Parti Communiste Irakien (PCI)

(Irak) (al-Hizb al-Shouyou’i al-Iraqi) Mouvement d’opposition créé le 30 mars 1934, par Youssef Salman Youssef (alias Fahad). Il est essentiellement présent dans les villes et est soutenu par les communautés chiites et kurdes. Autrefois engagé dans la lutte armée contre le régime irakien, le PCI est aujourd’hui intégré dans le paysage politique légal du pays. En mai 2003, son quartier-général est établi dans un ancien bâtiment du Moukhabarat(1), à Bagdad.

En 1948, il organise des manifestations pour obtenir des augmentations de salaires pour les ouvriers des stations pétrolières de Haditha. Il organise une marche sur Bagdad, qui sera réprimée. Il tente de jouer un rôle dominant sur la scène sociale irakienne et fait l’objet d’une sévère répression. Les 14 et 15 février 1949, Youssef Salman Youssef et deux autres membres du politburo (Hussein Mohammed al­-Shabiba et Zaki bassim) sont condamnés à mort et pendus.

Il forme un front avec d’autres partis de l’opposition, qui gagne 11 sièges aux élections de juin 1954. Dès 1956, il se joint à la mouvance pan-arabe qui anime le Proche- et Moyen-Orient et forme, dès 1957, un front d’opposition avec le Parti National Démocrate (PND) et le parti Baas.

Il ne participe pas activement au coup d’état de Kassem, en 1958, mais soutient le nouveau régime(2), sans toutefois avoir de place dans le gouvernement. Il attire la méfiance de la classe politique irakienne, mais se développe de manière spectaculaire. Malgré une participation modeste au gouvernement Kassem, le PCI reste combattu et, en 1959, le divorce entre le PND et le parti Baas d’une part et le PCI d’autre part est consommé. Le PCI n’est pas associé à la libéralisation du régime de 1960 et reste pourchassé.

Après le coup d’état de novembre 1963, la persécution contre le PCI se poursuit. On soupçonne la CIA américaine de fournir les noms et adresses des membres du parti, dont le premier secrétaire, Sala Adel est assassiné. En 1967, le parti se scinde en deux tendances : la tendance « officielle » et celle du « Commandement Central », qui entame dès janvier 1969 des opérations de guérilla et de sabotage au sud du pays.

Après le coup d’état de juillet 1968, le parti Baas offre trois postes ministériels au PCI, mais le PCI subordonne son accord à une pleine légalisation du parti. Le PC1 reste l’objet de persécutions. Le raffermissement des relations entre les pays communistes et le parti Baas, pousse ce dernier à assouplir sa position face au PCI. En novembre 1971, il proclame donc une « Charte d’Action Nationale » qui prône un rapprochement avec les forces progressistes du pays. Le PCI accepte de participer à un Front Progressif National (FPN) en avril 1972, alors qu’un traité de coopération avec l’URSS est signé par le gouvernement irakien. Mais les tensions demeurent. Le PCI reste pourchassé, malgré le fait que l’un de ses membres a été intégré au conseil des ministres et que le parti a été légalisé en 1973. Après la répression de 1975 contre les Kurdes, le gouvernement décide de se passer de l’appui du PCI.

Durant le conflit Iran-Irak, le PCI soutient l’Iran. Il participe activement à la création (28 novembre 1980) du Front Démocratique National (FDN), avec le ► Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), avant de devenir le Front Islamique National (FIN), avec l’arrivée d’ ► AI-Da’awah al-Islamiyya. La branche kurde du PCI prend la dénomination de Parti Communiste du Kurdistan (PCK). Il fait partie de la Coalition des Forces Nationales Irakiennes, créée le 23 juin 2002, avec al-Dawa et la branche pro-syrienne du parti Ba’as, qui a pour objectifs le renversement de Saddam Hussein « sans interférence étrangère », la levée des sanctions contre l’Irak, l’établissement de la démocratie et la préservation de l’unité du pays. Il n’a ainsi pas participé aux conférences organisées sous l’égide des Etats-Unis en avril 2003 sur la reconstruction de l’Irak, en raison précisément de cette interférence étrangère. Il est en faveur d’une forte implication des Nations Unies dans la reconstruction de l’Irak.

(1)Da’frat al-Moukhabarat al-‘Amah (Département des Renseignements Généraux) service de sécurité de l’Etat irakien sous le régime de Saddam Hussein.
(2)Kamel Omar Nadhmi, membre du politburo du PCI était au courant des plans du coup d’Etat.