité grecques auraient été impliquées dans le mouvement, afin de maintenir une tension sécuritaire. En fait, les dimensions du groupe, son homogénéité politique et l’intimité de ses divers membres étaient telles que son infiltration était quasiment impossible et les informations extérieures au groupe sont inexistantes. En outre, une structure opérationnelle constituée de petits groupes de 3-4 combattants se connaissant de longue date, dirigés par un petit groupe de conduite offrait à la fois l’intimité entre militants et la compartimentation de l’organisation.

Les membres du groupe sont des intellectuels âgés d’une cinquantaine d’années et liés à la France du fait de leur séjour dans ce pays durant la dictature. En juillet 2002, trois membres et un meneur présumé du « 17 Novembre » ont été arrêtés par la police :

  • Alexandros Giotopoulos (alias Mihalis Oikonomou), universitaire grec de 58 ans de tendance trotskiste, enseignant à Strasbourg, cerveau de l’organisation et qui aurait eu « un rôle dirigeant et inspirateur ». Bien qu’il nie toute implication dans les activités du 17N, l’écriture manuscrite de certains communiqués du groupe a pu être identifiée comme la sienne, grâce à son agenda. Il est marié avec une française Marie-Thérèse Peynaud, également soupçonnée d’appartenir au 17N.
  • Vasilis Tsortzatos, un électricien de 47 ans, a reconnu avoir pris part à huit meurtres et sept tentatives d’assassinat entre 1985 et 1992.
  • Théologos Psaradélis, un retraité de 59 ans, a avoué avoir participé à un vol dans une banque à Athènes en 1986 en compagnie d’autres membres du « 17 Novembre ».

L’adjoint du chef du 17N et chef des opérations, Dimitris Koufodinas, 44 ans, s’est rendu aux autorités le 5 septembre 2002. En tout, 19 membres présumés du 17 Novembre ont été arrêtés depuis l’été 2002 et ont été jugés au début mars 2003.

Le 17N est étroitement lié au groupe ► Lutte Révolutionnaire du Peuple (ELA), avec lequel il partage probablement certains cadres. Il a également fourni des caches au ► Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) et au ► Devrimci Sol – Front du Parti de Libération Populaire Révolutionnaire (DHKP-C).

Corrélat : ► Organisations terroristes